Bonjour bonjour ici ^^

En ce lundi matin, je suis là au rendez-vous pour vous présenter le 7e OS de ce Calendrier.

Je vais me répéter comme à chaque fois (histoire d'être sûr que ce soit bien enregistré par tout le monde).

Ces OS sont des UA donc ne suivent pas la trame originale et les couples sont tirés au hasard.

Vous êtes libres de lire ceux qui vous plairons le plus, je ne force personne.

Maintenant la réponse à ma revieuweuse habituelle pour se calendrier MDR

Christine: Ravie de te revoir par ici ! Cornélius est un personnage que j'aime bien. Je le vois pas vraiment manipulateur et profiteur comme dans le canon. Il est toujours plus sympa dans mes textes. En fait Fenrir et lui ont tous les deux une certaine influence sur l'autre, c'est ce qui leur permet de fonctionner en temps que couple dans l'histoire que tu as lus. J'espère que la suivante te plaira aussi. A plus

Voilà maintenant je vous laisse avec le texte


OS n°7 : Lion noir

Ils avaient le même secret. Au début ne se connaissant pas vraiment, ils ne firent que jouer. Mais au fur et à mesure se rapprochèrent, jusqu'à ce que finalement ils puissent s'avouer leurs sentiments. Mais le plus dur restait à faire. Le seigneur des ténèbres allait revenir et il devait protéger Harry. Parviendra-t-il à tenir son engagement ? Qu'adviendra-t-il de l'Angleterre ? Quel destin pour un Mangemort repentis se découvrant l'existence d'un autre membre de sa famille ?

Ships : Igor/Fred

Warning : No lemon, Yaoi.


Lion noir.

Il observait les nouveaux venus avec intérêt, comme tout le monde, mais son attention resta fixée sur le directeur des élèves de Durmstrang. Igor Karkaroff avait beau être un ancien Mangemort, il était encore bien fait de sa personne. Ses noirs cheveux longs allant jusqu'à ses épaules, ainsi que son petit bouc, lui donnait un air digne comme sa posture et son habit faisait ressortir la beauté de ses yeux bleus. Il était sous son charme, le suivant du regard jusqu'à ce qu'il s'installe à la table principale, près de Severus Rogue. Il frissonna en sentant que lui aussi le fixait et tourna la tête vers son jumeau, gêné.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive Fred ? demanda ce dernier. Peur de la chauve souris ?

- Non pas du tout. C'est juste que… Je sens… Comme un tiraillement dans ma magie. C'est bizarre.

- Tu crois que ce sont les nouveaux arrivant qui te font sentir ça ?

- Leur directeur… murmura-t-il un peu rouge.

- Je savais pas que tu étais attiré par les hommes mûrs frangin.

- Tu crois que j'ai choisis peut-être ? marmonna-t-il avant que Albus Dumbledore ne prononce son discours de bienvenue.

- Je sais que c'est pas le cas. T'inquiète pas, je ne te jugerais jamais. Tu devrais le savoir.

- Oui Georges, bien sûr, dit-il avant de se concentrer difficilement sur son assiette.

Les jours qui suivirent, chaque fois qu'il le croisait, il se sentait attiré vers lui et son coeur loupait un battement. Il se retenait de sauter à son cou, même si c'était très difficile, et le soir pour essayer d'oublier ça, il sortait en douce de son dortoir, partant se balader dans la forêt interdite. Il avait un secret qu'il partageait avec son frère, il était un animagus, il prit donc cette forme pour son expédition nocturne. Il fut surpris de sentir un autre animal comme le sien et remonta la piste de l'odeur pour se retrouver devant un immense lion noir avec quelques poils argentés dans sa fourrure.

Il se figea face à lui et l'observa, l'autre fit de même durant plusieurs minutes avant de s'approcher doucement, sans être agressif, ce qui prouvait qu'il s'agissait d'un animagus. Il se laissa renifler par le mâle plus vieux qui vint lui lécher la truffe tout en posant une de ses grosses pattes sur lui pour le faire s'allonger sur le sol. Il résista un peu au début, mal à l'aise, mais le doux grognement de l'aîné le rassura, il ne voulait pas lui faire du mal, juste pouvoir le regarder de plus près. Il se coucha alors et l'autre se plaça non loin, étudiant sa carrure, comme s'il cherchait à deviner quel sorcier pouvait bien se cacher derrière cet animal.

Fred demeura un long moment ainsi avant de se lever et l'invita à jouer avec lui, ce qui était clairement pour l'autre un comportement d'adolescent ou de jeune adulte. Il comprit alors que ce devait être un élève de Poudlard, mais lequel ? Il espérait que ce n'était pas l'un des arrogants Gryffondor dont lui parlait Severus dans leurs rares lettres qu'ils s'échangeaient quand il demandait qu'il lui fournisse quelques potions pour son école. Mais il ne semblait pas être ainsi, surtout que là, au lieu de venir le forcer à bouger, il attendait patiemment qu'il émerge de ses pensées, ce qui était plutôt respectueux. Ce comportement lui arracha un sourire puis il se redressa sur ses quatre pattes avant de poursuivre le plus jeune, se prenant vite au jeu.

Ils coururent ainsi une longue partie de la nuit avant de se poser dans un coin. Lui était allongé près d'un arbre, et l'ado avait sa tête posée sur son dos. Il sentait sa respiration ralentir, signifiant qu'il s'était endormi et n'osa pas le réveiller, se décidant à passer la nuit là pour que le jeune homme, qui qu'il soit, ait au moins un peu de sommeil après qu'ils se soient amusés comme des fous durant plusieurs heures.

Au réveil cependant, il ne sentit plus le poids de son camarade de jeu, il était parti, alors il redevint humain et voyant l'heure, fila à ses appartements pour prendre une douche, se débarrassant en partie de l'odeur de fauve qu'il avait sur lui, puis il se changea avant de gagner la Grande-Salle un peu en retard. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais au moins il avait passé une bonne nuit pour la première fois depuis de longues années.

- Alors Karkaroff, panne de réveil ? siffla méchamment Maugrey avant de boire dans sa flasque.

- Cela ne vous regarde en rien, dit-il avant de saluer Albus ainsi que le reste des enseignants.

- Voyons, vous n'allez pas vous disputer de si bon matin tout de même ?

- Ce n'était pas mon attention Albus, répondit le directeur de Durmstrang avant de se servir une quantité importante de nourriture tout en observant les élèves attablés.

Il cherchait son lion et bien entendu ses yeux se posèrent d'abord parmi les Gryffondors. Il cherchait un regard identique à celui de l'animal qu'il avait vu durant la nuit. Tout le monde pensa qu'il était en train d'évaluer les différents étudiants pour savoir lequel serait une menace pour son champion. Il soupira doucement après un moment ainsi sans rien trouver et ce dit que le garçon en question avait du avoir du mal à se réveiller également.

Il se demanda comment il allait pouvoir le trouver comme il n'avait quasiment aucun indice, à part le chercher à l'odeur, mais il ne pouvait pas dévoiler son secret à tout Poudlard ainsi qu'à l'élite de Beauxbâtons et les élèves méritant de son école. Il ne se rendit compte qu'il s'était perdu dans ses pensées qu'en sentant la main de Minerva McGonagall se poser sur son épaule, le faisant sursauter.

- Tout va bien Igor ? Vous m'avez l'air bien soucieux.

- Ce… Juste un mystère à résoudre.

- De quel ordre ?

- Savez-vous si… S'il y a un autre animagus que vous dans ce château ?

- Non. Mais certains de mes élèves auraient les capacités pour le devenir. Vous avez vu quelque chose ? demanda-t-elle.

- Je crois bien que oui. Je n'ai pas réussis à le trouver cependant. Il y a trop d'élèves ici.

- Quel animal était-ce ?

- Un… Un lion.

- Je vois. D'où votre intérêt pour la table de mes élèves.

- Vous êtes toujours aussi observatrice à ce que je vois Minerva.

- Je le dois sûrement à ma forme féline. Je pourrais vous aider si vous le voulez.

- Je vais d'abord tenter de le trouver moi-même. Peut-être que je le reverrais ce soir.

- Très bien. Je garderais ça pour moi en attendant, dit-elle.

- Merci, dit-il avec un sourire avant de se lever pour se dégourdir les jambes.

Les jours qui suivirent, il eut l'occasion de voir plusieurs fois le lion noir, jusqu'à Halloween. Ce soir là après la nomination des quatre champions, il ne se montra pas. Igor sentit son coeur se serrer dans sa poitrine, se doutant que le jeune homme, s'il était bien un Gryffondor, devait s'inquiéter pour Harry Potter, peut-être même était-il un de ses amis. C'est donc plutôt déprimé qu'il fit une brève promenade avant de rejoindre ses quartiers, où il ne trouva pas le sommeil.

Le lendemain, il se présenta au petit déjeuner avec des cernes sous les yeux sa tenue légèrement désordonnée. Il régla cela d'un coup de baguette quand Severus lui en fit la remarque puis se laissa tomber lourdement sur sa chaise. Il perçu alors les regards inquiets des enfants de Durmstrang se poser sur lui et leur offrit un faible sourire pour les tranquilliser un peu. Il ne mangea cependant pas grand-chose ce matin là ce qui étonna les adultes attablés autour de lui, qui s'étaient habitués à le voir avaler d'énormes quantités de nourriture. Il perçu également le fait que sa marque des Ténèbres le démangeait, signe que le Lord revenait, et cela le terrifiait plus qu'il ne voulait l'admettre. Il serra son bras gauche et se leva brusquement de table avant de quitter la pièce.

Fred qui l'observait depuis un moment, le vit faire et sorti un peu plus tard, il n'avait pas très faim non plus. Il savait que l'homme était le lion qu'il avait vu, il se doutait donc ce qu'il allait faire et gagna la forêt interdite. Il le trouva sous sa forme d'animagus à leur lieu de rencontre habituelle, en train de se lécher la patte correspondant au bras où se trouvait le signe de son allégeance passée à Voldemort. Il s'installa contre lui, apportant sa présence qui réconforta le plus âgé qui parvint cette fois à s'endormir.

Le Gryffondor n'eut pas le coeur à le laisser seul après l'avoir vu si éreinté, et demeura là au risque de se faire remonter les bretelles par Minerva le soir venu. Il s'en moquait, pour le moment seul le bien-être de son lion le préoccupait. Et de toute façon, il savait que son jumeau pourra le couvrir pour une journée. Il avait comprit après quelques jours ce qui le poussait sans arrêt vers lui, ils étaient des âmes-sœurs, et il ne voulait pas le laisser dans cet état-là. Quand vint la nuit, tout le monde parti à leur recherche, ne les ayant pas vu de la journée, il devint alors humain et entreprit de réveiller délicatement l'autre animagus afin que leur secret ne s'ébruite pas. Igor était content d'enfin savoir qui était celui qu'il commençait à beaucoup apprécier et il l'aida à retourner discrètement au château tandis que lui allait au devant des chercheurs, menés par Albus.

- Nom d'un chien Igor ! Où étiez-vous passé ?

- Je suis allé faire un tour.

- Toute la journée ?!

- Cela ne vous arrive jamais de perdre la notion du temps qui passe Dumbledore ? répliqua-t-il.

- Je vois. Avez-vous aperçu quelqu'un ?

Le directeur de Durmstrang senti son pair Anglais tenter d'infiltrer son esprit et le vira de sa tête.

