A Texan Rose Under The Sun

Chapitre 10

La journée était censée être joyeuse, célébration de leur mariage.

Mais le destin était souvent farceur…

« Depuis quand le sais-tu ? »

« Deux jours. »

« Et il est majeur dans trois mois. »

« James, tu ne crois tout de même pas que… »

« Qu'il va s'inscrire sans notre consentement ? Évidemment, qu'il va le faire. Ce satané entêtement ! Tu en es responsable, Clea. »

Elle arqua un sourcil, s'exclamant :

« Comment ça, j'en suis responsable ? »

« Tu es pire qu'une tête de mule. Et Joseph est bien le fils de sa mère… »

« Peut-être bien, en effet. Mais qui lui a raconté toutes ces histoires de batailles et de chevauchées à travers le désert ? »

« Tu as fait le mauvais choix, Clea. Tu t'en rends compte, maintenant ? »

Abasourdie, elle sentit sa vision se brouiller par les larmes.

Après un long regard lourd de reproches, James quitta la pièce.

Clea l'entendit préparer son cheval, ordonnant à William d'en seller un deuxième.

Les chevaux partirent au galop, elle sentit les larmes rouler le long de ses joues.

Oo*oO

Le soir tomba et enfin, les chevaux revenaient.

Accueillant un William transi de fatigue, elle l'envoya manger auprès des deux autres.

Elle devait avoir une discussion avec son époux…

James lui tournait le dos, occupé à dépecer les lièvres et les faisans tués dans la journée.

Mais s'il semblait plus calme, Clea savait que la révélation de leur fils lui avait donné un choc.

Militaire depuis près de trente ans, il avait vu le pire de ce que pouvait faire la guerre.

Si le soldat n'était pas blessé physiquement, il en était irrémédiablement marqué, à tout jamais…

« Tu savais que ça allait arriver, n'est-ce pas ? »

« … »

« James, depuis quand le savais-tu ? »

« Il y a cinq ans. »

« Il n'était qu'un enfant ! »

« Et il l'est toujours, Clea ! »

Il se retourna, son regard brun aux reflets verts lançant des éclairs.

Mais elle tint bon, lui faisant face, la tête haute.

Il la rejoignit, soufflant :

« L'armée était une erreur, Clea. »

« Pour ce que tu as fait ? »

« Pour ce que j'ai vu. »

La gorge nouée, elle acquiesça, tremblant légèrement.

« Tu ne pourras pas le protéger indéfiniment, James. »

« Je peux fichtrement essayer ! »

« Mais tu l'as dit toi-même, il est borné. »

« Alors tu acceptes qu'il te revienne dans un sac !? »

Elle poussa une plainte, portant ses mains à sa bouche.

Il avait déjà entendu ce cri à moitié étouffé, empli de souffrance.

Thompson avait tenté de le tuer, sans succès.

Oo*oO

Les enfants s'étaient docilement mis au lit.

Passant ses doigts sur la porte de la chambre de Joseph, Clea sortit de la maison.

Comme elle l'avait prévu, James était assis sur le porche, une bouteille de whisky en main.

Elle demanda à mi-voix :

« Pourras-tu le protéger ? »

« J'aurai quitté l'armée quand il participera à sa première bataille. »

« C'est bien ce que je craignais. »

« Mais je l'aurais fait. Tu le sais, n'est-ce pas ? »

Elle acquiesça, esquissant un petit sourire.

Il tendit alors la main et elle le rejoignit.

Comme il attrapait ses doigts, elle s'installa sur ses genoux, reflet des événements qui s'étaient déroulés au petit matin.

Depuis, bien des choses étaient arrivées.

Mais toujours, ils se retrouvaient.

Car rien ni personne ne pourrait les séparer et ça, depuis vingt ans…

À la lumière de la lampe à huile, il colla leurs fronts.

Posant une main sur sa joue barbue, elle chuchota :

« Vingt autres années à me voir rire, capitaine Cooper ? »

« Et je sécherai tes larmes pour vingt de plus. »

Les yeux troubles de larmes mais un sourire tendre et aimant aux lèvres, elle les posa alors sur les siennes.

Il répondit immédiatement à son baiser, un bras autour de sa taille et son autre main se posant sur sa nuque.

Elle frissonna et il sourit tout contre ses lèvres.

« Il fait bien meilleur dans notre chambre, madame Cooper. »

« Oh, je n'en doute pas, capitaine Cooper. »

« C'est décidé, alors. »

Passant une main sous ses genoux et l'autre sous ses épaules, il la souleva dans ses bras, un sourire plus que charmeur aux lèvres.

Son épouse arqua un sourcil, déclarant, amusée :

« C'est que vous avez de la suite dans les idées, capitaine Cooper. »

« N'est-ce pas ? »


Bonus chapitre 11

Le geste pouvait paraître possessif, elle savait qu'il était surtout protecteur…