Bonjour !

Laissez-moi tout d'abord vous souhaitez un joyeux noël ! Je vous souhaites de passer de merveilleuses fêtes auprès de votre famille et de vos amis, que vous soyez gâtés et que Harry Potter apporte toujours autant de chaleur dans votre coeur !

Et voici l'épisode spécial Noël que je vous avais promis, que je vous offre pour votre bonne humeur, votre motivation et vos compliments. Vous êtes mes cadeaux de Noël *-*

Finalement, moi qui vous avait dit qu'il ne s'inscrirait probablement pas dans la temporalité de l'histoire, eh bien, c'est tout le contraire. Cependant il n'est pas essentiel pour la suite de l'histoire, et représente plus un aparté dans l'aventure de Drago et Harry. J'étais surprise de voir que plusieurs personnes m'ont demandé de le faire du point de vue de Narcissa et Hermione, et c'est finalement chose faite.

Je ne vous en dit pas plus, et vous laisse découvrir tout ça ! J'imagine que vous aurez beaucoup de questions à la fin et je vous invite à toutes me les poser !

Il y a d'ailleurs une sorte de "petite énigme" à la fin de cet épisode et je suis curieuse de voir si vous allez la remarquer !

Je vous souhaites encore de très jolies fêtes ! Je vous fais d'énormes bisous les lucioles !


Musique :

All the Way

Linda Eder


Episode spécial Noël 2018


Twinkle, twinkle little star.

How I wonder what you are!

Up above the world so high,

Like a diamond in the sky,

Twinkle, twinkle, little star.

How I wonder what you are!

Il ne faisait pas si froid à cette heure tardive de la nuit, mais elle appréciait agréablement la chaleur que lui apportait son plaid. Elle n'aurait su dire depuis combien de temps elle attendait ainsi, assise sur les marches des escaliers grinçants du Square Grimmaurd, mais elle passait le temps en récitant les vieilles comptines que sa maman lui chantait enfant.

Les quelques coupes de champagne qu'elle avait bues pendant la soirée avaient rendu son esprit légèrement euphorique et elle se remémorait avec mélancolie les souvenirs de sa vie passée. Le silence qui emplissait les escaliers n'était entrecoupé que par les chants de Noël qui résonnaient encore dans la cuisine, un peu plus bas. Elle savait qu'il ne restait plus qu'eux, mais elle était patiente. Elle savait que son plan finirait par fonctionner et que Harry et Drago se réconcilieraient enfin, peu importe le temps que cela devrait prendre. Ils étaient probablement encore en train de se battre, ou tout bonnement de s'ignorer en silence comme ils avaient pris l'habitude de le faire depuis le réveil de Harry. Jusqu'à ce que l'un d'eux craque et finisse par quitter la pièce. Et elle serait là, dès qu'ils franchiraient la porte.

Elle aurait dû être triste que cette soirée ne fasse pas exception, mais plutôt que de s'apitoyer sur leurs visages malheureux, elle espérait que la magie de Noël renverserait la situation en leur faveur.

Elle avait monté un plan parfait, mis toutes les chances de son côté et analysé toutes les situations afin d'être sûre que tout se déroule comme elle l'avait voulu. Elle était certaine de son coup.

- Miss Granger, que faites-vous là ?

Hermione sursauta, ses yeux se posant instinctivement sur la personne qui l'avait surprise. Perdue dans ses souvenirs, elle ne l'avait pas entendu arriver, et c'était sans compter sur la démarche silencieuse de celle qui l'avait éveillée de ses pensées. Ses yeux ne reflétaient que de la curiosité, ce qui la rassura. Elle avait toujours été impressionnée par la grâce et la prestance de Narcissa Malefoy et par le regard qu'elle portait sur le monde. Ses iris étaient si clairs et si expressifs qu'elle s'était plusieurs fois demandé comment son entourage avait pu ne pas voir qui elle était réellement.

Alors qu'elle allait se relever, consciente que Mrs Malefoy attendait toujours une réponse de sa part, elle fut surprise de la voir se baisser pour finalement s'asseoir en face d'elle, ses jambes pliées de telle manière que même ainsi, elle restait la plus noble des femmes qu'elle ait jamais vue.

