A Texan Rose Under The Sun

Chapitre 9

Fort Worth, avril 1895.

En ce 21 avril 1875, James Henry Cooper s'était uni à Clea Judith Anderson, pour le meilleur et pour le pire.

La mariée était resplendissante, robe blanche et boucles blondes.

Son époux, en costume d'apparat, rivalisait d'élégance avec les officiels de l'armée présents ce jour-là.

Enfin, le lien qui les unissait était officiel.

Enfin, ils pouvaient montrer au monde entier combien ils s'aimaient.

Un cheval hennit, elle releva la tête.

Et comme promis, James était de retour, à ses côtés, pour célébrer leurs vingt ans de mariage.

Vingt ans, déjà ?

« J'aurais dut me douter que je te trouverais là. »

« Et où pourrais-je être ? »

« Au lit, comme toutes les épouses sensées. »

Elle roula des yeux face à son sourire charmeur mais se leva quand il la rejoignit sur le porche.

Ses éperons cliquetèrent et il tendit la main, l'air grave.

Elle y posa la sienne, il l'attira lentement vers lui, grondant :

« Madame Cooper… »

« Capitaine Cooper… »

« Comment vont les enfants ? »

« Merveilleusement bien. »

« Tant mieux. »

Il se pencha davantage vers elle mais elle posa ses mains sur son torse, l'arrêtant net.

Face à son sourcil arqué, elle déclara, amusée :

« Vous, mon cher, avez besoin d'un bain. »

« Et d'une tasse de café. »

Oo*oO

Plongé l'eau chaude, une tasse de café fumante en main, James avait le regard vague, plongé dans ses pensées.

Clea approcha, effleurant sa nuque, il pencha la tête en arrière, soupirant d'aise.

« Ça m'avait manqué. »

« De prendre un bain ? »

« Aussi, oui. Mais le fort n'est jamais aussi calme et silencieux. »

« Oh, mon cher. Il y a une raison, à cela. »

« Vraiment ? »

« Oh oui. Patiente une heure ou deux et tu regretteras d'être rentré. »

« Alors profitons-en. »

La tasse de café fut abandonnée comme elle contournait la baignoire pour lui faire face.

Toujours, les yeux bruns étaient aussi lumineux comme les cheveux étaient aussi blonds.

Son épouse était toujours aussi belle, même après vingt ans et trois enfants…

Assise en travers des genoux de James, elle avait posé sa tête sur son épaule, les yeux fermés.

Il avait enlacé leurs doigts, son pouce passant et repassant sur l'alliance de Clea.

Un bras enserrant la taille de son épouse, il l'embrassa dans les cheveux, déclarant :

« Je vais demander ma démission. »

« Vraiment ? »

« Hhh. Il est plus que temps. »

Étrangement, elle restait silencieuse, le regard baissé.

Il passa un doigt sous son menton, l'obligeant à lui faire face.

« Qu'y a-t-il ? »

« Ce n'est pas ma place de le dire. Mais tu dois parler avec Joseph. »

« Quelque chose lui est arrivé ? »

« Oui… et non. »

« Clea… »

« Juste… garde ton calme et écoute-le, huh ? »

« Tout ceci ne me dit rien qui vaille. »

Elle soupira :

« Je sais. Mais fais-le, pour moi ? »

« Très bien. »

« Tant mieux. Bon anniversaire. »

Il hocha la tête, l'air grave, et elle retint son deuxième soupir.

Joseph avait le don de faire ses annonces au pire moment…

Oo*oO

Après un petit-déjeuner lourd et silencieux, Clea avait d'autorité emmené Waleena et William avec elle à l'extérieur.

Sa fille, adolescente, avait fait la moue, croisant les bras.

Mais un regard noir de sa mère avait suffi pour qu'elle l'aide à étendre le linge, avec son frère.

Blonde comme sa mère, Waleena avait également les mêmes yeux.

Tandis que ses deux fils possédaient une chevelure brune et des iris de la même couleur.

Pas de doute, ils tenaient bien de James, de ce côté-là.

Une porte claqua violemment et ses enfants sursautèrent, se tournant vers elle.

Elle fit un geste de la main, leur intimant de rester dans le jardin.

Revenant à l'intérieur, elle y découvrit Joseph, assis à la table de la cuisine.

Âgé de 18 ans, il allait bientôt finir l'école.

Deux jours plus tôt, il lui avait annoncé vouloir entrer à l'école militaire.

Son père n'avait apparemment pas apprécié la nouvelle…

Passant une main dans ses cheveux, elle annonça :

« Tu savais qu'il allait réagir comme ça. »

« Je le savais. Mais un père est censé respecter les choix de ses enfants et les soutenir. »

« Pas quand leurs choix va les faire tuer. »

La voix était grave, le ton sec.

James se tenait dans l'embrassure de la porte, le visage fermé et la mâchoire serrée, reflets de la tension qui l'habitait.

« Père… »

« Tu as encore deux mois d'école. D'ici-là, nous n'aurons plus cette discussion, est-ce clair ? »

« Je ne changerai pas d'avis, père. »

Le regard brun-vert apparut alors extrêmement las, découragé, comme James répondait :

« C'est bien ce que je crains. Va aider ton frère et ta sœur, Joseph. J'ai à parler avec ta mère. »


Bonus chapitre 10

$ Il avait déjà entendu ce cri à moitié étouffé, empli de souffrance.

Thompson avait tenté de le tuer, sans succès.

$ Militaire depuis près de trente ans, il avait vu le pire de ce que pouvait faire la guerre.

Si le soldat n'était pas blessé physiquement, il en était irrémédiablement marqué, à tout jamais…