Musique du jour : "Travel is dangerous" de Mogwai, issu de l'album "Mr. Beast" (2006).

AVERTISSEMENT : Je rappelle que cette histoire a pour rating M, destinée donc à un public averti. Ce chapitre contient une scène suceptible de choquer.


Chapitre 19 :

Travel is dangerous

À l'heure du dîner, une fois de plus, Sherlock mange dans son coin, dans un grand silence, entendant sans écouter les discussions qui l'entourent. Le garçon avec qui il a parlé tout à l'heure, Victor, est à la table derrière lui, échangeant avec entrain avec deux filles, leurs paroles se perdant régulièrement dans des rires plus ou moins prononcés, et surtout plus ou moins reprit par la surveillante qui leur demande de parler moins fort.

En entendant Victor bougonner suite à cette petite remontrance, Sherlock ne peut s'empêcher de sourire le temps d'une seconde. Il n'a pas discuté longtemps avec le rouquin, mais de ce qu'il en a vu, Victor est très bavard, et surtout grande gueule, n'hésitant pas à exprimer à voix haute tout ce qu'il pense, et peu importe de quoi il s'agit.



Assis au pied du chêne, les garçons échangent quelques petites phrases vagues et sans trop de personnalité, plus par politesse et pour éviter un silence qui semble déranger Victor, contrairement à Sherlock. Ainsi, entre deux avis sur les cours, l'orphelinat, tel ou tel membre du personnel, le fait d'avoir le même âge – 13 ans - , ou encore les chambres, Victor pose une question assez étrange aux oreilles de Sherlock.

- Comment tu me trouves ?

Le brun se demande d'abord quel est le sens de cette question. S'il devait être franc, il répondrait qu'il n'est ni bête ni intelligent, juste classique. Peut-être plus social que la moyenne, mais pas de caractéristique particulière. Mais quand Victor ajoute une sorte d'indice, Sherlock comprend tout de suite.

- Moi, en tout cas, je te trouve charmant. Tu ressembles à des mannequins dans les magazines de mode que je lis.

- Ah, si tu le dis, répond le brun d'un ton presque monotone.

Qu'est-ce qu'il veut dire par charmant ? Quand John lui faisait des compliments, c'était presque toujours à propos de ses talents, que ce soit pour le violon, les sciences ou les déductions. Ou sinon, il lui disait qu'il était gentil et beau, notamment quand il le dessinait. Mais « charmant », il n'a jamais employé ce mot. Alors que veut dire Victor avec ce terme ? Il ne comprend pas, et il déteste toujours autant ne pas comprendre.

- Tu ne veux pas répondre à ma question ?

Le ton employé par Victor est calme, presque inquiet, comme s'il craint d'avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Alors pour ne pas faire impatienter son interlocuteur, Sherlock dit la première chose qui lui vient à l'esprit.

- Tu es beau.

Merde. Il faut que ce soit ça ! Sherlock se retient de hocher la tête, tout en se tournant vers Victor, qui vient de prendre une profonde teinte écarlate sur ses joues parsemées de tâches de rousseur. Et Sherlock se dit que, finalement, il ne s'est pas trompé. Victor est beau. Son physique lui rappelle celui de Capucine, et il se souvient très bien qu'il trouvait la jeune fille magnifique. Car trouver une personne belle ne veut pas dire qu'on l'aime, si ? Ou on ne peut penser ça que de quelqu'un pour qui on a des sentiments ? Ce que c'est confus.

- Euh...M...merci, répond Victor en bégayant, mais souriant tout de même. C'est...la première fois qu'on me dit ça.

- On ne m'avait jamais dit que j'étais charmant, dit Sherlock, toujours d'un ton neutre.

Encore une fois, sans que le brun ne comprenne, son interlocuteur rougit davantage (c'est possible ?), avant de se lever et de filer en bafouillant un salut. Sherlock hausse les sourcils, se demandant qu'est-ce qui peut bien prendre à ce type.



