Bonjour !
J'espère que vous allez bien, et que votre début d'année 2019 se déroule à merveille !
Merci de tous vos adorables retours sur l'épisode de Noël. Je suis très heureuse de voir qu'il vous a plu et je pense que vous allez encore plus apprécier celui qui vient !
Enfin, nous en sommes à 252 reviews, 89 favoris, et 150 followers, merci à vous d'être aussi présents !
Pas trop de blabla, je vous laisse à votre lecture !
Des bisous les lucioles !
RAR :
Guest : Merci pour ton commentaire ! J'espère que la suite te rendra tout aussi heureuse ! A très vite j'espère ! Des bisous
Mila : Tout d'abord, merci pour ton commentaire et tes voeux ! Ensuite, c'est vrai que cette amitié naissante entre Narcissa et Hermione amène quelque chose de rafraichissant. Je compte bien continuer à développer cette relation, je trouve qu'elles ont une alchimie qui peut bien fonctionner ! Quand à l'indice, ah, je ne vais pas donner la réponse maintenant, ce serait trop facile, mais ça viendra plus tard !
Un mot de la meilleure des bêtas : "LE chapitre tant attendu, celui qui vous fait mal au ventre et sourire bêtement en même temps. Une vraie pépite"
Bonne Lecture !
Musique :
Mitchell Broom
Heroes are not born out of happiness
Chapitre 31
Il avait du mal à respirer et l'air qui s'engouffrait dans son poumon lui brûlait la gorge douloureusement, lui tirant des râles désagréables. Drago l'avait vaincu une nouvelle fois, si facilement qu'une pointe de rage envahit ses pensées.
Sa magie était indomptable. Il la sentait courir dans ses veines, puiser dans ses émotions pour être plus puissante, plus dévastatrice. Mais complètement incontrôlable. Jade ne cessait de lui expliquer que son manque de contrôle était dû à ses émotions bouillonnantes, mais Harry était incapable de se concentrer.
Pas quand il combattait Drago et que le blond gardait ce visage impassible et froid à longueur de journée. Harry avait essayé de l'approcher avec précaution, comme un animal farouche mais le Serpentard lui avait jeté un regard glacial qui l'avait convaincu de garder ses distances. Il avait hurlé, aussi, mais le blond s'était contenté de sortir de la pièce sans un mot.
Il avait tout essayé. Il avait même demandé de l'aide à Blaise, mais même son meilleur ami ne parvenait à l'atteindre. Il prenait son mal en patience, comme le lui avait conseillé Narcissa. Mais la situation le bouffait et sa magie en pâtissait.
Il avait vu le sol de la pièce tant de fois ces deux derniers mois. Il pouvait décrire chaque fissure dans la mousse craquelée du matelas, mais le plus dur était de voir les chaussures vernies de Malefoy face à lui, n'esquissant pas un geste. Il avait l'habitude, mais ce n'était pas pour autant moins douloureux. Et son cœur se brisait encore et encore à chaque fois qu'elles disparaissaient de son champ de vision et que la porte claquait dans le silence de la pièce. Ni Rubis, ni Jade n'essayaient de le rattraper.
Harry avait sincèrement cru que sa discussion avec Narcissa aurait aidé. Mais c'était avant qu'il ne révèle l'identité de celle qui avait pris l'apparence de Dumbledore lorsque sont esprit s'était évadé à King's Cross après avoir reçu l'Avada Kedavra. Si Jade et Rubis n'en furent pas surpris, Drago, lui avait réagi complètement différemment. Il s'était simplement levé, le regard fermé, le visage froid et il était sorti de la pièce en claquant la porte. Depuis, ils avaient essayé en vain de lui parler mais le blond gardait le silence et Merlin seul en connaissait les raisons.
- Relève-toi Harry.
Le brun leva les yeux sur la main tendue de Rubis. Il l'attrapa et se releva difficilement, tous ses membres hurlant de douleur. Il était épuisé. Par les entraînements, par le sommeil qui le fuyait et par la douleur qui lui étreignait le cœur depuis trop longtemps.
- Je n'y arriverai jamais, lâcha le brun dans un souffle désespéré.
Jade lui offrit un sourire conciliant.
- Les choses vont s'arranger, lui répondit-il.
Harry secoua la tête négativement. Il n'y croyait pas vraiment.
- Quand est-ce que se tient la prochaine réunion ? Demanda Harry
- Demain, répondit Rubis d'une voix peu amène.
