Etape 4 : mission : exfiltration, shopping, et ré-infiltration – James, Sirius, Peter et Lily
POV Lily
« C'est ça, votre passage secret ? Une sorcière bossue et borgne ? » me suis-je exclamée.
« Je suis aussi impressionné que vous, Mlle Evans. »
Et m*rde. Le professeur Slughorn. Encore.
Au moins aura-t-on réussi à atteindre l'entrée du passage secret sans problèmes. Du moins c'est ce que je me répéterai quand Sev me demandera où est son cadeau. Non… Sev n'est pas du genre à réclamer un cadeau… il va juste se dire que j'en ai rien à faire de lui… C'est décidé, Slughorn vient de baisser dans mon estime.
« Que faites-vous ici, jeunes gens ? Et quel est ce passage secret ? » continua notre professeur de potion.
Cette fois-ci, c'est à James de se débrouiller pour nous sortir de ce pétrin. Je le vois à la recherche d'une excuse plausible. Il va probablement inventer une histoire à dormir debout.
« Ce passage mène à la cave de Honeydukes, monsieur. Je voulais le montrer à Lily pour qu'elle puisse se rendre à Pré-au-Lard et trouver un cadeau pour l'un de ses amis. »
Ou alors il va juste dire une semi-vérité qui le fait passer pour un ange et moi pour un démon. Je lui fais mon regard le plus noir, avant de réaliser qu'il a dit ça parce que Slughorn ne me punira jamais.
« Il dit la vérité Professeur. Je n'ai toujours pas trouvé de cadeau pour Severus, et comme je ne voulais pas le décevoir, j'ai demandé aux seuls élèves capables de sortir du château de m'aider. »
D'après Peter, McGo s'est montrée super gentille même s'il était aux cuisines alors qu'il n'est pas sensé connaitre leur emplacement. Peut-être que Slughorn aussi a été contaminé par la magie de Noël…
« Naturellement, je comprends votre peur de décevoir votre ami, mais cela ne vous autorise pas à sortir du château quand bon vous semble. » Je rêve ou il se fait encore des idées sur ma relation avec Sev ?
« Si je peux me permettre professeur, nous n'avons pas le droit de sortir du château parce que vous devez savoir où nous nous trouvons en toutes circonstances, n'est-ce-pas ? » demanda Sirius. « Mais si vous êtes au courant que nous sommes en dehors du château, alors ce n'est pas un problème, même si nous ne sortons pas par la porte principale… »
Je commence à comprendre d'où vient la réputation des Maraudeurs… Slughorn semble partagé… avec un peu de chance, il nous laissera passer. Après tout, il ne nous mettrait à dos pour rien au monde, surtout moi.
« J'imagine que je pourrais faire une exception, mais seulement pour cette fois, d'accord ? Et faites attention, on a reporté des attaques de Vous-Savez-Qui pas très loin d'ici. Mlle Evans, je vous fais confiance pour garder un œil sur vos amis. Ne prenez pas trop de temps. »
Waouh. Je ne sais pas si c'est parce qu'il m'apprécie, parce qu'il pense que ce passage secret peut lui être utile, ou si c'est vraiment la magie de Noël, mais en tout cas, Slughorn est complètement tombé dans le panneau.
« J'arrive pas à croire que ça ait marché ! » s'exclama Sirius après le départ de Slughorn.
POV James
Une heure. Lily cherche un cadeau pour Servilus depuis une heure. Je commence à être d'accord avec Slughorn, il est forcément plus qu'un ami pour elle. Rien que d'y penser me déchire le cœur, mais je sais au fond de moi que je ne peux pas la forcer à m'aimer.
« Tu ne peux pas lui prendre des chocolats ou un truc du style ? »
« C'est toi qui as insisté pour m'accompagner, alors ne te plains pas parce que ça prend du temps. Et Sev n'aime pas le chocolat. »
« Mais qui n'aime pas le chocolat en ce monde ? »
Mince, je n'aurais pas dû dire ça. Lily ne prend même pas la peine de répondre et se dirige vers l'apothicaire. Pourquoi n'a-t-on pas commencé par là alors que Snape est passionné par les potions ? Mystère.
