Hello !

Joyeux Noël à tous ! Un petit ShinSoukoku tout mignon. Parce que ça fait du bien.

Enjoy x3

Fandom : Bungou Stray Dogs

Rated : T

Genre : Humour/Romance

Résumé : Sa nature féline rattrapant Atsushi, il se met petit à petit à agir comme un chat. Akutagawa entretient une liaison avec lui et ne sait plus quoi faire pour l'empêcher de se faire les griffes sur le canapé, ainsi que son précieux manteau. Humour/Fluff.


Ça faisait quelque temps qu'Akutagawa et Atsushi étaient ensemble. Le mafieux et le garçon-tigre s'étaient trouvés forcés de collaborer à cause de Dazaï. Leur mentor avait rudement bien fait son coup. Peut-être un peu trop bien, considérant le nombre de fois où ils s'étaient retrouvés à s'embrasser à pleine bouche. C'était même à peine frustrant de se dire qu'ils avaient eu besoin de Dazaï pour s'avouer cette attirance. Surtout aux yeux de Ryunosuke. Il voulait être approuvé par lui, mais que son mentor ait vu plus loin que lui concernant le Jinko, ça lui avait un peu mis les nerfs. Dazaï voyait toujours plus loin que les autres, de toute façon. C'était pour ça qu'il l'admirait autant. Mais là. Là, ça avait fait bondir l'énervomètre déjà fort sensible du mafieux. Enfin, c'était passé. Maintenant, leur relation était bien installée, Ryunosuke était habitué à la situation, et les regards narquois de son mentor ne le gênaient presque plus.

Presque.

Toutefois, ce n'était pas un problème. Plus précisément, ce n'était pas le souci. Parce qu'il y en avait un. Inexpliqué et inexplicable, Akutagawa ne comprenait pas exactement ce qui se passait. Il en trouvait devant lui, en revanche, le résultat flambant. Du canapé griffé au manteau grignoté et un Atsushi qui grognait parce qu'il voulait lui ôter les dernières bribes de cuir mâché de la gueule. Bordel de merde. Son petit-ami avait finalement consenti à laisser partir le morceau de cuir, et Akutagawa s'était trouvé comme une matrone, les mains sur les hanches et la tête meurtrière — limite s'il n'avait pas invoqué Rashomôn en réflexe.

« Je peux savoir ce qui te passe par le crâne, Jinko ? T'es devenu fou ? »

Lui était en passe de le devenir. De rage. Atsushi le regarda avec culpabilité, les mains derrière le dos et les sourcils à demi-froncé. C'est qu'il ne se laissait pas faire même si ici, il était obligé de concéder ses torts.

« Je… euh… j'ai perdu le contrôle, je crois.

—Tu 'crois' ? rugit Akutagawa. Tu te fiches de moi ? »

Le garçon aux cheveux blancs balbutia un non étouffé. Il voyait bien qu'il était en colère et qu'il avait toute les raisons de l'être. Ce canapé avait couté cher, bon dieu. Atsushi poussa un soupir.

« J'ai pas pu contrôler mon instinct, je sais pas ce qui s'est passé, commence pas à gueuler, Ryu !

—Mais t'as vu l'état du canapé ?!

—J'en rachèterai un autre, si c'est ça le problème !

—Tu penses qu'avec ton petit salaire minable de détective tu pourras m'en repayer un ? C'est du cuir. De la qualité.

—Mon salaire est légal, au moins.

—La légalité, c'est pour les faibles. »

Atsushi grogna et Akutagawa croisa les bras, les poings serrés. Voilà comment les deux jeunes hommes se trouvaient souvent à s'engueuler sauvagement, pour finir par faire l'amour avec au moins autant de verve dans la chambre du studio. Ils allaient sans conteste pour se disputer convenablement. Néanmoins, alors qu'Akutagawa s'apprêtait à réattaquer, son petit ami se passa la main derrière la tête.

« Je suis désolé, pour le canapé. Sincèrement. Mais je me suis vraiment pas contrôlé, c'est comme si le tigre en moi… avait besoin de réagir.

—Tu n'as toujours pas réussi à le maîtriser. »

Ce n'était définitivement pas une question. Atsushi se mordit la lèvre, l'air vexé.

« Si, je le maîtrise… mais il devient plus fort. Et j'ai été pris de court.

—Il va falloir faire quelque chose. Je ne tiens pas à ce que notre mobilier ne finisse en charpie.