- Pas de ça avec moi vieille branche. Vous pouvez explorer l'esprit des autres si cela vous sied, mais je ne vous permet pas de le faire à moi. Décidément vous me décevez, déclara-t-il avant de gagner le bateau où se trouvaient ses étudiants.

Ils furent soulagés de le voir et il les convainquit d'aller se mettre au lit, les jours suivant allant être plutôt long jusqu'à ce qu'arrive la première épreuve du tournois. A partir de là quand il croisait Fred Weasley dans les couloirs, il lui offrait des sourire discret, et jamais il ne le confondit avec Georges bien qu'ils avaient une odeur et une magie plutôt proche. Il était son lion et même plus que ça, son compagnon choisit par Magia. Il restait cependant distant quand ils étaient humains, le garçon n'étant pas encore majeur pour le moment. Il allait devoir attendre le 1er Avril pour pouvoir céder à ses envies de s'emparer des lèvres du Gryffondor. Ces six mois allaient être les plus longs de leur vie et il soupirait d'avance en y pensant, mais cela ne l'empêchait pas de faire parvenir à l'adolescent quelques cadeaux qui il le savait, lui ferait plaisir.

Un soir Ron, dans la salle commune avec ses amis, surpris son frère en train de caresser un hibou qu'il n'avait jamais vu.

- Hey frangin ! D'où il vient cet animal ?

- Je te présente Horsy, c'est un admirateur secret qui me l'a offert. Il est beau tu ne trouve pas ?

- C'est quoi ce nom pourris ? Et comment ça UN admirateur ? Tu es gay ?

- Ce nom vient de celui du dieu du soleil d'hiver, de la guérison, de la survie, et du triomphe de la santé sur la maladie, dans les croyances des pays du Nord. Tu ne devrais pas l'insulter, il a un caractère très fort, dit-il alors que l'animal claquait le bec de façon menaçante devant Ron.

- Tu compte le garder ? Maman ne sera sûrement pas d'accord !

- Si elle ne veut pas qu'il reste à la maison, je le laisserais à la volière ou je le confierais à Hagrid. Je suis sûr qu'ils s'entendraient à merveille. Tu n'est pas d'accord mon beau ? dit-il, s'adressant à l'oiseau sur la fin.

Celui-ci émit un doux cris avant de frotte sa tête contre la main de Fred.

- Il m'a l'air de beaucoup t'aimer, dit Hermione.

- Oui, c'est sûrement du à mon admirateur, répondit le rouquin. Les animaux sont très sensibles à comment tu parle de certaines personnes devant eux.

- Je vois. Tu crois que je peux le caresser ?

- Faut voir avec lui, dit-il amusé.

La jeune brune se présenta à l'hibou de son ami qui lui permit d'approcher.

- Il est tout doux. Celui qui te l'a choisit doit avoir un bon feeling avec les bêtes.

- Sans doute oui, dit-il doucement.

- Je suis sûr que c'est un des gars de Durmstrang qui a du te l'envoyer vu le nom de cette chose, dit Ron sur un ton acerbe qui ne plu pas à Horsy qui le pinça un peu brusquement.

Le roux commença à saigner alors que Fred faisait un peu la morale à son oiseau tandis qu'Hermione décida de l'emmener à l'infirmerie.

- Eh bah, va falloir qu'on surveille notre langage comme avec un Hippogriffe, dit doucement Georges. En tout cas il a un bon coup de bec.

- Oui, mais il n'était pas comme ça avant que Ron l'insulte. Il a des bonnes manières cet oiseau au moins. Et puis il aurait put sectionner le doigt de notre frère si je l'avais pas retenu.

- Honnêtement frangin, je sais pas si tu devrais le garder…

- Il ne fera plus de mal à personne. Il faut juste qu'il s'habitue à nos caractères. Jusqu'à aujourd'hui il était encore dans une animalerie avec des gens agressifs envers lui. Tu m'étonne qu'il soit un peu brute avec les gens comme Ron.

- Faudra que tu en parle à Hagrid. Il pourra peut-être l'aider pour ça.

- J'irais le voir demain.

- Et sinon ton admirateur… Tu sais qui il est non ?

- Oui, mais j'ai promis de le dire à personne.

- Il est gentil avec toi au moins ? Pas trop… Entreprenant ?

- Non au contraire. Il est du genre patient comme il est plus âgé.

- Je vois… Je comprends que tu le protèges.

- Au moins autant qu'il le fait pour moi. Je voudrais lui faire un cadeau pour Noël, mais je ne le connais pas aussi bien que lui me connaît. Je sais pas comment il fait mais il tape toujours juste quand il m'envoie des choses.

- Tu devrais penser avec ton coeur et pas avec ta tête. Essaye une fois d'aller dans un magasin et de te laisser guider par ta magie. Je suis sûr que ça t'aidera.

- Toi tu parles par expérience.

- Bien sûr, tu es pas le seul à avoir trouvé la personne qu'il te faut.

Fred rougit à ce commentaire puis le lendemain, il alla présenter son hibou à Hagrid qui le trouva adorable. Il donna au Gryffondor quelques conseils pour s'occuper de lui et l'éduquer pour qu'il soit moins farouche puis il reparti, Horsy perché sur son épaule. En chemin pour retourner au château il croisa son enseignante de métamorphose.

- Ah monsieur Weasley ! Je vous cherchais justement.

- C'est à propos de mon hibou j'imagine… Je vous promet qu'il ne recommencera pas. Il n'a pas encore l'habitude d'être en présence de beaucoup de gens.

- J'espère bien que cela ne se reproduira pas. Cependant, ce n'était pas à ce propos que je voulais vous voir. Plutôt concernant qui vous l'a offert.

- Vous pensez qu'il est mauvais ?

- Non, je voulais juste savoir si vous étiez bien traité.

- Mon jumeau m'a demandé presque la même chose. Et rassurez-vous, il ne compte pas me blesser. A vous je peux bien le dire… Il est mon âme-sœur.

- Hum… Cela explique comment il vous regarde.

- Vous… Vous savez qui s'est ? Allez-vous le dénoncer ?

- Loin de moi cette idée. Il est bien mieux depuis qu'il vous connaît. Je ne compte pas gâcher votre bonheur à tous les deux, soyez juste vigilant.

- D'accord Professeur. Mais… Vous pensez que je pourrais être son cavalier au bal de Noël ?

- Ce ne serait pas très prudent mon garçon. Demandez plutôt à une de vos amies de venir avec vous pour plus de sécurité.

- Mais… J'aimerais tellement pouvoir y aller avec lui…

- Je m'en doute mais vous n'êtes pas majeur encore, cela risquerait d'être mal interprété. Vous comprenez mon garçon ?

- Oui professeur… dit-il tristement.

- Ne vous inquiétez pas, vous aurez d'autres occasions.

- Très bien… Je vais inviter quelqu'un de différent alors…

- Je suis navrée Monsieur Weasley, mais c'est le plus sûr pour vous deux.

- Je sais… murmura-t-il. Au revoir professeur.

Il rentra au château dépité et fut d'une humeur massacrante jusqu'à la sortie à Pré-au-lard durant le week-end durant lequel il chercha un présent pour Igor en suivant les conseils de son jumeau. Il dénicha parmi des objets que leur vendeur considérait comme des vieilleries presque sans aucune valeur, une ancienne amulette en sale état. Fred sentait pourtant qu'il y avait plus que ça et l'acheta avant de retourner à Poudlard. Il s'installa sur un des sofas de la salle commune, Horsy posé sur ses genoux et il s'appliqua à nettoyer son acquisition délicatement.

- Qu'est-ce que tu as encore ramené ? demanda Ron.

- C'est pas tes oignons. Va plutôt te trouver une cavalière pour le bal de Noël. Sinon il ne restera plus que les plus moches.

- Et toi ? Tu vas demander à qui ? A ton mystérieux admirateur ?

- Non, il y va déjà avec quelqu'un.

- Il se désintéresse de toi on dirait, dit-il moqueur.

- La ferme Ron ! Fiches moi la paix ! grogna-t-il. M'adresse plus la parole !

Il gagna ensuite sa chambre avec son hibou, complètement sur les nerfs.

- Qu'est-ce qu'il est sensible, se moqua-t-il.

- Et toi tu es stupide ! répliqua Hermione. Tu ne vois pas que tu lui as fais du mal ?!

- Oh arrête ! Mon frère c'est pas une chochotte !

- Toute façon ça sert à rien de te parler, dit-elle.

- T'inquiète pas Hermione, je vais aller le voir, déclara Georges avant de monter les escaliers en fusillant son plus jeune frère du regard.

Il trouvera dans sa chambre son jumeau roulé en boule sur son lit, en pleurs, tenant l'amulette abîmée dans la main. Il s'installa sur le lit et le prit dans ses bras.

- Calme toi Fred, tout va bien. N'écoute pas Ron. Il est juste stupide et incapable de te comprendre.

- Si seulement j'étais déjà majeur… J'aurais le droit d'aller avec lui au bal… 6 mois c'est tellement long à attendre…

- Peut-être mais dis toi que après ça, tu pourras être avec lui comme tu veux et comme lui en aura envie. 6 mois c'est rien contre des dizaines d'années.

- Je sais bien… Mais ça me fait tellement de mal de devoir rester loin…

- Écoute, voilà ce que je te propose. Le jour de notre anniversaire, tu l'emmènera dans une salle déserte réaménagée en lieu de fête et tu demanderas à Flitwick de te prêter des instruments enchantés, comme ça tu auras tout ce qu'il faut pour faire un mini bal.

- Oh ! Brillant ! Merci pour l'idée !

- Je t'en prie. Maintenant, si tu me parlait de ce que tu as dans ta main ?

- Je l'ais achetée à Pré-au-lard, ma magie m'a guidé vers cette amulette, mais je ne sais pas comment la remettre en état…

- Allons dans notre labo et on va regarder ce qu'on peut faire.

- D'accord frangin, dit-il après avoir séché ses larmes.

- Je suis sûr que ton admirateur te préfère avec un sourire, le taquina-t-il gentiment.

- Il ne m'a encore jamais vu pleurer, et je veux que ça continue comme ça.

Son frère sourit puis l'entraîna à leur labo après avoir emprunté quelques passages secrets. Une fois là-bas, ils se mirent au travail pour restaurer l'amulette et l'emballer avant de retourner au dortoir, l'heure étant arrivée de se coucher.

Le temps passant, le jour de la première épreuve fini par arriver, Fred et son frère organisèrent les paris dans la foule alors que les champions se préparaient à entrer dans l'arène avec, pour chacun, une dragonne différente à laquelle ils devaient prendre un œuf en or contenant un indice pour la tâche suivante. Ils s'installèrent à leur tour une fois tous les paris pris et regardèrent avec attention chaque participant. Sans surprise, les 3 premiers s'en sortirent à merveille, mais ils avaient peur pour la sécurité du dernier qui allait affronter la plus terrible des dragonnes, la Magyar à pointes.

Les juges eux aussi étaient particulièrement attentif à ce qui allait se passer, surtout Karkaroff qui lisait l'inquiétude sur le visage de son lion. Il garda sa baguette à proximité pour pouvoir intervenir au cas où car il sentait que quelque chose allait mal se passer même s'il espérait se tromper. Il vit Harry entrer dans l'arène puis appeler son éclair de feu et ensuite, bien plus tard la chaîne se brisa. En se rendant compte que personne parmi les anglais ne faisait quoi que ce soit pour l'aider alors qu'il allait se faire dévorer tout cru, il s'exclama, la voix amplifiée par un sonorus :

- Oh Merlin ! Durmstrang, le sort numéro 90 jeunes gens ! Vite !