Je commence à croire que Sirius et Peter ont bien fait de partir de leur côté. Peut-être que je devrais aller chez Zonko, mais je ne veux pas laisser Lily toute seule…
« J'ai trouvé ! » Tous les clients – c'est-à-dire moi et deux autres personnes – se tournent vers Lily, qui pleure de joie après avoir déniché, je vous laisse deviner… une mue de serpent.
« C'est ça que tu veux offrir à Servilus ? Une mue de serpent ? »
« Une mue de vipère à corne, extrêmement rare, chère, et très utile pour des dizaines de potions que Severus a envie de faire depuis des années. » explique-t-elle. « Et si tu l'appelles Servilus une fois de plus, je vais voir McGonagall pour lui parler de la fête illégale que tu as passé des heures à préparer, c'est compris Potter ? »
Je hoche la tête, en contenant ma rage. Comment peut-elle le défendre ? L'ambiance étouffante du magasin me pèse, j'ai besoin d'air.
« Je crois que je ferais mieux d'aller à Zonko. » dis-je, avant de tourner les talons et de sortir.
Lily n'essaye même pas de me rattraper.
Une fois chez Zonko, je me dépêche d'acheter quelques branches de gui ensorcelées, sans même prendre le temps de demander au vendeur comment elles ont été fabriquées. D'habitude, il nous aide à faire nos farces en nous fournissant toutes sortes d'objet. Mais, pour une fois, je ne suis pas d'humeur.
POV Sirius
« Où est-ce que tu veux trouver un p*tain de drap jaune et noir avec des blaireaux brodés dessus, exactement ? »
Honnêtement, je ne sais pas où Peter va chercher de pareilles excentricités. Je déteins peut-être un peu trop sur lui. Mais tout de même, pourquoi est-ce qu'il a fallut qu'il demande de l'aide à l'elfe le plus dingue de l'école ?
« Euh… je pensais le faire faire surmesure, mais je me rends compte maintenant que j'ai été un peu ambitieux… »
« Non, tu crois ? »
« Dis celui qui se trimballe avec cinq robes de soirées parce qu'il est incapable de persuader quelqu'un de venir à une fête sans dépenser toutes ses économies… » réplique-il, avec un sourire narquois.
Hum. Il semblerait que mon sarcasme déteigne sur lui en plus de mon… extravagance. Je ne sais pas si je dois être fier de lui ou si je dois perdre espoir.
« J'ai peut-être, et je dis bien peut-être une solution. » dis-je, exaspéré.
Il s'agit d'une vieille boutique, situé dans les rues les moins fréquentées du village, dans laquelle un vieux sorcier vend les créations de sa femme, décédée il y a quelques années. La plupart sont des vêtements que jamais au grand jamais je ne porterais, mais il y a aussi des tapisseries qui pourraient convenir à Toby.
Le vieux sorcier n'a même pas pris la peine de décorer sa boutique pour Noël. La vitrine poussiéreuse ne donne pas vraiment envie d'entrer, mais j'inspire un coup et j'ouvre la porte, Peter sur mes talons.
L'intérieur est aussi sombre et encombré que la vitrine est poussiéreuse. Des vêtements qui pourraient servir de costumes dans un film d'horreur sont accrochés à des portants, sans aucune organisation. Je me dirige vers le rayon « tout ce qui n'est pas un vêtement », au fond de la boutique.
« C'est ça ta solution ? » s'exclame Peter derrière moi. Je lui lance un regard réprobateur. Le gérant pourrait nous entendre.
« Je suis sûr qu'on va trouver quelque chose pour ton ami elfe. »
« Toby n'est pas mon ami. Il serait offensé s'il t'entendait proférer une telle insulte à son encontre. » réplique Queudver.