—Tu penses que moi oui ? »

Atsushi avait l'air énervé. Akutagawa soupira, consentant à agréer.

« Non. Mais comprends-moi, rentrer et voir l'appartement dans cet état…. Ça ne fait pas très plaisir. Imagine si ça avait été moi. »

À son tour, Atsushi abdiqua. Vrai que ça avait de quoi être rageant. En reprenant ses esprits, lui aussi était dégouté par l'état du canapé si confortable. Son tigre-interne ronronnait toujours à l'idée de s'y poser pour une sieste. Il avisa les sièges déchirés, le bout d'accoudoir arraché, complètement grignoté jusqu'aux miettes sur le sol, et grinça des dents. Il aurait été gonflé d'en vouloir à Ryunosuke pour sa gueulante.

« L'avantage, » tenta-t-il, « c'est qu'on peut utiliser la mousse pour faire du feu de bois. »

La figure de son petit-ami lui apprit qu'il ne fallait pas rigoler avec ça. Atsushi eut un rire nerveux, ramassant un pan de cuir et commençant à se diriger vers la poubelle. Ça allait être dur à nettoyer. Surtout qu'une envie de se refaire les griffes le démangeait… La queue entre les jambes, il aida son amant à ranger l'appartement. Il allait falloir qu'il investisse dans un griffoir. Sans quoi, les meubles ainsi que son existence seraient en grand danger.

Akutagawa toisa le parquet plein de rayures suspectes et le tapis du salon, lui aussi bien abimé avec des filaments qui se trimballaient dans tous les sens, en lâchant un 'fait chier'.


Atsushi ne savait pas ce qui lui avait pris. Et là, ça prenait des proportions inquiétantes. Même Dazaï l'avait remarqué. Une tendance à miauler nuit et jour avait émergé. Elle l'avait amené à des actes pour le moins étranges. Sortir en pleine nuit pour hurler à la lune, grogner contre les chats errants et courir en cercle pendant deux heures dans les ruelles de Yokohama, comme si un grain de folie l'avait piqué. Il avait le même comportement qu'un félin. Un très gros félin vu son état de garçon-tigre, soi-dit en passant. Et il avait peur, peur que le tigre ne prenne le dessus.

« Il faut que tu saches le dompter, Atsushi, » avait dit son mentor. « Tu t'en sors déjà mieux au combat, mais ce n'est pas assez. »

Plus facile à dire qu'à faire. Il essayait, pourtant. Il faisait de son mieux. Ça ne l'avait pas empêché d'avoir encore craqué. Cette fois-ci, les vêtements de son amant y étaient passés. Son manteau, précieux artefact de sa tenue de mafieux, avait été mis en pièces. Ça allait gueuler. Depuis son bureau, à l'agence de détective, occupé à se taper la tête contre le clavier avec les touches qui s'imprimaient doucement sur son front, il se prit le crâne entre les mains en poussant un geignement de dépit. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire à Akutagawa ? Il allait le buter. Il saurait se défendre, ça ne le faisait pas flipper, mais merde… ça allait partir en vrille entre eux, déjà qu'il ne leur fallait pas grand-chose en général. Ce dont il n'avait, personnellement, aucune envie ce soir.

Croisant les jambes, son pied battant la mesure dans l'air, il réfléchit, sincèrement agacé par toute ces âneries. Pourquoi n'arrivait-il plus à maîtriser le tigre ? Pourquoi se renforçait-il à ce point ? Puis, surtout, pourquoi le mobilier et les vêtements des autres — de son amant — constituaient à ce point un intérêt pour l'animal qui dormait en son sein ? Combien de temps cela allait-il durer ? Il se prenait trop le choux avec tout ça. Dazaï et Kunikida échangeaient des regards en le voyant se flageller, ainsi que les autres présents dans le bureau. Il avait l'air d'un imbécile, en plus de ça. Kyoko choisit ce moment pour poser une main douce sur son crâne et le caresser. Sans s'en rendre compte, Atsushi se mit à ronronner. Tout le monde fut surpris. Sans conteste, Atsushi fut celui que cela choqua le plus. Il se figea, les dents serrées et les yeux écarquillés.

« Tu es comme un chat, » constata la fillette avec son calme habituel.

Dazaï se mit à rire, le regard amusé.

« Oui, c'est ça ! Atsushi, tu deviens un chat ! Ou plus exactement, un tigre. Au sens littéral. »

Le garçon-tigre fronça les sourcils.

