A Texan Rose Under The Sun

Chapitre 3

Andrew Thompson avait vingt ans, au destin militaire déjà tracé.

Fils du colonel Thompson, il avait intégré les rangs de l'armée quatre ans auparavant.

Et si ses efforts étaient récompensés, il ne tarderait pas à…

Un éclat blond interrompit ses pensées.

Resplendissante dans une robe bleue et blanche, Clea Anderson approchait, un air déterminé peint sur le visage.

Mais alors qu'elle allait traverser la rue, elle s'immobilisa.

En fille aimante et respectueuse, Clea avait bien rendu visite à son père.

Saluée par les soldats en faction, elle aperçut Andrew, certainement en train de fanfaronner.

Se retenant difficilement de rouler des yeux, elle fit un pas en avant quand des cris retentirent.

Tournant la tête, elle écarquilla les yeux en voyant un cheval galoper dans sa direction.

Un bras enserra sa taille, l'attirant contre un torse musclé.

L'odeur musquée du cheval emplit ses narines et Clea retint son souffle.

Mais l'animal poursuivit sa route, pris en chasse par de nombreux soldats.

Une voix grave résonna contre son dos, la questionnant :

« Mademoiselle, est-ce que ça va ? »

Les jambes tremblantes, elle se retourna lentement.

Dans la lumière, les yeux étaient bruns aux reflets verts, sérieux et déterminés.

L'inconnu à cheval venait de lui sauver la vie, apparemment.

« Mademoiselle ? »

« Ou… oui ? »

« Est-ce que vous allez bien ? »

« Oui, merci. Je… je ne sais comment vous remercier pour… »

« Clea ! »

Tous deux tournèrent la tête et virent Andrew Thompson s'élancer dans leur direction.

Le soldat fut repoussé comme il la prenait par les épaules, s'exclamant :

« Oh, Clea ! Vous devriez vraiment faire plus attention ! Imaginez ce qui aurait pu vous arriver ! »

« Je suppose, oui. »

« Venez, je vous raccompagne. »

« Oh non, ce n'est pas la peine. »

« Si, j'insiste. »

Elle observa autour d'elle mais son sauveur avait semble-t-il disparu.

Connaissant Andrew, il n'accepterait pas de refus de sa part.

Ainsi accepta-t-elle de revenir auprès de son père.

Mais elle était bien déterminée à découvrir qui était ce soldat…

Oo*oO

Entièrement remise de sa frayeur, Clea avait eu le déplaisir de voir Andrew sur le pas de sa porte à chaque fois qu'elle quittait son domicile.

N'avait-il donc pas de mission ou même d'exercices à réaliser ?

« Dites-moi, Andrew. »

« Oui, Clea ? »

« Connaissez-vous le nom du soldat qui m'a sauvée ? »

« Sauvée ? »

« Du cheval. »

« Oh. Et bien, en effet, je le connais. »

« Et quel est-il ? »

Le jeune homme prit un air ennuyé, déclarant :

« Je ne devrais pas, vraiment. »

« Et pourquoi cela ? »

« Clea, ce soldat n'est pas… »

« Pas quoi ? »

« Pas fréquentable. »

Elle arqua un sourcil, s'étonnant :

« Pourquoi donc ? »

« Rien n'est officiel, bien sûr. Mais on raconte qu'il a… un certain don. »

« Un don ? »

« Un don pour tuer, Clea. »

« Oh. Mais en même temps, vous êtes soldats. N'est-ce pas ce que vous faites ? »

D'ordinaire si sûr de lui, Andrew secoua la tête, semblant presque apeuré.

« Pas comme ça, non. Nous tuons par nécessité, on raconte qu'il tue par plaisir. »

Un rapide sourire fut esquissé mais Clea resta silencieuse le reste du chemin.

Ainsi, son sauveur semblait être… un sauvage.

À première vue, il ne semblait pas l'être mais après tout, l'habit ne fait pas le moine…

Oo*oO

Elle attendait son père, assise à l'extérieur de son bureau.

Un bruit métallique lui fit lever la tête du roman qu'elle lisait.

Se dirigeant vers elle, le soldat qui l'avait secourue.

Andrew n'avait pas révélé son nom, Elizabeth ne le connaissait pas.

Mais malgré ce qu'Andrew lui avait raconté, elle se leva, lui barrant le passage.

S'il en fut surpris, il ne le montra pas, se contentant de porter une main à son chapeau en déclarant :

« Mademoiselle. »

Il tenta de la contourner, elle le retint par le bras.

« Attendez ! »

« Mademoiselle ? »

« Je… je ne sais même pas votre nom. »

« Mon nom ? »

« Oui. Vous m'avez sauvé la vie et… »

« Ce n'est pas nécessaire, mademoiselle. »

« Ça l'est, pour moi. »

Il revint face à elle, définitivement surpris.

Elle avait les sourcils froncés, un air déterminé au fond de ses yeux chocolat.

On disait Clea Anderson charmante mais entêtée.

C'était apparemment bien le cas…


Bonus chapitre 4

$ Insensible aux regards noirs et aux remarques désobligeantes d'Andrew, Clea avait pris l'habitude, lors de ses visites au fort, de discuter avec James.

Toujours formel et courtois, il l'écoutait toujours avec attention mais restait obstinément silencieux sur son propre passé.

$ « Vivre libre. »

« La liberté n'est qu'une illusion, croyez-moi. »