Depuis son réveil, l'Ordre semblait avoir eu un regain d'espoir et se démenait pour mettre toutes les chances de leur côté et rassembler un maximum d'informations. Ils tenaient ainsi une réunion toutes les semaines, afin de faire le point sur les missions. Et dire que Rubis les détestait était un euphémisme. Il se tenait à chaque fois dans un coin de la pièce, reniflant dédaigneusement dès que l'un des membres de l'Ordre était remercié par ses coéquipiers pour les précieuses informations qu'il avait ramenées.
Jade, Rubis, Drago et Harry avait été interdit de mission et l'homme aux yeux carmin supportait mal d'être enfermé, tout comme le Survivant. Cloitré ici, il pouvait à loisir ruminer ses pensées les plus sombres.
Même les entrainements auquel il prenait part en tant qu'instructeur ne suffisaient pas à le distraire. Harry passait ses nuits à cauchemarder, à tel point que Ron avait fini par déménager de chambre, non sans s'excuser piteusement de le fuir ainsi.
Sans un mot de plus, il fit demi-tour et sortit de la pièce. La bonne odeur du repas de midi qui flottait dans le couloir lui remonta un peu le moral et il se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche relaxante. Il soupira quand il croisa son reflet dans le miroir. Il avait l'impression que depuis son réveil, ses yeux étaient encore plus verts, plus brillants, et il avait vite compris que c'était un effet secondaire du réveil de sa magie.
Il se demandait si Drago s'en était rendu compte et se maudit silencieusement de se laisser aller à ce genre de pensée. Le Serpentard était si distant avec lui qu'il se demandait s'il avait un jour réellement partagé ses sentiments. Il avait mal, tout le temps. Il se forçait à manger pour ne pas que Molly s'inquiète, mais Hermione, bien plus perspicace, l'avait attrapé à l'écart pour le réveiller. En vain. Il avait terminé la discussion en lui assurant que Drago le détestait et était retourné à sa routine.
Dormir, manger, s'entrainer, entrainer, manger, cauchemarder.
Il n'y avait qu'une seule raison justifiant le fait que Drago appréciait ces réunions.
Il pouvait à loisir l'observer. Centre de l'attention, et référent principal, il ne pouvait laisser dévier son regard, permettant à Drago de s'abreuver tout son saoul de son visage. C'était un besoin désespéré, une obsession vilaine et assoiffée qui l'empêchait de dormir la nuit.
Heureusement pour lui, sa propre présence, encore peu acceptée au sein de l'Ordre lui permettait de garder un silence religieux, et combiné au visage glacial qu'il arborait en toute circonstance, une invisibilité efficace qui lui permettait de poser son regard où bon lui semblait.
Seuls Blaise et sa mère avaient remarqué son manège et, si son meilleur ami avait bien essayé de le raisonner, il avait vite abandonné quand Drago l'avait menacé de lui lancer un sort s'il continuait.
Pourtant, il souffrait de cette situation autant que le Gryffondor. Il détestait se tenir loin de lui et fuir ses regards. Il se donnait envie de vomir, à réussir à le regarder de haut à chaque fois qu'il le mettait à terre, sans laisser transparaitre sa tristesse. Mais il n'y arrivait pas, il ne parvenait pas à oublier que Harry était mort volontairement et qu'il l'avait laissé derrière lui.
- Bien, quel est l'ordre du jour ?
La voix de baryton de Kingsley sortit Drago de ses pensées. L'auror était le chef de file de l'Ordre, Jade et Rubis préférant rester en retrait. Et personne n'avait semblé contester cet état de fait. Même si leur puissance aurait logiquement dû les propulser à la tête de leur groupe, il n'en avait pas été le cas. Jade avait estimé qu'ils ne devaient pas prendre part aux décisions et qu'ils ne devaient bénéficier que de leurs conseils.
Drago n'écouta que des bribes de la réunion, plongé dans la contemplation du visage de Harry. Il crevait d'envie de toucher sa peau et d'embrasser chaque parcelle de son corps, mais il ne pouvait pas. Il ne devait pas craquer. S'il devait le perdre à nouveau, il savait qu'il ne pourrait plus jamais échapper à l'emprise de Duncan.