- Je croyais être la seule à avoir remarqué leur manège, expliqua Narcissa en lui souriant avec douceur.

Hermione ne sut que répondre et elle se sentit soudainement bien sotte à attendre ainsi dans le noir que Drago et Harry montrent le bout de leur nez.

- Ne soyez pas gênée, ajouta l'aristocrate en lui souriant plus gentiment.

- Je ne le suis pas, répondit Hermione plus rapidement qu'elle ne le voulait.

Narcissa acquiesça sans un mot et Hermione se sentit rougir face à la compréhension dont faisait preuve la mère de Drago.

- Croyez-vous en lui, Miss Granger ? demanda Narcissa, rompant le silence qui s'était installé depuis plusieurs minutes.

Hermione fut un instant surprise par la question et elle prit le temps de choisir ses mots avant de répondre. Elle savait qu'elle n'avait pas affaire à n'importe qui et que Narcissa était bien placée pour savoir combien l'issue de la guerre était inconnue.

- Je crois en l'idée que Harry est capable de tout pour sauver les personnes qu'il aime, répondit-elle finalement en la fixant dans les yeux.

Elle y vit un soulagement certain et elle comprit que, par dessus tout, Narcissa espérait, peu importait l'issue de la guerre, elle ne souhaitait qu'une seule chose, que son fils soit sain et sauf et auprès de celui qu'il aimait. Hermione aurait pu trouver sa réaction égoïste, mais elle avait vu combien Narcissa aimait son fils, et elle comprenait tout le dévouement qu'elle lui portait. Elle n'avait pas besoin de plus pour savoir que la blonde ferait tout son possible pour qu'ils puissent enfin se retrouver.

- J'ai trouvé un sort, dans un vieux livre de la bibliothèque des Black, afin qu'ils trouvent le moyen de se réconcilier, mais…

Hermione ne sut comment finir sa phrase, peu sûre de son idée face au regard curieux de Narcissa. Elle avait peur que celle-ci trouve ce stratagème stupide et, pire encore, inutile au vu des effets secondaires.

- Mais, Amentia Elido, est-ce cela ?

Hermione ouvrit la bouche, abasourdie et fixa Narcissa sans pouvoir prononcer un seul mot.

- Le sort qui permet de briser les illusions, expliqua Mrs Malefoy en souriant, mélancolique.

- Vous le connaissez… laissa échapper Hermione dans un souffle.

La blonde acquiesça en fermant les yeux. Quand elle les ouvrit à nouveau, ils étaient emplis de tristesse.

- Je l'ai utilisé, il y a quelques années de cela.

- Je ne comprends pas, comment pouvez-vous vous en souvenir ?

Narcissa laissa échapper un soupir.

- C'est là le côté sournois de ce sort. Seule la personne qui le lance garde en mémoire ses effets.

- Vous l'avez lancé sur vous-même ? demanda Hermione avec un pincement au cœur.

Elle avait suffisamment étudié le sort pour comprendre que Narcissa avait eu un besoin douloureux de l'utiliser. De ce qu'elle avait compris, il était préconisé pour ceux qui n'osaient révéler la vérité. Elle avait immédiatement pensé à Harry et Drago en le découvrant.

Elle savait que les deux jeunes hommes passaient leur temps à s'observer sans un mot, refusant de faire le premier pas et de mettre de côté leurs différents. Hermione avait bien essayé d'en parler à Harry, mais le brun était persuadé que Drago le détestait. Et cela durait depuis trop longtemps.

Novembre était passé, puis décembre avait ouvert ses portes, sans aucune amélioration visible. Jusqu'à ce qu'elle décide de passer à l'action.

- J'avais besoin de parler de mes sentiments, avoua finalement Narcissa. Mais elle n'était pas prête à les recevoir à ce moment-là. C'était la seule solution avant qu'elle ne disparaisse de ma vie.

Le visage de Narcissa reflétait tant de tristesse qu'elle n'osa dire un mot. Hermione avait immédiatement compris qu'elle parlait d'Andromeda et elle se demanda ce que penserait Mrs Malefoy si elle savait que sa sœur faisait partie de l'Ordre et pouvait se présenter au Square Grimmaurd à tout moment. Quoiqu'elle ait pu lui dire, l'aristocrate semblait souffrir de son histoire passée.

