Bonjour, nous voici déjà à la moitié de cette histoire. Ce chapitre marque un tournant ... les choses se précipitent et la situation de Harry se débloque ;)
Je n'en dis pas plus, bonne lecture !
Didie
4.
Toc, toc, toc.
Le bruit répétitif le tira du sommeil. Il était pourtant si bien, les quatre pattes en l'air, sur ce lit douillet. Quel était ce raffut qui mettait fin à son bien-être absolu ?
Il dressa une oreille en direction du bruit. Le hibou Grand-Duc de Draco cognait à la fenêtre de la chambre, visiblement impatient que son propriétaire lui ouvre.
Harry roula sur le lit pour se remettre debout sur ses pattes. Durant la nuit, Draco avait passé sa main dans sa fourrure à plusieurs reprises, le laissant détendu au point de s'étaler de tout son long sur le dos. Il y avait pire comme vie de chien !
Toc, toc, toc.
Draco dormait toujours d'un profond sommeil. Il était étalé à plat ventre sous les couvertures, le visage serein. Des mèches de cheveux lui tombaient sur le front, lui donnant un air vulnérable.
Toc, toc, toc !
Le hibou s'impatientait. Harry poussa Draco avec son museau plusieurs fois avant de réussir à tirer un grognement de la part du blond.
-Shadow, arrête, j'ai encore sommeil, marmonna-t-il d'une voix enrouée.
Toc, toc, toc !
Draco ouvrit un œil en direction de la fenêtre. Il soupira en voyant son hibou s'énerver sur la vitre.
-C'est bon, c'est bon, j'arrive !
En mode automatique, il quitta à contrecœur la chaleur douillette de son lit pour aller ouvrir à son hibou. Celui-ci, visiblement mécontent d'avoir attendu tout ce temps, lui donna un coup de bec sur la main lorsque Draco essaya de détacher la lettre enroulée à sa patte.
-Aïe ! Zéphyr, ça suffit ! Plus vite j'aurais pris cette lettre, plus vite tu pourras partir à la volière !
Harry se fit la remarque que Draco n'avait pas l'air d'être du matin.
Le hibou se laissa finalement libérer de son courrier et s'envola d'un grand battement d'ailes sans un regard pour son maître.
Cela devait être la réponse de Zabini à la lettre que Draco lui avait envoyé la veille.
Pourtant, le courrier mit Draco dans un état de colère qui rappela à Harry ses confrontations avec lui dans les couloirs de Hogwarts.
-Putains d'Aurors ! Ils vont me pourrir la vie combien de temps !? cria-t-il en cognant violemment son poing sur le bureau, ce qui fit sursauter Harry. Qu'est-ce-qui pouvait bien mettre Draco dans cet état ? Il fallait que Harry découvre le fin mot de l'histoire. Lui-même était coincé ici sous sa forme animale, donc sa marge de manœuvre était limitée, mais il était déterminé à en apprendre le plus possible.
Alors que Draco s'était dirigé à grandes enjambées vers la salle de bain, Harry en profita pour essayer de lire la lettre en douce. Il grimpa sur le fauteuil du bureau et posa ses pattes sur le parchemin que Draco avait froissé de rage. Avec son museau, il défroissa le courrier grossièrement mis en boule.
Cela provenait bien de Zabini.
Draco,
Je n'ai toujours pas réussi à obtenir l'autorisation de venir au Manoir.
Ce n'est pas faute d'avoir insisté au Ministère, mais ils ne veulent rien savoir.
Sinon, crois-moi que j'aurais été ravi de répondre à ton invitation.
Comment va ta mère ? A-t-elle réussi à surmonter l'absence de ton père ?
Et toi ? Tu ne dis rien dans ta lettre.
J'espère te voir très bientôt. Ma porte t'est toujours ouverte, tu le sais.
Même si j'imagine que tu resteras tenir compagnie à ta mère pour les fêtes.
La mienne est toujours à l'étranger avec un autre de ses amants. Je vais essayer de contacter Pansy, à défaut de n'avoir aucune nouvelle de Théo.