Tous ses étudiants se levèrent en même temps que lui et utilisèrent une formule en Russe, ainsi, plusieurs jets de magie de couleurs différentes, frappèrent la chaîne pour la rattacher et ramener la bête au sol alors qu'elle allait poursuivre le jeune Gryffondor. Cette intervention permit au jeune homme de récupérer son indice et Igor soupira de soulagement en le voyant sortir indemne. Il mit fin au sonorus et félicita ses étudiants avant de se tourner vers les organisateurs du tournois.

- Vous êtes de grands malades ! Une Magyar à pointe ?! Vous vouliez tuer ce pauvre gosse ou quoi ?! Vous auriez mieux fait de prendre un Norvégien à crête ! Et ne me dites pas que personne n'a vérifié cette maudite chaîne avant de lancer l'épreuve parce que là j'aurais de belles injures à vous balancer à la figure !

Ils n'osèrent pas répondre et la colère du Russe ne fit qu'augmenter jusqu'à ce qu'il entende la voix du jeune Potter qui s'était faufilé derrière lui :

- Merci d'être intervenu Monsieur Karkaroff. Vous m'avez sauvé la vie.

Il se calma en se tournant vers lui et dit :

- Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Les blessures infligées par les dragons sont les pires après celles faites par magie noire.

- J'imagine oui. Mais c'était quoi cet enchantement ?

- Un sortilège d'urgence enseigné dans mon école. Généralement il ne sert pas, mais pour aujourd'hui il m'a paru nécessaire. Quoi qu'il en soit, vous devriez aller rejoindre vos amis.

- D'accord. Merci encore, dit-il en partant.

Quand le jeune homme fut parti, il reprit son engueulade de responsables qui en prirent pour leur grade jusqu'au dîner. Il râlait encore contre Dumbledore en passant les portes de la Grande-Salle et il fut applaudit par la tablée des Gryffondors pour avoir aidé à sauver Harry. Il leur offrit un doux sourire avant de s'installer à table et Minerva aussi lui adressa des remerciements. Il lui répondit après avoir lancé un charme pour que les autres ne puissent pas entendre le reste de leur conversation, qui risquait de dériver un peu :

- Je crois que j'aurais jamais autant entendu le mot merci de toute ma vie.

- Tu les mérite et les jeunes à ta charge également. Je ne m'y connais pas en Russe, mais j'ai reconnu le sort aux rayons et à son effet.

- Comme quoi les enchantements bonus enseignés durant les vacances peuvent servir.

- Vous n'avez pas eut l'occasion de l'utiliser souvent j'imagine.

- De temps à autre pour des réparations. Le concierge demandait un coup de main aux volontaires.

- Les fruits de votre travail ont été profitables pour Harry.

- Oui, bien que je suis toujours autant sidéré par le manque de réaction de certains. Parfois j'ai l'impression que ce garçon est traité comme un appât par Albus !

- Voyons, ne dites pas une chose pareille !

- Parce que selon vous c'est faux ? Je vous signale qu'il est chez des moldus sans défenses depuis tout petit et qu'il a déjà vaincus plus de créatures féroces que moi du haut de mes 47 ans !

- Albus nous a toujours dit qu'il était en sécurité, protégé par le sacrifice de Lily.

- Balivernes ! Les protections sacrificielles ne marchent que si la personne protégée se sent bien dans la maison où elle se trouve ! Dans le cas contraire, c'est comme entrer dans une demeure dont la porte est grande ouverte ! Et ce garçon ne m'a pas l'air d'aimer sa famille.

- C'est vrai que de ce que j'en sais, il n'a pas une bonne opinion d'eux, mais Albus refuse qu'il parte de chez eux, pour sa sécurité.

- Je vois. Il est toujours aussi borné et se croit invincible parce que celui qui a réduit le seigneur des ténèbres à néant est sous sa coupe. Je devrais aller faire un tour là-bas. C'est pas comme si on avait besoin de moi ici de toute façon.

- Vous êtes sûr que c'est une bonne idée ?

- Si la protection est encore active, elle ne repousse que les gens ayant de mauvaises intentions vis à vis de Harry. Moi je ne lui veux pas de mal à ce garçon, au contraire. Tout devrait bien se passer à condition que d'autres barrières n'ont pas été ajoutées entre temps.

- Je vois… Soyez prudent tout de même.

- Ne vous inquiétez pas. Je vérifie juste que la maison est encore protégée, puis je reviens en moins de deux, dit-il sur un ton rassurant avant d'ôter son sort puis de quitter la Grande-Salle.

Quand il fut sorti du périmètre de l'école, il se rendit au 4 Priver Drive dans une tenue moldue, puis lança un scan sur la demeure. Il ne vit aucune défenses et pensa d'abord qu'il avait raté son sort. Il réessaya alors et finit par repérer des traces d'une barrière depuis longtemps réduite à néant.

- Je vais le tuer ce vieux accroc au citron, grogna-t-il avant de transplaner une seconde fois.

Les fantômes perçurent sa colère et décidèrent de ne pas rester dans son chemin alors qu'il se dirigeait bien trop calmement vers le bureau d'Albus. Il donna sèchement le mot de passe à la Gargouille puis grimpa l'escalier en colimaçon avant d'ouvrir la porte comme une brute.

- Igor ! C'est quoi ces manières ? Depuis quand on rentre sans frapper ?

- Si je devais frapper quelque chose ce serait toi et non pas ta porte alors ne me pousse pas à bout !

- Qu'est-ce que tu as contre moi encore ?!

- Ton élu si précieux, il n'a AUCUNE défenses. Zéro ! Que dalle ! Niet ! Il reste à peine des traces de la protection de sa mère ! Et elles sont microscopiques !

- C'est faux ! Je m'en serais rendu compte si c'était le cas !

- Il aurait déjà fallut que tu ailles le voir au moins une fois là-bas en 13 ans !

A cela Albus n'avait rien à répondre, car Karkaroff disait vrai. Il soupira de dépit puis demanda :

- Qu'aurais-je pus faire d'autre ? Il n'avait plus de famille à part ces moldus.

- Vous auriez pu le garder ici à Poudlard ou le confier à une famille qui aurait été capable de le protéger ! Mais pas à ces gens qui sont connus pour haïr tout ce qui a à trait à la magie ! Espèce de vieux fou ! Vous êtes devenu sénile ! Et en plus ce gamin est emprunt de magie noire ! Ne me dites pas que vous ne vous en êtes pas rendu compte parce que je ne croirais plus un mot sortant de votre bouche à son sujet.

- C'est trop tard pour changer maintenant.

- Non, vous pouvez toujours le garder ici en fin d'année. Je suis sûr que Minerva s'occuperait bien mieux de lui que cette Pétunia Dursley qui se sert de lui comme un elfe de maison !

- J'en parlerais avec elle.

- Vous avez intérêt, sinon c'est moi qui lui dirait, et je ne prendrais pas de gants, dit-il en sortant de la pièce, claquant la porte derrière lui.

En chemin pour retourner à ses appartements, il croisa son lion qui lui fit un signe discret avant de sortir du château, se dirigeant vers la forêt. Il le rejoignit en quelques minutes et Fred lui fit un câlin en disant avec joie :

- Tu as été le héros du jour avec tes élèves ! C'était brillant ! Tu pourras m'apprendre le Russe ?

- Bien sûr, dit-il avec le sourire, caressant doucement ses cheveux roux. Mais en attendant, si on jouait un peu ?

- Oui ! s'exclama-t-il avant de devenir un Lion et de s'engouffrer dans le bois.

Il fit de même et le pourchassa comme ils en avaient l'habitude, veillant cependant à ce qu'il retourne à son dortoir avant le couvre feu. Le mois de Décembre arriva bien vite et avec lui l'euphorie liée au bal. Igor était aussi triste que Fred de ne pas pouvoir y aller en sa compagnie, mais à l'instar du Gryffondor qui avait demandé à Katie Bell de l'accompagner, lui avait invité Minerva McGonagall. La sorcière fut ravie d'accepter comme Albus n'avait pas eut le courage de lui demander avant que le Russe ne le fasse. Le soir du 24 elle portait donc une sublime robe émeraude mais voyait bien que son cavalier avait parfois la tête ailleurs. Après quelques danses elle lui murmura à l'oreille :

- Tu devrais aller le voir, là où vous vous rejoignez d'habitude. Je l'ai vus partir i minutes.

- Tu es sûre Minerva ?

- Oui, ne t'inquiète pas. Albus n'arrête pas de me regarder depuis toute à l'heure.

- Vous êtes une perle Min, j'espère que ce vieux fou réalise sa chance.

- Il y a des jours où je me demande si c'est le cas ou non, soupira-t-elle en regardant Igor partir.

Il se dirigea vers la forêt et aperçut en route Fred qui était coincé dans un couloir par deux Slytherins et il soupira avant de le rejoindre.

- Vous deux, vous n'avez rien d'autre à faire que de chercher des noises à un autre élève ? grogna-t-il en s'approchant, prenant place entre eux et son âme-sœur.

- Euh… Oui…

- Alors allez vous en. Et que je ne vous y reprenne pas. Sinon je serais obligé d'en informer Severus, déclara-t-il sur un ton froid, glacial.

- Très bien Monsieur… dirent-ils avant de prendre la fuite.

- Tu va bien ? demanda-t-il au rouquin quand ils furent au loin.

- Oui, j'ai rien qui ne soit pas soignable par Poppy.

- Tu veux dire… Ils t'ont blessé ?

- Ne t'inquiète pas c'est pas grave.

- Cela s'est à moi d'en juger mon garçon, dit-il avant de marmonner un sort de diagnostique dans sa langue maternelle qui lui signala un poignet cassé. Rien de grave vraiment ? C'est mal de mentir.

- Ce sont des blessures que j'ai parfois au Quidditch, ce n'est pas un drame.

- Certes mais là c'est une agression par des camarades alors tu vas me faire le plaisir de bouger tes fesses de Gryffondor borné jusqu'à l'infirmerie et que ça saute.

- Bon… D'accord… J'y vais.

Il le suivit jusque là pour être sûr qu'il soit prit en charge puis le lendemain, à Noël, au petit-déjeuner, Fred reçus un paquet déposé par Horsy, tandis qu'une chouette de l'école apportait un autre à Igor. Ils sourirent tous les deux sachant d'où venait leurs cadeaux respectifs et le jeune homme découvrit un livre portant sur les pays du Nord ainsi qu'un guide pour apprendre le Russe et une chevalière en argent frappée d'une tête de lion. Il l'enfila, sentant la magie de son âme sœur dessus et rangea précieusement les ouvrages dans le carton. Le plus vieux de son côté trouva l'amulette remise à neuf, gravée d'une rune de protection dans son centre en forme de soleil et au dos un lion sculpté en reliefs, avec une plaquette de bronze sous le bois de l'animal.

- C'est du très joli travail Igor, remarqua Pomona.

- En effet, dit-il. Celui qui l'a fait est doué pour les travaux manuels visiblement.

- De qui s'agit-il ? interrogea Albus.

- Je ne sais pas, c'est marqué, un admirateur secret.

- Comme c'est curieux. Je me demande qui cela peut bien-être.

- Cela ne concerne que lui et moi Albus. J'espère que vous ne viendrez pas fourrer votre nez aquilin là où il n'a rien à faire.

- Pour qui me prenez vous donc ?