« Vous voulez dire que…

—L'esprit du tigre se mêle à ton esprit humain, » rétorqua nonchalamment le détective. « Il se pourrait que ce soit normal. »

Normal ? Sa confusion dut n'avoir aucun mal à se lire sur ses traits, Dazaï pivotant sur sa chaise, se tournant vers lui, une main accoudée à son bureau. Il développa sa pensée, l'index au coin de la joue.

« Il est une part de toi, Atsushi. Et il ne te sert pas seulement qu'à combattre. Il est temps pour toi de l'apprivoiser entièrement, et d'apprendre à faire avec tes instincts. Sans quoi, le tigre continuera à semer la pagaille autour de lui. J'ai entendu dire qu'il faisait du remue-ménage, chez toi… »

Il ricana un peu, et Atsushi se tendit. Dazaï-san était au courant pour les bêtises de son félin interne… ? Ryunosuke lui avait parlé ? Il avait du mal à y croire, que celui-ci soit venu chercher de l'aide chez son ancien mentor. Ce n'était toutefois pas si incohérent, ils formaient le double noir, et s'ils voulaient être un duo unis… il fallait parler des complications. Au détail près qu'elles concernaient leur couple, et qu'Atsushi ne savait pas trop, dans une pudeur timide, si c'était bien ou mal que Dazaï sache ce qu'il se passait entre les murs de leur appartement.

« Il vous en a parlé… ? » se résout-il à demander, quelque peu déconcerté.

Dazaï hocha la tête.

« Il est inquiet pour toi, il a peur que ça cache quelque chose, un problème avec le tigre et tes pouvoirs.

—Je sais bien me débrouiller seul, » bougonna le gris, vaguement piqué dans son égo.

Se relevant en soupirant, Dazaï lui tapota le crâne, Atsushi ayant une moue. Sa réaction, certes quelque peu puérile, se comprenait, aussi. Certes, le tigre faisait des dégâts, mais… c'était lui que ça concernait. Il voudrait l'y voir, Ryu, si Rashomôn se mettait à déconner. Ce n'était pas si évident de subir les affres d'une telle anomalie au quotidien. En vérité, Atsushi était agacé par toutes ces… pertes de contrôle, où il devenait quelque chose d'autre.

Ils se remirent au travail, non sans se réunir pour parler des pouvoirs du jeune garçon-tigre, résultant de la conversation qu'il faudrait qu'il soit extrêmement vigilant pour éviter des débordements de nature moins… loufoques et au contraire plus dramatiques que dernièrement. Les pattes le démangeant dans son exaspération, Atsushi appréhendait déjà son retour à la maison.


« Bordel de merde ! » hurla la voix, ô combien douce, de son cher et tendre, tandis qu'Atsushi rentrait la tête dans les épaules et grinçait des dents. « Dis-moi que c'est pas vrai ! »

Mettant son orgueil dans sa poche, Atsushi fit face à un Akutagawa au regard sombre, le visage congestionné de rage, la mâchoire bandée et les poings si serrés que ses jointures devenaient blanche. Il le regardait, la pièce à conviction, l'objet du crime, dans les mains, à savoir son manteau ainsi que le papier-peint de la cuisine. Il était sorti rejoindre sa sœur, ayant mis des habits civils, qui passaient davantage inaperçu que sa tenue habituelle, et en laissant son manteau à l'appartement, voilà l'état dans lequel il avait fini : un vulgaire haillons. Une main lui grattant la nuque, le menton de côté, Atsushi bafouilla avec un reste d'aplomb :

« J'ai encore perdu le contrôle. »

C'était le moins qu'on puisse dire. Et, aussi fort qu'il espéra le contraire, ce qui dut arriver arriva dans sa redondance si prévisible. Akutagawa poussa une beuglante à crever les tympans d'un sourd, avec une expression meurtrière à hanter les aveugles. N'étant ni l'un, ni l'autre, Atsushi n'eut d'autre choix que subir, attendant que le brun finisse de passer ses nerfs. De temps à autre, il argumentait, et la conversation partait dans les aigus. Ils finirent tous deux par beugler le prénom de l'autre, faisant trembler les murs, tandis qu'ils se dévisageaient méchamment. Le garçon-tigre n'avait pas envie de s'avouer vaincu, et quand il rétorqua à Akutagawa d'arrêter de gueuler, le mafieux lui cracha qu'il ne faisait pas mieux, ce qui acheva de le faire monter dans les tours. Les éclats de voix auraient perduré si Atsushi, en voulant s'approcher de son amant pour le prendre par le bras et essayer de le calmer — ainsi que de prendre la tête de la confrontation dans la foulée, n'avait pas glissé sur le tapis, chutant magistralement sur le sol.

