Bonjour bonsoir !
Petit Secret Santa pour mon amie et béta lectrice Oce !
Bon, qu'on soit d'accord, tout n'est pas à prendre au sérieux ( voir... rien ) C'est pété, je le sais... C'est pour déconner ! Voilà ! On rigole !

J'espère que ça vous feras rire, c'est le but du jeu :) Et je souhaite encore un très joyeux Noël à tout le monde ! ( Le Shuros est pas perdu, juste que j'ai fait un très gros chapitre et que j'attends de le finir pour le découper et vous le poster... et y'en as au moins pour trois chapitre à l'heure actuelle ! )

Bisous sur vos deux fesses, et j'espère que vous rigolerez autant que j'ai rit en l'écrivant :)

Béta lecture et remerciements particuliers : PoupouLeBambou, je te nem fort.
Pic : Nua ( pixiv: users/460541 )


Un matin au temple des Gémeaux, Saga s'était levé, avait brièvement basculé sa chevelure rebelle vers l'arrière pour ne pas être embêté, et les pieds dans ses chaussons, s'était durement trainé vers sa cuisine. Il sortit un bol, se massa les yeux en sortant le lait de son frigo, et bailla en le versant dans son bol.

Il était huit heures du matin, et en se retournant, il hurla à la vision de son frère en gros plan dans son champ de vision.

"- Yo !"

Une main sur le cœur après un cri strident et quelques gouttes de lait sur le sol. Saga le regarda en essayant de calmer sa brève panique.

"- Tu m'as fait peur…"
"- T'es qu'une petite nature de toute façon."

Kanon alla s'installer à table, un rouleau dans les mains, Saga le suivit avec son bol, saisissant au passage son paquet de céréales.

"- Qu'est-ce que tu fais debout de si bonne heure Kanon ?"
"- Ahhhh, je savais que tu allais poser la question !"

Il agita son rouleau en parchemin avec fierté tandis que son frère se servait des céréales.

"- Ne me dit pas que c'est encore un de tes plans diaboliques ?"

Kanon eut un drôle de rictus, et fit le mec bien trop cool pour être honnête.

"- Nannn ! Mais où est-ce que tu vas chercher tout ça ?! C'est fini ce temps là !"

Sans attendre plus longtemps, il mit un doigt dans le bol de son frère et le fit glisser jusque devant lui, alors que Saga allait enfin plonger sa cuillère dedans, laissant sa main en suspens au-dessus du vide. Kanon repris :

"- Celui là je l'ai appelé… Le plan "pernicieux" !"

Saga leva un sourcil, à la fois pour ses céréales que pour le nom du plan. Kanon ajouta devant le silence de son frère :

"- Je sais pas ce que ça veut dire, mais ça claque tu trouve pas ?"
"- … Heu... ça dépend…"
"- Je sais pas, j'ai vu Aphro insulter Deathmask avec ça, j'trouve que ça en jette."

Il porta la bouche sur le bol, n'attendant même pas d'avoir une cuillère. Saga soupira. Il posa les bras sur la table et se souleva lourdement pour aller se préparer un autre déjeuner.

"- Aller Saga, soupire pas, je t'assure que ce plan là il déchire."

Kanon fit un sourire confiant, et étala son plan sur la table, surveillé de loin par Saga. Il prit un instant pour gribouiller le titre, autrefois " plan diabolique n°48" et écrivant juste en dessous au marqueur : " Plan pernicieux."

"- Voilà. Parfait." Annonça Kanon pour lui-même.

Saga revint en silence s'asseoir, posa le coude sur la table pour porter sa tête en versant ces céréales de l'autre main.

"- Bon, maintenant que tu m'écoutes, regarde un peu ce que j'ai préparé."

Le plus jeune sourit, montrant les dessins et les lignes de texte sur son plan en même temps qu'il parlait.

"- Alors ça, c'est nous, là, ya le Sanctuaire, ça c'est Poséidon, et la ya les Enfers. Toi, tu bouges pas, tu restes au Sanctuaire, et tu fais comme tu sais bien faire. Tu gagnes la confiance du Pope et tu t'en débarrasses. Poison, dague dans le dos, de toute façon je te fais confiance, je sais que tu assures."

Nul ne sut exactement pourquoi Saga fronça les sourcils et prit cette expression mi-dégoûtée mi atterrée. Kanon ne s'arrêta pas :

"- Ensuite, je vais aux enfers, je signe chez eux et tout, il me font confiance et BAM ! Je les trahis et je dis que c'est la faute à chez Poséidon. Et comme je suis celui qui les connais le mieux et qu'ils me feront confiance, je vais aller voir Poséidon et je déclenche une guerre. Le Sanctuaire pourrait réagir, mais comme c'est toi le Pope, ça va bien se passer."

Saga le regarda encore et encore, semblant presque s'être endormi en versant ses céréales, la bouche ouverte et le regard un peu vide.

"- Tu penses que ça peut marcher ?"

Saga ne bougea pas, et sembla se réveiller doucement. Il prit la parole après ce long silence.

"- Tu sais combien d'actes de haute trahison tu viens de proférer ?"

"- Je sais pas, dix-sept, au pif..?"

"- Bon…"

Saga soupira, et prit une cuillère de céréales.

"- Je déjeune, je m'habille, et je te ramène à Sounion."

Kanon fit la moue un instant, et insista, montrant son parchemin de plus près à Saga.

"- Mais regarde ! Celui là il est parfait ! Et si on est deux, ça va forcément marcher !"

"- Ça suffit Kanon, tu me proposes un plan de trahison toutes les semaines, t'as pas compris que ça m'intéresse pas ?!"

Kanon regarda son plan, pourtant si parfait, avec une pointe de tristesse.

"- Mais je croyais que tu les aimais bien mes plans. Quand on était enfant on en faisait tout le temps… Oh, tu te souviens quand on a enfermé Mu sous une plaque d'égout pendant deux jours ? C'était trop drôle."

"- Moi je me souviens surtout avoir été puni par Shion une semaine parce que tu t'es caché quand il nous a trouvés."

"- Bah fallait te cacher avec moi."

"- Y'avait pas la place pour deux !"

Saga avait élevé la voix, puis il se massa l'arrête du nez et soupira.

"- Tous tes plans tournent mal, Kanon. Et le contrôle du monde, la domination, tout ça, c'est derrière moi."

Il soupira une nouvelle fois, et termina son déjeuner dans le silence.


Quelques jours plus tard, Saga eu une grosse frayeur, plus grande encore que le visage de son imbécile de frère au réveil.
La matinée était bien avancée, il avait finalement décidé que son frère n'allait pas dormir jusqu'à midi, et qu'il viendrait aux entraînements, comme tout le monde. Seulement en poussant la porte, il vit une chambre quasiment vide, trouvant un mot posé sur la table de chevet.

"- Yo. Comme t'as pas l'air décidé à mettre mon super plan à exécution, j'ai décidé de commencer sans toi. Tu me rejoindras en cours de route pas vrais ? T'façon t'es mon grand frère, tu m'abandonneras pas j'te fais confiance."

A cela, Kanon avait ajouté en bas de page un petit visage qui faisait un clin d'œil. Et ainsi commença pour Saga un terrible dilemme mental.
Devait-il en parler au Sanctuaire ? A Hades ou à Poséidon ? Devait-il aller chercher son petit frère ? Ou bien au contraire, marcher dans son plan… ? Après tout… après tout pourquoi pas, les plans de Kanon étaient rarement bêtes…
Mais non ! Il ne fallait pas. Fidélité à Athéna, cette fois-ci il avait juré pour de vrai et il n'avait pas croisé les doigts.


"- Wouahhh ! On m'avait dit que vous étiez canon, mais à ce point j'y croyais pas !"

Pandore eut un drôle de rictus face à ce compliment.

"- Un peu de tenue serait de mise, Kanon. Tu ne t'adresses pas à n'importe qui, et le seigneur Hades peut t'entendre"
"- Excusez-moi, m'dame."

Au même instant, il chuchota à un garde à côté de lui.

"- Faut qu'elle se décoince la Morticia là."

Il rit à sa propre blague, alors que le garde lui, ne savait pas trop comment réagir. Pandore repris.

"- Nous avons déjà parlé de la plupart des formalités l'autre fois. Aujourd'hui il s'agit de ton accueil officiel et je t'ai décerné Rhadamanthe comme tuteur."

"- Comme tuteur ? C'est-à-dire ?"

"- C'est-à-dire que notre confiance est pour le moins limitée. Il aura pour rôle de t'encadrer, te surveiller, et t'apprendre le bon fonctionnement des enfers."

"- Ah ? Et si j'veux pas ?"

Le garde se pencha à ton oreille.

"- Relax, ça dure qu'une semaine ou deux, c'est pour tout le monde pareil."

Kanon leva les sourcils en hochant la tête, réfléchissant à vive allure.

"- Ok, c'est bon, j'accepte."

"- Puisque nous sommes d'accord, je te souhaite la bienvenue, Kanon, aux enfers. Et au nom du Seigneur Hades, je t'accueille dans nos rangs."

"- Ouuuh ! J'ai hâte."

Rigola Kanon alors que Pandore retenait un soupir.

"- Tu peux disposer Kanon. Rhadamanthe t'attends à l'entrée du temple pour te montrer tes prochains appartements."

Sans plus de discours, Kanon tourna les talons, souriant à outrance aux gardes. Trop heureux pour que ça soit honnête.

Une fois dehors, il reconnut la silhouette de l'homme qu'il avait combattu, et ne put s'empêcher de continuer de sourire ; simplement car plus c'était compliqué et délicat… Plus c'était amusant.

Il se présenta face au spectre qui soudainement, semblait ne pas en croire ses yeux. Il cligna à plusieurs reprises, fermant et rouvrant ses paupières. Mais non, c'était bien Kanon qui arrivait vers lui.

"- Yo."
"- Est-ce que c'est une plaisanterie ?"
"- Ben, pas encore, pourquoi ?"
"- Comment ça pas encore …?"

Kanon fit un grand sourire, pas sérieux pour un sous.

"- Rentre chez toi. J'attends un nouvel arrivant des enfers."
"- Tu m'en diras tant."

Il s'arrêta et Rhadamanthe continua de regarder la sortie du palais, un peu anxieux.

"- Hey mec."
"- Quoi ?"
"- C'est moi. Le nouveau."

Rhadamanthe refit la tête déconfite du gars qui ne voulait pas y croire, qui refusait catégoriquement cette réalité.
Pourtant… Elle était là.

"- T'as pas un sanctuaire toi ?"
"- Lequel ?"
"- Y'en a plusieurs ? Je parle de celui avec ta Athéna."
"- Ah lui… Ben, maintenant je suis là."
"- C'était pas un serment d'allégeance que tu as fait là bas ?"
"- On a tous droit de changer d'avis ? L'orientation professionnelle c'est pas simple pour tout le monde."

Rhadamanthe ne savait pas quoi répondre. Kanon avait évidemment tort, mais comment répondre à ça… Puis… Pandore avait approuvé… après tout.
Ce n'est pas comme s'il pouvait se permettre de désobéir.

"- Bon… Si tu es sûr de toi, suis moi… Je vais te montrer tes nouveaux logements."

Kanon fit un grand sourire et haussa les sourcils, bien décidé à suivre Rhadamanthe en marchant de façon la plus décontractée possible, ne serait-ce que pour faire contraste avec lui, les bras derrière la tête, le sourire non dissimulé et le plan machiavélique en tête.

Après quelques minutes de marche dans les terres un peu dévastées des enfers qui ne manquaient cependant pas de style, Rhadamanthe marqua un arrêt devant les baraquements.

"- On y est."

Kanon regarda le bâtiment, voyant plusieurs portes… Oula… Ca sentait mauvais… et surtout petit cette histoire…
Il lui donna des clés, et le gémeau eut soudainement l'impression d'être en camping et d'avoir un bungalow aux enfers… en soit, c'était un peu l'idée de son plan… Mais… Kanon changeait parfois de plan comme de chemise ?

Il entra. Rhadamanthe alluma la lumière sur une toute petite pièce à vivre et une chambre qui semblait tenir dans ce que Kanon, habitué au gigantesque temple grec, qualifia mentalement d'armoire.

"- Je dois vivre là dedans ?"
"- Absolument."
"- Allez… Dis moi que c'est un bizutage et montre moi mes vrais appartements."
"- Euh, non... C'est vraiment là que tu vas vivre ?"

Kanon fit les gros yeux et s'insurgea.

"- T'es pas sérieux, il me manque qu'une roue de hamster ! Même une souris pourrait pas vivre ici !"

Rhadamanthe leva le sourcil.

