Musique du jour : "Point de suture" de Mylène Farmer, issu de l'album "Point de suture" (2008).


Chapitre 14 :

Point de suture

Sherlock est confortablement installé dans son lit, les jambes étirées, tandis qu'il lit un nouvel ouvrage sur la science, s'intéressant toujours un peu plus dans ce domaine. Son étagère a d'ailleurs au fil du temps vu ses livres de contes et d'histoires de pirates se faire petit à petit remplacer par ceux en rapport avec la chimie, la nature, la biologie, et toutes sortes de choses liées de près ou de loin à la science. Le garçon reste persuadé que si la police avait accepté son aide, l'affaire se serait plus vite terminée.

Plongé dans ses pensés, Sherlock en oublie presque qu'il sert une fois de plus de modèle à John, ce dernier étant assis un peu plus loin dans la pièce, en train de faire danser dans tous les sens son critérium. Son petit ami ne se lasse guère de le croquer sous tous les angles, entamant déjà son troisième carnet à dessin. Certes, il continue toujours les dessins de fleurs et d'animaux, et même le portrait de certaines personnes à l'orphelinat, comme madame Hudson, Maxine, ou Capucine, mais huit pages sur dix, c'est Sherlock qui figure. Tantôt souriant, tantôt concentré, tantôt plus mélancolique. Le dessin préféré de John est celui où son copain joue du violon, l'ayant reproduit en entier dans son cahier, n'oubliant aucun détail, pas même ceux des vêtements qu'il portait.

Aujourd'hui, c'est un jour sans cours, étant donné que c'est dimanche. Une grande majorité des enfants et des ados passent leur temps à l'extérieur, dans la cour. Mais pour certains, comme Sherlock et John, préfèrent la tranquillité des chambres. En fait, les deux garçons passent tellement de temps dans la chambre du brun que celle du blond ne sert presque à ce dernier qu'à dormir. Quand il dort seul. Car depuis cette nuit où Sherlock s'est confié quant au souvenir de son arrivée, John sent qu'il a bien plus besoin d'une présence et d'aide qu'il ne croit. C'est pourquoi il dort souvent avec lui, quitte à être serrés dans le lit prévu pour une personne. Mais cela ne pose au final pas trop de problème au jeune couple.

Lorsque Sherlock a parlé de ce souvenir, il a beau se rappeler en détail des évènements, il y a une chose qui demeure floue, le visage de son frère. Les seuls traits physiques dont il est persuadé de se souvenir sont ses cheveux roux et sa silhouette, rien de plus. À chaque fois qu'il tente de se remémorer son visage, il en perd la tête, se donnant parfois de sacrés céphalées. Et son côté pessimiste lui murmure d'ailleurs souvent à l'oreille que même s'il se rappelait de son faciès, à quoi ça lui avancerait ? Ce « Mike » doit être loin maintenant, et a vieilli et changé tout comme lui.

Soudain, Sherlock a une idée, sursautant presque dans le lit. Cette réaction est telle que même John le perçoit, posant son crayon pour interroger son ami.

- Ça va ?

- John, je viens de me dire que...que peut-être si je retourne là bas, peut-être que...que je pourrais me rappeler de quelque chose…

- Mais tu as dis toi-même que ça ne sert à rien de te rappeler de ce genre de choses.

- Je sais mais...si je pouvais ne serait-ce que découvrir mon nom.

- D'après tes souvenirs, la maison est loin. Je ne sais pas si on aurait le droit d'aller aussi loin.

- On a qu'à mentir. On prétend faire une ballade à vélo dans tout le village, c'est tout. Ou on peut même sortir en douce.

- On va se faire engueuler si on fait ça. Sans compter la route qui n'est pas dégagée par endroit.

- Je veux prendre ce risque. Et puis je peux très bien y aller seul.

- Non, Sherlock. Si tu y vas, je viens avec toi.

La discussion se conclut par un sourire tendre du brun, rassuré par la loyauté de John. Les deux garçons fomentent alors une sorte de plan, afin de ne pas se faire choper. Ils ont conscience d'enfreindre les règles, mais ça n'est au final pas ça qui vont les arrêter.