- Saurez-vous supporter d'être seule porteuse de ce souvenir, Hermione ?

La jeune femme leva les yeux à l'usage de son prénom, ses prunelles plongeant dans celle de la Serpentard. Elle tira un certain réconfort dans la chaleur qu'elle y trouva. Depuis qu'elle avait effacé la mémoire de ses parents, elle avait inconsciemment recherché une figure maternelle sans parvenir à trouver toute la douceur qui caractérisait celle de sa mère, quand bien même Molly la considérait comme sa fille.

Narcissa était différente.

Elle l'avait vue avec Drago. Elle avait ce sang-froid implacable quand il s'agissait des colères de son fils, ce geste tendre et protecteur quand il s'effondrait, cet instinct farouche du combat quand on s'en prenait à lui. Mais malgré tout ça, Narcissa restait aussi douce et discrète que lui imposait son rang. Pourtant, ce n'était pas ce qu'Hermione admirait le plus la concernant. Elle avait vu son regard calculateur, l'apparent calme qui cachait son courage et sa force, et l'intelligence aiguisée qui lui permettait de protéger sa famille.

Parfois, Hermione voyait en elle un peu de sa mère et cela lui tirait à la fois réconfort et peine. Ses parents ne lui avaient jamais autant manqué que le soir de Noël. Certes, elle considérait les Weasley et Harry comme sa famille, mais ils n'avaient pas ces stupides traditions de Noël qui caractérisaient son enfance.

Elle pensait avoir réussi à parfaitement cacher sa douleur, mais une larme s'échappa de ses iris chocolat. Elle retint les sanglots qui menaçaient de déborder, quand elle entendit Narcissa se rapprocher et poser une main réconfortante sur son épaule.

- Le manque s'estompe-t-il ? Demanda la brune en reniflant piteusement, honteuse de se laisser aller ainsi.

- La peine devient moins grande et les bons souvenirs restent. L'important est de savoir qu'au présent, vous n'êtes pas seule.

Hermione acquiesça sans un mot, remerciant silencieusement Narcissa de sa présence réconfortante.

Un craquement retentit alors et Hermione leva les yeux sur Narcissa. Comme elle, la blonde avait compris que le moment était enfin arrivé. Silencieusement, la brunette sortit sa baguette et, concentrée, attendit que l'un d'eux apparaissent un peu plus bas. De là où elles étaient, ils ne pourraient les voir, contrairement à elles, ce qui était parfait pour son plan.

La silhouette de Harry se détacha enfin dans les escaliers. Il semblait fatigué mais Hermione saisit l'occasion au moment où elle aperçut la chevelure blonde de Drago.

Elle leva sa baguette.

- Amentia Elido ! Chuchota-t-elle, doublée par la voix de Narcissa.

Mrs Malefoy lui jeta un regard affectueux, sa baguette également levée, et Hermione l'en remercia d'un sourire rayonnant.

Elles retinrent leur souffle, dans l'attente que quelque chose se passe, mais les garçons continuaient de monter les marches sans un mot. Hermione était si tendue qu'elle se rendit compte qu'elle avait retenu son souffle uniquement quand Narcissa pressa son épaule.

C'était comme si Harry avait buté contre quelque chose, un mur invisible qui l'empêchait d'aller plus loin que le palier auquel il était arrivé. De loin, Hermione put voir les sourcils du brun se froncer et elle se renfonça dans l'obscurité de l'escalier de peur qu'il ne la voie.

Il ne fallut que quelques secondes à Malefoy pour rejoindre le Survivant et seulement une de plus pour que sa voix claque dans le silence.

- Qu'est-ce que tu attends pour avancer ? asséna le blond durement.

Les épaules du brun se crispèrent involontairement et il se retourna finalement pour affronter le regard glacial de Malefoy.

- Je ne peux pas, laissa-t-il échapper dans un souffle agacé.

De là où elles étaient, elles purent clairement voir à quel point la situation semblait tendue entre les deux jeunes hommes. Drago s'était finalement décalé, non sans s'assurer de ne pas toucher le brun, et essaya de passer, sans succès. Un cri de rage s'échappa de sa gorge et il frappa de ses poings le mur invisible qui l'empêchait de s'échapper.