Peut-on espérer que tu nous rejoignes quelque-part pour le Nouvel An ? Je sais que tu ne souhaites pas laisser ta mère toute seule, surtout avec ces enfoirés d'Aurors dans les parages, mais j'espère sincèrement pouvoir passer prochainement un peu de temps avec toi, mon pote.
Je te suggérerais bien de contacter tu-sais-qui pour débloquer la situation, mais je connais d'avance ta réponse. Le Ministère ne lui refuserait rien pourtant. Et il faudra bien que tu lui parles un de ces jours… Je sais déjà ce que tu vas dire, mais en tant qu'ami, je me devais de te le redire.
Tu me manques.
Fais attention à toi.
Mes salutations à ta mère,
B.Z.
Ainsi le Ministère empêchait Draco et sa mère de recevoir du monde au Manoir ? Ce n'était pas ce qui avait été statué à l'issue du procès pourtant. Harry se rappelait très bien du verdict, étant lui-même présent du fait de son témoignage. Mme Malfoy n'avait pas le droit de sortir de chez elle, mais rien ne l'empêchait de recevoir des invités. Draco encore moins. Qu'est-ce-que c'était que cette histoire ?
En entendant Draco sortir de la douche, Harry s'empressa de reprendre sa place sur le lit. Il devait tirer toute cette affaire au clair sans attirer l'attention sur lui. Un chien qui lit un parchemin ne faisait pas très canin. Malgré tout, les mots de Zabini tournaient en boucle dans son esprit. De qui parlait-il lorsqu'il conseillait à Draco de contacter tu-sais-qui. Très ironique de sa part en tout cas d'employer ce terme, Voldemort n'étant plus de ce monde désormais. Zabini parlait pourtant de quelqu'un d'influent au Ministère. Était-ce quelqu'un de peu recommandable pour que Draco hésite à aller le voir ? La plupart des Mangemorts avaient été arrêtés, et on ne pouvait pas dire qu'ils aient encore un quelconque pouvoir politique. Harry restait perplexe quant à ce courrier.
Draco, lui, était toujours énervé à en croire la manière dont il maltraitait les vêtements qu'il essayait de choisir devant sa penderie. Déjà qu'il s'était levé du pied gauche à cause du hibou, le courrier n'avait fait qu'empirer son humeur. Il n'avait pas adressé un seul regard à Shadow depuis son réveil.
Il se rappela enfin de sa présence lorsque celui-ci s'ébroua sur le lit. Il lui jeta un regard en coin.
-À croire que tu fais exprès de lui ressembler, tu es aussi ébouriffé que Potter ma parole !
Harry sauta du lit pour saluer le blond en remuant la queue. Décidément, il ne contrôlait vraiment pas les mouvements de cette dernière. Draco lui caressa brièvement la tête, ce qui lui envoya un frisson tout le long de sa colonne vertébrale.
-Je n'ai pas dit mon dernier mot, tu sais. Ils vont m'entendre tout à l'heure lorsqu'ils feront leurs putains de vérifications.
Draco lui parlait tout en s'habillant. Harry eut bientôt devant lui une version des plus impressionnantes de Draco Malfoy. Vêtu d'un costume sombre, d'une chemise blanche parfaitement repassée et d'une cravate gris anthracite, il n'avait plus rien à voir avec le garçon blond encore endormi de toute à l'heure. La perfection Malfoyenne était à l'œuvre. Ses cheveux étaient impeccablement coiffés. Son regard métallique était déterminé. À Hogwarts, Harry avait eu droit très souvent à ce regard perçant. Si Malfoy pouvait tuer avec ses yeux, Harry serait déjà mort depuis longtemps. Heureusement pour lui, ce regard ne lui était pas destiné pour une fois.
Si Harry avait bien compris, des Aurors passaient aujourd'hui inspecter les barrières magiques du domaine. Draco avait l'intention de leur faire comprendre ce qu'il pensait de leur ingérence dans sa vie privée. Qui sait, Harry pouvait peut-être tirer parti de la situation pour se sortir de là lui aussi ?