Comme chaque soir, Sherlock termine son repas parmi les premiers, et rejoint ainsi au plus tôt sa chambre, ayant hâte de retrouver son cocon rien qu'à lui. Une fois dans sa chambre, il observe ce qui l'entoure, et plus particulièrement le mur à côté de son lit. Sherlock y a punaisé certains dessins de John, que ce soit des croquis de fleurs, de paysages, ou d'animaux. Il n'a gardé qu'un seul portait de lui, n'aimant pas en général se voir en photo ou en dessin. Mais celui-ci, placé entre un dessin de jonquille et celui d'un essaim d'abeilles, a quelque chose de différent de tous les autres portraits que John a pu faire de Sherlock. Il représente un Sherlock au visage radieux, avec un sourire extatique. Le brun se souvient très bien de quand son ami lui a donné. C'était pendant une nuit entre le 31 décembre et le premier janvier.

J'ai rêvé de ce visage, et je voulais que tu saches comment je rêve de toi, a dit John en offrant le dessin, avant d'embrasser le modèle.

Il y a un message que John a ajouté depuis sur la feuille, « Que cette expression soit le plus souvent possible réelle. » accompagnée de la signature du blond. En relisant le message, Sherlock sourit légèrement. Il pose avec délicatesse ses doigts sur la feuille, presque d'un geste religieux. Au fond de lui, son cœur se sert.

Toc toc toc.

Sherlock sursaute en entendant ce son qui vient briser le doux silence de sa chambre, tout de suite suivi par l'entrée de Simon, étant veilleur pour ce soir. Même si l'ado n'a pas d'opinion quant à cet homme, il doit bien admettre que l'idée de Simon qu'est de proposer de la tisane aux pensionnaires plus stressés ou nerveux pour les aider à dormir est superbe. Sherlock se dit que madame Hudson devrait l'appliquer à toutes les personnes travaillant la nuit. À condition qu'elles préparent aussi bien l'infusion que Simon. Le garçon la trouve aussi bonne que le thé noir qu'il prend le matin au petit déjeuner depuis plusieurs mois.

- Bonsoir, Sherlock, je t'apporte ta tisane.

La voix de Simon est douce, accompagnée d'un sourire délicat, mais Sherlock n'y prête pas vraiment attention, récupérant la tasse pour commencer à souffler sur la boisson chaude. Ce à quoi il ne fait pas attention non plus, c'est le fait que le veilleur reste là, dans la chambre, sans un bruit. D'habitude, il donne l'infusion et s'en va aussitôt. C'est après avoir bu une gorgée que Sherlock se rend compte que Simon est toujours là. Il lève la tête pour le regarder, peut-être qu'il a oublié de dire merci et qu'il attend. C'est vrai qu'il a tendance à ne pas y penser, trop absorber par le goût incroyable de la boisson. Mais en voyant l'expression du veilleur, il n'en est rien. Simon continue de sourire, d'un air songeur, ne lâchant pas du regard Sherlock.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demande le garçon d'un ton incertain.

Il frémit quand une grande main chaude vient se poser dans son cou. Il ne faut pas qu'il fasse de geste brusque, ou il risque de se brûler et de faire tomber la tasse. Sherlock continue tout de même de trembler malgré la chaleur de la tisane. Il tremble encore plus quand des doigts viennent jouer avec les boucles de cheveux dans sa nuque. Le silence de la chambre fait qu'il entend la lourde respiration de Simon. Pour...Pourquoi s'approche t-il ?

- Depuis combien de temps vis-tu ici, Sherlock ? demande Simon du même ton que tout à l'heure, mais qui n'a plus la même sonorité aux oreilles du brun.

- Di...dix ans, répond t-il tout de même, serrant de toutes ses forces la tasse pour ne pas la faire tomber.

- Dix ans ? Comment se fait-il que personne n'ait adopté un si joli garçon comme toi ?

Sherlock ferme les yeux et se pince les lèvres en sentant la main glisser de sa nuque à sa gorge, puis à sa clavicule. Pourquoi il n'arrive plus à bouger ou à parler ? D'habitude, il sait se défendre, et...et à argumenter contre les moindres critiques. Et puis pourquoi a t-il envie de vomir ? Depuis quand la tisane est aussi infecte ? Sherlock laisse passer entre ses lèvres un son plaintif quand la deuxième main de Simon vient se poser à son tour sur sa clavicule. Le garçon s'en veut d'être incapable de faire quoique ce soit, excepté de regarder les doigts de l'homme commencer à déboutonner sa chemise. Sherlock sent des larmes monter aux yeux. Quand John faisait ça, il y avait une douce chaleur qui se répandait dans tout son corps. Là, à cet instant, le froid paralyse sa colonne vertébrale. Réalisant qu'il ne peut véritablement bouger que ses yeux, Sherlock regarde la porte manifestement fermée à clé. Pourquoi il ne l'a pas entendu être fermée ?