- J'espère que ça va marcher, j'espère que ça va marcher, répète en boucle Sherlock, tandis que lui et John sortent discrètement par le portail de derrière.

Il faut dire que le jardinier remplaçant est assez étourdi. Dans leur plan, le trajet en vélo est trop lent et fatigant. À l'heure où ils partent, ils rentreraient trop tard pour ne pas paraître suspect. En attendant, les garçons ont laissés un panneau à la porte pour faire mine de ne pas être dérangé, c'est-à-dire écrire « Études en cours, ne pas déranger ». Cela reste crédible, étant donné le sérieux des deux ados à l'école. Lorsqu'ils sortent de l'orphelinat avec un petit scooter, le cœur de Sherlock bat de plus en plus la chamade, à la fois impatient et inquiet. Le petit véhicule motorisé appartient à Maxine, cette dernière laissant toujours son sac dans le vestiaire. Naïve comme elle est, elle ne ferme jamais son casier, n'imaginant personne lui chiper quoique ce soit. Le seul bémol, c'est qu'elle n'a évidemment qu'un casque. Casque que John a tout de suite donné à Sherlock. Ce dernier allait protesté, mais en voyant le regard sérieux de son ami, il n'a guère cherché à le contredire. Les deux compères s'installent finalement sur le scooter, John étant à l'aise à l'utiliser, ayant déjà fait quelques courtes virées dans le village avec Maxine. Il s'entend à merveille avec la jeune femme.

- Tu es sûr ? demande John une dernière fois.

- Certain, répond Sherlock.

À une cinquantaine de mètres de l'orphelinat, le démarrage d'un scooter n'interroge personne, et les deux fugueurs filent ainsi en douce sans éveiller le moindre soupçon. Les garçons demeurent calmes durant tout le trajet, John conduisant très bien le deux-roues malgré son jeune âge. Sherlock, étroitement installé, s'accroche à lui, ses bras entourant tendrement son ventre tandis qu'il repose sa tête dans son dos, observant le paysage défiler. Prés et champs se succèdent tout le long du trajet, tandis que la forêt se rapproche. En apercevant les arbres au loin, Sherlock déglutit, commençant à avoir de nouveau de mauvais souvenirs faisant surface.

Finalement, après un long moment, la route devient plus étroite et caillouteuse, John ralentit l'allure. Au bout de quelques minutes, le chemin devient trop petit pour être emprunté en scooter, du moins pour ceux ne conduisant pas quotidiennement. Le couple descend au milieu des arbres et des sons environnants typiques d'une forêt éloignée de tout village. Sherlock enlève son casque et écoute les oiseaux gazouiller, le vent souffler dans les arbres, et les feuilles s'agiter, tandis que John s'occupe de mettre l'antivol autour de la roue du véhicule. Lorsqu'il se relève, il fait face à un Sherlock qu'il ne voit que trop rarement. Celui rêveur et innocent, nullement perturbé par ses pensés ou ses souvenirs. Il le regarde quelques secondes fermer les yeux et savourer les sons de la forêt. S'il pouvait, il le dessinerait. Finalement, il le sort délicatement de sa transe en lui prenant la main.

Sherlock papillonne des yeux, comme s'il se réveillait, et entoure les doigts de John, un peu plus rassuré de minutes en minutes grâce à la présence de ce dernier.

- Tu sais où se trouve la maison ? demande John.

Le brun ferme à nouveau les yeux, se servant de son palais mental. Il a beau être encore petit, il a déjà cartographié divers lieux, dont cette forêt, du moins avec ses connaissances. Il n'avait que trois ans, et même s'il se rappelle qu'il jouait beaucoup dans cette forêt en compagnie de sa famille, les chemins restent assez limités dans sa mémoire. Mais en regardant autour de lui, Sherlock commence à reconnaître au bout de quelques minutes.

- Je crois que c'est par là.