"- Ah. Oui. D'ailleurs si tu en vois une, laisse la en vie. C'est le meilleur insecticide que tu pourras trouver aux enfers."

Kanon fit une grimace et Rhadamanthe ne put s'empêcher de sourire, un peu satisfait que ça déplaise à Kanon. Parce qu'il n'allait pas mentir, il n'avait pas digéré son humiliation. Alors l'avoir sous ses ordres dans un appartement pourri, c'était satisfaisant.

"- Je te laisse t'installer. Tu prends ton service demain matin 5 heures. Retrouve moi un quart d'heure avant devant la guidecca."

Kanon se retourna, pas décidé à se lever aussi tôt.

"- Mais on se croirait à l'armée, c'est quoi votre problème ?!"

Ne sachant comment répondre et pris un peu au dépourvu, Rhadamanthe choisit de répondre avec clarté.

"- Mais… On est une armée."

Il fronça le sourcil, se demandant si Kanon avait percuté ce léger DETAIL.

"- Je veux bien venir demain matin. Mais il est hors de question que je dorme dans un placard à balais."

Rhadamanthe ne réagis pas, et se contenta de fixer l'énergumène qui piquait sa crise.

"- Je fais un pas vers vous, faites un pas vers moi. C'est ça une négociation."
"- J'ai bien peur que les choses ne fonctionnent pas comme ça ici."

Il ne put s'empêcher de faire un petit sourire et de croiser un peu plus les bras. Kanon le regarda soudainement avec plus de sérieux, et énonça clairement.

"- Rhadamanthe. Il est hors de question que je loge ici. Ne serait-ce qu'une nuit."

La Wyverne pouffa, et fit un grand sourire.

"- Et bien tu vas vite déchanter, tes voisins sont là depuis bientôt trois ans."

Kanon plissa les yeux et Rhadamanthe s'en alla. Un grand sourire aux lèvres, il rentra chez lui.


On tambourina à la porte des appartements de Rhadamanthe. Il devait bien être 21 heures, et il s'apprêtait à aller se coucher.
Devant la porte, un petit spectre affolé.

"- Seigneur Rhadamanthys, Seigneur Rhadamanthys ! Pandore vous demande en urgence !"
"- Hein ? A cette heure là ? Mais pourquoi…?"
"- Je sais pas, elle avait l'air très contrariée, je sais pas trop pourquoi."

Rhadamanthe referma sa porte derrière lui, regardant de loin le palais en levant le sourcil.

"- J'y vais tout de suite."

Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer…? Il s'approcha, marchant deux petites minutes jusque là, voyant quelques spectres et gardes affolés eux aussi, courant dans plusieurs directions.
Peu importe, ça semblait grave, mais si on le demandait à la Guidecca, il devait accourir.

Il entra dans la pièce, voyant nombre de spectres entourés de couvertures à l'air traumatisés. Oulaaa…

"- Rhadamanthe !"

Fit la voix énervée et sévère de Pandore. Rhadamanthe sursauta presque, comme pris en faute, et se retint de dire "quoi ?!"

"- Oui ? Dame Pandore."
"- Je peux savoir pourquoi tu as fait ça ?"
"- Fais ça quoi ?... Madame."

Il leva la moitié de son sourcil au-dessus d'un œil, et Pandore sembla soudainement avoir un doute, mais elle ne se démonta pas.

"- Tu sais bien. Regarde autour de toi les dégâts."

Le juge se tourna, observant les gens par terre, certains un peu amochés, d'autres semblant endormis… Et juste un, souriait derrière une boisson, sous sa couverture… Avec les cheveux bleus. Kanon était parmi les victimes… Et soudain, Rhadamanthe sentit très très mal la suite.

"- Il m'a tout raconté, tu es venu l'attaquer par surprise et tu as mis le feu aux baraquements derrière."
"- Quoi ? Mais, pas du tout. Pourquoi j'aurais fait ça ?"

Kanon se redressa sur ses jambes, et leva la main.

"- Pour te venger de moi !"
"- Mais, mais bien sûr que non, même si j'avais voulu me venger, je l'aurais pas fait comme ça ! Enfin, Dame Pandore, vous me croyez tout de même ?"

Rhadamanthe était atterré… Bon, oui, il avait désobéi, une fois… Mais quand même !

"- Vous voyez ? Il a dit, il l'aurait fait autrement, ça veut bien dire qu'il y a réfléchi."

Insista Kanon, faisant de son mieux pour ne pas sourire. Pandore, elle soupira.

"- Que quelqu'un emmène Kanon à Caïna... "

Aussitôt, un spectre opéra et fit sortir Kanon, sous le visage ahuri de Rhadamanthe qui n'en croyait pas ses yeux.

"- Mais Caïna, c'est mon chez moi à moi !"
"- Je le sais bien." répondit Pandore "- Et il ira vivre chez toi le temps qu'on reconstruise des baraquements, et avec les subventions que nous verse le sanctuaire, ça va prendre pas mal de temps."

Les bras de Rhadamanthe, s'ils n'étaient pas si bien accrochés à son corps, seraient sans doute tombés par terre.

"- Mais… Mais enfin, il ment !"
"- Oui… J'ai bien senti qu'il dramatisait un peu… Mais ce qu'il dit est censé."
"- Il vient d'arriver, et tout prend feu ! C'est lui qui a déclenché l'incendie !"
"- Peu importe, c'est à toi que je l'ai confié. Dans tous les cas, c'est né d'un conflit entre vous, et c'est à toi de gérer ça. Et moi j'ai déjà à reloger toutes les personnes qui ont perdu leurs baraquements à cause de ton manque de rigueur."
"- Mon manque de rigueur ?!"

C'était la première fois qu'on lui reprochait ça, et jamais il n'aurait cru que ça lui tomberait dessus un jour.

"- Si tu n'es pas content, on peut faire ça à la harpe."
"- Oh non… pas la harpe..."

Il baissa la tête, et Pandore lui fit signe de disposer.

Il ressortit du temple comme s'il venait de passer la tête en dehors d'un train à pleine vitesse. Complètement éberlué de ce qu'il s'était passé.

Il rentra chez lui presque en traînant les pieds.
Engueuler et punir. Il s'était fait engueuler et punir… Tout ça à cause d'un connard qui n'avait pas envie de dormir dans un lit qui n'était pas XXL.
Il se rappela la phrase de menace de Kanon… "Il est hors de question que je loge ici, ne serait-ce qu'une nuit."
Ah… Très bien… Il l'avait joué comme ça.

Il passa la porte de ses appartements dans la Caïna. Et vit un Kanon surexcité en train d'ouvrir tous les placards.

"- Ohhhh, mais c'est parfait ici ! Tout est déjà rempli et équipé, c'est spacieux, et luxueux, quand les enfers veulent, ils peuvent !"

Le juge referma vite la porte et courut après Kanon qui venait d'entrer dans sa salle de bain.

"- Mais il est génial ce peignoir, il est tout doux !"
"- Retire ça ! C'est à moi !"

Il lui arracha presque des mains, et le reposa avec un faux calme.

"- Tout ce que tu vois, là, dans cet appartement, c'est à moi. C'est chez moi. C'est mes affaires, pas les tiennes."

Kanon fronça les sourcils. Rhadamanthe ajouta :

"- Et tu perds rien pour attendre après le sale coup que tu m'as fait ce soir."

Le gémeau lui rit au nez.

"- Ah, tu comptes te venger ? Tu sais pas à qui tu parles."
"- Si. Si je le sais très bien. Et c'est bien pour ça que t'as intérêt à te tenir à carreaux."

Il fronça le sourcil, espérant que Kanon allait arrêter ses conneries… parce que mettre le feu à un bâtiment jour un, et le faire accuser derrière… ça promettait.
Kanon repartit en souriant, sans répondre et Rhadamanthe soupira.

La wyvern alla chercher des draps et un oreiller dans un placard pour installer le canapé à Kanon… Une fois sa tâche finie, non sans une certaine appréhension et une certaine colère, il partit chercher son invité forcé, le retrouvant allongé sur son lit, avec ses chaussures.

"- Descend de là, c'est mon lit. Tu dors sur le canapé toi."

Kanon grogna, sans bouger, et le spectre insista :

"- Je dors pas avec qui que ce soit, encore moins un humain. Descend."

Voyant que ça ne marchait de toute évidence pas. Rhadamanthe en eut marre et choppa la cheville de Kanon, tirant pour qu'il descende par la force, quitte à le traîner par terre, il irait sur le canapé, foi de Wyvern.
Au début, la masse que composait le corps de Kanon bougeait, puis soudainement, après deux bons mètres, elle s'arrêta nette et Rhadamanthe sentit que cela coinçait.
Le gémeau s'était accroché au bord du lit… Bon… Il pourrait continuer à tirer hein, mais le lit viendrait avec et une fois arriver à la porte, soit le mur céderait, soit ce serait le bois du lit. Rhadamanthe lâcha tout, et les jambes de Kanon frappèrent le sol dans un bruit sourd.

"- Aahh ! Ca fait mal !"

Rhadamanthe ne répondit rien et alla décrocher les doigts de Kanon sur le montant, non sans qu'un petit duel de force ne s'engage, mais Rhadamanthe, de part sa position, avait meilleur prise et décrocha les doigts. Le gémeau essaya de remonter aussitôt sur le lit, mais il se fit embarquer sous un bras et déposer sur le canapé, sans avoir pu faire quoi que ce soit.

"- Mais je veux dormir dans le grand lit moi."
"- Non. Tu dors là."
"- Maiiiis j'ai brûlé des dizaines de baraquements pour bien dormir, et tu me fais dormir sur un canapé ?!"
"- Tu admet avoir brûlé les baraquements ?"
"- Comment ? J'avais pas d'allumettes."

Il fit un grand sourire.

"- Tu dors là. Et si tu es sage dans les prochaines semaines, je pourrais te trouver un grand matelas."

Kanon leva un sourcil, croisant les bras alors que Rhadamanthe lui jeta presque une couverture dessus. Il croyait vraiment qu'agiter une carotte au bout d'un bâton le ferais marcher droit ? Il était Kanon, Kanon du dragon des mers, Kanon des Gémeaux. Alors s'il ne voulait pas qu'il devienne bientôt Kanon de la Wyvern, il avait intérêt à trouver une méthode plus efficace. Parce que le trouble fête, lui, il était bien décidé à piquer dans le stock de carottes jusqu'à épuisement.

"- Bon. Tu dors. Demain, on a un tour de garde, je suis censé te faire faire une visite. Crois bien que moi non plus, j'en ai aucune envie."
"- Et si j'ai pas sommeil ?"
"- Et ben tu te force et surtout tu fais pas de bruit."

Rhadamanthe commença à partir, soupirant. Ça allait être long… ça allait être long.

"- Comment je fais si j'ai faim ?"
"- Tu manges."
"- Mais y'a à manger où ?"
"- Dans le réfrigérateur."
"- Il est où ?"
"- Dans la cuisine."
"- Et la cuisine elle est où ?"
"- Derrière toi, dans la pièce à côté !"

S'agaça le blond.

"- D'accord." Fit Kanon, faussement penaud.

Le juge, lui, commença à faire demi tour, puis aussitôt la voix du gémeau refit surface.

"- Et si je dois aller aux toilettes ?"
"- Et bien tu y va ! Je vais pas t'apprendre à pisser dans la flotte ?!"
"- Et ils sont où ?"
"- Dans la salle de bain."
"- Et elle est où la salle de bain ?"

Il fit un grand sourire, ce que Rhadamanthe eut du mal à supporter… Il le faisait exprès en fait ? Il y avait été tout à l'heure dans la salle de bain, il se foutait de sa gueule.

"- Bonne nuit."

Fit le spectre en tournant les talons, allant enfin se coucher… demain, il se levait tôt.


Le juge des enfers s'éveilla… Et son premier réflexe fut de repousser ce qui était à moitié sur lui, sans qu'il comprenne ce que c'était. L'instant d'après, il entendit une masse tomber sur le sol et un "aie !" retentissant.

Il ouvrit d'un coup les yeux, le sourcil froncé.

"- Mais qu'est-ce que ?!"

Il alluma la lampe de chevet, voyant Kanon les fesses par terre en train de se masser le bassin.

"- Qu'est-ce que tu fichais sur moi ?"
"- Ben, j'ai rien fait, je suis venu me coucher, et tu prenais tout le lit."
"- Peut-être parce que c'est MON lit ?!"
"- Bah, t'avais qu'à rester de ton côté."
"- Mais tout le lit c'est de mon côté ! Toi, tu avais le canapé !"