Il avait parfois l'impression de sentir la présence du sorcier dans un coin de son esprit et ça l'effrayait. Il était conscient de sa fragilité et de la dangerosité de sa position, mais il n'avait pas d'autre choix que de se débrouiller seul. Il ne pouvait plus impliquer sa mère. Sa simple présence lui prouvait qu'elle avait déjà fait trop de sacrifice pour lui. Et il refusait que Blaise souffre par sa faute.
- Il se passe quelque chose chez les mangemorts.
Drago leva soudainement la tête. Il se tourna instinctivement vers sa mère qui avait pali. Il savait qu'elle redoutait toutes les informations provenant du manoir Malefoy. Narcissa avait fait le choix de suivre son fils, mais le blond savait qu'elle était encore follement éprise de Lucius et que leur séparation l'affectait plus qu'elle ne le laissait paraître. Il attrapa sa main et la serra en guise de réconfort. Elle tremblait.
- Quelque chose se prépare, je n'ai pu en apprendre plus, mais il semble qu'aucun mangemort ne sache. On dirait bien que les Quatre manigancent quelque chose.
L'homme qui leur ramenait ces informations était inconnu à Drago mais il avait de larges cernes qui mangeaient son regard. Il n'avait pas retenu les noms des membres, et ça ne l'intéressait pas vraiment. Il n'était ici que pour Harry. Uniquement pour lui. Il se moquait bien de ceux qui mouraient pour une cause par laquelle il ne se sentait pas concerné. Ses seules préoccupations étaient la sécurité de sa mère, de Blaise et du Survivant.
- C'est inquiétant, répondit Jade, son visage arborant un air préoccupé qui ne rassura personne.
- Que peut-on faire ? Si personne n'a accès à de telles informations, nous n'avons aucune chance ! s'exclama Seamus.
Un brouhaha inquiet ébranla la cuisine, quand d'un poing frappé sur la table, Harry rétablit soudainement le silence.
- Ça suffit, ajouta le brun avec force. Ce n'est pas comme ça qu'on parviendra à prendre une décision !
Un tressaillement traversa l'échine de Drago aux mots de Harry. Il dégageait tant de puissance dans sa colère, tant de force et de volonté qu'il le fixa un instant comme s'il était un dieu. Ce qu'ils étaient plus ou moins devenus en réalité. Pourtant, Drago se sentait tout sauf divin. Damné serait plus adéquat.
- Il y a peut-être une solution.
Drago se figea. Il resserra ses doigts sur la main de sa mère. Tous les visages se tournèrent vers eux et, malgré le léger tremblement qui animait son corps, Narcissa gardait la tête haute et dardait son regard azur sur le Survivant.
- Il en est hors de question !
Drago s'était levé subitement et il avait parlé sans même réfléchir. Aussitôt, les orbes émeraude de Harry se posèrent sur lui et il déglutit difficilement. Son regard sembla le sonder et un frisson glissa jusqu'à son cœur. Ce fut comme si le temps s'arrêtait et que seul comptait cet instant.
Il se sentit ridicule.
Il avait poussé sa chaise si brutalement en se levant qu'elle était tombée au sol. Un silence de plomb avait suivi ses mots et il n'avait d'autre choix que de rester ainsi à fixer Harry. Il savait que son visage ne trahissait pas son dilemme intérieur, mais les regards braqués sur lui n'étaient que le reflet de leurs soupçons et de leur méfiance. Pourtant, personne n'osa dire un mot tant l'aura qu'il dégageait était à la fois glaciale et désespérée.
Il savait qu'il n'avait pas sa place au sein de l'Ordre du Phénix, mais il refusait que sa mère se sacrifie pour eux.
- Je ne te laisserai pas faire ça, siffla Drago entre ses dents, suffisamment bas pour que seule Narcissa l'entende.
Ses deux mains posées fermement sur la table, il était maintenant tourné vers celle qui l'avait mis au monde. Ses yeux rencontrèrent les siens et elle lui tint tête.
- Mrs. Malefoy, si vous avez quoique ce soit qui puisse nous aider…
- Je t'interdis Potter !
Un froid glacial les enveloppa soudainement et l'atmosphère devint plus lourde alors que Harry et Drago s'affrontaient du regard.
- Drago, s'il te plaît.
- Non ! Tu ne peux pas faire ça ! l'implora-t-il, oubliant totalement ceux qui les observaient sans un mot.
- Bien sûr que si je le peux ! répondit-elle un peu plus sèchement qu'elle ne le voulait.