Puis les deux compères prennent une direction, sans que John n'hésite, croyant entièrement aux intuitions de Sherlock. Si le brun observe sans arrêt tout ce qu'il entoure afin d'essayer de raviver ses souvenirs de très jeune enfant, John se laisse plus perdre dans la contemplation. Malgré les sorties régulières que proposent l'orphelinat, que ce soit dans des zoos, des musées, des fermes, ou tout simplement le village, le garçon n'a jamais été réellement marqué par aucune de ces promenades, ces dernières étant toujours perturbées par les règles énoncées par les responsables, mais aussi par l'énergie débordante des enfants. Mais là, à cet instant, à être juste tous les deux dans cette forêt calme et réconfortante, John se sent plus que léger, espérant que c'est aussi le cas pour Sherlock. Il arrête ce dernier, serrant un peu plus sa main.

Le brun se retourne, se posant pendant quelques secondes pleins de questions. Mais en voyant les yeux bleus encrés dans une profonde expression de sérénité, il oublie tout ce qu'il vient de penser à l'instant, oubliant presque pourquoi ils sont ici.

- J'ai l'impression qu'on est seuls au monde, murmure John.

- Moi aussi, répond Sherlock sur le même ton.

Et au milieu de la forêt, d'un nombre incalculable d'arbres, les deux garçons s'embrassent avec une telle douceur que même le vent s'interrompt.



Les branchages craquent à différentes fréquences, tandis que les pas parfois hésitants des deux garçons enjambent des arbres çà et là échoués ou des fossés plus ou moins grands. Ils ne sa lâchent guère la main durant tout le long de cette randonné improvisée.

- Tu es sûr que la maison est par là ?

John ne peut plus contenir ses inquiétudes, cela fait bientôt une heure qu'ils marchent. Il ne peut s'empêcher de compter dans sa tête quant à l'heure où ils risquent d'arriver à l'orphelinat. Le temps d'arriver à la maison, de l'explorer, de retourner au scooter, de rentrer… Bon sang, ils vont se prendre le savon du siècle. John regarde sa montre pour la cinquième fois en dix minutes, le cadran indiquant 14:34.

- Je suis désolé, fais moi confiance.

Le blond ne dit rien, mais hoche légèrement la tête en guise de réponse, bien que son petit ami ne le voit pas. Finalement, après un autre quart d'heure, ils arrivent enfin à bout, et Sherlock ne se retient guère de courir, lâchant la main de John. Il arrive à toute allure devant une grande maison de pierre, entourée d'un grand jardin. Mais n'importe qui pourrait directement dire que la demeure est abandonnée depuis longtemps, au vu des herbes hautes dudit jardin, ainsi que de la bâtisse qui est trouée à de nombreux endroits. Les petits murets qui entourent le jardin sont recouverts çà et là de mousse et de ronces. Sherlock reste ainsi planté deux minutes. Il se doutait qu'il n'y aurait personne, ou à la limite d'autres habitants. Mais voir cette maison en ruines brise une partie de son cœur. En voyant ça, il a brièvement l'impression que ses souvenirs ne sont qu'imagination, et qu'il a toujours vécu aux Hêtres Dorés. Il ne sent pas sa main trembler, jusqu'à ce qu'elle retrouve sa consœur, chaude, douce et délicate.

- J'imagine que c'est cette maison, dit John plus sur le ton de la constatation que de l'interrogation.

- Ouais… Il n'en reste pas grand-chose…

Sherlock avance dans le jardin, suivi de près par John. Il est étonné de voir des pierres tombales. Dans ses souvenirs, la maison et son terrain de jeu n'étaient pas aussi...austères. Le brun s'agenouille devant l'une d'elle. Il y a un prénom, une date de naissance et de décès, mais pas de nom de famille, du moins, il est effacé. Nemo. Sherlock effleure la gravure, le prénom ne lui rappelant rien. Et quand il va pour regarder les autres pierres, lui et John remarquent tout de suite le point commun de chacune d'elles. Tous les noms sont enlevés volontairement, des traces nettes faites sans doute à l'aide d'un burin ou quelque chose comme ça.

- Pourquoi les noms sont enlevés ? questionne John en chuchotant, de peur de brusquer Sherlock.

- Je ne sais pas.