Kanon se releva, tout en se passant la main, sur le bas du dos.

"- Tu parles d'un réveil… T'as des petits soucis de gestion de ta colère toi."

Rhadamanthe grogna, et mit son invité indésirable en dehors de sa chambre, remarquant qu'en plus, il était venu en sous vêtements…. Nan, mais il était sérieux…?

Il ferma la porte, et se changea, sortant cinq minutes plus tard en baillant. Il remplit sa cafetière avec l'eau du robinet, et fit deux cafés. Peut-être qu'en étant sympa avec son invité… il serait plus sage…

"- Tiens. C'est chaud."
"- Ah… Ben, non merci."
"- Quoi, t'aime pas le café ?"
"- Nan, si, j'aime ça. C'est juste que cette nuit j'avais une envie pressante, et comme tu m'as pas montré les toilettes et que t'as parlé d'eau, j'ai pissé dans le cumul."

Rhadamanthe marqua une pause et regarda sa tasse, l'air écoeuré.

"- Attends… T'as fait quoi…?"
"- J'ai pissé dedans. Je crois."

Il déposa sa tasse sur la table.

"- Du coup, évite de prendre une douche aussi."

Il n'avait simplement plus les mots… Est-ce que Kanon avait réellement fais ça ? Ou bien il le laissait croire… ah… Il l'en pensait capable… et d'un naturel prudent, il n'avait pas envie de prendre ce risque.

Il retourna en cuisine et ouvrit à fond l'eau de son évier, avant de se diriger dans sa salle de bain pour ouvrir les vannes et purger l'eau de son cumul.

Une fois cela fait, Kanon se marrant tout seul, Rhadamanthe sortit dehors pour se laver la tête avec un tuyau, sûrement là pour arroser des plantes des enfers ou juste pour nettoyer les parvis, relié aux fontes du cocyte.

Il râlait, et Kanon allait sûrement prendre pour son grade après ce coup là.

Une petite heure passa, Rhadamanthe fit son travail, sans entrain, sans bonne humeur, frappant l'arrière de la tête de Kanon lorsque celui-ci piquait du nez pendant la visite.

"- C'est la nuit qu'il faut dormir !"
"- Et alors ? Tu m'a levé à quatre heure et demi, il FAIT nuit, le ciel est encore tout noir"
"- On est aux enfers, le ciel est toujours tout noir."

Grogna Rhadamanthe. Il fit le tour des enfers, et fit un détour volontaire par le second cercle, laissant la fin de la visite à son subordonné Valentine pour la journée.

Il rentra chez lui et ferma ses robinets. Espérant que son cumul se remplirait vite pour le purger à nouveau, dans l'optique de nettoyer toutes traces éventuelles. Approchant de la table pour jeter les deux café, il remarqua que l'un deux avait été vidé.

Rhadamanthe fronça le sourcil.

Soit Kanon avait bu sa propre urine… soit il s'était bien foutu de sa gueule. Et tel qu'il le connaissait… C'était sûrement la seconde option.

Il s'approcha de son cumul, et observa la bête. Définitivement, ça ne s'ouvrait pas… Jamais Kanon n'aurait pu faire ce qu'il a dit qu'il avait fait dedans.
Mais au moins, Rhadamanthe savait à quoi s'en tenir. Et avait la journée pour réfléchir à un plan.


Kanon rentra en fin de journée, plutôt fatigué. Le spectre lui, en voyant l'énergumène qui lui avait posé tant de soucis être aussi calme, ne dis rien, et se contenta de lui poser une assiette devant le nez alors qu'il était justement en train de se faire son repas.
Il s'assit en face et observa Kanon manger tout doucement.

"- Fatigué ?"
"- … ouais…"

"- Les journées sont longues aux enfers."
"- C'est ironique parce qu'il ne fait pas jour..."
"- C'est vrai."
"- Il est quelle heure ?"

Rhadamanthe regarda sa montre, s'installant en face de lui avec un café.

"- Dix neuf heures trente."

"- Si tôt…? Et je suis si fatigué ? "

"- Oui. D'ailleurs fais attention à toi, si tu es trop faible, beaucoup de spectres aimeraient se venger d'un ancien chevalier. Moi le premier. Les enfers sont dangereux."

Kanon fronça les sourcils, le juge ajouta.

"- Alors reprend des forces et vite. Tu t'habitueras à la vie d'ici."

Le gémeau souleva un sourcil pâteux et observa Rhadamanthe.

"- Tu es drôlement sympas après ce que j'ai fais ce matin…"
"- Et ce que tu as fais hier."

Kanon s'arrêta, et dévisagea Rhadamanthe, se sentant bizarre.

"- Qu'est-ce que tu as fais ?"

Rhadamanthe se contenta de récupérer l'assiette en la glissant vers lui. Sans dire un mot.

"- Salopard…"

Kanon piqua du nez en l'espace de quelques secondes, le front tombant sur la table dans un bruit sourd, profondément endormi.
Le juge l'observa et soupira de contentement, reprenant son café en silence.

"- Je finis mon café et je m'occupe de toi…"


Kanon s'éveilla le lendemain matin, il avait froid, c'était un fait, et surtout il avait mal à la tête.

Il se redressa, remarquant qu'il n'était pas sur un matelas mais sur du marbre blanc… entièrement nu.

"- Bordel de mer ..!"

Il se releva subitement, regardant autour de lui. Il était tout seul, tout nu, sur le parvis de la Caïna.
La main sur le paquet, il retourna jusqu'à la porte, fermée, à clef, et par cosmos, il toqua à la porte de l'autre main.

"- Rhada ! Je déconne pas ! Ouvre moi ! La putain de ta race, j'ai froid, laisse moi rentrer et rend moi mes fringues !"

Kanon hurlait, espérant que le juge craque avant que quelqu'un ne soit alerté par ses braillements.

Rhadamanthe lui, écouta la voix lointaine avec un sourire, puis il se tourna, ouvrit sa table de nuit, et enfila des boules quies, s'endormant avec un sourire, bien au chaud dans son lit.


Saga avait bien commencé sa journée… Son frère était parti depuis pas mal de temps, ayant commencé les démarches pour rejoindre les enfers en avance… Toutefois, il savait que son premier jour était hier… Et en ne voyant pas Kanon ce matin-là, il fut rassuré, et se dit qu'il y était bien, et qu'il ne risquait pas de le voir débarquer et remettre sa vie sans dessus dessous.

Il déjeuna, seul, tranquille…
Il s'habilla, sans avoir besoin de chercher ses vêtements.
Il rejoignit ensuite les arènes pour s'entraîner, et tabassa quelques chevaliers avant de pousser un soupir de contentement.
Une fois cela fait, il rentra chez lui pour se faire un encas à midi.

Et une fois la digestion entamée avec calme, il rejoignit son armure pour aller à la grande réunion avec tous les chevaliers d'ors au palais du pope…

Et…

Il l'enfila… Sauf qu'il n'avait ni jupe, ni jambière… Seulement la moitiée haute de son armure.

Devait-il aller à sa réunion ainsi…? Ou bien y aller sans armure et risquer de se faire disputer..? Ou bien encore… ne pas y aller et faire le mort ?


Rhadamanthe sortit de chez lui, il avait bien dormi ce matin, avait pu prendre une douche chaude et un café qui avait le goût de café, et de rien d'autre.
Tout comme Saga, il avait passé un bon début de journée sans Kanon. Il s'étonna toutefois de ne pas le trouver dehors là où il l'avait laissé, ni dans les buissons alentour.
Peut-être avait-il trouvé un garde et avait imploré des vêtements. Même si c'était le cas, l'humiliation qu'il avait dû avoir à ce moment là était méritée, pour l'humiliation que lui avait subi devant Pandore et les spectres.

Rhadamanthe enfila son surplis, et partit se mettre au travail.

En fin de journée, il prit le chemin de la Guidecca et de son palais, ayant quelques dossiers à remettre, parce que, comme chacun sait, il y a des dossiers partout, dans tous les sanctuaires possible, oui, même chez Poséidon certainement.

Sur le chemin, Rhadamanthe marqua une pause. Plusieurs tables étaient sorties, avec des chaises autour, et des sortes… de… de parasols ?
Le juge s'arrêta, demandant à une des tables où Queen et Gordon étaient assis.

"- Qu'est-ce que c'est que ça ?"
"- C'est un café éphémère ?"
"- Un café éphémère ? C'est quoi cette idiotie, enfin, on est aux enfers. On a pas de commerce ou de café."

Une voix sortie du baraquement juste derrière.

"- Si si ! Maintenant on en a un !"
"- Valentine ?"

Le spectre de la harpie était là, avec un tablier et un plateau improvisé, servant une boisson à quelqu'un qui lisait son journal.

"- Oui, c'est tout neuf, ça date d'aujourd'hui, enfin, d'hier, lorsque vous m'avez présenté le petit nouveau. On a bien discuté et on a décidé de monter ça devant chez Sylphide, c'est lui qui fait les boissons."
"- Le nouveau…. Le nouveau tu veux dire Kanon ?"
"- Absolument."
"- Mais, il est où Kanon ?"
"- Oh, et bien… Vu sa tenue du jour, il est allé chercher des clients."
"- Des clients ? Vous les faites payer ?"
"- Bien sûr. Charon a tellement bu depuis ce matin qu'on a plein de monnaie en plus."
"- Dis moi où est Kanon, je dois le tuer."

Soudainement, la personne qui lisait son journal l'abaissa bruyament, révélant le doux visage d'une femme aux allures distingué.

"- Je vois que tu accomplis ta mission correctement et que tu mets du coeur à le surveiller, Rhadamanthe."
"- Dame Pandore ..!"

Pourquoi il devait tomber sur elle ? Pourquoi buvait-elle un café ici ? Pourquoi diable depuis que Kanon était arrivé rien n'allait pour lui ? On aurait dit un espèce de petit porte poisse chaotique qui l'avait pris en grippe.

Un peu plus loin, derrière Pandore et en direction du reste des enfers, un petit contingent de spectres arrivait, avec à leur tête, Kanon, vêtu simplement de jambière dorée et d'une jupe pas virile pour un sous.

Rhadamanthe eut l'air ahuri en voyant ça… Kanon s'était débrouillé pour trouver de quoi se vêtir, et en plus, il avait créé un café et avait ramené la moitié des enfers dedans. Y compris Pandore et son fidèle subordonné…

"- Bonjour bonjour ! Asseyez vous, le café est chaud, et nous avons du jus d'orange au frais !"

Dit Valentine prenant définitivement très à cœur l'accueil et le service dans son tout nouvel établissement.
La wyvern se rapprocha de Kanon, le sourcil plus que froncé.

"- Je peux savoir pourquoi tu es venu aux enfers ? Pour ouvrir un commerce de café et débaucher mon précieux personnel ?"
"- Quoi ? Fais pas genre. T'es juste jaloux que Valou et moi on s'entende bien."
"- Vous vous êtes rencontrés hier ?!"
"- Et ça a été le coup de foudre…"

Fit Kanon d'un air faux, avant de faire un coucou à Valentine qui lui répondit avec un signe et un coucou, installant ses nouveaux clients.

"- Te moque pas de moi. "
"- Nan, j'y suis. T'as les morts parce que je suis apprécié, ET, parce que tu m'as pas trouvé dans l'état que tu m'a laissé. "
"- Tout ce que je vois, c'est que t'es pas au boulot. Demain, je t'inscris pour être de garde à la troisième prison. Avec Rock et Yvan. Si tu fais mal ton boulot, tu ramasseras les cailloux égarés."

Il grogna sa phrase et ajouta en partant.

"- Et puisque tu semble si doué pour ouvrir des commerces, t'as qu'à ouvrir un restaurant. Je cuisinerais pas pour toi."

Il s'en alla, de mauvaise humeur. Mais quelque part, amusé de voir que malgré tout ça, Kanon avait ouvert un café en deux jours, et avait encore réussi à trouver un moyen de s'en sortir en mettant une moitié d'armure… d'ailleurs… où était passé le reste ?


Le soir venu, Rhadamanthe se doucha, mangea, et alla se coucher, mais à sa grande surprise, ou peut-être pas vraiment… Kanon fit un grand sourire en entrant dans la chambre, s'étant rhabiller au passage.

"- Va sur le canapé."
"- Maiiis… Je suis fatigué après cette longue journée, j'ai besoin d'un vrais lit."
"- Si tu avais testé le canapé ne serait-ce qu'un peu, tu saurais qu'il est confortable. Bien plus que d'avoir la queue qui tape contre une plaque dorée… Pas trop chiant d'ailleurs sans boxer ?"

Kanon fit un grand sourire, se calant dans le lit.