Ah !

Le garçon manque de faire tomber la tasse, tandis que les doigts de Simon effleurent ses mamelons. Sherlock se sent nauséeux. Et la voix du veilleur ne l'aide pas.

- Ne lâche pas la tasse, je ne voudrais surtout pas que tu te blesses, d'accord ?

Les mains continuent de caresser le torse, et Sherlock essaye de penser à toutes sortes de choses pour ne pas pleurer ou vomir. Les cours, le violon, le chêne, le walkman, Strauss, Bach, Beethoven, les dessins de John, les escargots que les enfants de maternelle adorent observer, les…

Ah ! Non !

Sherlock est persuadé de crier, mais sa voix est absente, prisonnière dans sa gorge, au même moment où Simon défait la ceinture de son pantalon. Une de ses mains commence à lentement glisser dans son caleçon.

- N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal.

Cette fois, les larmes menacent de plus en plus de couler, et Sherlock respire de manière saccadée devant Simon qui ne cesse de sourire. Il frissonne lorsque son pantalon glisse jusqu'à ses chevilles, tandis que Simon descend le caleçon à mi cuisses. Son souffle se bloque quand la lourde main du veilleur s'enroule autour de son sexe. La bile monte dans la gorge du garçon, ses paupières closes, ses dents serrées au point de grincer. Sherlock sait qu'il doit bouger, crier, faire quelque chose, mais son corps est totalement paralyser. Pourquoi ce stupide corps fait ça ? Il veut s'enfuir, mais il n'y arrive pas. Sherlock ne peut que trembler et sentir la main de Simon bouger lentement, tandis que l'autre main se ballade dans son dos, sous la chemise flottante sur ses frêles épaules. Le garçon entend le veilleur pousser un soupir satisfait, tout en se mordillant la lèvre. C'est alors qu'il se penche vers lui, sa bouche juste à côté de son oreille.

- Tu es un garçon merveilleux et magnifique.

Pour appuyer ses dires, sa main glisse de son dos à ses fesses, un des doigts effleurant son trou. Sherlock sent son cœur rater un battement, et parvient à faire un mouvement. Le garçon jette le reste de tisane brûlante à la figure de Simon, et s'enfuit, bataillant d'abord avec ses vêtements pour les remettre vaguement en place, puis avec la clé de la porte. En courant dans le couloir, il entend le veilleur grogner de douleur, tout en proférant des jurons abominables. Sherlock a juste le temps de refermer son pantalon en arrivant au rez-de-chaussée, où demeurent une femme de ménage sortant du réfectoire, ainsi que la surveillante et son ami Matthew. Pour la première fois de sa vie, Sherlock hurle des mots qu'il n'aurait jamais pensé dire un jour.

- S'il vous plaît ! Aidez-moi !

Matthew se retourne, alerté par la voix presque suppliante. Quand il voix le garçon arriver en courant, le visage strié de larmes et la chemise ouverte, son sang se glace.

- Sherlock ?! Qu'est-ce qui t'arrive ?

L'animateur s'agenouille, prenant délicatement les épaules tremblantes de l'ado. Ce dernier parle d'une voix plus aiguë que d'habitude, provoquée par le choc.

- C'est...C'est Si...Sim...Simon.

Même l'intense bourdonnement dans sa tête ne parvient pas à couvrir la phrase marmonnée et pleine de colère de Matthew. Oh putain, ce connard va déguster. Sherlock ne se souvient plus de rien ensuite.



Une semaine est passée, sans que le garçon ne s'en rende compte. Il prend toujours du thé noir au petit déjeuner, mais il déteste désormais la tisane, sous toutes ses formes. Sherlock commence à se remettre des évènements, mais ne se souvient concrètement que de vagues entretiens avec la police et Matthew, ce dernier parlant pour le garçon, ainsi qu'une crise de larmes de la part de madame Hudson, s'en voulant profondément d'avoir engagé un type pareil. Matthew a fait de son mieux pour la rassurer, expliquant que la plupart des criminels cachent très bien leur jeu, et que personne n'a pu le voir venir. La directrice s'est excusée une fois de plus, sanglotant en serrant fort Sherlock dans ses bras, s'excusant en boucle.