« Et il serait ravi de savoir que tu te soucie de son bien-être et de sa réputation. » Mon ami lève les yeux au ciel, exaspéré par mon sarcasme à peine dissimulé.
« Vous cherchez quelque chose, messieurs ? » demande le gérant, me faisant sursauter. Depuis combien de temps est-il là ?
« Nous cherchons une pièce de tissu aux couleurs de la Maison Poufsouffle. » répond Peter.
« Et bien c'est votre jour de chance ! J'ai un drap rayé jaune et noir avec un blaireau brodé au centre. Ma femme était à Poufsouffle, voyez-vous, et elle a réalisé de nombreuses œuvres d'art… que diriez-vous de regarder les vêtements de la saison hiver ? »
« C'est très aimable à vous, mais je crois que nous allons nous contenter d'acheter ce drap. » je préfère le couper poliment dès maintenant plutôt que de devoir m'enfuir plus tard.
Une fois à l'extérieur, drap en poche, nous nous dirigeons vers Honeydukes, pour attendre James et Lily.
« Tu crois que c'était une bonne idée de les laisser seuls ? » s'enquit Peter.
« Mais oui… qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? » Queudver est d'un pessimisme désespérant.
POV Lily
Je n'arrive pas à croire qu'il m'ait laissé toute seule parce que j'ai défendu Severus. A quoi il s'attendait, bon sang ? Je ne peux pas le laisser insulter mon meilleur ami sans rien dire.
Sans compter que je n'ai toujours pas de cadeau. La mue de serpent coûte beaucoup trop chère, je n'aurais jamais les moyens de l'acheter. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?
Maman me conseillerait de lui offrir un cadeau fait maison, mais je n'ai pas d'idée… Papa me dirait de lui offrir quelque chose d'utile, et Pétunia… Pétunia me dirait que je perds mon temps avec lui et qu'il n'en vaut pas la peine…
Voyons… il m'a offert un collier… mais je ne peux pas faire la même chose, il n'aime pas les bijoux… et puis ça ferait copier-coller… Bon, je crois que je n'ai plus le choix. La bibliothèque est le seul endroit où je pourrai trouver un cadeau utile, qu'il va apprécier, et qu'il n'a pas déjà.
…
Un livre sur les potions ? Il en a déjà des centaines. Un livre sur les sorts de guérison ? Ça ne l'intéressera pas. Un livre sur la nécromancie ? On va éviter.
Je pensais que ce serait plus facile. Sev a des goûts… particuliers, mais tout de même, je suis sa meilleure amie, je devrais trouver facilement, non ?
« Tu devrais essayer le rayon « création de sort », je suis sûr que ça l'intéresserait. » fait la voix de James, alors que je consulte un livre sur les poisons. Qu'est-ce qu'il fabrique ici ?
« Il en a déjà plein. » je réponds. Sev adore créer ses propres sorts.
« Pas sur les sorts défensifs. » Je préfère ne pas lui demander comment il sait ça.
Dans le rayon, je ne vois que des livres que Sev a déjà lu. Ce n'est pas étonnant, il passe sa vie à lire, surtout les livres sur les potions, la création de sorts, et la magie noire. Peut-être est-ce ma chance de lui prouver que les livres sur la magie blanche sont tout aussi intéressant.
C'est là que je le vois. Le livre parfait. Le cadeau idéal pour Severus.
POV Sirius
Lily n'a pas voulu nous dire quel cadeau elle a acheté pour Servilus. Dommage. D'après la tête de James, ce n'est pas une grande perte. Ce dernier est parti en monologue sur comment rentrer à Poudlard sans se faire attraper.