Avec un dernier juron, il fit demi-tour, bien décidé à redescendre, mais il fut également incapable de passer.

- Qu'est-ce que ça veut dire, Potter ? C'est encore un de tes stratagèmes à la noix ?!

L'éclat de douleur qui traversa les yeux du brun n'échappa pas au blond mais il resta campé sur ses positions.

- Je n'y suis pour rien, répondit le brun d'une voix atone en posant ses mains sur le mur invisible.

Il ne se sentait pas repoussé mais le mur était si solide que pas un seul instant il ne s'imagina qu'il pourrait le briser avec la magie. C'était comme s'ils s'étaient retrouvés volontairement coincés ici, tous les deux.

- Quelle ironie n'est-ce pas ? Coincé ici avec la personne que tu détestes actuellement le plus et, qui plus est, le soir de Noël !

Harry eut un rire amer, qui résonna jusqu'aux oreilles de Narcissa. La blonde eut un pincement au cœur en entendant les mots du Survivant. Elle aurait voulu lui avouer que son fils ne pensait pas un traitre de mot de tout ce qu'il avait pu lui dire et qu'il ne le détestait pas, mais encore une fois, la fierté des Malefoy prenait le dessus sur les sentiments.

Mais elle ne pouvait rien faire de cela. L'idée d'Hermione était sincère, Drago et Harry avaient besoin d'extérioriser leurs sentiments et elles ne devaient en aucun cas intervenir, au risque de les éloigner un peu plus. Mais quand bien même leur histoire s'arrangeait, elles seraient les seules à savoir qu'une réconciliation était possible.

- Je ne te déteste pas.

Le murmure avait été si bas qu'elles crurent ne pas l'entendre et Hermione se tendit en avant, peu sûre de ces mots. L'attention que porta également Narcissa lui indiqua qu'elle ne s'était trompée et une douce chaleur s'empara d'elle à l'idée que les choses avanceraient peut-être plus vite que prévu.

Hermione se sentit alors, comme dépossédée. C'était une sensation étrange, mais elle avait le sentiment qu'elle se trouvait aux côtés de Harry et qu'elle ressentait tout ce que son meilleur ami vivait. Surprise, elle se tourna vers Narcissa qui lui fit un sourire encourageant.

Cela fait partie du sort, avoua-t-elle dans un murmure étouffé. Quand je vous ai dit que vous seriez la seule à en garder le souvenir, cela implique tous les sentiments et les sensations qui peuvent être vécus pendant sa réalisation.

Hermione acquiesça sans un mot, peu sûre de savoir jusqu'où pouvait bien aller ce sort. Elle l'avait trouvé dans un petit recueil de poèmes fatigué par le temps, et dont elle n'arrivait même plus à lire le titre. Il était noté dans un coin de page, avec la mention « pour se libérer des mots ». Elle avait longtemps cogité et puis s'était dit que la calligraphie délicate et féminine ne pouvait pas être alloué à de la magie noire. Et puis il y avait ce poème, dont elle se souvenait chacun des mots.

Oui, quand on aime bien, on aime pour toujours :
Non pas, peut-être, avec cette ardeur qui dévore,
Et qui consumerait la vie en quelques jours ;
Mais d'une amour plus tendre et plus profonde encore,
Qui sans cesse s'accroît avec l'intimité,
Et qui donne la main à sa sœur l'amitié.

Quand cette amour nouvelle embellit l'existence
On sent moins vivement les tourments de l'absence,
Mais près de l'objet adoré
On n'a pas moins de jouissance,
Car des désirs fougueux la vive impatience
N'étouffent plus alors, dans le cœur égaré,
Le bonheur sans égal d'une amour épurée.
La délicate confiance
Remplace le soupçon jaloux ;
On est sûr que nulle puissance
Ne peut plus nous ravir le bien qui nous est doux.
L'âme n'est plus sans relâche hantée
De la personne souhaitée ;
Mais sans cesser de l'adorer
Elle peut encore admirer
La poésie et la nature,
Et la musique et la peinture,
Et sans rien perdre enfin des tendresses du cœur,
Par les jeux de l'esprit augmenter son bonheur.