Sherlock pense à cela tout en observant le soleil par la fenêtre, tandis que le réveil indique dix heures et demie. Il est dispensé de cours pour le moment, le personnel lui ayant dit de reprendre l'école dès qu'il se sentira mieux. Pour le moment, Sherlock choisit de rester dans sa chambre, tout le temps. Les repas lui sont apportés sur un joli plateau, régulièrement accompagné de mots de soutien anonymes. Bien entendu, les pensionnaires n'ont pas étés mis au courant de la véritable histoire, le personnel ayant expliqué à la place que Sherlock est malade et très fatigué. Le dernier mot en date est un Rétablie-toi vite ! dans un cœur rose bonbon, ainsi qu'un bonhomme bâton souriant. Sherlock garde chacun de ses mots, les mettant dans un tiroir de son bureau.

Toc toc toc.

Sherlock frémit en entendant ce son. Mais il laisse tout de même la personne venir d'un petit « Entrez ». C'est Maxine. Cette dernière est souriante, le regard pétillant. Elle tient une enveloppe.

- Il y a un pigeon voyageur qui m'a apporté ça à l'instant, c'est pour toi !

Sherlock récupère l'enveloppe, remerciant la fille d'un maigre sourire. Tandis que Maxine s'en va, le garçon est reconnaissante envers elle. La plupart des personnes qui viennent le voir aborde une expression désolée, presque de pitié pour certaines. Mais Maxine, elle, choisit de faire semblant d'être joyeuse, essayant de redonner le sourire au garçon, via des petites blagues. L'intention est bonne, et Sherlock la remercie intérieurement pour ça. Mais le faire extérieurement est compliqué. Il arrive à peine à parler, et ne bouge que très peu dans sa chambre.

Sherlock regarde l'adresse de l'expéditeur de l'enveloppe, et son cœur se met à battre la chamade pour la première fois depuis longtemps. Le courrier provient de Liverpool. Ni une ni deux, il ouvre l'enveloppe, et sort la lettre pliée en trois. Sherlock sourit franchement en reconnaissant l'écriture de John dès les premiers mots.

« Mon cher Sherlock,

J'espère que tu recevras le plus tôt possible cette lettre. Apparemment, les services postaux de la ville sont en grève, c'est bien le moment ! En tout cas, je tiens à te dire que l'emménagement se passe très bien ! James et Lisbeth m'ont fait une surprise, ils ont acheté un appart encore plus dingue que celui qu'ils m'avaient montré sur les photos ! Ils m'ont dit qu'ils voulaient tout recommencer dans leur vie avec moi et un nouveau chez soi ! Ils sont vraiment chics, et c'est un plaisir de discuter avec eux. On apprend chacun l'un sur l'autre tous les jours, et j'adore leur parler de toi. Lisbeth m'a tout de suite donné ce papier spécial. Et elle a raison en disant que tu mérites le plus beau papier.

Pour le moment, nous n'avons pas encore tout bien réglé dans l'appartement, mais normalement, on devrait avoir le téléphone pour très bientôt ! Dès qu'on l'aura, je t'appellerai, promis !

Sinon, en dehors de mes parents et de l'appart, je dois admettre que j'ai toujours du mal à m'habituer à la grande ville. Je n'aurai jamais imaginé que Liverpool pouvait être aussi bruyant, même la nuit ! Mais j'arrive quand même à dormir. Ne te moque pas, mais je dois avoir ma peluche Clochette pour m'endormir sans trop traîner, je suis sûr que ça te fait rire, avoue !

Le collège où je vais est bien, mais c'est bien plus grand que les salles de cours de l'orphelinat, et je m'y suis paumé plus d'une fois, une vraie galère ! Mais je suis rassuré d'être au même niveau que les autres, vu qu'on a le même programme. J'avoue que c'est plus dur sans toi, mais je fais de mon mieux ! Ah, et je prends un cours d'option musicale. Je commence à pratiquer de la clarinette. C'est super dur de bien manier l'instrument, mais ça reste très intéressant ! Est-ce que le violon et la clarinette se marient bien ? J'aimerai bien en jouer un jour avec toi.