"- Un boxer ? J'en met jamais."
"- Je sais que tu mens comme je te l'ai retiré ce matin."
"- C'était exceptionnel."
"- Ouais, c'est ça."

Il glissa sa main dans le lit et tira l'élastique qu'il trouva.

"- Tu sais où il va disparaître si tu me refais un coup comme l'autre jour."

Il prit la couette, la calant sous son bras pour être sûr qu'on ne la lui vole pas pendant la nuit, et se tourna de son côté du lit. Sachant bien qu'il était inutile de virer Kanon, il reviendrait dès qu'il s'endormirait.

"- Radis, si tu pouvais éviter de ronfler comme l'autre nuit, ça serait cool."
"- Je ronfle pas."
"- Ah ? Mes oreilles m'ont indiqué le contraire."
"- Si t'es pas content. Y'a un canapé, loin d'hypothétiques ronflements."

Rhadamanthe grogna un peu et se retourna un peu plus de son côté.

"- Et toi ? T'as un boxer ?"
"- Dors Kanon. Dors."

Kanon s'allongea comme un piquet, manquant à plusieurs reprises de déranger à nouveau Rhadamanthe. Essayant quand même de se tenir un minimum à carreaux. Sachant bien qu'il risquait de finir à nouveau dehors à poil… Mais… Il n'avait pas dit son dernier mot.


Rhadamanthe se leva, il avait mal dormi, et fut étonné de ne trouver personne dans le lit… Alors, il prit quelques minutes de plus pour se rendormir…

Après une durée indéterminée, il se leva, et alla se faire un café… Vérifiant que l'eau sentait l'eau,et le café : le café…

Il mit son collant couleur aubergine, et son justaucorps assortis, puis alla chercher son surplis. Aujourd'hui, il avait beaucoup de travail au tribunal. Seulement lorsqu'il arriva devant son surplis… il pu constater que la couleur avait changé…

A la place de sa couleur sombre ténébreuse tirant sur un violet démoniaque… il y avait maintenant du jaune qui recouvrait son surplis.

Pas jaune poussin, pas dorée non plus… Non. Jaune. Jaune d'oeuf.
Peint avec un gros pinceau, de façon négligée, certaines pièces gouttant d'ailleurs sur le sol de Caïna.
Un smiley avait d'ailleurs été dessiné avec de la peinture verte au niveau du torse et de la tête de Wyvern… Certainement très artistique, mais un vrai drame pour le spectre, qui arrondit ses yeux… Et se dépêcha d'essayer d'éponger au mieux son surplis, mais rien à faire… Il faudrait qu'il rince un bon millier de fois son éponge avant d'y arriver…

Pas une minutes à perdre, il revêtit le surplis, salissant au passage sa tenue en dessous et sortit en toute hâte avec, volant le plus loin possible, prenant le chemin pour sortir des enfers en espérant ne pas être vu… parce que, en plus de risquer d'être pris pour un chevalier d'acier avec cette couleur… Ça ne lui allait, mais alors vraiment pas.
Blond sur jaune, quelle horreur… surtout réhaussé par son violet rose de pantalon… Une catastrophe pour l'anglais qu'il fut.

Une fois hors des enfers, Rhadamanthe rejoignit la plus proche ville et s'arrêta à une station de lavage auto.
Quelques pièces, normalement destinées à Charon, glissées dans la fente de la machine, et Rhadamanthe avait le droit à un jet haute pression pendant quinze minutes.

Il soupira et commença à asperger son surplis, posé en totem devant lui, s'asseyant par terre tout en laissant l'eau faire son œuvre…

Il tourna autour dans les minutes qui suivirent, puis, voyant l'état bariolé des pièces, l'homme qui lavait sa voiture à côté arriva.

"- Ça va aller …? Votre voiture est dans un sale état…"
"- Déguerpissez stupide humain ! Allez nettoyer votre tôle à roulette et fichez moi la paix !"

L'homme prit les jambes à son coup, et ne tarda pas à reprendre sa voiture pour partir, loin, soit dit en passant.

Rhadamanthe soupira… Bon… Engueuler les civils… c'était pas bien malin… Mais ça défoule… et ça le rassurait de faire peur à quelqu'un. Parce que Kanon; Il avait pas l'air de le craindre plus que ça…

Il coupa l'eau et observa le surplis… Quelques recoins étaient encore un peu jaune… mais il gratterait avec ses ongles lorsque ça serait sec… Et cet affreux sourire vert avait disparu.

Rhadamanthe remit son surplis, finissant à moitié trempé d'ailleurs… Il savait bien qui avait fait ça, et il savait comment il allait se venger… dès ce soir même.

Il fit machine arrière et retourna aux enfers, passant sa journée à travailler au tribunal avant d'en sortir, passant à la giudecca pour poser des documents. Là bas, il croisa un de ses homologues Juges, Eaque. Qui semblait bien s'amuser.

"- Eaque ?!"

Fit Rhadamanthe en s'avançant.

"- Comment ça va ? Tu as l'air de bonne humeur."
"- Oui, plutôt. Et toi ?"
"- Plutôt b-"
"- Regarde ! Il repasse !"

Rhadamanthe leva le sourcil, voyant un homme blond dans l'armure de Kagaho.

"- Qui c'est ?"
"- C'est Kagaho."
"- Ah bon ? Il s'est teint les cheveux ?"
"- Tu déconnes ? Non. Pas du tout. En fait, quelqu'un lui a fait une blague, on ne sait pas qui, et à remplacer son shampoing par un produit, qui, de toute évidence, lui a bien décoloré les cheveux."

Rhadamanthe se mit à pouffer de rire, plus discrètement que l'autre juge, mais son sourire se figea.

Attendez…. Quelqu'un lui a fait une blague? Ça serait pas…

Et merde…

"- Eaque, je dois rentrer, faut que je te laisse."
"- Oui, pas de soucis, mais fais gaffe, tu as des traces bizarre sur ton surplis"
"- Oui, j'ai vu. Ça va partir."

Il hocha la tête et prit la direction de Caïna, il passa devant les baraquements brûlés, les électriciens en train de poser des câbles et de les scotcher aux fondations avant qu'ils ne coulent le béton. Un peu de modernité, ça ne leur fera pas de mal.

Une fois au temple, il vit Kanon installé sur le lit en train d'écouter de la musique. Il grogna un peu et commença à cuisiner.
A peine le gémeau l'avait-il remarqué qu'il s'était levé et était venu le rejoindre.

"- Tu fais quoiiii ?"
"- A manger."
"- Quoi comme manger ?"
"- A manger pour moi."
"- Je pourrais en avoir ?"
"- Non. Le manger pour moi : il est pour moi."
"- … Pourquoiiiii ?"

Rhadamanthe grogna et glissa un regard à Kanon assez mauvais.

"- Ah. Toi, t'as pas aimé mon cadeau ?"
"- Un cadeau ? Une mauvaise nuit et de la peinture pour les murs sur mon armure, tu appelles ça un cadeau ?"
"- Mais je t'ai fait un sourire dessus ! C'était pour m'excuser d'hier."

Il grogna encore.

"- Je te crois pas une seule seconde."

Kanon ricana.

"- Ouais. T'as raison. Puis t'as pas pris le bon boxer non plus. J'avais mis du poil à gratter dans le bleu."
"- Bon. Ben c'est définitif. Tu mangeras pas ce soir."

Il sortit sa poêle et la vida dans son assiette, faisant semblant d'éternuer au dessus pour ne pas que Kanon essaie de la lui voler.

"- Tu crois pas que tu es un peu parano ?"
"- Non."

Il s'installa tout seul à table, voyant Kanon le dévisager sans dire un mot, en souriant.
Pendant les dix longues minutes suivantes, Rhadamanthe se retint de lui lancer un gros " QUOI?" au visage.

Rhadamanthe lava son assiette en silence, se brossa les dents, jeta son boxer bleu à la poubelle directement, et alla ensuite dans le canapé.

"- Ben ? Tu vas pas dans le lit ?" Demanda le gémeau en se penchant au-dessus du sofa.
"- Non. J'ai mal dormi, tu bouges."
"- Ah non, ça c'est moi qui t'ai mis des coups de pieds pour voir si tu dormais."
"- Et bien, oui, je dormais. Mal. Du coup."

Kanon fit un sourire.

"- Donc tu dors sur le canapé ?"
"- Oui. Tu as gagné, je te laisse mon lit."
"- YES !" Fit Kanon en sautant un peu de joie. "- Mais j'ai pas sommeil, tu veux pas qu'on parle ?"
"- Non. J'ai du travail. Je me lève tôt. Bonne nuit."

Il se tourna, et plaqua sa main avec presque de la violence sur le mur pour éteindre la lumière.

Kanon fronça les sourcils, soupira, et reprit sa musique pour aller dans la chambre de Rhadamanthe, instaurant dorénavant le paquet de mouchoirs à portée de table de nuit.


Rhadamanthe avait attendu longtemps dans sa position, feintant l'endormissement, attendant suffisamment longtemps pour être sûr que Kanon dormirait.

Il entra dans la chambre, poussa les vêtements au sol sur le côté puis observa le gémeau dormir du sommeil du juste.

Il fit un sourire, passant une seconde pour un méchant cliché de dessin animé pour enfant, puis, il repartit dans la salle de bain, et tira de l'eau tiède dans une bassine. Il revint à la chambre, et posa avec stabilité la bassine d'eau sur le lit, puis doucement… tout doucement… il souleva le bras de Kanon, le cala avec un oreiller, et fit tremper ses doigts dans la bassine d'eau.

Il referma la porte, son méfait était accompli.


Rhadamanthe s'était levé, et avait préparé du café. Il était le seul debout et attendait qu'un cri strident sorte de la chambre… Ce qui finit par arriver, suivit d'un Kanon en boxer qui traversa la cuisine pour foncer dans la salle de bain. Rhadamanthe le regarda passer, le visage dans son mug.

"- Une bonne chose de faite."

Il sourit et rit doucement. Clairement, là, il avait fait la pire blague dont il était capable. Et il n'en était pas peu fier. Il fit un second café, à l'eau, bien dilué pour Kanon et le servit à table.

Quand le plus vieux ressortit de la salle de bain, la serviette autour de la taille, et le boxer dans le bac de douche, trempé, d'eau sûrement maintenant, Rhadamanthe ne put se retenir de demander.

"- Bien dormi ?"

"-..."

"- Quoi, t'as fait des rêves… Humides ?"

Il ne pu pas se retenir de rire un peu, alors que Kanon, comprenant que c'était sa faute, le regarda noir… Noir foncé même.

"- C'est toi !?"

"- Les rêves humides ? T'as compris ? Parce que normalement c'est pas ça, mais comme là tu t'es piss-"

"- D'accord !" hurla presque Kanon "- A partir de maintenant, c'est la guerre."

Rhadamanthe eut l'air inquiet un instant et le prit à la légère.

"- C'est ma vengeance pour l'armure. C'est tout. Si tu recommences pas je t'embête plus."

"- L'armure c'était ma vengeance pour m'avoir foutue dehors à poil."

"- Et c'était une vengeance pour le coup que tu m'as fait avant. C'est bon là, on peut arrêter peut-être ? Et être des adultes matures et responsables ?"

Kanon croisa les bras et toisa Rhadamanthe du regard. Marquant une longue pause, avant de tendre le bras et de lentement faire glisser la tasse de café jusqu'au bord de la table. La tasse, cassant lors de son impact avec le sol.

Rhadamanthe haussa le sourcil. Et croisa les bras à son tour.

"- C'est un non ?"

Kanon recroisa les bras, l'air victorieux, sans un mot. La Wyvern ajouta.

"- Nan, parce que j'ai des chaussures et pas toi, tu sors de la douche et y'a des bouts coupants partout."

Une fois sa phrase dite, il se détourna et laissa Kanon se débrouiller tout seul.

Rhadamanthe alla récupérer quelques papiers dans son salon, et quelques minutes plus tard, il vit un Kanon furax et habillé quitter le palais.

"- Y'en a marre ! Je m'en vais."

Le spectre sourit, quelque part content s'il avait fait abandonner Kanon… Mais son rôle était de veiller sur lui… Il ferait peut-être bien de lui courir après pour le ramener ici ?

Et puis quoi encore. Bien sûr que non.

Si Kanon partait, à lui la belle vie.

Il revient dans la chambre… Bon. Le matelas était fichu. Mais tant pis. Il était prêt à sacrifier son lit pour se débarrasser de Kanon. Ahh… Il allait devoir en commander un autre à Pandore. Il n'aurait qu'à dire que c'est pour Kanon… Enfin, qu'il en demandait un nouveau et donnait l'ancien au nouveau. C'était plus ou moins ça en tout cas.