« On pourrait croire que rentrer à Poudlard est plus facile que d'en sortir, mais c'est sans compter sur Rusard, Miss Teigne, les profs et les préfets qui patrouillent dès vingt heures… »
Pardonnez-moi si j'ai levé les yeux au ciel trop souvent pendant sa tirade. Honnêtement, on pourrait croire que nous, les Maraudeurs, sommes des professionnels pour ce genre de choses…
« N'écoute pas Cornedrue, Lily. » Sérieusement, si je n'interviens pas maintenant, c'est parti pour durer un moment. « Il est à peine dix-neuf heures, donc personne ne patrouille pour l'instant, sans compter que c'est ton tour, aujourd'hui. Le plus dur, ce sera du miroir au quatrième étage jusqu'à la salle commune. »
« Quel miroir ? On ne passe par Honeydukes ? » s'enquiert la rousse.
« Comment exactement comptes-tu entrer dans la cave de Honeydukes à cette heure-ci ? » se moque gentiment Peter.
« On va prendre un autre passage, dont l'entrée est une grotte, dans les collines, à l'opposé de la Cabane Hurlante. » explique James. « Il débouche sur un miroir au quatrième étage. »
Comme je l'ai dit à Lily, le plus dur est de rallier la salle commune depuis le miroir. Surtout quand Miss Teigne patrouille dans le coin. Heureusement, Lily est naturellement douée avec les chats. Du moins c'est ce que nous avons découvert.
En sortant du miroir, nous sommes tombés sur la chatte infernale de Rusard. Alors que le misérable félin s'apprêtait à s'enfuir pour faire son rapport, la future femme de James – cet évènement m'a convaincu qu'elle est faite pour lui – s'est agenouillé et a dit quelque chose comme « viens ici, minette ».
Devinez ce qu'a fait Miss Teigne ? Elle a accouru, a pratiquement rampé devant Lily et s'est frotté à elle comme si elle avait oublié que son maitre était un cracmol de cinquante piges.
« Comment as-tu pu apprivoiser cette sale bête, sorcière ! » me suis-je exclamé, horrifié.
James n'a pas hésité une seconde à me rejoindre.
« Lily ! Tu oses me trahir avec ce monstre ? Tu étais censée n'aimer que moi, et ce pour l'éternité ! Tu me l'avais promis ! »
Peter, quant à lui, a profité de l'occasion pour caresser Miss Teigne, dans l'espoir qu'elle se montre amicale avec lui la prochaine fois. Je doute que cela se produise sans Lily, mais bon…
« Fermez-là, bande de crétins ! » a répliqué Lily. « Ça m'a pris du temps, mais au bout de quelques années passées à la caresser et à lui donner des friandises, elle a fini par m'apprécier. Maintenant, chaque fois qu'elle me croise, elle vient réclamer des caresses plutôt que de me dénoncer à Rusard. »
Nous, l'avons regardé, stupéfiés. C'était soit du génie, soit du lèche-botte porté à son maximum. Quoi qu'il en soit, sa stratégie fonctionne du tonnerre. Miss Teigne n'est pas allée chercher Rusard, et nous avons pu rentrer à la salle commune sans encombre.
POV Remus
Honnêtement, s'occuper de Jeremy et Elisa n'est pas aussi fatigant que ça en a l'air. Je dirais même que la salle commune était plutôt calme, jusqu'à ce que James et Sirius ne rentrent en clamant que Lily est une sorcière qui a réussi à apprivoiser un démon.
« Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ? »
Sirius me montre les magnifiques robes qu'il a trouvé pour Camille et pour les Poufsouffle. Flash infos, celle des Poufsouffle sont presque toutes pareilles, soit jaune et noir.
Peter a trouvé non seulement de la bièraubeurre en quantité, mais aussi un affreux drap pour Toby, que je ne commenterai pas par respect pour la personne qui l'a fabriqué.
Lily refuse de dévoiler le cadeau qu'elle a acheté pour Severus, ce que je peux comprendre. James se dépêche d'installer ses fameuses branches de gui dans tous les coins de la salle, sans doute dans le but de la piéger avant qu'elle ne monte dans son dortoir.
Evidemment, ça n'a pas marché, et Sirius lui est rentré dedans juste en dessous de l'une des branches. Je sens que les prochains jours vont être amusants.