Je parle, ou plutôt j'écris, mais je ne t'ai pas demandé comment tu vas ? J'espère que tu te portes bien, et que tu prends soin de toi. Je pense à toi tous les jours.

À très bientôt, John. »

La petite signature est accompagnée d'un cœur, et Sherlock ne peut s'empêcher de serrer le mot contre sa poitrine au cœur meurtri. Il se lève de son lit, attendant quelques instants que les fourmis dans ses jambes s'en aillent, et se rend à son bureau, réfléchissant à ce qu'il va répondre à son ami. Sherlock choisit un stylo à la belle écriture, ainsi qu'une jolie feuille de papier piquée à la salle d'arts plastiques de l'orphelinat. Puis comme une danse, la main du garçon se mouve sur la feuille, écrivant les mots à grande vitesse.

« Bonjour John,

Je suis très heureux pour toi, et rassuré que tu commences à te faire à ta nouvelle vie. Pour répondre à ta question, pour être honnête, la clarinette n'est pas le meilleur instrument pour être en duo avec le violon, mais ça peut quand même être possible. Je dors de temps en temps avec Barberousse, donc je ne vais pas me moquer.

Si tu as des soucis pour les cours, on pourra se téléphoner et je t'aiderai, qu'en dis-tu ? »

Sherlock va pour écrire quelque chose, puis hésite. Il n'a pas envie d'inquiéter John, mais il n'a pas envie de lui mentir. Qu'est-ce qui peut bien y avoir de marquant, et de positif, à raconter ? Merde, c'est compliqué d'écrire une lettre en fait. Pour ça, John est clairement plus doué, comme pour beaucoup de choses. Puis Sherlock se rappelle de quelque chose d'amusant, et qui devrait plaire à John.

« L'autre jour, j'ai aidé le directeur du musée du village à retrouver une perle, très importante apparemment. C'était bien drôle toutes les réactions du vieux et des enquêteurs quand je leur expliquai des trucs, ou montrai des indices qu'ils n'avaient pas vu. Ce qui m'a permit de trouver le coupable, ce sont ses lacets. Ils étaient complètement abîmés, et le gars n'a pas penser à les changer avant de commettre son vol. Du coup, il y avait un morceau accroché à la charnière de la porte de la vitrine. L'idiot ! En tout cas, grâce à cette petite enquête, le directeur a tenu à ce que je touche une récompense.

Pour le moment, je ne « révise » pas trop mes leçons sur les enquêtes ou le violon, je suis un peu fatigué. J'espère m'endormir en rêvant de toi.

Sherlock. »

Pas de cœur pour habiller la signature, mais la dernière phrase écrite suffit à faire rougir le garçon qui s'étonne d'écrire quelque chose comme ça. Il relit sa lettre, avant de la plier délicatement. Mais il est confronté à un petit souci. Sherlock ne veut pas attendre que la lettre soit récupérée plus tard, voulant qu'elle soit envoyée le plus tôt possible. Mais l'idée de sortir de sa chambre le fait trembler. L'idée de croiser tous ces gens le fait hésiter. Quoique… C'est l'heure des cours, avec un peu de chance, il ne croisera personne. Sherlock hoche la tête d'un air déterminé, et met la première paire de chaussures qui lui tombe sous la main.

Le cœur battant, il sort de sa chambre, espérant être seul. Manque de bol, au bout d'une dizaine de pas, quelqu'un arrive des escaliers, et au son, ce n'est pas un adulte. Sherlock va pour faire demi-tour, mais reconnaît Victor. Avec un peu de chance, le type ne dira rien. Ce dernier approche, ayant tout de suite vu Sherlock.

- Salut ! Tu cherches quelqu'un ?

- Euh...oui. C'est pour donner ce mot.

- Je peux le faire si tu veux, Maxine est en bas.

- D'accord. Mais tu ne lis pas, ok ?

Victor hoche d'un vif mouvement de tête en guise de réponse, tout en souriant chaleureusement. Il prend d'un geste délicat le papier, et redescend quatre à quatre les escaliers. De son côté, Sherlock se rend compte de quelque chose. Il vient de faire confiance à un autre garçon de son âge, autre que John...


À suivre...

Merci aux personnes qui commentent :)

Petite anecdote : Après avoir écrit ce chapitre, je suis tout de suite allée regarder un épisode de Miraculous pour réconforter mon petit cœur x)