Drago se figea.
- Je demande une réunion de l'Assemblée.
Le blond se tourna soudainement vers Harry, comme le reste de l'Ordre. Le Survivant semblait déterminé et pas un tressaillement ne vint traverser son corps. Sa demande n'était pas anodine. L'Assemblée, c'était le nom qu'ils avaient attribué à ceux qui portaient le lourd tribut des informations les plus sensibles. Ceux qui connaissaient les secrets les plus sombres de leur combat et qui acceptait sans rechigner de mettre leur vie au service de La Magie. Évidemment, ils étaient très peu, non pas par manque de volonté des membres de l'Ordre, mais parce que Harry avait refusé qu'ils prennent le risque de mourir pour eux.
- Maintenant. Ajouta-t-il d'un ton un peu plus sec.
Certains protestèrent, mais le regard courroucé de Molly Weasley les dissuada de contredire les ordres du Survivant.
Drago avait d'abord été surpris par ceux qui avaient été choisi pour cette Assemblée, jusqu'à ce qu'il comprenne que ce n'était pas stratégique et que ceux qui étaient là faisaient principalement partis des proches de Harry.
Ils s'étaient donc retrouvés en tout petit comité. Rubis et Jade étaient évidemment présents, mais aussi Kingsley, Lupin, McGonagall, Molly et Arthur Weasley, ainsi que Tonks. Blaise s'était levé afin de quitter la pièce également, mais Drago l'avait retenu et personne n'avait contredit son geste.
Il avait vu le regard de Harry sur lui quand il avait agrippé le bras de son meilleur ami, mais toute émotion l'avait quitté dès lors qu'il avait croisé ses propres prunelles.
- Nous vous écoutons, Mrs. Malefoy, indiqua Rubis d'un regard encourageant.
Drago se figea. Il savait déjà ce que sa mère allait leur proposer et il n'était absolument pas d'accord avec cette idée.
- Vous avez besoin d'un espion qui soit le plus proche possible de Vous-Savez-Qui, commença Narcissa en plongeant ses yeux dans ceux de Harry.
Un silence de plomb suivit ses mots.
- Vous voulez faire de votre mari un espion de l'Ordre ? Demanda Lupin, d'une voix surprise.
- Il en est hors de question.
La voix de Drago claqua sèchement dans la pièce.
- Ce n'est pas à toi de décider, Drago, le rembarra Narcissa.
Le blond se crispa.
- C'est une très mauvaise idée, tu le sais. Et père ne l'acceptera jamais.
- Laisse-moi juger seule de ce que ton père accepterait ou pas.
- C'est de la folie ! s'énerva Drago en frappant la table.
Un froid polaire envahit soudainement la pièce et la colère palpable du jeune homme se transforma rapidement, laissant place à une panthère de feu qui bondit sur la table. Aussitôt, l'assemblée se figea alors que Drago, tremblant de tous ses membres, tentait en vain de réfréner l'angoisse sourde qui enflait en lui.
Sa panthère feula, crachant son mépris face à ceux qui osaient décider de sa vie. Drago agrippa les bords de la table, les jointures de ses doigts devenant encore plus blanches que sa peau. Pas un bruit ne rompit le silence, si ce n'est que chacun retenait son souffle en l'attente d'une réaction de la part de l'être de feu.
Ce fut seulement quand Drago croisa le regard inquiet de Harry que sa respiration reprit un rythme normal. Sa panthère disparut alors aussi rapidement qu'elle était apparue.
- Je crois que ça suffit pour aujourd'hui, dit Harry en brisant le silence lourd qui s'était installé. Mrs. Malefoy, nous réfléchirons au plus vite à votre proposition.
Narcissa acquiesça et Drago se laissa retomber dans sa chaise, soufflant lourdement. Ses mains tremblaient encore. Il ne bougea pas alors que les quelques membres de l'Assemblée sortaient de la pièce en silence. Sa mère posa une main réconfortante sur son épaule avant de s'éclipser elle aussi. Blaise la suivit non sans avoir lancé au préalable un regard inquiet à son ami. Il croisa le regard de Jade, qui dans un murmure silencieux, l'intimait de faire attention.
Et ce fut quand il tourna la tête qu'il le vit.