Sherlock se lève et se dirige vers la maison. L'intérieur est aussi déplorable que l'extérieur, les murs étant troués çà et là à cause du temps, de même que les tapisseries qui demeurent sont décolorées et rongées par l'humidité. Il reste quelques meubles, mais sont sans surprise dans un sale état aussi. Les garçons explorent les pièces, sans rien trouver d'intéressant. Au fil de leur « visite », Sherlock tente de se rappeler d'un rêve qu'il a fait plus petit, où il s'était retrouvé dans une maison semblable. Sauf qu'ici, à cet instant, il n'y a pas un seul cadre ou bibelot qui traîne. Juste des meubles vides et la végétation qui s'est appropriée la demeure.

- Ça te rappelle des choses ?

La voix de John lui semble lointaine.

- Rien de particulier. Je sais depuis quelques mois à quoi ressemblait mon ancien chez moi. Mais ce n'est pas ça que je cherche. Je m'en fiche de ça.

- Dans ce cas, j'ai bien peur qu'on ne trouve rien, on dirait que la moindre babiole a été emmenée.

- Non...attends, je suis sûr qu'on peut trouver quelque chose.

Sherlock ouvre brutalement les tiroirs de la cuisine, les renversant à chaque fois, puisqu'il n'y trouve rien. Les placards sont aussi vide. Il court en direction du salon, ne faisant guère attention aux tentatives veines de John de le rassurer, et surtout de le raisonner. Le salon est pire, se contentant d'un canapé défoncé et d'une petite commode. Sherlock commence à piétiner, de plus en plus frustré de ne rien trouver. Voyant l'escalier dans un triste état, il n'hésite pas, et monte les marches quatre à quatre. Sherlock ! Attends-moi ! Entend t-il au loin. Le couloir est vide, pas de cadre. La première chambre est vide, à l'exception d'un sommier posé contre un mur, et les traces à peine visibles des contours de cadres sur la tapisserie. Au moment où Sherlock file vers la salle de bains, il se heurte à John, se faisant mal mutuellement. Son ami le stoppe, tenant fermement ses épaules.

- Sherlock, je t'en prie, calme-toi.

Le brun hoche la tête, essayant de respirer, mais lorsqu'il reprend son exploration, il est à nouveau agité comme une puce. Dans la salle de bains, le miroir est fissuré, de même pour le lavabo, et la baignoire est encrassée. Sauf qu'au fond de cette baignoire, il y a un jouet, un petit bateau coloré, bien que terni. Sherlock le récupère, le regardant avec un air presque désespéré, avant de le laisser tomber dans la baignoire, ignorant le bruit que cela produit. La deuxième chambre ne donne rien non plus, l'armoire y restant étant vide. Puis la dernière pièce, qui est la troisième chambre est aussi vide. Quand Sherlock le réalise, il frappe du poing le mur à côté de lui, créant une crevasse tant le plâtre est abîmé. John le regarde d'un air désolé. Le sentiment d'avoir fait tout ce chemin pour rien doit être au moins au centuple pour son ami.

- Pourquoi je ne me souviens de rien ? Je n'ai pas de...de...nom, pas de souvenir de ma famille, juste leurs voix et...et leurs che...cheveux.. ! Pourquoi mon frère m'a fait ça ?! Ce...Mike... Pourquoi il m'a aban...abandonné ?! Le salaud ! Ça fait plusieurs années que je reçois de l'argent ! Il ne tombe pas du ciel ! C'est lui qui me le donne pour me narguer ?! Pourquoi il ne vient pas me chercher ?! Ou...ou peut-être que c'est...que c'est...

Sherlock sursaute et cesse de hurler quand il sent des bras l'entourer dans une puissante étreinte. John…

- Tu n'es pas obligé de te rappeler du passé, dit son ami d'une voix tremblante, au bord des larmes. Tu peux te concentrer sur le présent, et même l'avenir. Avec moi, ou même quelqu'un d'autre, je m'en fiche. Mais s'il te plaît, je ne veux plus que tu souffres. Arrête de te faire du mal pour...pour ça ! Ça n'en vaut plus la peine !

Sherlock serre à son tour le corps tremblant de John, et enfouit sans s'en rendre compte son visage dans la chevelure rêche de son petit ami. Il ne sait même pas pourquoi il pleure, mais il sait une chose.

