Petit mot général : et voici le calendrier de cette année ! Pour 2020, j'ai demandé aux gens sur ma page facebook de proposer des couples, personnages, duos qu'ils voudraient voir dans ce calendrier. Je me suis retrouvée avec une liste de couples (plus ou moins farfelus) que vous pourrez découvrir chaque jour de l'avent !

J'ai essayé de m'imposer deux contraintes : un, de rester au plus proche de l'ambiance de la série (ce qui n'exclut pas quelques modern UA mais que j'ai voulu dans un respect du caractère des personnages). Ceci était assez compliqué car ma deuxième contrainte était de relier le plus possible les textes avec Noël ! (pour l'instant, j'ai un texte où je n'ai pas réussit).

Donc dans ce calendrier, on reste (sauf pour les modern UA) dans le canon de la série, sauf que on y a rajouté le Père Noël, les sapins et les cadeaux qui sont ici connus à Westeros.

Ah, et comme je suis maso, j'ai aussi associé à chaque texte un mot du défi festif de l'Enfer de Dante.


Jour 1 : Avent (mot de l'Enfer) + un texte sur la fratrie des Lannister, où ils ne s'entretuent pas (demandé par Black Angelis)

Note : ce texte est une fiception de la magnifique fic de Black Angelis, My Fire never goes out, cad qu'il reprend le principe qu'elle y avait développé (Tyrion trouve Cersei dans les ruines du Donjon Rouge et s'enfuit avec elle à Essos, alors que Daenerys bien vivante règne sur Westeros et est un... énervée envers eux) en faisait quelques changements


Le silence est pesant. Ce qui n'est guère étonnant – entre eux deux, jamais le silence ne pourra être autre que lourd. Alors Tyrion tâche de ne pas trop s'en accommoder, essaie de se dire que ce n'est au fond guère important que Cersei ne lui ai pas dit un mot depuis leur arrivée à Pentos, que le silence vaut peut-être mieux que les insultes et la haine qu'elle lui adresse ordinairement. Mais voilà, s'il est plutôt beau parleur, Tyrion a dû mal à se convaincre lui-même. Peut-être parce la douleur qui lui saisit la poitrine est trop saisissante pour qu'il ne puisse l'oublier, et que dans ce silence absolu, il ne peut que l'entendre rugir.

Alors il finit par murmurer, faisant remarquer sans presque le vouloir :

- Nous sommes le 1er décembre.

Cersei le regarde, surprise, agacée aussi de le voir briser ce silence. Mais c'est peut-être parce qu'elle non plus, ne le trouve pas agréable, qu'elle répond :

- Et alors ?

Bien sûr, son ton est mordant, sec, elle lui en veut de la déranger presque autant qu'elle s'en veut de rentrer dans son jeu.

- Alors rien. Je pensais simplement au fait que l'avent a commencé.

- Et alors ? Qu'est-ce que cela peut-il bien faire ?

- Rien.

Rien du tout.

Ce qui était bien vrai – ils étaient après tout chassés de leur propre royaume, traqués par une reine de cendres, destinés à mourir sitôt qu'ils seraient retrouvés. Alors qu'importait l'avent quand ils n'étaient même sûrs de voir son achèvement ? Noël représentait un horizon bien trop lointain, comme 24 jours inatteignables dans lesquels ils ne parvenaient à se projeter.

Encore une fois, Tyrion se demanda que serait sa vie s'il avait choisi Daenerys. Sûrement serait-il en train de préparer les fêtes, un réveillon de Noël et du nouvel an pour marquer une nouvelle ère, celle de la paix et de la prospérité du glorieux règne du dragon.

(Mais même toute la neige du monde ne pouvait recouvrir toutes les cendres de Port-Réal, alors peut-être Tyrion n'aurait été qu'en train de faire semblant de sourire.)