Potter était resté dans la pièce. Et le fixait sans aucune retenue, ses prunelles émeraude dilatées par l'inquiétude. Il n'avait certainement jamais vu son âme de feu et même s'il ne connaissait probablement pas sa réelle signification, l'aura malfaisante qui s'en était dégagé ne lui avait certainement pas échappé. Encore plus depuis que Potter avait accès au cœur de sa magie.
Il le sentait parfois, dans un coin de son esprit. Mais il avait refusé de le laisser s'approcher un peu plus. Drago savait que le jour où il accepterait que Potter envahisse ses pensées, aucun retour en arrière ne serait possible. Il avait vu les regards et il avait bien compris que le lien télékinésique avait été fait entre Rubis, Jade et Harry.
La jalousie lui avait rongé le cœur, le jour où il avait compris qu'il aurait dû faire partie de ce lien. Sa propre fuite lui avait explosé au visage et il s'était encore plus renfermé sur lui-même. Il avait observé les conversations sans un mot, devenant le spectateur oublié. Il avait tout fait pour oublier, il travaillait d'arrache-pied pour repousser au maximum ses angoisses et maîtriser la magie noire que Duncan avait insufflé en lui. Cette magie qui le dévorait et qui lui laissait un goût amer dans la bouche.
Malgré les conseils de Rubis et Jade, il la sentait, tapie au fond de son cœur, prête à prendre le dessus sur la magie blanche.
Aujourd'hui, il avait craqué, il l'avait laissée prendre le dessus et son âme de feu était apparue. Ça n'avait duré que quelques secondes avant que Potter ne parvienne à le sortir de son angoisse.
Il vit Harry ouvrir la bouche, sûrement prêt à lui parler, mais un élan de peur le fit se lever et Drago s'enfuit, son cœur tambourinant, sous le regard peiné du Survivant.
Harry retournait l'album entre ses mains d'un geste distrait. Il avait passé la soirée à le regarder et à détailler les photos animées de ses parents et de leurs amis.
C'était un cadeau de Drago pour Noël.
Il avait tant été persuadé que le blond le détestait qu'il avait saisi le paquet sans y croire. Il avait reconnu l'écriture de Drago et son cœur s'était empressé de battre la chamade. Le Serpentard avait évité son regard depuis l'autre bout de la pièce mais un étrange sentiment de bonheur l'avait envahi. Il l'avait ouvert précipitamment, déchirant le papier argenté, découvrant un album en cuir.
Il avait l'odeur de Drago, celle qu'il avait senti en cours de potion grâce à l'Amortentia, alors même qu'il n'avait pas encore réalisé qu'il était amoureux de lui. Il l'avait ouvert délicatement et aussitôt son souffle s'était bloqué. Il avait tourné toutes les pages précipitamment, son cœur s'emballant. Elles étaient remplies de photos de ses parents, de Sirius et de tous leurs amis.
Il avait serré ses mains sur l'album, retenant les larmes qui menaçaient de s'échapper. Et puis il s'était levé et il s'était dirigé vers Drago, lui tendant son propre cadeau sans un mot. En réalité, il n'arrivait pas à parler. Le blond le fixait d'un regard polaire, mais derrière son apparente froideur, il y avait ce sentiment d'espoir qui se réveillait en eux.
C'était tout ce qu'il avait pu obtenir et il n'avait cessé d'y penser pendant la journée. Ils avaient profité de Noël pour oublier tous leurs soucis. Molly avait fait des merveilles en cuisine, aidée aussi surprenant que ça le soit, par Narcissa. Mères de famille en temps de guerre, elles avaient, semblait-il, réussi à s'entendre et à dépasser l'animosité du conflit Malefoy-Weasley.
Drago était resté loin de lui, mais plusieurs fois il avait croisé son regard alors qu'il défiait Ron aux échecs. Et il crevait d'envie d'aller le voir, sans avoir osé un seul instant.
Il était parti se coucher le cœur en peine, frustré d'être resté si éloigné de Drago. Il avait cette impression depuis la nuit précédente qu'il devait aller le voir, que quelque chose avait changé entre eux et qu'il devait saisir cette occasion avant que toute chance de réconciliation ne tombe à l'eau.
Il en était là de ses réflexions, l'album serré contre son cœur, les ronflements de Ron brisant le silence de la nuit, quand il se décida enfin. Il se leva précipitamment, sans un bruit, glissant sa baguette dans sa poche et son album sous son oreiller. Il enfila un tee-shirt et un de ses jeans qu'il avait laissé traîner dans la chambre et laça ses chaussures le plus silencieusement possible.