- Pour une personne en qui je n'ai plus aucune confiance, répliqua-t-il avant de porter son attention sur son repas après avoir mit l'amulette autour de son cou.

Le vieil homme resta un long moment à le regarder, choqué, puis posa son regard sur son dessert, il n'en revenait pas qu'il ait dit ça devant tout le monde. Il n'était pas encore au bout de ses peines pour cette année cependant avec la deuxième épreuve qui approchait, mais avant ça la saint valentin le 14 Février. Ce matin-là, la majorité des élèves étaient en liesse, recevant paquets et cartes pour la fête des amoureux. Certains cependant regardaient le plafond magique avec tristesse, aucune chouette ne s'étant posée pour eux alors que même Igor et Severus avaient reçu un colis.

Le directeur de l'école de magie Russe lu son message et ouvrit son cadeau avec des larmes émues sur son visage, révélant son intérieur qui était un album souvenir décoré en violet et orange avec une première page marquée : « Pour garder nos souvenirs à deux quand le vent de la liberté soufflera dans nos crinières ». Il y avait également des chocolats visiblement fait mains dans une boîte rouge, même si ce n'était pas ce qui le marquait le plus. Son ancien camarade Mangemort quant à lui, regardait le carton déposé devant lui avec un air suspicieux.

- Bah alors Sev ? Qu'est-ce que tu attends ? Il ne va pas te manger, dit-il amusé.

- Je sais pas d'où ça vient…

- Et ? Tu n'as qu'à jeter un sort pour voir s'il est dangereux.

Le maître de potions soupira et marmonna une formule, comme rien ne se passa il décida de l'ouvrir. A l'intérieur il trouva de petits cadeaux, des ingrédients notamment, et un mot. Il écarquilla les yeux quand il vit la signature à la base du parchemin et manqua de tomber de sa chaise.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Ce… Re… Regulus…

- Quoi ?! C'est lui qui t'envoie ça ?

- Il n'y a que lui qui me surnommait comme ça avant qu'il ne disparaisse en 1979…

- Que dit le papier ?

- Qu'il sera là ce soir en haut de la tour d'Astronomie.

- Tu devrais y aller pour être sûr, on ne sait jamais. Et si tu veux je t'accompagne jusqu'à ce qu'on soit certains que c'est bien lui.

- J'imagine que ce serait plus prudent. Alors oui, accompagne moi ce soir. On verra bien.

- Je souhaite pour toi que ce soit bien lui. Cela te rendrais ta bonne humeur perdue mon ami.

Il acquiesça, sachant qu'il avait vraiment égaré une part de lui quand son petit-ami avait disparu suite à une mission du Lord. Il priait Magia pour que ce ne soit pas une farce de mauvais goût car son auteur aurait à faire à un Slytherin plus retord et rancunier que jamais. Le soir venu il se rendit donc avec Igor au lieu prévu par le message et ils y trouvèrent Pattenrond, le chat d'Hermione, qui se transforma en Regulus. Le professeur de potion resta figé devant lui à l'observer avant de s'exclamer à la fois en colère et soulagé :

- Bordel Reg ! T'es là depuis tout ce temps et tu ne m'as jamais rien dit ! Pourquoi t'a attendu si longtemps ?! J'ai cru que tu étais mort ! Même ton clébard de frère s'est fait un soucis monstre pour toi ! Comment tu as pus me faire ça ?!

- Je… Je ne pouvais pas… J'étais coincé dans ma peau de chat ! J'ai passé un temps fou à faire comprendre à la jeune Granger qui j'étais ! Elle a réussis à me sortir de là qu'il y a quelques jours et j'ai passé un moment caché dans la cabane hurlante sans pouvoir bouger !

- Il va falloir que je lui pose plein de questions ! Elle va me tenir la grappe pendant plus de…

- Tu parles trop, le coupa Regulus avant de l'embrasser tendrement.

C'est à ce moment-là que Igor décida de s'éclipser pour leur laisser de l'intimité, se doutant que des retrouvailles après temps d'années, risquaient d'être intenses. Il était content pour le duo et avait hâte d'avoir un jour la liberté de pouvoir embrasser son propre valentin. Avec le temps, l'humeur de Severus s'arrangea et il était maintenant moins dur avec les Gryffondors, notamment la jeune fille qui avait aidé son compagnon depuis qu'elle l'avait récupéré dans l'animalerie du chemin de traverse coincé dans sa peau d'animagus.

Et puis arriva la seconde tâche, accompagnée d'un gros stress pour Harry qui n'eut qu'à la dernière minute un moyen de respirer dans l'eau durant une heure, une branchiflore offert par son ami Neville. Il l'avala juste avant de plonger et se retrouva avec des branchies qui lui permirent de nager jusqu'au fond du lac noir pour récupérer Ron qui malgré qu'il étaient un peu en froids de temps à autres, restait son meilleur ami. Fleur Delacour et les autres arrivèrent peu après lui mais décrochèrent leur prisonnier plus rapidement. En chemin pour remonter il se fit attraper par un Strangulot qui l'entraîna au fond de l'eau alors que l'autre garçon était sorti de l'eau.

- Regardez ! C'est Ron ! s'exclama Hermione arrivée sur la berge un peu plus tôt, remontée par Viktor Krum avec qui elle était allée au bal.

- Mais où est Harry ? demanda Fred. L'heure est écoulée !

- Il doit être coincé là-dessous, répondit alors Igor.

- Les êtres de l'eau vont s'occuper de le ramener ne vous inquiétez pas Mr Weasley, déclara Albus.

- Il faudrait déjà qu'ils retrouvent l'endroit où il est, répliqua Georges qui rassurait son jumeau.

- Quelqu'un parle calamar ? suggéra Luna.

- Ce n'est pas si bête Miss Lovegood, dit le directeur de Durmstrang. Voyons quelle est la formule déjà ? Hum… Ah oui !

Il plaça sa main dans le lac puis souffla quelques mots sur l'eau tout en maintenant sa baguette à l'horizontal au dessus de la surface. Au début rien ne se passa puis il sentit des doigts effleurer sa peau et attrapa le poignet du jeune homme qui avait était porté jusque là par le calamar, en témoignait un grand tentacule qui lui faisait au revoir au loin. Igor remonta donc le garçon, écartant les autres personnes autour.

- Enervatum ! lança-t-il pour réveiller le garçon après lui avoir lancé un sort pour le réchauffer, cela eut l'effet de lui faire reprendre connaissance et cracher l'eau avalé.

Il laissa ensuite Poppy prendre le relais pour les soins, tandis que les amis du jeune Potter le regardait impressionné.

- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fais encore ?

- Vous avez appelé le calamar !

- Et donc ? Ce n'est pas compliqué, il suffit de savoir le bon sort. Vous apprendrez avec l'âge, dit-il en centrant à nouveau son attention sur Harry qui était enveloppé dans une serviette.

Il sentait que la magie du Gryffondor cachait plein de choses aux regards des autres et soupira avant que tout le monde ne rentre au château. Il avait hâte que ce maudit tournois soit terminé, il aimait se rendre utile, mais à force de devoir sauver ce garçon, il allait finir par devenir fou, surtout que Rita Skeeter était là à chaque fois et avait sorti de nouveaux articles. Au moins ceux-là disaient la vérité, mais il détestait être le centre de l'attention surtout qu'elle rappelait bien son passé de Mangemort. Comme s'il avait besoin de ça pour garder en tête toutes ses erreurs.

- Monsieur Karkaroff ? l'interpella Hermione un matin.

- Oui Miss Granger ?

- Je reviens de l'infirmerie. Harry voudrait vous voir si vous avez le temps.

- Je vois. Heureusement que c'est le cas, dit-il, sachant qu'il lui restait un peu moins d'un mois pour préparer le cadeau de Fred.

Il se rendit alors près du jeune homme aux yeux vert qui le remercia encore pour lui avoir sauvé les fesses. Il eut alors un doux rire avant de déclarer :

- J'espère que ça ne deviendra pas une habitude monsieur Potter, je dois rentrer en Russie après le tournois. Je ne pourrais pas rester derrière vous éternellement. Et encore moins pour la dernière tâche, bien que je préférerais pouvoir vous surveiller de près.

- Pourquoi vous faites tout ça pour moi en réalité ?

- D'une part pour racheter mes fautes passées, d'autre part pour Fred, et ma dernière raison, c'est parce que je n'approuve pas les décisions prises par Albus à votre sujet.

- Vous parlez de vos actions en temps que Mangemort ?

- Oui, et d'autres choses que je regrette, soupira-t-il.

- Et concernant Dumbledore c'est quoi le problème ?

- Il a prit la décision de te déposer chez ton oncle et ta tante sans même se préoccuper du fait que ces gens étaient les plus anti-magie de tout l'entourage de ta mère. D'ailleurs à ce sujet… Tu nous cache des choses mon garçon. Je peux le sentir. Tu es en plus mauvais état que tu ne le fais croire.

- Co… Comment vous savez ? dit-il en pâlissant.

- C'est ta magie qui me le dit. Ce genre de compétences de lecture d'autrui s'acquière avec l'âge. Que t'ont-ils fait Harry ?

- Euh… Je préfère pas en parler…

- Je peux l'apprendre par d'autres moyens. En leur rendant une petite visite par exemple. Comme la dernière fois.

- Quoi ?! Vous êtes déjà allez chez moi ?

- J'ai simplement constaté l'absence de défenses sur ta maison. Je ne suis pas allé leur parler. Mais je penses que je vais devoir le faire pour pouvoir t'aider. Surtout que Albus maintient mordicus que tu es en sécurité chez eux.

- C'est faux ! Je le lui ais déjà dis que mon oncle et mon cousin étaient des vraies brutes et ma tante une mégère ! Je suis pire qu'un elfe de maison ! Et j'ai vécus dans un placard jusqu'à mes 11 ans !

- Dans un placard ?! C'est une blague j'espère ?!

- Non monsieur… dit-il en baissant la tête.

- En fait… C'est sûrement mieux que tu ne me dise rien de plus parce que rien qu'avec ça j'ai envie de les réduire en pâtée pour dragons !

- Ah non hein ! Plus de dragons pitié ! J'ai eus la frousse de ma vie ! C'était pire que le basilic !

- J'imagine oui… Tu n'aurais jamais du avoir à affronter tous ces monstres. N'as-tu donc jamais eu un moment dans ton enfance où tu as pus te comporter comme un garçon de ton âge ?

- Pas vraiment… A l'école moldue personne ne jouait avec moi à cause de Dudley. Je devais faire les corvées, j'ai appris à cuisiner dès mes 4 ans. Et j'ai jamais eus de cadeaux de ma vie avant que Hagrid ne m'offre un gâteau pour mon anniversaire et ma chouette.

- Ok… C'est bon… J'ai compris. Je vais aller les voir, parce que là il n'y a plus rien qui va. Il est hors de question que tu retourne avec eux à la fin de l'année. J'avais déjà des craintes avant que tu ne me dises ça, mais maintenant c'est pire !

- Vous ne devriez pas. Ils risquent d'appeler la police pour vous mettre dehors. Et puis vous n'avez pas le droit de faire de magie devant les moldus.

- Peut-être, mais moi je suis Russe et pas Anglais. Dans mon pays, la maltraitance infantile est encore plus réprimée que chez vous. Ne t'inquiète pas pour le vieil ours que je suis, tes moldus j'en fais mon affaire mon garçon. En attendant que je revienne, repose toi bien et révises tes créatures fantastiques, je suis sûr que ça t'aideras.