D'un agacement tout à fait légitime des deux côtés, les deux jeunes hommes éclatèrent de rire en chœur, quand bien même l'égo d'Atsushi criait légèrement grâce. Il se releva, titubant un peu, Akutagawa l'aidant d'une main tendue. Ils se rassirent sur le canapé, qui, depuis, avait été remplacé, et Atsushi soupira. Akutagawa, de son côté, maintenant redescendu – ce qui était rare – semblait attendre qu'il parle.

« Dazaï-san a dit que c'était normal, » commença le garçon aux cheveux gris, « que mon côté tigre faisait partie de moi. Je dois juste… arriver à le contrôler.

—Et comment tu peux t'y prendre ? »

L'autre garçon expira simplement, s'enfonçant dans son assise. Il n'avait plus l'air en colère, seulement attentif, ce qui encourageait Atsushi à se détendre lui aussi. Après tout, si Ryunosuke faisait un effort, il pouvait lui aussi en faire un. Il haussa les épaules, une mèche lui retombant devant les yeux qu'il repoussa d'un index blasé.

« Je ne sais pas trop, essayer d'être plus à l'écoute de moi-même, des exercices de respirations, m'a dit Dazaï-san. J'ai remarqué aussi que le sifflement du vent calmait mon tigre.

—Le sifflement ? »

Ils étaient en hiver. Aussi, le vent soufflait pas mal, son soupir ressemblant à s'y méprendre à un long son continue montant en crescendo. Atsushi aimait bien, écouter le vent. Depuis toujours, il avait aimé ça. Il rougit un peu devant le regard circonspect de son amant.

« Je ne sais pas, ça m'apaise… J'ai tendance à avoir du mal à me détendre, sauf avec ça.

—Je vois. » Akutagawa forma un bref sourire. « Je saurai quoi faire quand tu te mettras en colère au point de faire tes griffes sur le tapis.

—Hé ! » s'outra Atsushi. « Je l'ai fait qu'une fois, d'abord ! »

Pour toute réponse, le brun émit un bref sifflement du bout des lèvres, qui ne fit qu'enrager Atsushi davantage. De nouveau, les deux jeunes hommes se disputèrent avant d'en rire, partant dans la cuisine pour faire le repas. Atsushi, à son grand étonnement, avait découvert que Ryunosuke était très doué pour la cuisine, il leur faisait souvent de bon petits plats, c'était une des choses – parce que oui, il y en avait plusieurs – qu'il adorait chez lui. Tout en préparant leur dîner, coupant du poisson cru qu'il allait faire revenir à la poêle, il se remit à siffloter. Cette fois, la mélodie ne fut pas agressive, moqueuse. Ce fut une petite musique qui détendit le jeune homme aux cheveux gris. Sans vouloir se l'avouer, il se mit à secouer la tête au grès du son proposé par son amant.

Bientôt, le repas fut prêt et il s'en fut pour la soirée. Le mafieux, quant à lui, boudait toujours sur la carcasse de son manteau et du feu, fort cher, canapé, mais commençait à se faire une raison : Atsushi miaulait, devenait petit à petit félin, se faisait les griffes partout. C'était comme vivre avec un gros chat imposant et humain. Akutagawa, avec toute la bonne volonté du monde, peinait à le contenir. Maintenant qu'il connaissait cette méthode, il essaierait peut-être plus souvent. Notamment s'il le voyait s'apprêter à faire une connerie, ça pouvait facilement être dissuasif. De son côté, il faudrait qu'il fasse attention à ne rien laisser d'important traîner pour éviter que les crises d'Atsushi ne retombent sur ses affaires. Il lui en aurait fait bouffer, du félin.

Pourtant, quand le gris se posa contre lui pour ronronner, Akutagawa se dit que, aussi agaçant que ça puisse l'être, ce n'était peut-être pas si mal.

Fin


Et voilà, j'espère que ça vous aura plu !

Reviews ? N'hésitez surtout pas !

Dabisous et un joyeux Noël x3 !