Il quitta le palais de Caina, et s'empressa d'aller à Giudecca pour demander un nouveau matelas pour dormir.

Il travailla au tribunal toute la journée ce n'est qu'en repartant qu'il croisa Charon. Au bord du styx, en train de détacher des sortes de bernacles de la coque de son bateau.

"- Oh, seigneur Rhadamanthe, pourriez vous me passer ma rame sur le rocher."

Le blond se tourna et lui lança le bout de bois.

Charon le remercia, et tapa sur les bernacles avec.

"- Alors, comment vont les affaires ? Il paraît que tu as pu échanger tes pièces contre des plus grosses coupures."

"- Oh ça oui. Puis j'ai eu deux visiteurs pas plus tard qu'aujourd'hui, et hier, j'en ai eu trois."

"- Tu en vois passer plus que ça normalement des morts."

"- Ah non, non. Des vivants."

"- Ah ?"

"- Oui, hier c'était des mortels qui venaient prendre un café, et aujourd'hui, c'était Kanon, qui a demandé à repartir et-."

Rhadamanthe leva le sourcil… Attendez, Kanon était parti, vraiment ?

"- Il est parti ? Définitivement ?"

"- Il a dit qu'il en avait marre. Et qu'il préférerait encore rentrer à Sounion."

Rhadamanthe fit un sourire.

"- Enfin débarrassé…"

"- Et la seconde personne c'était Pharaoh, il paraît que quelqu'un a donné quelque chose à cerbère… Mais il ignore quoi, alors il a été à la surface pour acheter des médicaments chez un vétérinaire. D'ailleurs… J'ai cru vois un drôle d'oiseau jaune passer dans le ciel…"

"- Ah ?! Heu ! C'est normal, pas d'inquiétude, ça n'était rien !"

Paniqua Rhadamanthe en comprenant que c'était lui l'autre jour qui était allé laver son armure.

Il s'empressa de prendre la fuite, et de rentrer chez lui.

Une fois dans sa maison, Rhadamanthe sauta de joie, criant son bonheur d'être enfin débarrassé de Kanon.

Il sifflota chez lui, et alla se faire un bon bain avec une belle couche de mousse, pensant à fermer la fenêtre de la salle de bain. Le temps qu'il coule, il se mit en peignoir et mit en route son four et sa cafetière, afin de pouvoir boire et manger en sortant.

Une quinzaine de minutes plus tard, il revint dans la salle de bain, referma la fenêtre qui avait dû se rouvrir, puis il fit tomber le peignoir à ses chevilles et entra doucement dans son bain.

Il se détendit rapidement, avec son air de vainqueur satisfait… Mais… bientôt remplacé par une mine embêtée.

Maintenant que Kanon était parti, il allait drôlement s'ennuyer… Puis… Pandore avait demandé à ce qu'il veille sur lui, pas à ce qu'il le fasse fuir…

Peut-être qu'il devrait aller le chercher finalement et s'excuser pour le dernier sale coup qu'il lui avait f-

"- AaaaahHHH !?"

Hurla Rhadamanthe en sentant une très vive et aiguë douleur sur la partie de son anatomie qui ne devait surtout jamais être malmenée.

Il se redressa d'un coup ressortant de l'eau avec un crabe accroché à l'entrejambe.

"- Lâche, lâche lâche ! Ahhhhggg !"

Rhadamanthe essaya d'attraper l'animal pour le soulever et qu'il arrête de faire du poids en étant accroché à quelque chose d'aussi sensible.

"- UUrrghhhh !"

Sa main tremblait tandis qu'il tira en arrière avec l'animal dans la main qui finit par lâcher, fort heureusement.

Il lança le crabe à l'autre bout de la pièce et se tint l'entrejambe avec douleur.

"- Bordel de merde… Bordel… Bordel… connard de crabe pinceur de couilles… putain… J'ai mal… Ahhh.."

Il se laissa aller contre un mur, la tête posée contre celui-ci, essayant de ne pas bouger pour que la douleur parte. Rhadamanthe s'approcha à nouveau du bain et écrasa la mousse pour retirer le bouchon. Il resta là à regarder l'eau s'évacuer, regardant aussi le crabe par terre qui parcourait la salle de bain en panique.

Au fond de sa baignoire et du restant de mousse, il vit un autre crabe, plus petit… Et soupira.

Il n'y avait pas cent cinquante raisons à la présence de crabes dans sa baignoire… surtout après qu'il l'ait vu vide. Quelqu'un l'avait trafiquée.

Il se doutait bien de l'identité de cette personne.

Il remit expressément son peignoir, et alla continuer de faire le repas. Pour deux. Il savait qu'il allait rentrer.


Rhadamanthe servit deux assiettes voyant Kanon entrer dans le palais de loin, un grand sourire.

"- Aloooors… Tu as passé une bonne journée tout seul ?"

"- Plutôt bonne oui. Et toi ? Depuis la fuite éperdue que je t'ai vu faire ce matin. Avant que tu partes."

"- Hin hin… Très drôle… Et toi ? Pas trop mal aux jambes ? Ou au pied ?"

Rhadamanthe prit sur lui un instant et répondit avec franchise.

"- Ma couille gauche a survécu. Merci de demander."

Kanon pouffa soudainement, essayant de faire passer son fou rire le plus vite possible. Se tenant les côtes.

"- Ben… Ma blague était encore plus drôle que prévu alors. Et dire que j'ai été jusqu'à Sounion pour récupérer des crabes."

Kanon sourit et s'approcha lorgnant sur les assiettes un instant. Il se lava les mains et se dirigea ensuite vers la salle de bain, cherchant les crabes dans la baignoire.

"- Ils sont où ?"

"- Comment ça ?"

"- Les crabes. Je dois les ramener maintenant."

Rhadamanthe regarda dans la direction de la salle de bain et fit un petit sourire.

"- Je sais pas. Ils doivent être quelque part."

Il déposa les assiettes à table.

"- Je les voient pas, t'as vraiment aucune idée d'où…"

Le gémeau arriva dans la cuisine marquant une pause en voyant les assiettes, et ce qu'elles contenaient. Blanc, d'une consistance étrange…

Soudain, Kanon se précipita sur une des chaises de la cuisine, les doigts serrés sur son dossier.

"- Adélaïde ! Robert !"

Rhadamanthe déposa sa poêle dans l'évier… Kanon leur avait donné des noms… Des noms…

"- J'y crois pas ! Tu as cuisiné Adélaïde et Robert !"

"-... C'était des crabes. Ça se mange. En plus ils étaient frais… Si tu ne voulais pas que je leur fasse du mal, il ne fallait pas les mettre dans mon bain !"

Kanon s'assit sur sa chaise, désemparé.

Le juge prit place en face de lui, commençant à manger.

"- Fais pas cette tête… C'est pas grave… Et ils sont délicieux, tu devrais goûter. Garantie, j'ai pas mit de poison dedans."

Kanon repoussa son assiette, n'arrivant même plus à la regarder, la frange devant les yeux et une larme brillante dévalant sa joue.

Rhadamanthe se sentit mal un instant… Mince, avait-il vraiment tué des êtres que Kanon chérissait ?

"- Tu pleures…?"

Kanon renifla, et s'essuya dans son bras.

"- Non…!"

Rhadamanthe se leva, et fit le tour de la table, accroupi à côté du gémeau.

"- Tu as failli m'avoir."

L'ancien Marina tourna la tête. Le blond insista.

"- Ohhh mais c'est un sourire que je vois sur tes lèvres…"

Il amena une main sur ses flancs, chatouillant doucement alors que Kanon avait un sourire de plus en plus grand, n'arrivant plus vraiment à rester dans son rôle.

Rhadamanthe se mit à rire et Kanon aussi. De bon cœur. Ensuite il retourna s'asseoir alors que Kanon avait déjà planté la fourchette dans son assiette, se fichant pas mal de manger Robert en fin de compte.

Puis quand le gémeau eut fini son assiette, il tira celle de Rhadamanthe à lui et finit la sienne, laissant le blond avec sa fourchette en suspens.

"- J'en reviens pas que tu arrives à pleurer sur commande. Je sais pas comment tu arrives à faire ça."

"- Ah… Ben je repense à des trucs tristes et ça vient tout seul."

"- Quel genre de truc triste ?"

"- Je sais pas, à ma grand mère, ou un bébé chien abandonné, le film là avec les orphelins qui meurent, ou bien à mon frère qui as essayé de me tuer en m'enfermant, ou encore à la faim dans le monde."

Le juge posa sa fourchette sur la table, comprenant rapidement que le plus triste pour Kanon, c'était probablement l'abandon de son frère et sa tentative de meurtre.

Il ne dit rien, et continua la discussion comme si de rien n'était.

Mais soudain, on toqua à la porte.

Rhadamanthe se leva, se demandant qui venait le soir chez lui, et Kanon passa la tête pour voir.

La porte s'ouvrit sur Pandore, qui lui tendit un papier et conclut simplement avec une phrase.

"- Il me semble avoir déjà dit non."

Rhadamanthe repris le papier alors que Pandore tournait les talons.

Il l'observa brièvement, et vit une lettre d'amour, des plus romantiques et assez mal tournée en soit, signée par lui.

"- Qu'est-ce que c'est que ça?"

"- Une lettre d'amour que j'ai écrite pour toi et que j'ai donnée à Pandore." Fit Kanon mort de rire à cause du "avoir déjà dit non" ça voulait dire qu'il y avait eu une autre demande plus tôt.

"- Ça je le vois bien… Mais par Hadès… Ce que tu écris mal.. Et puis… Qui signe une lettre comme il signerait un chèque ?" fit Rhadamanthe en refermant la porte, excessivement calme.

"- Ben, toi, apparemment."

Le blond fit un sourire en coin et plia la lettre pour la mettre dans sa chemise.

"- Je vais me venger, tu le sais ?"

"- Bien sûr. J'ai hâte."

Il fit un sourire.

"- Bon. Et bien je vais aller faire mes explications à Pandore… Je te laisse faire la vaisselle ?"

"- T'as pas peur que je casse tout ?"

"- On a passé un bon repas pour une fois, tu trouves pas ? Si tu as envie que ça recommence et que je cuisine demain. Tu as tout intérêt à les laisser intactes."

Kanon sourit.

"- Je te trouve bien sûr de toi."

"- Peut-être que tu as raison."

Il fit un léger sourire et prit la porte. Pour rattraper Pandore et lui expliquer la farce, lui montrant bien que ça n'était pas son écriture, que c'était sans doute une blague… Et qu'il avait compris au premier" non" il y a longtemps.

Sur le chemin, il vit les ouvriers du chantier faire une pause, il en profita pour demander comment tout cela avançait et vit le scotch. N'ayant pas envie de le voler comme un malpropre, il s'arrêta pour discuter un peu, et écouter les soldats qui se retrouvaient à reconstruire leurs propres baraquements comme de simples ouvriers de chantier.

"- C'est vrai que travailler en musique c'est sympas." dit un des gars

"- Ah ? Tu le faisais pas avant ?" demanda un autre

"- Ah non, j'étais dans la première prison. Le seigneur Rune ne tolérait jamais un seul bruit."

"- Bah, ça va, depuis son accident ça doit être plutôt tranquille."

"- Son accident ?" s'interrogea Rhadamanthe qui n'était pas au courant.

"- Le Seigneur Rune a été victime d'une mauvaise blague. Quelqu'un aurait mit un coussin péteur sur son siège… Le choc quand il s'est assis fut si grand qu'il perdit connaissance… Le Seigneur Minos était tout affolé. Des spectres urgentistes l'ont emmené d'urgence au Palais de Tolomea."

Rhadamanthe leva le sourcil, impressionné… Mais il allait vraiment falloir trouver un moyen de calmer Kanon et ses blagues intempestives…

"- Dites les gars… Y'aurait moyen d'installer des caméras chez moi ?" demanda Rhadamanthe.

"- Hein ? Euh…. Sans doute oui ?"

"- Alors préparez de quoi tout installer demain … Je peux aussi vous prendre un de vos rouleaux de scotch, vu que vous avez fini les installations électriques ?"

"- Oui, sans problème. Mais pas tous, sinon on ne pourra pas installer les caméras."

"- Un seul suffira."

Rhadamanthe prit son rouleau, se releva, et salua les gardes avant de rentrer chez lui.

Il trouva la porte de la salle de bain fermée, la vaisselle était faite, mal certes, mais faite… et au vu du silence, il en déduit que Kanon était dans le bain.