- Hum… D'accord. Soyez prudent quand même.

- C'est promis, dit-il avant de quitter les lieux avec un air froid et calculateur.

Il disparu une fois qu'il eut franchit le périmètre de Poudlard et arriva à Priver Drive à nouveau, emportant avec lui des nuages menaçant et un vent glacial. Pétunia Dursley qui se trouvait dans sa cuisine aperçut sa silhouette se diriger vers chez elle alors qu'il changeait sa tenue d'un coup de baguette, ce qui lui permit de comprendre à quel genre de personne elle avait à faire. Elle pâlit et regarda son mari qui fronça les sourcils alors qu'elle se dirigeait vers la porte pour accueillir le visiteur impromptu. Il toquait justement à la porte lorsqu'elle arriva là et elle l'invita à entrer.

- C'est vous ce sale temps ?

- Oui. Cela m'arrive quand je suis de très mauvaise humeur. Et vous n'avez aucune envie d'empirer les choses croyez moi.

- Vous êtes ici pour l'anormal ? demanda Vernon qui c'était levé entre temps.

- C'est donc ainsi que vous appelez votre neveu ? Vraiment affligeant. Qu'est-ce qui est passé par la tête d'Albus ? Des fois je me demande si son cerveau fonctionne encore correctement à son âge, soupira-t-il en se dirigeant vers le fameux placard sous l'escalier.

Le loquet était verrouillé alors il l'ouvrit d'un Alohomora avant d'inspecter le lieu où a vécu l'ado si longtemps et dénicha un vieux carton rangé là depuis peu de temps.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Des vieilles affaires de ma sœur et de ma mère que j'ai trouvé au grenier, répondit-elle avec un air blasé. Vous pouvez les donner au gamin, ça m'est égal.

- Vous n'avez donc aucune considération pour eux ?

- Maman nous a quitté il y a des années tout comme papa. Je n'ai gardé que quelques photos. Le reste est dans vos mains.

- Très bien, dit-il en posant le carton au sol avant de récupérer les dernières affaires d'Harry dans le placard puis il monta à l'étage voir sa chambre actuelle.

Il inspecta les lieux, cela changeait du coin précédent et il rassembla tout ce qui comptait aux yeux du garçon, sentant sa magie imprégner certains objets. Il réunis ensuite le tout dans une valise qu'il rétrécit avant de gagner le salon.

- Bien, Monsieur et Madame Dursley. J'ai besoin de savoir ce que vous avez fait subir à ce garçon et si je pouvais voir votre fils, cela m'arrangerait beaucoup aussi.

- Dudley est à l'école pour le moment.

- Dans ce cas, je reviendrais pour lui poser quelques questions, si vos réponses ne m'apportent pas satisfaction et manquent de précision.

Il resta un long moment avec eux, les écoutant raconter ce qu'ils avaient fait à Harry depuis qu'il était bébé, et il eut du mal à ne pas les transformer en reste organiques dans une explosion de magie. Il garda son sang-froid et parti vers midi et demi, retournant au château, la tête gonflée d'images affreuses pour lui. Il se rendit dans la Grande-Salle le tain pâle, marchant lentement, il avait la tête de quelqu'un de malade et en le voyant comme ça, Poppy l'infirmière réagit au quart de tour et l'emmena dans son antre. Elle le fit asseoir sur un lit et l'ausculta avant de lui faire boire une petite potion et de le convaincre d'avaler une soupe. Il eut ensuite l'obligation de se coucher sans bouger, mais heureusement il était pas trop loin de Harry à qui il dit, sans trop rentrer dans les détails, comment ça c'était passé chez les moldus.

- Cela vous a bien retourné Monsieur Karkaroff… dit-il avec la tête baissée.

- En effet… Mais ça va passer ne t'inquiète pas.

- Vous allez vraiment y retourner voir mon cousin ?

- Je ne penses pas, j'en ais appris assez, et je me demande vraiment comment tu peux encore tenir avec tout ce qu'ils t'ont infligé.

- Ma magie a beaucoup aidé j'imagine, dit-il. Et pour mes affaires ? Vous les avez mises où ?

- Elles sont miniaturisées dans mes poches. Dès que je me sentirais mieux je te les rendrais. Tu n'auras plus à les revoir à l'avenir je te le garantis.

- Merci d'y être allé, moi j'aurais pas eut le courage…

- Tu es encore jeune, je suis sûr que dans quelques années, tu feras des choses bien plus impressionnantes, crois en mon expérience. Il faut du temps pour chaque moment à vivre.

- J'ai plus survécus que vécus depuis petit…

- Cela va changer. Ne perd pas espoir.

- Je vais essayer… Mais c'est pas facile…

- Je n'ai jamais dit que cela le serait, dit-il avec un air malicieux.

Ils durent ensuite se taire, menacés par la maîtresse des lieux qui n'arrivait pas à se concentrer avec leurs papotages. Ils n'osèrent plus ouvrir la bouche du reste de la journée et finirent par s'endormir. Quand Harry rouvrira les yeux, il pourra voir que le soleil est déjà haut dans le ciel et que le Russe a déjà quitté la salle. Il demanda à Poppy s'il pouvait partir aussi, elle répondit :

- Tu peux y aller mais ménage toi. Pas de sports intensifs jusqu'à la 3e tâche.

- Oui madame Pomfresh, dit-il avant de gagner la tour de Gryffondor pour rassurer ses amis, ainsi qu'Edwige, et prendre une douche pour se changer.

Il soupira quand il fut prêt puis descendit en salle commune où il fut enlacé par les jumeaux, Hermione, Ron et Neville.

- Bon retour parmi nous Harry, dit Fred.

- J'espère ne plus revoir l'infirmerie avant longtemps, sinon elle va finir par me donner un abonnement pour les soins, déclara-t-il.

- Elle pourra en donner un à Karkaroff aussi, c'est pas la première fois qu'il y va depuis que la délégation de Durmstrang est là, ajouta Ron. Tu l'aurais vu ce matin quand il est arrivé, il pouvait à peine mettre le pied devant l'autre malgré les soins de Madame Pomfresh. Ridicule.

Fred se figea en entendant ça et le dévisagea d'un regard noir, colérique, puis il se leva en disant :

- Je vais sortir avant de commettre un fratricide. Si vous me cherchez, je serais au terrain de Quidditch. Oh et Ron, à partir de maintenant, tu ne m'adresse plus la parole. Bonne fin de journée tout le monde. J'en ais assez entendu aujourd'hui.

Il quitta la pièce, sortant par le portrait de la Grosse Dame qui fut la seule à remarquer les tremblements du garçon et les larmes sur ses joues. Elle l'avait rarement vu dans cet état mais comme elle a tout entendu, elle comprenait ce qu'il se passait et lui dit :

- Vous pourrez le trouver à la bibliothèque. Il va mieux maintenant. Ne vous inquiétez pas pour lui il est plus costaud qu'il n'en a l'air.

- Merci madame, dit-il. Surveillez bien.

- Aucun problème, chantonna-t-elle en le regardant partir.

Il continua son chemin jusqu'à la bibliothèque et trouva en effet Igor dans un coin isolé. Il s'installa en face de lui puis dit :

- Bonjour Monsieur Karkaroff. Vous vous sentez comment ce matin ?

- Je vais on ne peut mieux. J'étais encore en état de choc au réveil. La nuit a été dure jusqu'à ce que je me réveille et que je réalise qu'il n'était plus avec eux, dit-il en lui donnant de quoi sécher ses pleurs, ne pouvant pas lui faire un câlin comme il y avait d'autres élèves autour.

- Vous parlez à propos de Harry n'est-ce pas ? interrogea-t-il en le prenant.

- Oui… Pauvre garçon… Jamais je ne me serais douté que des moldus comme ceux-là puissent causer autant de dégât… Il faudra qu'il soit vraiment en confiance pour que sa magie me laisse voir ce qu'elle cache à tout le monde

- C'est pour ça que vous étiez si mal alors… Je comprends mieux pourquoi j'étais pas en forme hier… Je percevais ce que vous ressentiez.

- C'est ce qui arrive aux âmes-sœurs, mais encore plus une fois le lien établi. Cependant, cela prend du temps. Il faudra être patient et en attendant, je pourrais te donner quelques cours d'Occlumencie. Mais avant ça, documente toi sur le sujet.

- D'accord. J'ai du temps libre aujourd'hui après tout, dit-il avant de se diriger dans le bon rayon en suivant les conseils du Russe.

Le soir venu, le directeur se rappela qu'il n'avait pas rendu ses affaires au jeune Potter et décida de l'intercepter à la sortie de la Grande-Salle. Le Gryffondor s'arrêta en entendant son nom et Igor lui remit les objets miniaturisés en conseillant :

- Quand vous serez dans votre dortoir, lancez un Finite Incantatem. Cela leur rendra leur vraie taille. Assurez-vous simplement d'avoir assez d'espace il y a un grand carton et une valise.

- Merci beaucoup Monsieur Karkaroff. Bonne soirée, dit-il en les rangeant dans ses poches.

Il rejoignit ensuite ses amis qui l'attendaient au pied du grand escalier et ils retournèrent ensembles à la tour puis Harry suivit les instructions du Russe après avoir tout déposé sur son lit. Il commença par ranger ses affaires dans sa malle enchantée avant d'ouvrir le carton marqué :

« Petits trucs de Maman et de la sorcière »

Il reconnu l'écriture de sa tante Pétunia et fouilla dedans avec curiosité. Il découvrit un collier en forme de fleur de lys qu'il enfila, des carnets remplis de dessins fait par sa mère, des notes de potions et sortilèges, des photos prises durant sa scolarité à Poudlard, des lettres qui elles étaient écrites en Russe, il allait demander à Igor, et enfin un journal avec un cadenas dessus. Il était très intrigué par ce dernier mais n'osa pas l'ouvrir. Il rassembla les objets ayant appartenu à sa mère dans un compartiment de sa valise, et le reste dans une boite qu'il laissa dans un coin de la malle qu'il ferma avant d'aller se coucher.

Le lendemain était heureusement un samedi alors il aura le temps de discuter avec l'ancien Mangemort à condition de trouver un coin tranquille pour le faire. Il descendit après s'être préparé, prenant soin de cacher le collier sous son col de chemise, ne voulant pas que quelqu'un essaye de le lui voler. Il petit déjeuna sans dire un mot puis attendit que ses amis aient terminés tout en guettant Igor, sachant qu'il comprendrait que son regard signifiait :

« J'ai besoin de vous parler dans un endroit discret s'il vous plaît. »

Le plus vieux acquiesça bien qu'il était un peu troublé et se leva quelques instant plus tard une fois son assiette vide. Il retrouva le jeune homme dehors alors que ce dernier s'était installé dans l'herbe avec une boîte sur les genoux.

- Bonjour Harry. C'est ce que j'ai ramené de chez votre tante ?

- Une petite partie. J'ai trouvé des lettres en Russe et un journal verrouillé, dit-il en lui donnant une des plus anciennes enveloppes.

Le sorcier du Nord la regarda de près et écarquilla ses yeux sous le choc en reconnaissant l'écriture.

- Oh Magia… C'est… C'est pas possible…

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je suis l'auteur de ceci mon garçon.

- Quoi ?! Mais ça fait quoi dans les affaires de ma grand-mère ? Vous la connaissiez ?

- Il semblerait… Laisse-moi un peu de temps pour lire tu veux bien ?