- John, si je dois construite de nouveaux souvenirs, est-ce que je peux le faire avec toi ?

- Oui, répond son ami d'une toute petite voix.



Si le trajet du retour se fait sans accroc, l'arrivée à l'orphelinat est bien plus électrique. Comme John le craignait, lui et Sherlock se font sévèrement gronder, à juste titre. La directrice s'exclame d'une voix dissonante d'à quel point tous les membres du personnel se sont fait un sang d'encre en cherchant partout dans le village. Dès le lendemain, Maxine suit la consigne de sa supérieure et met un gros cadenas sur son casier. Elle-même n'en revient pas de l'étrange escapade des deux garçons.

Plus tard, Sherlock se retrouve en tête à tête avec Madame Hudson dans son bureau, pour expliquer la raison de leur sortie. Après quoi, la dame ne peut empêcher un triste soupir de s'échapper de ses lèvres.

- Sherlock, je comprends totalement ce que tu cherches. Mais tu ne crois pas quand même pas que je ne fais rien de mon côté ?

- Pour être honnête, je ne sais pas, répond le garçon le ton bas.

- Tu te souviens de la lettre que tu m'as donné en...arrivant ici ?

- Oui.

- Regarde.

La dame lui tend ladite lettre, le papier désormais jauni et légèrement froissé. Sherlock ne peut que constater qu'il n'y a effectivement que la phrase "Prenez soin de mon frère SVP", écrite de manière impersonnelle.

- Je te prie de me croire, Sherlock, quand je te dis que j'ai essayé de retrouver ton frère. Mais tu étais si jeune à l'époque, et en grandissant, tu étais persuadé que ce n'était que des rêves. Je ne pouvais pas te brusquer, tu comprends ?

Sherlock hoche la tête. Est-ce que William est au courant de tout ça ? Il pourrait lui en parler... Le garçon pense alors à autre chose.

- L'argent que je reçois, de qui vient-il ?

- Je ne sais pas. C'est à chaque fois avec un nom différent, un sceau de poste différent, et une écriture différente. Chaque fois que nous recevons une lettre, il y a de l'argent liquide, et un bref mot "Pour Sherlock".

- Mais pourquoi...il fait...ça..?

Sherlock sent soudainement un douloureux bourdonnement dans son crâne, tandis que sa vue s'obstrue. Son coeur tambourine dans sa poitrine. Et figé sur sa chaise, Sherlock ne peut que vaguement entendre la voix de Hudson, comme s'il était sous l'eau, à des mètres de la surface. Sherlock ? Sherlock ! Tu m'entends ? Sherlock ! Sherlock, écoute-moi ! Oh non... Il me faut de l'aide ! S'il vous plaît !

Et plus rien, plus de voix, juste le noir complet et la sensation de se mouvoir sur place. Il a mal, tellement mal, il veut dormir. Au moins quand il dort, il ne pense pas. C'est faux ! Quand il dort, ce sont ses rêves qui prennent le relais ! Pourquoi son cerveau ne peut pas le laisser tranquille ? Pourquoi ?!

- Sherlock ? Tu m'entends ?

Le garçon rouvre brusquement les yeux. Il cligne plusieurs fois des paupières pour comprendre où il se trouve. Il est dans le bureau de la directrice, recroquevillé sur un fauteuil, les bras repliés autour de lui. Il y a près de la porte Madame Hudson qui semble rongée d'inquiétude, et William, agenouillé juste à côté de lui, une expression rassurante sur le visage, ces mains entourant délicatement les siennes, tentant de le calmer.

- Tu es en sécurité, d'accord ? Respire profondément comme moi.

Par automatisme, Sherlock imite le psychologue qui inspire et expire lentement. Au bout d'un moment, le garçon se détend petit à petit, ses bras se dépliant d'eux-mêmes. Après quoi, Sherlock se lève, écoutant d'une oreille plus ou moins attentive la voix de William. La seule chose qu'il entend distinctement, c'est Je le raccompagne dans sa chambre.

Puis il entend une autre voix, c'est celle de...de qui ? Mince, il faut vraiment qu'il dorme où il va devenir fou.


À suivre...

Merci aux personnes qui commentent :)