Il était tard, et la plupart des membres de l'Ordre dormaient. Pourtant, Harry était presque sûr que celui qu'il cherchait était éveillé. Il le savait parce que son visage laissait paraître toutes les marques de l'insomnie. Il n'était sûrement pas resté dans sa chambre, et connaissant Drago, Harry se dirigea instinctivement vers la bibliothèque.
La lumière filtrait sous la porte quand il arriva enfin devant celle-ci, signe que la pièce était occupée. Il eut un mouvement de recul, incertain, respirant un peu plus fort. C'était une chose de prendre la décision de venir le voir, mais trouver le courage de pousser cette porte pour le confronter en était une toute autre.
Il inspira profondément, se traitant de tous les noms pour ce stress inutile. Il s'agissait de Drago. Oui, il le détestait probablement, mais il se souvenait aussi de ces fugaces moments merveilleux qu'ils avaient partagés. Et il voulait y croire, il voulait se persuader que ces moments étaient encore possibles.
La porte grinça quand il la poussa, mais la silhouette, assise sur le fauteuil, ne tressaillit même pas. Ses cheveux d'un blond cendré ressortaient, illuminés par le feu qui brûlait dans l'âtre. De là où il était, Harry ne distinguait que son profil fin, ses doigts élancés, serrés sur l'accoudoir.
Il n'osa pas s'approcher, se contentant d'aller s'adosser contre la cheminée, les flammes réchauffant agréablement son corps ankylosé par le froid régnant dans les couloirs de la maison. Drago ne leva pas les yeux sur lui, son regard focalisé sur le feu. Il avait des cernes et son visage semblait plus fatigué que d'habitude.
- Qu'est-ce que tu veux ? Demanda finalement le blond, ses yeux se posant instinctivement sur le brun.
Pas une seule émotion ne passa dans son regard et le cœur de Harry se tordit à cette vision. Ses mains étaient moites, mais il ne se détourna pas, plongeant ses yeux dans ceux du blond.
- Ces photos, tu les as trouvées où ?
Drago tressaillit. Si légèrement que Harry crut ne pas le voir, mais il reconnut à la veine qui palpita dans sa nuque que le Serpentard était gêné. Il en ressentit une satisfaction étrange, celle qui ne le quittait pas depuis ce matin et qui l'avait poussé à venir jusqu'ici.
- Blaise les a trouvées dans le grenier et a pensé que ça valait le coup d'en faire un album, c'est tout.
Ses yeux étaient aussi froids que l'air glacé du Nord et Harry sentit sa colère gonfler en lui. Drago n'était qu'une satanée girouette, à souffler le chaud et le froid sans jamais donner d'indication précise sur ses sentiments.
- À quoi bon se donner la peine de le faire, si tu me détestes ? siffla Harry en se redressant, abandonnant la chaleur réconfortante des flammes.
Il se rapprocha de Drago jusqu'à ce que son visage soit si proche du sien qu'il sentait leurs souffles se mélanger. Il attendait une réponse de sa part, que le Serpentard craque et se révèle enfin, mais il ne réagissait pas. Pas une émotion ne traversa son regard, pas un tremblement ne fissura son visage pâle comme la mort. Seul le claquement des flammes trahissait la colère qui enflait encore et encore en Harry, attisée par le silence de Drago.
- Alors tu vas me détester toute ta vie ?
Ce fut alors qu'il le capta. Cet écho de douleur. Il avait été bref, mais Harry l'avait senti si profondément qu'il en resta un moment abasourdi, son cœur s'emballant subitement. Il était persuadé qu'il venait de Drago, que l'éclat douloureux qui l'avait frôlé avait été si fort qu'il avait brisé les barrières mentales du Serpentard.
- Je ne te déteste pas, murmura-t-il d'un air torturé.
Il avait prononcé ces cinq mots en fermant les yeux, comme pour éviter le regard émeraude qui s'était avidement fixé sur ses lèvres. Drago craqua complètement et Harry se releva aussitôt qu'il sentit l'aura noire qui enveloppa le Serpentard. Il propulsa ses boucliers autour de lui avant que le regard fiévreux du blond ne trahisse sa douleur. Ils se regardèrent en chien de faïence pendant plusieurs secondes.