- Bien sûr, dit-il avant de devenir totalement silencieux.

Il vit au fur et à mesure que Igor lisait, ses yeux s'emplir de larmes et bientôt il n'arriva plus à lire tellement il était secoué de sanglots. Ne sachant pas trop quoi faire, il enlaça simplement l'adulte le temps que celui-ci se calme. Quand il fut enfin à même de parler, il prononça :

- Je dois vérifier quelque chose… Tu veux bien venir à Gringotts avec moi ?

- Pourquoi ? demanda-t-il inquiet.

- Je… Je crois bien que… Je suis ton grand-père…

- Hein ? Vous êtes sûr ?

- Cette lettre me laisse penser que oui. C'est pour ça que je veux aller à la banque, les gobelins pourrons vérifier avec un test.

- Mais… Si vous l'êtes… commença-t-il en pensant :

« Cela veut dire que je vais pouvoir venir vivre chez vous ? »

- On en discutera quand on aura la réponse officielle. Je vais demander à Minerva si je peux t'emmener, en attendant… Reste ici. Je reviens vite, dit-il avant de se précipiter au château.

Harry patienta là, rangeant les lettres et le journal dans la boîte en réfléchissant à ce qu'il se passera si le résultat s'avérait positif. Il avait rarement accordé sa confiance à des adultes à part les quelques professeurs qui se trouvaient ici, ainsi que son parrain. Mais il sentait que cela irait avec Igor, il espérait vraiment qu'à la fin de l'année il pourra quitter l'Angleterre pour s'installer chez lui. Tout serait mieux à son avis que de devoir retourner chez les Dursley comme il avait du le faire les années passées. Il regardait encore le ciel quand l'homme revint, le faisant sursauter en l'appelant.

Il courut vers lui et l'accompagna jusqu'aux Trois balais, où ils empruntèrent sa cheminée à Mme Rosmerta pour se rendre à Gringotts sans avoir besoin de transplaner, Karkaroff n'en avait pas la force aujourd'hui avec ce qu'il avait lu. Une fois dans le hall de marbre, il dépoussiéra le garçon puis lui d'un coup de baguette avant de se diriger vers Gripsec, que l'ex Mangemort allait toujours voir quand il devait s'occuper de gérer ses comptes lors de voyages en Angleterre.

- Bonjour Lord Karkaroff. Monsieur Potter. Que puis-je pour vous ? demanda la créature.

- Nous aimerions en discuter en privée si cela ne vous dérange pas.

- Je vois, affaires délicates, murmura-t-il avant de les conduire dans un bureau plus loin.

Il laissa les deux sorciers prendre place puis Igor lui exposa la situation, ce qui choqua le gobelin qui regarda Harry avec des yeux ronds, cherchant des similitudes entre les deux.

- Hum… On ne peut pas dire qu'il y a beaucoup de ressemblances, mais ce sont des choses qui arrivent j'imagine, dit-il après quelques instants.

Il se leva ensuite et sorti de quoi faire le test de sang, il en préleva un peu à Harry puis versa la goutte sur un parchemin spécial et petit à petit son arbre généalogique apparu. Le garçon regarda avec attention les branches se tracer puis il vit le nom du sorcier qui l'accompagnait juste au-dessus de celui de sa mère et il se mit à sautiller de joie. L'homme lui du se cramponner à son fauteuil pour ne pas glisser, totalement sous le choc, en pleurs de nouveau.

Il réalisait pleinement que la femme qu'il avait aimé était morte, ainsi qu'une enfant qu'il n'avait jamais eut l'occasion de connaître. Il se sentait tellement mal, il avait l'impression que le monde tournait autour de lui et il était un peu perdu. Lui qui avant n'avait pas songé à avoir une famille se retrouvait avec un petit-fils bien vivant, qui était sensé éliminer le seigneur des ténèbres pour de bon. La première pensée cohérente qu'il eut lorsqu'il émergea de son état de choc fut :

« Bordel faut que je fasses retirer cette saloperie de marque »

- Tout va bien Igor ? demanda timidement Harry.

- Oui… Je crois. Maître Gobelin. Vous pouvez faire venir un chaman ? dit-il en désignant sa marque. Il y a quelques mesures de sécurité que je dois prendre.

- Je m'en occupe tout de suite, dit-il avant d'aller dans une autre pièce.

L'ancien Mangemort regardait le jeune homme avec un léger sourire, mais il ne savait pas quoi dire ou faire avant que celui-ci lui fasse un câlin en s'installant sur ses genoux. Il passa distraitement une main dans ses cheveux rebelles, appréciant ce moment de calme, sachant qu'il allait morfler durant le rituel pour enlever sa marque. C'est ce tableau attendrissant que découvrit le gobelin en revenant avec son ami chaman qui prépara Igor pour le retrait de la marque, ce qui contraint Harry à attendre un peu à l'écart. Il dut patienter près d'un quart d'heure en voyant son grand-père serrer les dents pour lutter contre la douleur avant que les gobelins ne s'écartent enfin.

Il regarda alors le bras désormais nu de Igor, qui soupira de soulagement puis se leva lentement après avoir remplit un peu de paperasse. Il raccompagna ensuite le jeune homme au château et ce dernier lui confia le reste des lettres ainsi que le journal, se disant que c'était plus l'adulte qui devait les garder plutôt que lui. Il passa d'ailleurs son dimanche à les lire, puis les jours qui suivirent il apprit à mieux connaître l'adolescent tout en préparant le cadeau d'anniversaire pour Fred.

Le 1er Avril arriva finalement et il était paré, impatient de pouvoir passer un moment tranquille avec le jeune homme. Ils s'étaient donnés rendez-vous dans une salle désaffectée après que le rouquin eut fait la fête avec ses amis. Dans cette pièce, Igor eut la surprise de trouver Filius qui terminait d'installer des instruments de musique dans les coins. Il lui souhaita une bonne soirée en partant et le Weasley émergea d'un coin, vêtu de la tenue qu'il portait au bal.

- Bonsoir Igor, dit-il en venant l'enlacer.

- Bonsoir. Ce costume te vas à merveille.

- Le tiens est splendide aussi, répondit-il alors que la musique commençait. Tu accepterais de m'accorder cette danse ?

- Avec plaisir, dit-il avant de débuter une valse avec son âme sœur.

Ils tourbillonnèrent un moment avant de s'asseoir à table pour manger un morceau et le plus vieux remit un paquet au Gryffondor.

- Tu n'étais pas obligé de m'amener quelque chose tu sais.

- J'ai pour principe de ne jamais venir à un anniversaire les mains vides, dit-il en le regardant déchirer le papier cadeau.

Il découvrit alors à l'intérieur des vêtements d'hivers, un livre sur le Quidditch, et quelques ingrédients de potions pour faire des expériences.

- Merci Igor ! C'est trop chouette ! dit-il avant de l'embrasser tendrement pour la première fois.

Cela donna à Karkaroff l'impression d'être sur un petit nuage et il profita de cet instant, approfondissant délicatement le baiser. Ils se séparèrent le temps de reprendre leur souffle mais ne se lâchèrent pas pour autant. Le Russe fut cependant la voix de la raison et envoya son lié se coucher dans son dortoir puis il gagna ses appartements et dormit comme un bébé bien qu'il se doutait que des temps moins plaisant approchaient.

Lorsque le jour de la 3e tâche fut arrivé, Harry assit dans la Grande-Salle, regardait son assiette en jouant avec sa fourchette. Il n'avait pas très faim et ne se sentait pas prêt à affronter cette épreuve. Un très mauvais pressentiment le tiraillait, et même s'il ne voulait pas inquiéter son grand-père en lui en parlant, il savait que c'était sûrement lié à Voldemort. Il sentit une main se poser sur son épaule et sursauta avant de voir qu'il s'agissait de son ami Fred.

- Hey ça va aller Ry ? Tu es tout pâle.

- Tu le serais aussi si tu te trouvais à ma place…

- Peut-être mais moi je suis plus vieux, je connais un peu plus de sorts. Mais t'inquiète pas, je suis sûr que tu t'en sortiras. Après tout tu as réussis à arriver jusque là.

- Oui avec Igor toujours derrière pour me sauver les fesses. Là il ne pourra rien faire…

- Je sais, cependant, tu n'es pas tout seul. Mange un peu, ensuite, rejoins moi dehors on va t'aider à te préparer pour ce soir. Quelques révisions te ferons du bien autant que manger.

- Si tu le dis… soupira-t-il en se forçant à avaler quelque chose.

- Tout va bien se passer, ait confiance.

- J'essaye… mais j'ai peur…

- C'est normal Harry, et ça ne fait pas de toi un lâche. Nous avons tous peur un jour où l'autre, toi, moi, même Dumbledore. Cela fait de nous des êtres humains.

- J'imagine que tu as raison, dit-il en jetant un regard à Igor qui n'avait pas touché son assiette non plus. J'espère que ça ira…

Fred lui offrit un sourire rassurant et termina tranquillement de manger. Un peu plus tard, il était dehors avec tous ses amis et ils aidaient le second champion à réviser, bien qu'ils faisaient des pauses pour lui changer les idées. Karkaroff les observaient de loin, un air soucieux sur le visage, inquiet pour son petit-fils. S'il avait put, il l'aurait sorti de cette compétition de fous, mais il était trop tard maintenant, ils entraient dans la dernière ligne droite. Il enroula son bouc autour de son doigt comme à son habitude et songea à une idée pour remonter le moral d'Harry quand il sortira de ce calvaire.

Il eut soudain une illumination et appela un de ses elfes pour lui demander de préparer chez lui une chambre pour l'adolescent, mais aussi vérifier les défenses de la maison, au cas où. La créature parti, sachant qu'il allait devoir faire un rapport à son maître quand tout sera fini, et il se mit au travail avec ses comparses une fois de retour au domaine. Il revint aux côtés de Igor peu avant l'entrée des champions dans un immense labyrinthe.

- Tout est prêt pour l'accueillir Lord Karkaroff, dit-il. Et les barrières sont en parfait état.

- Magnifique. Je viendrais vérifier votre travail dans quelques jours. En attendant, continuez de prendre soin de la maison.

- Bien maître, dit le petit être avant de disparaître.

Le Russe eut un doux sourire puis alla s'installer dans les gradins parmi les autres juges tandis que Albus expliquait le but de la tâche aux quatre jeunes. Au moment de l'entrée de Harry, il remarqua que Maugrey indiquait une direction à son petit-fils. Sachant qu'il était celui qui avait placé le trophée au coeur du labyrinthe, il savait que cette information qu'il donnait était sûrement vraie, mais il se demandait pourquoi. Cela le laissait perplexe alors qu'à l'intérieur Harry affrontait scrouts à pétard, Acromentules, épouvantard, et sphinx, jusqu'à arriver au trophée. Sauf que quand il le prit en main il fut transporté dans un cimetière.

Il était tout seul, complètement paniqué mais il ne savait pas comment repartir son esprit embrouillé par son état émotionnel. Il eut à peine le temps de reprendre ses esprits quand il se retrouva attaché à une tombe. Peter Pettigrow apparu alors avec un paquet noir dans les bras. Le jeune homme ressentant une forte douleur à sa cicatrice, sut tout de suite de qui il s'agissait et assista à la renaissance du seigneur des ténèbres. Il le vit appeler ses hommes de mains, il en manquait beaucoup, la majorité étant enfermé à Azkaban, les autres étant morts ou alors, avaient quitté ses rangs pour de bon. Il se tourna ensuite vers son prisonnier et le toucha, le faisant souffrir le martyr et cette douleur fut ressentie de plein fouet par Igor. Il se mit à trembler de tout son long à côté de Minerva qui s'inquiéta.