Il emboîta le pas déterminé de son maître qui sortait de la chambre. Harry se reprit en secouant sa tête. Il ne pouvait définitivement pas appeler Draco comme ça ! Il passait trop de temps dans la peau de Shadow, voilà qu'il se mettait à penser comme un chien !
Deux Aurors se présentèrent à la porte d'entrée du Manoir en fin de matinée. Harry se trouvait avec Draco et sa mère dans le grand salon. Un elfe de maison les interrompit pour annoncer l'arrivée des Aurors qui attendaient dans le hall. Draco se leva de son fauteuil, lissa son costume et se tourna vers sa mère.
-Je m'en occupe, Mère. Restez ici avec Shadow. J'ai deux mots à dire à ces messieurs.
À la surprise de Harry, Mme Malfoy acquiesça devant son fils, tandis que l'elfe disparut dans un ploc sonore. Il aurait pourtant cru que Narcissa Malfoy n'était pas femme à rester en retrait, surtout depuis que son mari était en prison. Avait-elle été, elle aussi, plus marquée par la guerre qu'elle ne voulait bien le montrer ? Elle semblait se reposer sur son fils en tout cas.
Pourtant, il n'était pas question pour Harry de rester sagement au salon. Il voulait assister à l'entrevue avec les Aurors. Il ignora donc les appels de Mme Malfoy lui ordonnant de rester à ses pieds et suivit Draco vers le hall sans se montrer. Autant Mme Malfoy n'avait aucun pouvoir sur lui, autant il dut admettre qu'il ne voulait malgré tout pas trop désobéir à ce que Draco lui avait demandé. Dans sa tête, le caractère plus docile de Shadow menait une lutte avec celui moins réfléchi du Gryffondor. Il se dit que caché derrière le sapin, personne ne le remarquerait.
D'après les badges sur les uniformes des Aurors, Harry pouvait lire les noms de Dawlish et Williamson. Les deux hommes avaient une quarantaine d'années, peut-être plus, et ne semblaient pas enchantés d'être là. Ses sens canins l'avertirent que Draco était extrêmement tendu malgré l'apparente confiance en lui qu'il affichait devant les deux hommes.
-Mr Malfoy, plus besoin de vous préciser que nous sommes là pour vérifier les protections mises en place sur votre demeure, comme chaque semaine.
-En effet. Pour tout dire, je vous attendais.
-Vous vous ennuyiez à ce point ? ricana l'un des Aurors.
-Je souhaitais m'entretenir avec vous d'un point plutôt fâcheux, répondit Draco sans réagir à la provocation de l'homme en uniforme. Suivez-moi dans mon bureau, nous serons plus à l'aise pour parler.
Sans attendre leur réponse, il se dirigea dans le couloir qui s'engageait derrière l'immense escalier. Harry se fit tout petit au milieu des décorations de Noël. Les deux Aurors emboitèrent le pas au jeune homme blond sans remarquer le petit chien noir caché sous l'immense sapin. Draco les conduisit dans une pièce au bout du couloir. Harry resta à distance respectable tout en frissonnant le long du couloir. Si ses souvenirs étaient exacts, c'est par ici qu'ils étaient remontés des cachots avec Ron et Hermione lors de leur détention au Manoir au printemps dernier. La décoration n'avait pas été refaite dans cette partie des lieux.
La pièce dans laquelle les trois hommes s'étaient engouffrés devait être l'ancien bureau de Malfoy senior. Harry fit en sorte que la porte ne se referme pas tout à fait en appuyant discrètement sur le battant avec l'une de ses pattes. L'entrebâillement était suffisant pour qu'il ne perde rien de la conversation. Draco voulait ménager son effet car il prit tout son temps pour s'installer derrière le bureau de son père. Il invita les deux hommes à s'asseoir avant de prendre la parole.
-Messieurs, si je voulais m'entretenir avec vous, c'est parce qu'il m'a été rapporté par un de mes amis que vous n'aviez toujours pas signé l'autorisation qu'il a requise pour venir me rendre visite.