"- Je vais me coucher. Fais gaffe à ton matelas, j'ai pas nettoyé là où t'as dormi."

Informa Rhadamanthe pour ne pas que ça soit un nouvel affront dont il subira les conséquences le lendemain.

"- D'accord, merci de prévenir !"

Fit une voix de l'autre côté.

Le blond était derrière la porte, et pour une fois qu'il avait envie de parler, Kanon n'était pas disponible… Dommage…

"- Bonne nuit hein !"

"- Bonne nuit Radha."

Il soupira, et partit se coucher dans son canapé…

Dommage aussi qu'il n'ai pas pu accéder à Kanon avant d'aller dormir, il se vengerait plus tard.

Mais tout de même. La journée sans lui, ça lui avait… Non pas manqué… Mais… disons… Que ça l'avait embêté qu'il ne soit pas là.

Parce que le fait de l'avoir fait potentiellement fuir l'avait turlupiné.


Lorsqu'il s'éveilla le lendemain matin, il sentit un poid lourd sur sa poitrine, comprenant assez vite que Kanon refusait de dormir dans le lit qu'il avait souillé, et que du coup, il avait finalement accepté de dormir sur le canapé… Manque de bol, le canapé était actuellement occupé par Rhadamanthe, dont la largeur d'épaule était égale à l'assise. De ce fait, Kanon s'était allongé sur lui.

Le juge soupira, et essaya de s'extirper d'en dessous en glissant sur le côté, tout en basculant Kanon sur le dossier, doucement, pour ne pas le réveiller.

Une fois Kanon retombé sur le canapé comme un sac, gémissant dans son sommeil, Rhadamanthe fit un sourire et souleva la couette des jambes de l'endormi.

"- En voilà des jolies jambes poilues."

Il fit un sourire satisfait, et alla chercher le scotch d'hier. Il tira quarante bons centimètres, plusieurs fois, et appliqua les bandes sur les mollets du gémeaux, appuyant bien, recouvrant les cuisses dans un second temps.

Rhadamanthe avait collé un de ses doigts d'ailleurs, et confirmait que sur la peau elle-même, ça faisait déjà mal.

Kanon allait hurler de douleur au moins aussi fort que lui hier avec le crabe.

Il recouvrit sagement Kanon, et le laissa dormir un peu. Il prit sa douche, sécha ses cheveux, retira de l'alcool et de l'huile pour le corps de la salle de bain. Cachant tout dans le même placard que le riz. Il alla ensuite s'habiller et lança la cafetière.

Le bruit de cette dernière eut pour effet de réveiller le jeune gémeau encore endormi, plutôt confortable dans le canapé… Jusqu'à… ce qu'il bouge, et que l'un des reliefs des coussins ne tire un des fameux bouts de scotchs.

"-... Oh non… Rhada… c'est pas drôle…"

Rhadamanthe approcha du canapé, les deux tasses de café dans les mains.

"- Moi je dirais que c'est du même goût que les crabes dans la baignoire… Avec un soupçon de lettre à Pandore."

"-... Ouais, bon, j'avoue. C'est un joli coup."

"- N'est-ce pas ?" il s'assit sur le bord du canapé et lui tendit sa tasse. "- Tiens."

"-...r-çi.."

Kanon plaqua ses mains des deux côtés de la tasse. Profitant de la chaleur au petit matin. Le blond lui, bu doucement la sienne, et observa Kanon un instant.

"- Ah. T'as un épi."

"- Ahhh ? Où ça ?"

Il lui aurait bien répondu : partout.

Mais il se retint et porta une main à son crâne.

"- Juste là… Attends."

Il essaya de lui aplatir, regardant Kanon fermer les yeux dès qu'il appuyait et cela le fit sourire.

"- Voilà. C'est bon." fit Rhadamanthe en soupirant avec douceur, Kanon lui regarda ses jambes, soulevant la couette.

"- Comment je vais enlever ça, moi… Hein ?"

"- En serrant les dents, j'imagine."

"- Pfff…"

"- Et n'oublie pas que seul les vrais hommes affronte la douleur, tu ne vas pas tricher pour les enlever."

"- Je les aime bien moi, mes poils."

"- Bleu comme ça ? Mouais… Bon débarras… Puis tu sais, ça repousse."

Il tapa sur sa cuisse avant de se lever, Kanon grimaça.

"- Bon, je te laisse te réveiller. J'ai du boulot aujourd'hui. Et toi tu dois aller à la première prison, ils ont besoin d'effectif, on se demande pourquoi…"

Il lui glissa un regard complice, puis il alla mettre son surplis. Kanon lui, prit son café et alla s'enfermer dans la salle de bain.

Le juge rit un peu, et lui cria:

"- Bonne chance ! J'y vais ! "

Puis il fit semblant de claquer la porte d'entrée et se rapprocha de la salle de bain. Entendant Kanon essayer de tirer le scotch…

"-... Ah…. AhAhh…. ça fait mal…"

D'abord doucement, puis voyant que ça ne venait à rien, il entendit un soudain bruit de scotch qu'on arrache d'un coup, suivi immédiatement par un hurlement de douleur.

Rhadamanthe sourit, et s'assit dans sa cuisine avec un second café, écoutant le spectacle avec un sourire.

Ça valait bien le crabe d'hier.

Il entendit Kanon jurer et chercher des produits pour décoller le scotch… Mais il finit par faire couler un bain chaud et Rhadamanthe l'écouta couiner tout en tirant des petits bouts, faisant sûrement tremper ses jambes dans l'eau.

Il profita un long moment, et dû, à regret, quitter son palais pour aller faire son travail. Les gars installèrent les caméras dans l'après-midi, avant le retour de Kanon.


En fin de journée, avec un oeil observateur, Rhadamanthe pu voir quelques une des caméras, et sourit. Il doutait que Kanon en détecte une seule. Et tant mieux.

Maintenant, si Kanon préparait un sale coup, il aurait une preuve pour Pandore et pourrait éviter peut-être quelques pièges.

Le soir venu Kanon venait de rentrer et Rhadamanthe partit chercher le nouveau matelas et le ramena avec difficulté dans le palais.

"- Tu voudrais pas m'aider Kanon ?!"

"- Mais je suis occupé !"

"- A quoi ?"

"- A rien faire !"

Rhadamanthe grogna, et ordonna juste après.

"- Viens m'aider tout de suite ! Sinon tu dors pas dessus !"

A ces mots Kanon arriva, regardant le nouveau matelas.

"- Ben alors… C'est trop lourd pour toi, Rhadamanthe de la Wyvern ?"

"- C'est pas lourd : c'est encombrant. C'est pas pareil."

"- Hin hin." fit Kanon peu convaincu en en attrapant un bout.

Ils traversèrent le palais avec, arrivant à la chambre. Et avec un étrangement bon travail d'équipe, ils poussèrent le vieux matelas et installèrent le second.

"- Bon, Kanon. Avant toute chose, on va faire un marché. Pour le bien de mon sommeil et du tiens…"

Il s'approcha du gémeaux et tandis une main vers lui.

"- Plus de blague qui saccage le lit. Et j'accepte que tu dormes dessus… A partir de maintenant, la chambre est une zone neutre."

Kanon lui serra la main.

"- Regarde moi dans les yeux et je veux voir que tu croises pas de l'autre main."

"- Tu sais, c'est toi qui a fait en sorte que l'autre matelas soit pourri."

"- Pour me venger. Donc maintenant. Plus de blagues sur le lit."

"- Bien."

Kanon lui serra la main, agitant la deuxième sur le côté, et planta son regard dans celui de Rhadamanthe.

Un petit instant, et il capta le bleu des yeux de Kanon, leurs couleurs intenses rappelant à la fois la mer et le ciel. Et le visage du gémeaux se détendit un peu en saisissant un éclat doré dans ceux du juge.

Ils lâchèrent leurs mains, et Rhadamanthe repris.

"- Il reste du crabe ?"

"- Non. J'ai fini à midi."

"- Alors je vais cuisiner."

Il se détourna rapidement alors que Kanon appuya son épaule contre l'encadrement de porte, souriant un peu trop.

Rhadamanthe se mit aux fourneaux et observa Kanon.

"- Quoi, pourquoi tu souris ? Y'en reste au frigo ?"

"- Du tout. J'ai juste trouvé ma prochaine blague."

"- Rien qui abîme le lit hein ?"

"- Rien qui abîme le lit rassure toi."

"- J'aimerais bien aussi qu'on mette un drapeau blanc sur tout ce qui concerne l'entre jambes… Au fait, le scotch, ça a été ? "

Kanon s'approcha avec un sourire et retira son pantalon.

"- Hum… J'ai pas mal perdu de mon capital capillaire."

Rhadamanthe regarda les jambes de Kanon, tantôt poilues, tantôt épilées, et ne put s'empêcher de rire.

"- Excuse moi de me moquer… Mais c'est un peu drôle comme état…"

"- T'inquiète, si je voulais pas que tu te marres, je t'aurais pas montré."

"- Tu me fais profiter du résultat. C'est presque gentil. Si ce n'est inquiétant."

Dit le juge avec un air suspicieux, auquel il eut droit à une réponse très honnête.

"- C'était un beau coup."

Conclut Kanon en jetant son pantalon.

Rhadamanthe fit la cuisine, et une fois le repas et toutes les choses du soir faites, il arriva l'heure de tester le nouveau matelas. Allongés tous les deux sur le dos, Rhadamanthe en pyjama, Kanon en boxer. Ils profitèrent en silence jusqu'à ce que le moulin à parole ne reprenne.

"- C'est con que t'habites chez toi, j'aurais bien testé le matelas en conditions extrêmes."

"- On a dit… Rien qui ruine le matelas."

"- T'inquiète, j'aurais nettoyé les draps."

"- Même si t'es autorisé à dormir dessus… C'est mon lit à moi. Tu ramèneras des gens quand tu seras chez toi."

"- Bah, j'ai peut-être pas besoin de ramener des gens forcément."

Rhadamanthe tourna la tête vers lui… Il parlait de le faire tout seul ou bien…
Il devait parler de le faire tout seul, se convaincu le blond.

"- J'ai des toilettes et du papier. Tu es libre d'y emmener la revue que tu as caché au fond de ta valise."
"- Comment tu sais ?"
"- J'ai mes sources."

Il fit un sourire à Kanon et il le lui rendit.

"- Y'as jamais eu de magazine dans ma valise."
"- Je sais. Tu as un téléphone et Pandore a insisté pour avoir le câble et internet. Pas besoin de magazine."

Rhadamanthe soupira, et se tourna pour éteindre la lumière.

"- Sois gentil, joue pas au foot cette nuit."

"- C'est pas mon genre."

"- Bien sûr que si."

Kanon lui fit une grimace et se tourna de son côté pour dormir. Rhadamanthe lui, profita de pouvoir être sur le dos pour le reposer. Enfin à l'aise pour dormir dans sa position de prédilection.


À son réveil, Rhadamanthe sentit un poid sur lui… Lourd, chaud,... Vivant.

Il soupira simplement, gêné par certainement, les cheveux de Kanon, et essaya de le pousser sans force ni conviction avant de laisser retomber ses bras sur le matelas. Abandonnant.

Il laissa s'écouler quelques minutes, et décida de boucher le nez de Kanon un instant pour le réveiller… Ce qui le fit juste ouvrir la bouche pendant son sommeil.

Bon… Il fallait bouger avant qu'il ne lui bave dessus. Aussi, Rhadamanthe redressa une jambe et poussa sur le côté pour le faire tomber sur le matelas. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est qu'il était devenu un nounourse géant pendant la nuit, et en temps que peluche à taille humaine, Kanon l'avait ferré et fut entraîné sur lui dans la chute.

Il se dégagea de ses bras, s'en fichant de le réveiller, et c'est alors qu'il aperçut un grand sourire chez le gémeau.

"- Quoi ?!"

"- Mais rien, j'ai rien dit !"

Rhadamanthe fronça le sourcil et l' autre… passe ses bras autour de son cou. Le blond rougit et se redressa. Il prit la fuite en quittant le lit peu après.

"- Café ?"

"- Avec deux sucres !"

Insista Kanon qui s'étirait en étoile de mer sur le lit, gémissant comme pas possible.

"- Tu tiens trop chaud..!"

"- T'as qu'à pas dormir sur moi."

Rala Rhadamanthe alors qu'il mettait l'eau dans sa cafetière.

Puis, il prit ses vêtements retournant dans sa chambre sous le regard de son invité qui s'enroulait et se prélassait dans ses draps.

"- T'as pas froid en boxer ?"

"- C'est pour ça que je prends des vêtements."

"- Tu veux pas revenir dans le lit ?"