Harry avait l'impression que son cœur allait exploser tant il battait vite. Il avait réagi au quart de tour dès qu'il avait senti que Drago perdait pied. Il avait attendu l'impact, mais rien ne s'était passé, si ce n'est qu'il avait été happé par les yeux douloureusement perdus du blond.
- Je ne te déteste pas, répéta-t-il d'une voix lasse.
Harry s'approcha de lui. Le blond se tenait aussi droit qu'il le pouvait. Harry avança sa main, prêt à la poser sur son bras, mais Drago recula.
- Non !
Harry se figea.
- Ça ne peut pas fonctionner, et tu le sais, ajouta le blond avec amertume.
- Je ne comprends pas.
- Je ne suis pas stable Harry. Je suis le loup au milieu de votre bergerie et ça ne changera jamais. Et je le sens, dans un coin de ma tête, Duncan…
Drago grimaça et Harry s'avança, saisissant son bras fermement. Le blond ne réagit pas, se contentant de le fixer sans un mot.
- Je me moque de ce que pensent les autres et je détruirai Duncan des milliers de fois jusqu'à ce qu'il te laisse en paix.
- Pitoyable Potter, ricana Drago en retirant son bras de la poigne ferme de Harry.
Il se tourna, son regard focalisé sur les flammes qui dévoraient l'âtre.
- Je suis un égoïste, je t'en voudrai toujours de faire passer le bien-être des autres avant le mien. Et ça, tu ne pourras jamais me le donner.
Il se retourna vers le brun à la fin de sa phrase.
- Cet album, c'était un cadeau d'adieu, acheva-t-il en le fixant dans les yeux.
Harry sentit son cœur se briser à ces mots. Un haut le cœur le prit et il se mit à trembler.
- Tu mens.
- Je t'aime tellement que je pourrais crever de ne pas te toucher.
- Comment peux-tu dire ça alors que tu fais tes ADIEUX !? Hurla Harry en se rapprochant, ses mains agrippant les fines épaules de Drago.
Le blond détourna les yeux.
- Tu ne me choisiras jamais.
- Bien sûr que si !
- Tu t'es laissé tuer et tu m'as abandonné !
Harry ouvrit la bouche, mais Drago colla son corps contre le sien et s'empara de ses lèvres. Un violent frisson traversa tout son corps et il répondit avec fougue au baiser du blond. Il se sentait revivre. Il avait attendu ce moment pendant si longtemps, il avait cru l'avoir perdu, cru qu'il ne pourrait jamais plus connaître la sensation de son corps contre celui du Serpentard.
Il ne voulait pas le lâcher, il ne pouvait pas l'abandonner. Il refusait de perdre Drago une nouvelle fois. Mais il se recula bien trop vite et Harry se sentit aussitôt vide. Il le fixa sans comprendre.
- Je devais le faire, parvint-il à dire, ses yeux ne quittant pas ceux du blond.
- Je ne suis ni courageux, ni serviable. Je ne considère pas ces personnes comme des alliés et je ne risquerai ni ma vie, ni celle de ma mère ou de Blaise pour eux.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Que tu ne peux pas compter sur moi.
Harry se sentit soudain las. Las de toutes ses responsabilités, las de devoir faire des choix et las de ne pas pouvoir dire à Drago qu'il aurait aimé partir à l'autre bout du monde avec lui si c'était ce qu'il voulait. Mais il ne pouvait pas faire ça et il comprenait pourquoi le Serpentard lui en voulait.
Drago n'était ni à sa place ici, ni auprès de Voldemort. Il avait sans cesse été obligé de suivre des « maîtres », contraint de s'adapter aux choix qu'on faisait pour lui. Pourtant il se tenait devant lui, droit, les cernes mangeant son visage si parfait, avec dans son regard cette étincelle d'amour qu'il avait déjà entraperçue avant.
Harry aurait tellement aimé que le temps s'arrête, qu'ils soient enfermés à tout jamais dans cette pièce tant qu'il était avec Drago.
- Je n'abandonnerai pas. Je ne laisserai personne se mettre entre nous. Je t'ai déjà perdu et je ne peux plus.
Harry se rapprocha de Drago et posa sa main sur sa joue, sa peau s'enflammant contre la sienne en un frisson agréable.
- C'est toi que je choisis, assura le brun en posant son front contre celui du blond.
- Le romantisme ne te va pas, se moqua Drago d'une voix ironique.
Le blond se recula, mais Harry l'agrippa désespérément.