-Le parchemin a dû se perdre dans les couloirs du Ministère. Vous savez, ça arrive tout le temps, répondit l'Auror nommé Dawlish.
-Mon ami a réitéré sa demande plusieurs fois, sans succès. L'ayant convié pour célébrer Noël ici-même, je souhaitais donc vous faire part de mon mécontentement. Rien n'indique dans le jugement de ma mère que nous n'avons pas le droit de convier des invités chez nous. Or, le réveillon de Noël a lieu demain soir.
-Parce que vous comptiez faire la fête ? rétorqua Dawlish d'un air méprisant. Nous ne sommes pas responsables des retards dans la paperasse administrative vous savez. Nos employés ont sûrement eu mieux à faire que de signer des autorisations. Et sans autorisation signée du Ministère, vos invités auront beaucoup de mal à passer les protections magiques installées ici, je le crains, ajouta-t-il en jubilant.
-Je vous prierai de prendre un autre ton avec moi, Monsieur, le coupa Draco d'une voix cinglante. C'est de l'abus de pouvoir, et vous le savez très bien.
-Et vous allez faire quoi, Mr Malfoy ? Vous plaindre au Mangemort qui vous sert de père ? répliqua Williamson avec un rire gras.
Draco s'était levé de son fauteuil pour se pencher vers les Aurors qui lui faisaient face. De ce que Harry pouvait voir à travers la fente de la porte, son visage était contracté par la colère. Le ton était monté de plusieurs crans et ses yeux gris lançaient des éclairs.
-Vous n'avez pas le droit d'empêcher la venue de visiteurs dans ce Manoir ! Seule ma mère est concernée par une astreinte à domicile ! Ne me poussez pas à bout ! Ma patience a des limites !
Les deux Aurors s'étaient levés à leur tour en sortant leurs baguettes.
-Qu'en dis-tu, Dawlish, on dirait que Mr Malfoy se montre menaçant, tu ne crois pas ? annonça Williamson à son collègue avec un rictus mauvais.
-Tu as raison, Williamson. Le fils à papa devient étrangement incontrôlable devant des représentants de la force de l'Ordre, répondit l'autre dans le même ton supérieur.
-J'en réfèrerai au Magenmagot ! Vous ferez l'objet d'une enquête, je vous en donne ma parole ! cria Draco hors de lui.
La situation dégénérait dangereusement. Il se passa alors plusieurs choses en même temps. Mme Malfoy, attirée par les bruits de voix, arriva à grands pas dans le couloir et ouvrit la porte du bureau en grand.
-Que se passe-t-il donc ici ? cria-t-elle.
Harry profita de son entrée pour se faufiler à l'intérieur du bureau. Un des Aurors, surpris par la brusque arrivée de Narcissa Malfoy, sursauta et se retourna en pointant sa baguette sur elle.
Draco réagit aussitôt en sortant la sienne et Harry se mit à grogner sur les Aurors.
-D'où sort ce cabot ? jura l'un des hommes.
-Mère, sortez d'ici ! S'il-vous-plait ! supplia Draco.
Mais la tension qui régnait dans la pièce était presque palpable dans l'air. Ne tenant pas compte de la demande de son fils, Mme Malfoy fit mine de s'avancer, ce qui fit instinctivement réagir Williamson. Il voulut lancer un sort mais son bras fut dévié par la mâchoire de Harry qui s'était élancé sur lui en grondant. Williamson hurla de douleur sous la morsure. Au même moment, Draco voulut protéger sa mère en répliquant lui aussi avec sa baguette. Mais Dawlish l'en empêcha d'un sort de découpe lancé sur son épaule. Draco s'effondra au sol, alors que sa mère se précipitait sur lui.
-Merlin ! Draco ! Qu'avez-vous fait ? cria-t-elle en direction des Aurors.
Du sang s'écoulait abondamment de l'épaule du jeune homme blond à terre, et une importante flaque rouge grandissait à vue d'œil sous lui. Sa mère était penchée sur lui, essayant tant bien que mal de compresser la blessure, des larmes plein les yeux. Sa baguette lui avait été confisquée à l'issue du procès, elle ne pouvait donc pas faire grand-chose magiquement pour son fils.