"- T'as chaud ou bien ? C'est quoi ton problème ?"

"- Non. J'ai froid justement."

Rhadamanthe claqua sa commode d'un coup de hanches.

"- Habille toi. T'auras chaud."

Il soupira encore, toujours un peu gêné mais il n'y fit pas attention… Jusqu'à ce qu'il arrive devant le miroir de la salle de bain… Et s'aperçoive qu'il arborait maintenant une belle moustache hitlérienne. Blonde comme ses cheveux.

"- Qu'est-ce que…"

Il s'approcha de la vitre pour mieux voir.

"- Alors ça Kanon, non… C'est vraiment pas drôle…"

"- Nein tu veux dire ?"

"- J'étais anglais, pas allemand."

Il essaya de soulever le postiche, le retirant d'un coup sec, il gémit. Kanon se moquait de lui depuis la pièce d'à côté.

"- Aie !.. "

"- Autsch, tu veux dire ?" exprima le gémeaux avec un accent allemand caricaturale

"- Fiche moi la paix."

Il observa le postiche, ça ressemblait à un bout de scotch poilus en définitive… Il observa la couleur, l'emmenant vers ses cheveux et fit un sourire, jetant le morceau dans la poubelle juste après.

"- En tout cas, bravo pour la couleur. On dirait la même. Ça n'a pas dû être facile à trouver."

Kanon fit un grand sourire et alla se servir son café.

"- Normal, je l'ai fabriqué moi même… Avec un bout de ton sourcil."

"- Attends, quoi ?" demanda Rhadamanthe avec un rictus coincé.

Il se précipita alors devant son miroir, et poussa ses cheveux… Découvrant son visage avec deux sourcils. Bien distincts.

Séparer par la même forme qu'il avait sous le nez juste avant.

"- J'en reviens pas que tu ais osé…"

Fit le blond en vidant sa poubelle, cherchant son bout de sourcil pour le nettoyer et le remettre en place.

"- Disons que c'est ma vengeance pour le scotch sur les jambes. Et t'en fais pas, l'épilation du visage est gratuite."

Rhadamanthe replaça son bout de sourcil à sa place, entre ses deux yeux, et après deux ou trois essais pour bien le coller, il soupira de soulagement.

"- J'arrive pas à savoir si t'es un génie ou juste le dernier des cons."

"- Jdois être à mi chemin entre les deux classement."

Rhadamanthe leva un bout de son sourcil rafistoler.

"- Alors pas de doute après avoir dit ça. Tu t'approches plus des cons."

Kanon ricana, se laissant insulter puisqu'il savait que ça n'était pas sérieux.

"- Et toi, t'es pas aussi coincé que ce que je pensais."

"- J'ai rapidement compris que ça allait pas me mener bien loin avec un énergumène comme toi."

Il ricana à nouveau et Rhadamanthe se servit son café, donnant ses deux sucres à Kanon, n'en mettant qu'un dans sa tasse.

"- Je serais occupé aujourd'hui. On t'as donné du travail à faire ?"

"- Nan. Je vais encore m'ennuyer aujourd'hui."

"- Tu pourrais aider les gars aux chantiers. C'est un peu de ta faute si tout a brûlé ."

"- C'était pour que vous reconstruisez mieux."

"- Tu n'as pas idée du coût des travaux…"

"- Non. Et j'm'en fiche."

"- Ça m'aurait étonné…" fit Rhadamanthe avec ironie.

Il se leva ensuite, s'habilla enfin, et partit rejoindre les gars du chantier brièvement, allant ensuite dans la Guidecca, observer les caméras de sécurité installées chez lui.

"- Vous avez enregistré quand il a confirmé que l'incendie était de sa faute ?"

"- Oui, c'est dans la boîte."

Rhadamanthe hocha la tête, et s'installa sur un fauteuil. Observant Kanon bouger chez lui.

Actuellement, le gémeau était allongé sur le canapé, jouant avec le zip en cuir, s'amusant à voir comme était fait l'intérieur… Il se leva ensuite, toujours en boxer et alla dans une autre pièce. Rhadamanthe mit un instant avant de trouver le bouton pour changer de pièce, il retrouva Kanon dans sa chambre, devant sa commode en train de sortir ses vêtements…

"- Mais qu'est-ce qu'il fait ..?" se demanda le blond en voyant sa chemise à carreaux rouge être éjectée sur le lit.

L'instant d'après, Kanon commençait à essayer ses vêtements, allant jusqu'à la salle de bain avec, s'amusant à froncer les sourcils et à parler.

"- Il… Il est où le son…? Y'as du son ?"

Demanda Rhadamanthe au technicien derrière lui qui brancha rapidement des enceintes.
Rhadamanthe eut maintenant le loisir d'entendre Kanon l'imiter, grognant et parlant dans sa bouche.

"- Je parle pas comme ça… si ?"

Le technicien pencha la main de gauche à droite, laissant entendre que oui, mais pas vraiment non plus. Rhadamanthe soupira et continua de regarder Kanon interagir avec son appartement.

Une petite heure plus tard, Kanon avait mis de la musique sur son téléphone, puis avait complètement retiré les vêtements de Rhadamanthe pour le fourrer dans sa commode en boule. ( Voilà pourquoi il retrouvait parfois ses vêtements dans un sale état… ) Puis en chantant avec sa bouteille d'huile, Kanon passa près du sucre et du sel. Il sortit un bol, transvasant le sucre dedans avant de verser le sel dans le pot de sucre, avant de remettre le sucre à la place du sel. Et de tout ranger, ayant échangé leurs pots.
Rhadamanthe plissa les yeux, pas mécontent d'avoir vu Kanon faire ça.

Il le vit ensuite sortir deux figurines de son sac, jouant avec ce qu'il appela des Myth cloth sur le tapis du salon

""- Ahah ! Rend toi Rhadamanthe ! Je suis seul et sans armure face à toi ! ...Oh… Oh non ! Pitié ne me tue pas ...! Ahhhhh…!""

Imita Kanon en faisant des voix, Rhadamanthe lui, rougit et se tourna vers le technicien.

"- Ca s'est pas passé comme ça !"

Il vit ensuite Kanon prendre les deux poupées et les rejouer.

""- Ahah ! Si tu veux que je t'épargne, il faudra que tu me passes sur le corps ! … Ah! Mais j'ai essayé ! Ça n'as pas marcher, je suis trop faible face à un homme tel que toaaaaaa! … Je n'ai jamais dit qu'il fallait qu'on se battent bouahahah !""

Il bougea la figurine représentant Kanon, faisant comme s'il clignait de l'œil et fit se rencontrer le visage des deux poupées, toujours allongé sur le tapis.

Rhadamanthe rougit, plaquant son visage dans sa main.

"- Ca s'est pas passé comme ça…."

Le technicien posa une main sur son épaule.

"- Il a l'air infernal votre… camarade. J'ai pitié de votre patience."

Rhadamanthe soupira, voyant Kanon se relever sur l'écran et changer de pièce à nouveau, s'amusant à vider le liquide vaisselle dans l'évier.

""- Voilà ! A pu vaisselle pour Kanon !"" s'exclama le gémeau à travers les enceintes.

Il boucha ensuite le fond et fit couler l'eau, s'amusant à faire des bulles avec ses mains.

"- Votre ami, on dirait un peu le chien que j'avais avant."
"- Ah oui ?"
"- Oui, il s'ennuyait en journée, alors il faisait des bêtises pour s'occuper…. Et parfois, il était assez destructeur."
"- Vous avez fait comment pour que ça s'arrête ?"
"- Je l'ai laisser à mon ex femme…" Il tapota l'épaule de Rhadamanthe avec compassion "- Dans votre cas, j'ai aucune idée de comment vous en débarrasser."

Le juge observa l'écran avec un grand intérêt. Se questionnant sur la marche à suivre pendant que Kanon construisait une cabane avec ses chaises et sa couette dans le salon. Il était… fascinant. Il avait un Kanon en cage, qui se comportait comme un enfant hyperactif…. Hyperactif ! C'était ça ! Il n'arrivait pas une seconde à rester immobile ! Le soir, quand il voulait dormir, Kanon ne pouvait pas s'empêcher de se tourner vers lui pour lui parler, SANS CESSE.

Alors pendant les deux heures restantes avant le repas de midi, Rhadamanthe observa Kanon tout en réfléchissant à une technique pour le faire arrêter ses bêtises.
Un chien, on lui met la radio, on lui donne des jouets, il pourrait essayer ça… Un enfant, on le fatigue ou bien, dans de rares cas, on lui donne un médicament.
N'ayant pas de cachet contre l'hyperactivité sous la main, Rhadamanthe décida d'appliquer les autres méthodes, le plus vite possible.

Aussi, il rentra chez lui à midi, et fit semblant d'être étonné en voyant que Kanon avait construit une cabane avec des chaises dans son salon.

"- T'avais pas du boulot ?"

"- J'ai fini plus tôt." allez... Joue le jeu… "- C'est quoi ça ? C'est ma couette ? Tu veux bien la remettre à sa place ?"

Parce que ce soir… Il ne serait peut-être pas en état de la remettre tout seul.

Il avança jusqu'à la cuisine, retroussa ses manches, et sortit un liquide vaisselle neuf de dessous l'évier, frottant ses mains avec sous un grognement lointain de Kanon.

"- Tu veux manger quoi ce midi ?"

"- La viande !"

"- Et bien viande ça seras."

Rhadamanthe remit en marche la cafetière et sortit une poêle pour faire cuire la viande que réclamait Kanon, qui, toujours en boxer, s'assit à table, les coudes dessous et le visage dans les mains.

"- Tu trouves pas qu'on vit bien en colocation tous les deux ?"
"- Tu veux dire, hormis la centaines de compromis que je fais à chaque instant pour pas t'étriper ?"
"- Ouais !"
"- Ça va."

Le spectre s'occupa de la cuisine, servant rapidement les deux assiettes.

"- Cette après-midi, tu vas venir avec moi. J'ai du boulot pour toi."
"- Heiiin ? Mais j'étais bien à rien faire. Tu veux que je fasse quoi en plus ?"
"- Tu vas venir avec moi, Rock a besoin d'aide à la prison."
"- Rock c'est lequel ?"

"- Celui qui surveille la troisième prison."

"- Celle ou y'as des gros cailloux, t'as pas écouter quand je t'ai fais faire la visite ?"
"- Si. Mais j'ai oublié."

Le blond soupira, finissant de manger rapidement. Il alla ensuite se servir son café et sortit le pot de sel sous le regard insistant de Kanon.

"- Mais, tu as pris le sel, attention." fit Kanon, ne comprenant pas son geste.

Rhadamanthe leva les yeux sur lui, essayant de cacher la naissance d'un sourire.

"- Je l'ai toujours pris avec du sel." Dit le juge avec tout son flegme britannique.
"- T'es bizarre." lui répondit le gémeau en gloussant.

Le spectre sourit et alla mettre son surplis.

"- Va t'habiller, on y va tout de suite."

Il traîna Kanon, plutôt réticent au début et le confia à Rock du golem, précisant bien qu'il ne devait pas la laisser Kanon faire autre chose que de ramener certaines pierres au pied de la montagne. Rock acquiesça, et Rhadamanthe put retourner s'occuper de son tribunal.

En fin de journée, il récupéra Kanon, comme s'il l'avait laissé à la garderie de l'épuisement pour la journée. Et il demanda à Kanon de faire la course avec lui jusqu'à Caïna, ce que Kanon refusa… Jusqu'à ce que le juge ne fasse exprès de piquer son orgueil et qu'il veuille lui prouver sa supériorité.
Une fois arrivés, épuisés à deux.

"- Preums ..!"
"- Mais pas du tout, j'ai survolé le parvis avant toi."
"- Non, j'ai touché le mur du Palais avant toi."
"- J'ai dit à Caïna… soit…"

A l'intérieur.
A deux ils essayèrent de passer la porte en premier, se bousculant, se rentrant un bout de surplis là où il ne fallait pas, tout ça pour finir par tomber à deux à l'intérieur, une scène digne d'un cartoon.

Après s'être relevé le juge retira son surplis et soupira, remettant les chaises de la cabane à leur place.

"- Alors, t'es fatigué ?"
"- Oui, je suis mort."
"- Mort de chez mort ?"
"- Ouais… C'est pour ça que jsuis en enfer."

Rhadamanthe rit doucement et prépara le repas du soir. Une salade légère, pour contrebalancer avec la viande à midi. Kanon arriva en fin de préparation.

