Jour 2 : Marché (mot de l'Enfer, note : il est juste placé, pas en thème) + Shireen x Tyrion (demandé par Stark29)
Note : vous vous rappelez hier quand j'ai dit qu'il y avait un texte que je n'avais pas réussi à relier à Noël ? Ah bah le voilà !
Merci à Angelica, Black Angelis, Marina, Lassa01 et Serdaigle Power pour leurs reviews sur le premier texte !
Tyrion Lannister n'est pas un bel homme.
C'est une réalité que tout le monde a pris soin de la prévenir, peut-être par crainte qu'elle ne puisse retenir un gênant mouvement de recul dégoûté au moment où elle le verra pour la première fois.
Et en effet, lorsque leur rencontre arrive enfin, la véracité de ces propos lui saute aux yeux – mais Shireen se fiche bien que Tyrion Lannister ne soit pas un bel homme. Après tout, elle même est loin de cz que l'on pourrait qualifier de belle. Ses atouts, ses grands yeux de biche et ses cheveux soyeux notamment, ont été depuis bien longtemps balayés par les stigmates qui ont envahi son visage. Alors oui, l'apparence physique du lion lui importe bien peu. Elle est beaucoup plus soucieuse de leur différence d'âge, et surtout, de ce qui est attendu d'elle.
Bien sûr, elle savait depuis toujours qu'elle aurait à épouser un jour ou l'autre un homme, à fonder une famille et à donner naissance à une nouvelle génération. Mais elle n'aurait jamais songé à ce que cet événement ne survienne aussi rapidement, alors qu'elle venait à peine de fêter son quinzième anniversaire. Et encore moins à un homme comme Tyrion Lannister – mais son père devait une dette au patriarche léonin, et appartement, Shireen était le seul moyen de la rembourser.
Elle déteste cette dure réalité, qui ne lui fait réaliser qu'au fond, elle n'est qu'une marchandise destinée à être vendue, exposée sur le marché destructeur des jeux d'alliances, dans lequel elle n'aurait qu'un sourire silencieux et conciliant pour tout avis. Elle déteste son père de rentrer dans ce jeu, et se déteste elle-même de s'entendre prononcer des vœux qu'elle aurait envie de vomir.
Et pourtant, comme une poupée de chiffon, elle fait automatiquement ce qu'on attend d'elle, elle dépose un baiser sur les lèvres de son nouvel époux, et c'est tout aussi automatiquement qu'elle le suit vers leur chambre, alors que le rouge lui monte aux joues à l'idée de ce à quoi elle devra se plier.
Pourtant, lorsque les portes se referment derrières eux et que Tyrion se tourne vers elle, il ne lui présente que ces excuses. Elle, bien sûr, ne comprend pas – pourquoi par les sept s'excuse-t-il ?
- Je comprends bien que vous ne voulez pas de moi comme époux, et j'en suis désolé.
Shireen ouvre les lèvres pour répondre quelque chose, elle ne sait pas quoi, il lui faudrait dire une politesse sûrement, mais elle n'y parvient pas. Tyrion ne semble s'en formaliser car il continue :
- Je ne peux pas effacer ce qui a été fait. Le passé est résolu – mais nous pouvons agir sur le présent. Alors... je ne vous toucherai pas.
- Je... je ne suis pas à votre goût ? Fini par trouver la force de murmurer Shireen. Je sais bien que ma joue n'est pas...
- Ce n'est pas du tout ça, voyons, lui répond gentiment Tyrion avec une telle sincérité qu'elle ne peut que lever les yeux vers lui. Vous êtes très jolie, votre joue n'est que ça : une joue. Je suis bien placé pour savoir que la beauté ne peut être résumé par une vision manichéenne. Si je ne veux vous toucher, c'est pour vous.
- Pour moi ?
- Pouvez-vous me dire avec toute votre sincérité que vous voulez vraiment faire l'amour avec moi ?
La question ne trouve pas immédiatement de réponse. À vrai dire, Shireen ne se l'était jamais posée – elle n'aurait jamais cru pouvoir se la poser. Mais maintenant qu'elle tourne dans sa tête, une évidence survient :
- Non.
- Alors, dans ce cas, nous ne ferions rien. Pas tant que ce non ne sera pas un oui.
Alors, à la place de faire ce que l'on attend d'eux, Shireen et Tyrion parlent, apprennent à se connaître, et peu à peu, l'impression de n'être qu'une marchandise quitte l'esprit de la biche. Et lorsque vient le moment où elle finit par dire « oui » à son mari, elle est la plus comblée des femmes.
Note de fin : pour demain... deux pauvres petits êtres traumatisés. Des idées ?