Harry, quant à lui, rendu encore plus furieux de voir que Draco avait été touché, ne lâchait plus le bras de Williamson, ses crocs s'enfonçant toujours plus dans sa chair, un grondement sourd sortant de sa gorge.
-Merde, Dawlish, fais quelque chose ! Ce putain de cabot me lacère le bras ! pleura Williamson sous la douleur.
Ledit Dawlish asséna un coup de pied dans le ventre de Harry qui vola deux mètres plus loin dans un couinement très peu Gryffondorien.
Un peu sonné par la violence du coup, il reprit ses esprits alors que les deux Aurors s'enfuyaient déjà par le couloir. Il se lança à leur poursuite sans réfléchir à deux fois.
Il ignora la voix tremblante de Draco qui s'adressait à lui.
-Shadow, non !
Les deux Aurors couraient en direction du grand salon, Williamson moins rapidement que son collègue, certainement affaibli par la morsure que lui avait infligé Harry.
-On doit se tirer d'ici vite fait ! cria-t-il à son partenaire. Passons par la cheminée, on dira que c'est une urgence et qu'on a été attaqué, ajouta-t-il en soutenant son bras sanguinolent.
Lorsque Harry déboula à leur suite, les deux Aurors se trouvaient déjà devant la grande cheminée, attendant que les flammes deviennent vertes après avoir lancé de la poudre de cheminette.
-Ministère de la Magie, lança Dawlish d'une voix ferme.
Les deux hommes s'avancèrent en même temps dans les flammes, alors que le petit chien noir, passablement énervé, planta ses crocs dans un des mollets à portée de sa gueule.
Il disparut en même temps que les Aurors dans les flammes verdoyantes.
Aussitôt arrivé dans l'Atrium du Ministère, Harry ne perdit pas une seconde. Il reprit instantanément sa forme humaine et d'un sort de Magie sans baguette, il ligota les deux prétendus Aurors.
Les deux hommes ne comprirent rien à ce qui leur arrivait. Le Sauveur du Monde Sorcier en personne se tenait derrière eux et leur ordonnait d'avancer rapidement en direction du Bureau du Ministre lui-même. Sa Magie crépitait tout autour de lui, lui conférant une aura de puissance impressionnante.
Sous les regards surpris des différents employés qui s'écartaient sur leur passage, l'étrange convoi arriva sans tarder devant le Ministre Kingsley Shacklebolt, qui, alarmé par les bruits de couloirs, était venu à leur rencontre.
-Harry, que se passe-t-il ? demanda celui-ci.
-Je n'ai pas le temps de vous expliquer en détail, Kingsley. J'ai été témoin d'une agression perpétrée par ces deux Aurors en service au Manoir Malfoy. Il y a un blessé. J'ai besoin de toute urgence d'un Médicomage sur place et de deux Aurors fiables pour constater l'agression. Ces deux-là doivent être placés en détention. Je vous expliquerai tout ensuite. Vite ! C'est urgent !
Harry avait débité tout cela d'une voix forte et assurée, si bien que le Ministre le crut sur parole. Lorsque le Sauveur ordonnait, il n'y avait plus qu'à lui obéir.
Kingsley aboya ses ordres à son personnel qui s'était rassemblé autour d'eux. Un homme fut dépêché à Sainte-Mangouste avec pour ordre de revenir avec un Médicomage directement au Manoir des Malfoy. Dawlish et Williamson furent escortés sans égards en direction des cellules. Harry, quant à lui, se retrouva bientôt accompagné de deux autres Aurors alors qu'il courrait à nouveau vers les cheminées de l'Atrium.
Une dizaine de minutes tout au plus s'était écoulée depuis que Harry était parti du Manoir sous l'apparence de Shadow. Lorsqu'il fut de retour sous sa forme humaine accompagné des autres Aurors – qu'il présumait compétents cette fois – il indiqua à l'un d'eux de rester posté près de la cheminée pour accueillir le Médicomage dès qu'il arriverait. Il se précipita ensuite avec l'autre directement vers le bureau en espérant fortement que Draco ne s'était pas vidé de tout son sang entretemps.