À mesure qu'elle se remémorait les vers, un sentiment incroyable l'envahit. Elle ne l'avait jamais expérimenté, mais elle sut, quand elle vit le regard de Harry sur Drago que c'était son amour pour le Serpentard qui s'insinuait insidieusement en elle. Derrière son regard vide, le cœur de son meilleur ami battait à mille à l'heure suite à la révélation du blond.

Elle savait combien les sentiments de Harry pour Drago étaient profonds, elle en avait discuté plus d'une fois avec lui, mais elle ne l'avait jamais ressenti avec tant de force. Elle était submergée par ses sentiments à tel point qu'elle eut l'impression d'étouffer. Elle cherchait à respirer, à sentir l'air affluer en elle, mais la seule chose qui le lui permettait était le regard de Malefoy.

Deux diamants bruts d'argent qui la sondaient sans un mot. Le regard était impérieux et ne laissait aucun doute quand à l'intensité qui s'en dégageait.

Si Malefoy avait fait le premier pas, elle n'était pas sûre que Harry saisisse l'occasion de s'expliquer. Le silence s'éternisait et Hermione se sentait étouffer, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle se décide. D'un geste saccadé, mais silencieux, elle leva sa baguette et fit apparaître dans un souffle une branche de gui au dessus des deux jeunes hommes. Elle sentit le tressaillement de Narcissa à ses côtés, probablement signe de la surprise de son fils.

Heureusement pour elles, Harry et Drago ne cherchèrent pas d'où était venu le gui, mais focalisés sur celui-ci, s'affrontaient du regard.

Hermione ressentit la surprise de son meilleur ami et la sensation d'angoisse qui l'étreignit à l'idée que Drago se braque encore plus. Il ne savait pas s'il devait remercier le gui d'être présent, ou au contraire être blessé par ce qui allait suivre. Les réactions du Serpentard pouvaient être si surprenantes que le brun se surprit à penser qu'il pourrait tout aussi bien l'embrasser afin de se libérer et lui assurer juste après qu'il n'avait fait que l'utiliser.

Voilà où il en était et Hermione ressentit tout de plein fouet avec violence, à tel point qu'elle eut envie de pleurer. Elle avait cru bien faire et même si elle restait persuadée qu'ils pouvaient passer outre leur fierté, son cœur se serra face à la douleur que ressentait son meilleur ami. Elle savait qu'il avait passé tout le repas de Noël à observer Drago à la dérobée, espérant un mot, un regard, n'importe quoi d'autre que ces silences et cette ignorance qui le détruisaient un peu plus tous les jours.

- Pourquoi mentir ? demanda Harry dans un souffle, ses orbes émeraudes plongeant dans l'argent

Hermione ressentit plus qu'elle ne vit le mouvement de recul de Malefoy.

- Je ne mens pas ! s'offusqua le blond en redressant la tête

- Je sais que tu me détestes.

- Je ne te déteste pas !

- ALORS QU'EST-CE QUE TU RESSENS ? Hurla Harry.

Hermione et Narcissa sursautèrent violemment, les tirant de la sorte de transe qui les avait fugacement envahies. Face à elles, Malefoy n'avait pas bougé d'un millimètre, absolument pas apeuré par l'accès de colère du Survivant. La brunette tendit alors l'oreille, priant pour que personne n'ait entendu les cris, mais pas un bruit ne vint rompre le silence qui les entourait maintenant.

- Qu'est-ce que tu ressens ? Demanda à nouveau le brun en se rapprochant de Drago, leurs corps séparés par quelques millimètres seulement.

Ils étaient si proches qu'Hermione s'imagina qu'ils partageaient leurs souffles. Elle se concentra, tenta tant bien que mal de ressentir à nouveau ce que Harry vivait mais elle avait été complètement exclue et, à la posture concentrée de Narcissa, elle comprit que c'était le cas pour elle aussi.

Elle vit les lèvres de Drago bouger, mais elle était trop loin pour entendre les mots qu'il prononça. Elle s'apprêtait à demander à Narcissa quand elle vit Harry se jeter sur Drago. Elle se figea, mais l'instant d'après, ils s'embrassaient comme si leur vie en dépendait.