- Que se passe-t-il ?

- C'est… Potter… Quelque chose ne va pas. Je le sens. Il souffre… Ce n'est pas normal. Et la magie ambiante est très agitée.

- Comment pouvez-vous le savoir ?

- En lui sauvant la vie un lien s'est fait entre nos magies. Il se bat actuellement en duel avec…

- Avec qui ?

- Je… Je crois bien que… Le seigneur des ténèbres est de retour.

- Vous plaisantez j'espère ?

- Oh que non. Regardez dans les gradins. La plupart des anciens Mangemorts ne sont pas là. Il les a appelés, c'est évidant. Moi il n'a pas put me forcer à venir.

- Pourquoi ?

Il allait répondre quand le trophée apparu soudain, Harry en pleurs. Il descendit des gradins à toute vitesse et la première chose que fit l'adolescent fut de se jeter dans ses bras en disant :

- Il est revenu… Voldemort est de retour… Il a utilisé mon sang…

- Je sais mon grand… Je sais… Ne t'inquiète pas tu es en sécurité pour le moment, reste là, ça va aller, dit-il en lui caressant les cheveux.

- Qu'est-ce qu'on va faire grand-père ? demanda-t-il à mi voix.

- Je l'ignore… On trouvera bien.

- Il va vouloir te tuer… Et moi aussi…

- La maison est prête à le repousser, te fais pas de soucis pour ça. Fuir n'est pas une solution.

- Qu'est-ce que vous racontez encore ? demanda Dumbledore.

- Mêlez-vous de votre barbe Albus ! Poppy, je penses qu'il va avoir besoin d'un bon remontant.

- Comme les autres. Venez avec moi Igor, il n'a pas l'air de vouloir vous lâcher.

- C'est normal, je m'y attendais qu'il ressorte choqué de cet endroit, même si là c'est pire que ce que j'imaginais. Allez viens Harry, on va te soigner et ensuite tu pourras voir tes amis.

Le garçon acquiesça puis gagna l'infirmerie après avoir dit à Minerva :

- Maugrey n'est pas celui qu'il prétend.

Elle fronça les sourcils avant de comprendre ce que ça impliquait et fit en sorte que Alastor soit confié à Severus qui lui donna du veritaserum ce qui permit au corps enseignant de découvrir que depuis le début c'était Barty Croupton junior qui se trouvait parmi eux. Il fallut quelques jours à Harry pour se remettre de ses émotions avec l'aide de ses amis et de son grand-père, puis il y eut le discours sombre de Albus Dumbledore en fin d'année. Le jeune Potter était au moins content d'une chose, il allait rentrer avec la délégation de Durmstrang et son grand-père, toutes ses affaires étaient prêtes. On lui donna un uniforme de l'école à enfiler pour le voyage, il le mit et montra à ses amis de quoi il avait l'air. Igor sourit en le voyant ainsi et lui demanda :

- Tu es à l'aise dedans ?

- Peut-être un peu grand au niveau de la longueur du pantalon.

L'homme arrangea ça d'un coup de baguette puis dit :

- J'espère que tu es prêt, nous allons bientôt partir.

- Oui, il me reste juste à dire au revoir et je vous rejoins.

- Bien, Viktor t'attendra près du lac noir, ne soit pas trop long.

- D'accord, merci, dit-il avant de se tourner vers son groupe d'amis.

- Passe de bonnes vacances et soit prudent, dit Hermione.

- T'inquiète pas, il fera en sorte qu'il ne m'arrive rien.

- Alors ça fait quoi d'être de la famille d'un Mangemort ? demanda Ron.

- Tu as intérêt a avoir changé d'attitude en Septembre, dit-il avant de serrer la main de Neville puis d'aller voir les jumeaux.

- Prends bien soin de lui pour moi, lui chuchota Fred.

- Tu peux compter sur moi, il reviendra te voir j'en suis sûr.

- Merci beaucoup. Et n'oublie pas de nous écrire. Maman est inquiète de savoir que tu t'en vas dans ce pays où on enseigne la magie noire.

- Je sais, mais il ne risque pas de me l'apprendre, rassure-toi, dit Harry avant de finir ses au revoir puis de rejoindre le célèbre joueur de Quidditch près du lac.

- Salut Potter, dit-il avec son accent du Nord. Tu veux un coup de main avec tes bagages ?

- Oui, merci, dit-il alors qu'il peinait à soulever la cage de sa chouette et sa valise.

Il le conduisit dans le bateau et lui fit visiter alors que celui-ci amorçait sa descente dans les fonds marins. Il l'emmena pour finir aux appartements du directeur avec ses affaires puis Igor prit le relais avec un grand sourire. Harry lui fonça dessus pour un câlin et le sorcier l'enlaça avec joie.

- Alors, prêt pour ta nouvelle vie mon garçon ?

- Oui grand-père, répondit-il, blotti contre lui.

- Je vais avoir du mal à m'y habituer à ce nom là les premiers temps.

- J'imagine, personnellement j'aime mieux dire ça que oncle Vernon et tante Pétunia…

- Je comprends. En tout cas, sache qu'à la maison, ils sont impatients de te voir. Mais d'abord tu vas devoir passer quelques jours à Durmstrang avec nous car il reste encore une semaine de cours avant notre fin d'année officielle.

- Wow ! Est-ce que je pourrais aller en cours avec les autres ?

- Je penses que oui. Mais il va d'abord falloir que j'en discute avec mes collègues, surtout que tu ne parles pas le Russe.

- Ah oui… C'est vrai… J'oubliais.

- Je vais t'apprendre quelques petites choses durant le voyage, et puis les autres élèves pourrons t'aider, comme Viktor notamment.

- Tu vis avec qui chez toi grand-père ?

- Des elfes de maison, et ma petite sœur, Aliska. Tu pourras également voir mes parents en portraits, comme les toiles de Poudlard.

- Génial ! J'ai hâte de la rencontrer !

- Je penses que vous vous entendrez très bien. Qui plus est, elle a un don avec les enfants et elle connaît notre pays sur le bout des doigts, elle pourra te donner des cours de géographie et d'Histoire Russe si tu en as envie durant les vacances.

- Je ne risque pas de m'ennuyer en clair. C'est ça ? demanda-t-il amusé.

- En effet. Dans la famille nous avons très à coeur de former et éduquer les jeunes au mieux pour qu'ils soient prêt pour le monde extérieur à leur sortie de l'école.

- Trop cool ! Franchement ça me paraît pas mal comme façon de faire, dit-il.

- Tant mieux si ça te conviens. Maintenant suis moi je vais te montrer ta chambre, tu vas pouvoir y mettre tes affaires en attendant qu'on arrive.

Harry suivit son guide et s'installa confortablement dans la pièce, puis ouvrit sa cage à Hedwige afin qu'elle puisse se promener. Ils arrivèrent dans le domaine de l'école plusieurs heures plus tard, il put ainsi découvrir le château, un peu plus petit que Poudlard mais avec un domaine immense pourvu de lacs et de montagnes impressionnantes. Il écarquilla les yeux en sortant du bateau, tandis qu'Igor faisait léviter ses affaires derrière lui. Il était ravi de ce changement de décor et découvrit avec plaisir son lieu de vie pour la semaine à venir. Il fit la rencontre des différents enseignants qui posèrent quelques questions à leur patron quant à la présence du garçon ici.

- Il est là car il est désormais à ma charge, pour le plus grand déplaisir d'Albus. Je vous présente Harry Potter, gagnant du Tournois des Trois sorciers.

- Bonjour, dit timidement le garçon.

- Bienvenu parmi nous, dit le concierge.

- Merci beaucoup. J'espère que je me plairais ici pendant les jours à venir.

- Je suis sûr que oui. Allez, viens avec moi, je vais te faire faire le tour du bâtiment.

Le jeune homme le suivit dans tout l'établissement jusqu'à son bureau et il découvrit que les lieux, au moins aussi confortables qu'à Poudlard avaient une dominance de rouge et de noir dans la décoration ainsi que de l'argenté. Il aimait bien cet agencement et écouta les explications du directeur sur la fondation de l'école et les cours proposés. Durant la semaine qu'il passa en ces murs, il commença à apprendre la langue du pays, quelques notions de magie qu'il ne connaissait pas, des techniques d'arts martiaux, et surtout il eut une visite médicale à faire. Il se sentit tout de suite en confiance avec l'infirmier des lieux qui parvint, contrairement à Poppy toutes ces années, à convaincre sa magie de révéler ce qu'elle cachait.

Il fallut plusieurs jours pour régler les problèmes du garçon, notamment sa mauvaise vue, des carences en vitamines, un soucis d'os mal réparés suite à d'anciennes fractures, et le problème de sa carrure. Les premiers jours des vacances, il resta à Durmstrang vide d'étudiants pour que l'infirmier puisse finir son travail puis après une autre longue semaine, il eut enfin l'occasion de voir la demeure des Karkaroff. La maison était plutôt grande pour deux, mais dégageait une atmosphère agréable. Igor conduisit son petit-fils à l'intérieur et à peine il eut passé la porte qu'il était enlacé par une grande femme aux cheveux bruns roux qui dit :

- Vous êtes en retard tous les deux ! Vilains…

- Désolé Aliska, mais ton petit-neveu avait besoin de soins complémentaires.

- Je vois. Eh bien… Bienvenu chez toi Harry.

- Merci Madame. Je suis très heureux de faire votre connaissance.

- Moi de même. Allez, viens avec moi au salon, les elfes s'occuperont de tes affaires.

L'adolescent se laissa entraîner en riant doucement puis il se retrouva assit dans un moelleux sofa noir avant que la sorcière ne se mette à le bombarder de questions.

- Calme toi petite sœur. Tu vas l'assommer avec ton interrogatoire. Il a besoin de se reposer un peu.

- Roh… T'es même pas drôle. Pour une fois qu'on a de la visite. Tu ne vas pas me priver, dit-elle en faisant la moue. Rabat joie !

- Mais non ! Me boude pas… Aliska tu montre pas le bon exemple là.

- Tant pis. Tu n'es pas mieux, dit-elle en ronchonnant alors que le plus jeune les regardaient avec un air amusé, ayant la confirmation sous les yeux qu'il allait aimer vivre ici.

Quand les deux adultes eurent fait la « paix », ils se préparèrent pour le dîner durant lequel ils discutèrent avant d'aller se coucher tôt. Harry se sentait déjà à l'aise dans cette maison et dormit comme un bébé. Il savait que le lendemain il allait avoir droit à plusieurs cours et il commença après le petit-déjeuner par apprendre l'occlumencie. Pour la première séance, Igor lui apprit à reconnaître quand quelqu'un essayait d'entrer dans sa tête, augmentant le niveau au fur et à mesure de ses progrès. Il lui montra également un exercice à faire avant le coucher pour vider son esprit et monter les barrières protectrices pendant le sommeil.

Et enfin, alors que la rentrée approchait, il réorganisa son esprit, mettant de petits pièges ici et là en cas d'intrusion. Il avait également fêté son anniversaire et reçus de beaux cadeaux de sa famille en plus de se rendre au Ministère de la magie pour prendre connaissance d'une prophétie qui avait été faite quand il était petit. Il la cassa, sachant que Voldemort voudrait sans doute la connaître en entier puis il fut accompagné par Igor sur le chemin de traverse pour quelques achats de nouvelles affaires scolaires.