- Ne fuis pas. Souviens-toi, à l'infirmerie, je t'ai dit que je n'avais pas peur. Je t'ai tendu la main et je le referai jusqu'à ce que tu comprennes que ce jour-là, je t'ai promis que je ne te quitterai plus jamais. Drago, je suis sincère.
Le brun le lâcha et se recula. Il lui tendit sa main, le fixant d'un regard déterminé. Le blond le jaugea sans un mot. Harry sentait son cœur battre la chamade. Il savait que si Drago ne saisissait pas sa main, il pourrait définitivement lui dire adieu et cette idée le détruisait secondes après secondes.
- Je ne cherche pas à être sauvé, marmonna le blond.
Harry se contracta et il retira sa main d'un geste brusque.
- Qui a dit que je voulais te sauver ? Attaqua-t-il, blessé par les mots de Drago.
Le blond lui lança un regard polaire.
- N'es-tu pas Saint Potter, Sauveur du monde sorcier ? Répondit le blond, avec sarcasme.
Harry ricana. Il secoua la tête de dépit. Drago l'embrassait quelques minutes auparavant, et le repoussait sans aucun tact la seconde d'après.
- Tu n'es qu'un lâche Malefoy !
Il la sentit avant même qu'elle n'apparaisse, mais il ne bougea pas. Il encaissa l'onde magique de Drago sans un mot, son corps s'écrasant douloureusement contre le fauteuil tombé à la renverse. Aussitôt, Drago fut sur lui, maintenant rageusement ses bras au sol.
- Je ne te permets pas, siffla le blond entre ses dents.
Harry ne put s'empêcher de rire, un filet de sang s'écoulant du coin de sa bouche.
- Toujours aussi susceptible, Malefoy.
Drago le fixa sans un mot pendant de longues secondes, quand sa poigne devint plus douce sur ses bras. Il se laissa tomber tout contre son corps, son visage niché dans le cou du Survivant, dans un élan désespéré de retrouver un amour perdu. Harry en tremblait, le souffle brûlant du Serpentard laissant une trace indélébile sur sa peau avide de la sienne.
- Comment peux-tu croire que je te déteste ? Je t'aime tellement que je crève de te voir sans te toucher ou te parler, chaque jour, murmura Drago dans son cou.
Il semblait épuisé et Harry le serra entre ses bras meurtris. Il n'avait rien à répondre à ces mots, si ce n'était lui montrer l'étendue de ses propres sentiments. Il ne prononça pas une parole quand il sentit les larmes de Drago couler dans son cou, se contentant de resserrer sa prise, refusant de le lâcher. Il avait besoin de sentir son corps contre le sien, que sa chaleur le réconforte et qu'il s'abandonne enfin à lui.
- Je ne t'abandonnerai plus, finit-il par dire quand les tremblements de Drago cessèrent.
Le blond se redressa et plongea ses yeux dans ceux du brun. C'était la première fois depuis des mois qu'ils se regardaient sans animosité. La première fois depuis la mort de Dumbledore que Harry voyait dans ses yeux tout l'amour qu'il éprouvait pour lui.
Son cœur battait si fort qu'il n'entendait plus que lui. Il n'avait jamais aimé comme il aimait Drago, il en était persuadé. Il ferma les yeux douloureusement et les larmes dévalèrent ses joues sans qu'il ne puisse les retenir. Il sentit la main de Drago sur sa joue mais il était incapable de parler. Alors il lui ouvrit son esprit et Drago s'engouffra dans sa tête.
Il partagea ses doutes et sa tristesse, son amour, sa peur de le perdre et tous ces mots qu'il n'avait jamais osé dire à haute voix. Harry s'agrippa au tee-shirt de Drago, désespérément, sans un mot, et le blond le blottit contre lui. Il attrapa son visage entre ses doigts fins et il l'embrassa tendrement. Ce n'était ni passionné, ni triste, mais il y avait dans ce baiser tous les sentiments dévorants qu'ils ressentaient. Tellement d'amour que c'en devenait insupportable, que la simple peur de perdre l'autre les terrassait.
Pour la première fois depuis trop longtemps, Harry s'endormit sans appréhension et sans faire de cauchemars, rassuré par la présence brûlante de Drago contre lui. Seul le feu crépitait dans la pièce, berçant les amants tendrement, leur offrant pour un temps, un doux cocon rien qu'à eux.
Alors, heureux ?