Une chaleur accueillante envahit alors Hermione et un bonheur indescriptible anesthésia complètement ses pensées. Sous ses yeux, la scène de dispersa en millions de grains de poussière dorés qui l'enveloppèrent sans l'étouffer. Elle ferma les yeux, incapable de supporter le flux de lumière qui se déversait sur ses rétines et puis, ce fut le noir.


Quand elle se réveilla, quelques heures plus tard, le soleil dardait ses rayons sur son visage. Un sentiment de plénitude lui caressait agréablement le cœur et elle ne se souvint pas immédiatement de cette nuit particulière. Elle s'habilla, comme chaque matin, avec la sensation qu'elle oubliait quelque chose d'important. Quelque chose qui aurait dû l'empêcher de sourire aussi innocemment à son réveil mais elle ne parvenait pas à s'en souvenir.

Quand elle descendit, quelques minutes plus tard, l'odeur agréable du café et des viennoiseries s'élevait jusqu'à elle depuis la cuisine. Une douce clameur s'en échappait, des paroles joyeuses, des éclats de rires et des exclamations enjouées qui firent naître un sourire apaisé sur ses lèvres.

Quand elle passa la porte, ils l'accueillirent avec joie. Un tas de cadeaux trônait au pied du sapin et plusieurs d'entre eux étaient déjà ouverts, d'autres passant de main en main non sans un mot de remerciement envers celui qui l'avait offert.

Et puis elle croisa un regard azur. La femme lui sourit et s'approcha d'elle gracieusement. Elle tenait à la main un livre à la couverture abîmée par le temps, qu'elle lui tendit.

- Vous avez oublié ceci dans les escaliers, expliqua Narcissa chaleureusement, avec un sourire amusé.

Elle l'attrapa et, soudain, tout lui revint en mémoire. Sa respiration se bloqua et elle leva les yeux sur Narcissa dans une question muette.

- Ils ont déjà oublié, se contenta de répondre Narcissa avec un sourire nostalgique.

Mrs. Malefoy aussi se souvenait et elle l'invita à regarder vers un coin de la cuisine auquel elle n'avait pas fait attention jusqu'à maintenant.

Drago et Harry se tenaient face à face. Certes ils étaient à une distance respectable, mais l'animosité qu'il y avait eu entre eux semblait s'être amoindrie. Malefoy avait toujours cet air froid et le brun, ses épaules affaissées par la douleur, mais quelque chose entre eux semblait vibrer, un espoir diffu qu'Hermione ressentit intimement quand le blond accepta finalement le cadeau emballé que lui tendait le Survivant.

Le livre se mit soudainement à chauffer dans sa main et, fronçant les sourcils, elle remarqua le léger halo qui semblait l'entourer. Aussitôt, des lettres dorées apparurent sur la couverture, le nom de l'auteur, qu'elle n'avait pu déchiffrer, effacé par le temps.

William de Parme.

Un instant, ce nom lui sembla familier, mais elle ne sut mettre le doigt dessus.

Un sourire satisfait orna finalement ses lèvres à l'idée que la magie de Noël ramène l'espoir. Peu importait les mystères qui entouraient cette nuit et le poids du souvenir, elle savait qu'elle avait une alliée sur qui compter et qui mettrait tout en œuvre, elle aussi, pour raviver la flamme entre l'Emeraude et l'Argent.

« Ne sous-estime pas la magie de Noël, My Twinkle Star », lui avait un jour murmuré sa mère à l'oreille alors qu'elle tombait dans les bras de Morphée.


Et voilà.

Je l'avoue, c'était un chapitre très nostalgique, et un peu triste, mais vous me connaissez maintenant, vous savez que c'est un peu ma marque de fabrique ! Néanmoins, il est porteur d'espoir non ?

La prochaine fois que je publierais, il s'agira de la suite direct du chapitre précédent, qui se déroulera à la fois avant cet épisode, et après ;)

J'ai hâte d'avoir vos retours, et vos remarques sur la fin de cet épisode !

Encore une fois, je vous souhaites les plus jolies fêtes ! Je ne saurais comment vous remercier tous de votre présence, et de vos mots, ils font vraiment partis des meilleurs moments de ma vie !

Des bisous les lucioles, et à très vite !