"- Encore de la salade…! Mais depuis quand les dragons ça mange du vert ?"
"- Depuis que j'ai pas envie de peser deux cent kilos, en plus, ça m'empêche de bien dormir et de manger lourd le soir."
Rhadamanthe en profita, relativement discrètement pour remettre le sel et le sucre à leur place avant de soupirer de contentement. Il servit ensuite un bol de salade à son invité.

"- Mange ça, et on va dormir."

Il baissa la tête, et finit par manger la salade, pendant que Rhadamanthe finissait son bol aussi, avec bien plus d'appétit.

Une fois le repas terminé, le juge se dirigea vers sa salle de bain, pour se brosser les dents… Seulement, au moment d'allumer l'eau, elle lui gicla au visage, et un peu partout dans la pièce, il se dépêcha de couper, et soupira.

"- Je croyais que t'étais trop fatigué pour faire des blagues !"
"- Faut croire que non."
"- Mais qu'est-ce que je dois faire pour t'épuiser ?!"
"- Ça, personne n'a jamais réussi."

Il ricana, et Rhadamanthe revissa la buse du lavabo, pouvant se rincer la bouche correctement.

Il alla ensuite se coucher, se déshabillant, de toute façon, Kanon allait encore dormir sur lui et il aurait trop chaud, même sans pyjama. Alors tant qu'à faire… Autant être à l'aise.

Il se mit au lit, et Kanon arriva après, sautant sur le lit.

"- Hey ! Dis, t'as pas envie qu'on fasse un jeu ?!"
"- Je suis fatigué, laisse moi dormir."
"- Maiiiis Saga aussi il voulait jamais qu'on se lance des oreillers dessus, ou qu'on fasse un jeu de cartes."
"- Surement parce que t'es un tricheur invétéré."
"- Même pas vrai." fit Kanon, s'asseyant en boudant.

Rhadamanthe soupira et s'assit aussi sur le lit.

"- Bon. Juste cinq minutes."

Il saisit un oreiller, et le lança sans motivation sur Kanon… Il répliqua ensuite, bien plus vif que Rhadamanthe et donna un puissant coup de coussin.

"- Hmpf!"

Fit le juge en manquant de tomber sur le lit.

"- Ah d'accord… Tu joues comme ça… Viens par là !"

Le spectre repris un coussin et commença à se battre sérieusement contre Kanon.

"- Ahhh ! Enfin un peu de force ! Mais ça suffira pas ! Je suis trop puissant pour... Ah!"

Kanon avait oublié un détail, Rhadamanthe était physiquement bien plus puissant que lui. Sans cosmos du moins. Et il perdit la bataille d'oreiller assez rapidement.
Le blond coinça Kanon sous un coussin, l'empêchant de bouger.

"- Bon, ça y est ? T'es fatigué ? On peut dormir ?"

Le gémeaux poussa le coussin vers le bas, faisant dépasser sa tête pour faire une tête d'imbécile parmi d'autres.

"- Non. Je veux jouer encore."
"- Tu veux vraiment pas dormir…? Tu la mets où, ton énergie ?"
"- Puis, pourquoi tu veux que je sois fatigué ?"
"- Pour que je puisse dormir, et que tu arrête de faire des pitreries aux enfers."
"- Ah ! Donc les coups des cailloux, c'était pour me fatiguer ?"
"- Oui."
"- Tu sais… Y'as d'autres moyens de dépenser son énergie." Lui répondit Kanon avec un sourire en coin, soudainement plus sérieux.
"- Comme quoi ?"
"- Dans un lit… Hm… Je me demande…?" Fit le gémeau d'un ton sarcastique.
"- Une bataille de polochons !" S'exclama Rhadamanthe, faisant sûrement semblant de ne pas voir l'évidence.
"- T'es vraiment dans la catégorie des imbéciles toi aussi, hein ?" Il gloussa un peu.
"- Sans doute oui."

Ils se firent un sourire complice mutuellement, Rhadamanthe se rassit doucement sur lui, soupirant doucement. Puis, il put apercevoir le sourire de Kanon se faner un peu, apercevant enfin une expression sérieuse sur son visage, un peu comme le jour de leur combat.

"- Attends, reviens. Je crois que tu perds ton sourcil."

Il s'avança un peu, et Kanon leva une main pour appuyer du pouce sur le centre du sourcil, recollant le bout qui voulait tomber.

"- Voi… là !"

Kanon fit un petit rire satisfait, quand à Rhadamanthe, il n'avait pas pu s'empêcher de le regarder. Il ferma les yeux doucement, et embrassa la main de Kanon qui était en train de retomber.

"- Tu vois que tu peux être gentil quand tu veux."
"- Je peux. Je peux même être sage parfois. Ça dépend."
"- Ça dépend de quoi ?"
"- Ça dépend: si on est gentil avec moi."

Rhadamanthe fit un sourire en coin.

"- C'était si simple alors ?"
"- Peut-être pas. Mais ça aide."
"- Tu veux que je sois gentil comment alors ?" Fit Rhadamanthe en rapprochant son visage.
"- Je crois que tu le sais."

Doucement, sans hésitation et avec grande simplicité, il se baissa d'avantage et embrassa Kanon. Avec grand plaisir, il répondit à son baiser, un sourire idiot sur les lèvres, puis, il glissa ses bras autour de sa nuque, et rapidement, il les fit rouler, trop content d'avoir eu ce qu'il voulait.


Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis le départ de Kanon, et on pouvait dire que Saga vivait sa meilleure vie au sanctuaire, plus de problèmes mentaux, plus de Kanon pour mettre de la compote dans ses chaussons. Rien… Tout allait bien.

Aussi il avait des journées fortement intéressantes, manger, s'entraîner, manger à nouveau, retourner s'entraîner, encore, et même un semblant de vie sociale presque sincère ! On applaudit Saga !

Et c'est un nouveau retour de karma que Saga se prit, alors qu'il n'avait rien faire de mal ces temps-ci, alors même qu'il était au temple du sagittaire, essayant maladroitement de faire comme s'il était à l'aise en acceptant un café.
Car, au temple du bélier, un courrier arriva pour lui. N'étant pas au bon temple. Mu le confia à Aldébaran, qui remontait et qui le lui déposerait, malheureusement, la cire qui nouait le parchemin se brisa dans les doigts énormes mais pourtant doux du géant. Il essaya de l'enrouler juste après s'en être aperçu, mais le mot "tuer" attira son attention. Il ne pensait pas à mal en sois, et lu brièvement le parchemin pour se rassurer… ce qui, hélas, ne fonctionna pas.

Inquiet sur la marche à suivre, il alla chercher Shura aux arènes, le seul chevalier ayant un sens de la justice plus aiguisé que le sien. Il lui montra le parchemin, et même le regard d'Aiolia du lion ne semblait pas aussi colérique que l'étincelle qu'il avait donné à son collègue.

Furieux, ils allèrent voir le grand Pope, et lui montrèrent la lettre. Personne ne se fit taper sur les doigts pour avoir été indiscrets sur le courrier des autres… Mais, évidemment, Saga fut convoqué.

C'est donc Camus et Aphrodite qui furent chargés d'escorter Saga au temple du pope.

"- Saga. Le grand Pope veut te voir, il a l'air contrarié, je sais pas trop pourquoi."

Donna Aphrodite accompagné de Camus qui croisait les bras, se demandant pourquoi aussi, mais ça, il ne l'avouerait pas.
Saga se retourna, sans trop comprendre ce qu'il se passait non plus.

"- Oui ? J'arrive… Je dois prendre mon armure ?"
"- Je ne pense pas…"

Aiolos se leva, comptant bien venir aussi. Puis, puisque Shura était parti furax de l'entraînement, on ne tarda pas à voir le blond au temple du sagittaire prendre place avec son frère… Et comme les amis se déplacent rarement en solo, Milo suivit à son tour, retrouvant tous les autres et grimpant au temple du Pope.

Alors que tout le monde prenait place au treizième temple, le Grand Pope s'étonna de voir autant de monde… Il avait réclamé une escorte renforcée… mais là, c'était peut être excessif.
Contre un mur de la pièce, Aldébaran et Shura étaient adossés, bras croisés, yeux fermés, comme de parfaites photocopies à deux échelles différentes.

Saga lui, resta au milieu, s'agenouillant sans trop savoir pourquoi il y avait tant de monde et pourquoi il était le seul convoqué.

"- Saga, nous avons des preuves de ton nouveau complot. Qu'as-tu à dire pour ta défense ?"

Saga arrondit les yeux et releva la tête.

"- Un complot ? Quel complot ?"
"- Tu nies alors que les preuves de ton complice sont dans ma main ?"

Il lui montra le parchemin, que Saga ne reconnut pas.

"- Qu'est-ce que c'est ? Je n'ai aucun complices, votre sainteté."
"- Athéna est très déçue, elle voulait croire à ta rédemption."
"- Mais j'ai rien fait pour une fois ! De quoi m'accuse-t-on exactement ? Quelles sont ces preuves ?"
"- Dois-je t'en faire la lecture ?"
"-... Oui ..!" Fit Saga comme d'une évidence.

Shion s'éclaircit la voix et commença la lecture de la lettre.

"- Salut Saga, ça fait un moment, mais c'est pour te dire que je me plait bien là où je suis, jme suis trouvé quelqu'un, alors tu peux annuler le plan pernicieux, c'est pas la peine de tuer le Pope, j'espère juste que c'est pas trop tard. Sinon, ben félicitation, personne ne te soupçonnerait une seconde fois. Aller, bisous sur ta fesse droite, et essayes de te faire quelqu'un de temps en temps."

Saga avait soupiré en cours de lettre, tandis que Milo avait déjà retroussé ses manches pour certainement péter la gueule à Saga à la sortie… si sortie il y avait.

"- Alors… Ca va paraître étrange…" commença Saga "- Mais promis, je lui avait dit non pour ce plan là."
"- Ce plan là ?"
"- Et tous les autres aussi hein !"

Shion soupira une fois de plus. Ne sachant plus comment prendre Saga et s'il devait le croire ou non.

"- Que quelqu'un fasse venir Kanon. Je veux la vérité."


"- Du coup, tu as des choses à faire aujourd'hui ?" Demanda la wyvern, nu dans son lit de bon matin.

Kanon se retourna, roulant sur lui pour sortir du lit.

"- Ouais, une histoire comme quoi mon frère a voulu tuer le Pope ou je sais pas quoi."

Le juge arrondit les yeux, alors que Kanon se relevait en boitant. Désastres de la veille… et de ce matin… les deux fois… sans doute.

"- Ben dis donc, ton frère ça a pas l'air de quelqu'un de très fiable... "
"- C'est clair, je sais pas où il va chercher toutes ses idées." Fit Kanon… Avec un sérieux déconcertant.
"- Ça va aller ? Tu veux que je t'accompagne à la surface ?"
"- J'suis pas assez fou pour marcher dans mon état pour faire des farces, mais je suis en état d'aller au sanctuaire regarder mon frère se faire jeter en prison."
"- Tu vas pas faire ça quand même ?"
"- Ça serait que justice."
"- Kanoooon…." Grogna Rhadamanthe.
"- C'est bon, t'as gagné, jvais le sortir de là, quitte à me faire taper sur les doigts."
"- C'est mieux."

Kanon se baissa, avec douleur et se rhabilla.

"- Tu es sûr que tu ne veux pas que je vienne ?"
"- Je vois ta sale gueule tous les jours, j'ai pas le droit à une pause ?"

Rhadamanthe grogna encore et s'assit sur le bord du lit, abandonnant.

"- Si. Vas-y, prends ta pause de moi. T-façon jte déteste."
"- Ouais, moi non plus jte déteste." Il se baissa et l'embrassa brièvement, le blond grogna à nouveau. "- Aller j'y vais, à ce soir. Au fait… Y'as un risque que je finisse en prison, si je rentre pas, je veux bien que tu viennes me chercher."
"- Tu me dis ça comme ça ?"
"- Ouais."

Il soupira et hocha la tête, se levant ensuite pour s'habiller, vérifiant que son sourcil repoussait bien sous son postiche.

Une fois Kanon parti. Rhadamanthe commença sa journée, et s'étira une fois sous le faux soleil des enfers.

Il avait empêché un grave danger de s'abattre sur les enfers… Il avait accompli la mission qu'il avait eu en devant s'occuper de Kanon, c'est-à-dire, trouver une façon de l'empêcher de nuire. Même s'il savait que rien n'était jamais gagné d'avance, et qu'il retrouverait bientôt ses chaussons remplis de marmelade… mais ça… Ça n'était pas bien grave, dans le fond.


Joyeux Noël, bonne année, couvrez vous, lavez vous les mains, et je vous fait des bisous à une distantiation sociale correcte !