Il trouva Mme Malfoy toujours agenouillée auprès de son fils. Elle avait pris l'initiative de se servir de la baguette de Draco pour refermer partiellement ses blessures. Le blond était toujours allongé au sol, le teint encore plus pâle que d'habitude. Il avait perdu beaucoup de sang mais semblait toujours conscient. Un soulagement envahit Harry tout entier.
-Mme Malfoy, un Médicomage est en route. Deux autres Aurors sont là pour prendre vos dépositions. Ceux qui vous ont agressés sont en sûreté dans une cellule du Ministère. Vous ne risquez plus rien.
Elle leva un visage surpris vers lui. Sans lâcher la main de Draco, elle reprit l'air digne que Harry lui connaissait habituellement.
-Mr Potter. Par quelle magie êtes-vous donc ici ?
-C'est…euh…c'est une longue histoire, Madame.
Harry fut sauvé de ses explications par l'arrivée essoufflée du Médicomage. Vêtu d'une robe de sorcier de couleur vert citron portant l'emblème de l'hôpital de Sainte-Mangouste, il se fraya un passage jusqu'au blessé. Il commença sans plus tarder à prononcer des sorts de diagnostic avec sa baguette levée au-dessus du corps de Draco, tout en écoutant le récit de Mme Malfoy.
Harry fit taire sa propre inquiétude. Draco était entre de bonnes mains à présent. Il se tourna alors vers l'Auror derrière lui pour lui expliquer la situation en détail.
-Une fois que vous aurez recueilli les témoignages des victimes ici présentes, il faudra vérifier avec votre collègue les protections magiques mises en place sur le Manoir. Il y a une anomalie dans les barrières magiques. Je peux déjà affirmer que Dawlish et Williamson ont abusé de leur pouvoir en empêchant de laisser entrer ici des visiteurs autres que des Aurors. Il y a probablement eu aussi des intimidations proférées de leur part depuis plusieurs mois à l'encontre de Mme Malfoy et de son fils. Tout cela est bien entendu contraire au jugement donné en juin lors de leur procès. Je retourne au Ministère pour tirer ça au clair. Je compte donc sur vous pour que ces deux victimes soient traitées avec bienveillance et respect. J'ai pour ma part été témoin de l'agression volontaire de ce matin sur la personne de Mr Draco Malfoy par l'Auror Dawlish, même si ma présence ici était inconnue des victimes. Je vous donnerai ma version des faits plus tard. Vous comprendrez.
L'Auror acquiesça à chaque parole de Harry. Il avait après tout devant lui le Sorcier le plus vénéré d'Angleterre. Celui-qui-avait-vaincu.
Après un dernier regard vers le Médicomage penché sur Draco et une fois certain que tout allait s'arranger au Manoir, Harry s'éclipsa discrètement par les flammes vertes de la cheminée du grand salon. Il devait encore s'assurer que Dawlish et Williamson paient pour leurs fautes. Ces enflures ne s'en sortiraient pas indemnes, même si pour cela il lui faudrait revenir sur le devant de la scène pour témoigner. Son récent statut d'Animagus n'allait pas rester secret bien longtemps !
De retour dans l'Atrium du Ministère, Harry souffla pour se donner du courage. Lors de son arrivée fracassante de toute à l'heure, il avait agi dans l'urgence de la situation. L'adrénaline qui pulsait alors dans ses veines lui avait donné l'assurance nécessaire pour faire ce qu'il faut sans se soucier du regard des autres. C'était différent à présent. Il avait conscience d'être le centre de l'attention de chaque personne qu'il croisait. Il devait d'ailleurs s'attendre à ce que tout cela fasse l'objet d'un article dans la Gazette du Sorcier dans l'édition du lendemain. Il essaya de ne pas trop y penser alors qu'il se dirigeait pour la deuxième fois de la journée vers le Bureau du Ministre.
... à demain pour la suite ! N'hésitez pas à laisser vos reviews ;)