Il suppose qu'il ne le saura jamais, puisque qu'il est dans une cabane miteuse du bout du monde, avec pour seule compagnie Cersei et le silence qu'elle lui oppose. Ce qui n'est pas juste, après tout, il lui a sauvé la vie, ne devrait-elle pas lui en être reconnaissante ? Mais il suppose que Cersei ne peut être quoi que ce soit de positif sans Jaime, alors Tyrion lui pardonne.

Lui-même est facilement plus négatif sans le soleil qu'est son doré de frère pour éclairer sa vie.

Peut-être est-ce pour cela au fond que le silence entre eux est si pesant – comme au temps de la guerre des cinq rois, Jaime n'est plus là pour le combler.

- Jaime aime beaucoup l'avent, finit-il par rajouter.

Il ne peut dire aimait, ne peut le condamner à un passé révolu, à la réalité que tout serait terminé alors qu'il garde toujours l'espoir que cela ne l'est pas. Cersei doit penser comme lui, car elle répond de même :

- Oui. J'aimerai tant pouvoir refaire un calendrier avec lui, comme quand nous étions enfants.

- Peut-être... pourrions nous en faire un ?

- Il est trop tard pour cela.

- Non. Pas si nous faisons un calendrier inversé. Au lieu d'ouvrir un cadeau pour nous, nous mettrions de côté quelque chose pour Jaime. Qu'il pourra ouvrir lorsqu'il se réveillera.

Cersei ne dit pas qu'après un mois passé dans un coma profond, elle commence à douter que Jaime se réveille un jour, que si son corps a survécu aux pierres, ce n'est peut-être pas le cas de son âme. Elle ne le dit pas, car tout comme Tyrion, elle ne veut admettre cette réalité – un monde sans Jaime ne serait pas un réel monde. Alors elle fait remarquer :

- Si l'on n'excepte trois cailloux sur la route, nous n'avons rien à mettre de côté.

Elle est peut-être réduite à l'exil et la mendicité, mais ce n'est pas pour autant qu'elle veut offrir d'aussi tristes présents à son frère qu'un morceau de branche arraché. Jaime mérite mieux, tellement mieux, il mériterait les plus incroyables trésors que le monde a à renfermer.

Tyrion est d'accord avec ce qu'elle émet comme objection, bien sûr, si il y a bien un seul domaine pour lequel ils ont toujours été d'accord, c'est bien le fait que Jaime mérite ce qu'il y a de mieux. C'est peut-être pour cela qu'il finit par proposer timidement, comme surpris de sa propre audace :

- Peut-être pourrions nous lui offrir ce qu'il a toujours désiré et que nous n'avons jamais su lui donner. Notre affection.

- Nous...

- Pas une affection envers lui. Une affection entre nous.

C'est une chose à laquelle Cersei n'avait pas songé. Une chose qui lui paraît inconcevable – après toutes ces années à le haïr, comment pourrait-elle ressentir autre chose pour son cadet que de la détestation la plus profonde ?

Mais voilà. Tyrion a raison. Jaime mérite mieux que la guerre qu'ils se sont livrés toutes ces années. Et si cela peut l'aider à le réveiller, alors peut-être que Cersei peut essayer.

Après tout, ils ont 24 jours pour faire un pas l'un vers l'autre, petit à petit, comme un apprivoisement qui s'ouvrirait aussi doucement qu'une case de calendrier.

.

Lorsque Jaime ouvre les yeux, le soir du 31 décembre, ses yeux tombent sur deux paires d'yeux tout aussi vert émeraude que les siens, et dans lequel brille un lueur plus apaisée, plus fragile peut-être, mais plus belle maintenant que la haine est en voie d'en être partie.

En voyant Cersei lui sourire de soulagement avant de se tourner vers son jumeau pour l'embrasser, Tyrion se dit qu'en effet, cette année annonce une nouvelle ère, de paix et de postérité.


Note de fin : et voilà pour le premier ! On se retrouve demain avec un couple assez improbable, j'espère que la manière dont je l'ai amené vous semblera convaincante.