Le 1er Septembre arriva trop vite aux yeux du sorcier qui amena son petit-fils à la gare avec un air dépité. Mais au moins il eut l'occasion de parler à Fred qui l'embrassa dans un coin discret avant de monter avec Harry dans le Poudlard Express. Il regarda le train s'en aller, le coeur serré puis retourna en Russie pour remplir sa tâche de directeur, en espérant que rien n'arrivera à l'adolescent. Ce dernier était assit dans un wagon avec ses amis qui le trouvaient changé et plus en forme surtout.

- Alors comment c'était le grand Nord ? demanda Luna, devenue membre à part entière de leur groupe durant la 4e année en tant que petite amie de Neville.

- Magnifique et très vaste. J'ai visité quelques endroits avec Igor et Aliska, c'était très sympa. J'ai même commencé à apprendre le Russe. C'est une langue très grave mais pourtant je trouve qu'elle sonne très bien.

- C'est qui Aliska ? interrogea Hermione.

- Ma grande tante. Elle n'a malheureusement pas put m'accompagner à la gare parce qu'elle était en plein dans ses recherches sur la faune et la flore nordique. D'ailleurs, tiens Neville, c'est pour toi, dit-il en sortant de son sac un livre sur les plantes des pays du Nord justement.

- Oh ! Merci Harry ! C'est cool !

- Bon anniversaire en retard. Je voulais vraiment te le donner en main propre.

- C'est gentil d'avoir pensé à moi, surtout que t'a du avoir pas mal de choses à faire.

- Oui, j'étais toujours occupé. Parfois Viktor nous a rendu visite, du coup j'ai aussi quelque chose pour Hermione, dit-il en tendant à son amie une lettre de la part du Russe.

La jeune fille rougit en la lisant et remercia son ami, puis la suite du voyage se fit en silence. A leur arrivée dans la Grande-Salle, leurs yeux furent blessés par la vue d'une petite bonne femme habillée en rose, envoyée par le Ministère de la Magie en temps que nouveau professeur de DCFM, Dolores Ombrage. Harry ne la sentait pas du tout cette dame là dont il avait entendu parler plusieurs fois notamment par Arthur Weasley, Sirius et Remus. Il commençait en plus avec son cours le lendemain et à la vue des manuels 100 % théorie, il se demanda dans quel monde elle se croyait. Il parla donc du retour de Voldemort et comme beaucoup évidemment elle le prit pour un menteur et lui mit une heure de colle.

La première fois qu'il y alla il ne ressentit que de légers picotement dans la peau en utilisant la plume étrange qu'elle lui donnait. Mais au fur et à mesure que le temps passait, les lettres apparaissaient sur sa peau. Il ne comprit pas ce qu'il se passait et décida de faire venir son grand-père à Poudlard en appelant Awke, l'un des elfes de maison de la famille. La petite créature, le plus jeune du personnel affilié aux Karkaroff fut épouvanté en voyant l'état de la main de son jeune maître et ne perdit pas de temps pour aller chercher Igor qui constata que son petit-fils n'était pas la seule victime de cette petite femme qui se permettait d'utiliser des instruments de torture sur ses élèves.

Il convainquit Dumbledore de faire quelque chose et les parents d'élèves furent sollicités pour permettre le renvois de l'enseignante. Ils arrivèrent à trouver rapidement un nouveau candidat, Corban Yaxley qui avait quitté le Ministère de la magie quelques temps après le retour du seigneur des ténèbres. Il avait à l'instar de Karkaroff, fait retirer sa marque chez les Gobelins et était en secret le compagnon du Ministre. Albus n'était pas très convaincu par son revirement, mais il lui donna malgré tout sa chance pour ce poste. Le sang-pur parvint à enlever la malédiction planant sur sa place et aida également le directeur à découvrir une des faiblesses de Voldemort en s'appuyant sur ce qu'ils avaient apprit de la bouche de Regulus. Il partit d'ailleurs avec lui à la recherche de la bague des Gaunt qui fut confiée aux gobelins avec la coupe de Helga, le Diadème de Rowena et le médaillon de Salazar, au nez et à la barbe de celui qui avait créé ses Horcruxes.

Ils durent attendre la fin de l'année pour les détruire ce qui mit dans une colère noire Voldemort qui ne pouvait malheureusement pas en créer d'autre sachant que en faire un supplémentaire équivaudrait à se suicider. Il passa la 6e année de Harry à concocter un plan de bataille pour arriver à se débarrasser de son ennemi, tout en protégeant son dernier Horcruxe, Nagini, son serpent de compagnie. Il n'arriva cependant pas à trouver les informations qu'il voulait bien qu'il avait réussit à renverser le Ministère de la magie actuel. Il n'avait cependant pas le pouvoir de s'en prendre à Harry au sein de l'école, Dumbledore se trouvant toujours à son poste, mais sa patience avait ses limites. Il fit le choix de réunir le plus de troupes possibles une fois qu'il eut le Ministère sous son contrôle, et quelques personnes perdirent la vie dans le processus, notamment des nés moldus.

Cependant le pire restait encore à arriver car s'il faisait ces regroupement c'est parce qu'il comptait bien frapper un grand coups sur le château. Albus fut prévenu par ses espions dans les rangs des Mangemorts et les anciens élèves furent appelés à défendre Poudlard. Igor fut également de la partie, ne voulant pas laisser son petit-fils à la merci de Voldemort et sa sœur avait tenu à l'accompagner. Quand il les vit arriver avec quelques camarades de Durmstrang, Harry sauta de joie bien qu'il avait peur de les perdre. Sa tante excentrique le rassura en lui disant :

- Tes Mangemorts ne savent pas encore à qui ils ont à faire, j'en ais plein sous le chapeau.

Elle tapota son couvre chef et en sorti quelques petits gadgets dignes des créations de Fred et Georges, fait à base de plantes ce qui donnait des effets assez impressionnant. Les jumeaux étaient admiratifs d'elle et lui demandèrent si elle serait intéressée pour un partenariat avec leur boutique qu'ils avaient créé sur le chemin de traverse avec l'argent du tournois que Harry leur avait donné. Elle accepta bien entendu avec joie, étant du genre très farceuse et sachant que une fois cette bataille terminée, le monde aura encore besoin du rire pour se remettre debout. Quand l'offensive commença, les Mangemorts furent surpris de voir le château prêt à les accueillis.

En effet les enseignants, avec Horace Slughorn ayant rejoint leurs rangs l'an passé pour aider Severus à gérer les classes, avaient placé sur le château un dôme de protection tandis que Minerva avait animé les armures. Ils étaient tous prêt à les recevoir. Voldemort lança en premier les géants accompagnés des Detraqueurs qui s'acharnèrent sur la barrière pour la faire exploser puis les premiers soldats sorciers arrivèrent juste derrière. Ce fut vite un chaos monstre, les sorts pleuvaient dans tous les sens, des cris se faisaient entendre de partout. Mais à un moment sentant que la victoire serait compliquée, le Lord demanda à Harry de le rejoindre, et celui-ci sachant par Severus qu'il était aussi un Horcruxe, se rendit dans la forêt après avoir rassuré ses amis.

Il n'avait volontairement rien dit aux Karkaroff, sachant que ceux-ci l'auraient empêché de partir. Il se présenta dans la clairière où il se trouvait avec quelques Mangemorts ainsi que Hagrid, attaché. Et là, il regarda son ennemi droit dans les yeux sans les fermer, même lorsque le sort vert fusa dans sa direction. Ce que le lanceur ne savait pas cependant c'est que par ce geste, il n'avait pas tué Harry, mais seulement le Horcruxe en lui. Malgré tout l'adolescent fit le mort et le « vainqueur » contraignit le demi géant à porter le jeune homme jusqu'à l'entrée du château où le camp de la lumière se massa. Igor fut le premier à l'entendre s'exclamer :

- Harry Potter est mort ! Votre petit élu n'est plus là. Rejoignez mes rangs, ou mourrez.

Il se figea en voyant son petit-fils inerte dans les bras de Hagrid et sa colère fut telle que sa magie créa une violente tempête qui fit trembler le sol alors qu'il avait sa baguette sortie. Il cria très fort pour couvrir le bruit du vent :

- Vous ! Maudit enfoiré ! Vous avez déjà tué ma fille et maintenant vous m'avez enlevé mon unique petit-fils ! Je ne vous laisserais pas tuer quelqu'un d'autre !

Le sort fusa sans que qui que ce soit ne puisse réagir et Voldemort se retrouva blessé par terre, mais il se releva. Igor attaqua encore et encore puis ils virent tous Harry se mettre debout et l'entendirent s'exclamer en direction de ses amis :

- Neville ! Maintenant !

Le jeune Londubat acquiesça et abattit l'épée de Gryffondor sur le serpent du Lord, la tuant, éliminant ainsi le dernier Horcruxe tandis qu'un sort d'Igor et un autre d'Harry, frappaient « l'homme » en pleine poitrine, mettant fin à son règne de terreur. Les Aurors intervinrent pour arrêter les Mangemorts en fuite et les deux Karkaroff allèrent enlacer l'élu en disant :

- Plus jamais tu nous fait un coup pareil ! On a faillis avoir une attaque !

- Je suis désolé, mais je ne pouvais rien vous dire. Sinon vous ne m'auriez pas laissé faire.

- Il n'a pas tord là-dessus grand-frère, dit Aliska.

- Oui peut-être, admit-il alors que Fred courait vers lui.

Il l'attrapa, le tirant à lui et l'étreignit, soulagé de voir qu'il ne faisait pas partie des nombreux morts qu'avaient fait cette bataille qui restera dans l'histoire. Quand toutes les victimes eurent reçus leurs éloges funèbres et furent dignement mises en terre, les procès des Mangemorts ainsi que celui de Sirius eut lieu. Le Black regagna enfin sa liberté tandis que d'autres la perdaient et petit à petit les travaux du château commencèrent. Harry alla vivre dans la maison des Karkaroff comme durant les vacances et passa ses aspics par correspondances. Pour Noël, en cette année chaotique, il reçus en cadeau un portrait de ses parents qui fit pleurer Igor car c'était la première fois qu'il put parler à sa fille, lui demandant pardon de ne pas avoir put s'occuper d'elle. Mais Lily lui répondit ceci :

- Ce n'est pas de ta faute, tout cela n'est du qu'au père de Pétunia qui était jaloux de maman et toi au moins autant que ma sœur était jalouse de mon couple avec James. Et puis regarde ce que tu as réussis à faire, tu as aidé mon fils à survivre à cette guerre et maintenant tu as toute ta famille avec toi. Tu as fais tout ce que tu as pus, je n'ai rien à te pardonner papa.

- Merci Lily… dit-il larmes aux yeux alors que Fred l'enlaçait, le rassurant de sa présence.

Le reste de leur famille se contentait d'observer sans un mot cet échange puis l'ambiance fut un peu allégée par les feux d'artifices des jumeaux qui furent lancés dans les airs dans le jardin. Ils annonçaient une vie plus douce pour eux tous, comme la bague qui ornait désormais la main gauche de Fred qui épousera l'année prochaine son lion noir qui prenait cette forme plus que pour les promenades dans la nuit avec son fiancé. Personne d'autre ne sut jamais son secret à part peut-être Harry et sa petite-amie Hermione qu'il demanda en mariage un soir sous le regard de deux gros lions masqués dans un bosquet. Le futur s'annonçait meilleur que le passé.