Tout d'abord, merci beaucoup pour vos reviews. Plusieurs d'entre vous commentent à chaque fois, et chaque jour j'attends vos petits messages avec autant d'impatience que si c'était un nouveau chapitre ! Cela me fait très plaisir !
Quelqu'un aussi m'a dit apprécier que l'Animagus de Harry soit un chien (merci 77Hildegard). J'avoue, j'adore les chiens, j'en ai même deux à la maison :)
C'est le cas de Tom Felton aussi, avec sa belle Willow, que vous devez connaître. Ces deux-là sont craquants ! Bref, le choix était vite fait :D
Voilà, vous savez tout...ou presque !
Je ne vous fais pas attendre plus longtemps, la voici !
Je parle de la suite, et de la confrontation entre Harry et Draco bien sûr ;) Bonne lecture !
Bizzz
Didie
5.
Après cette journée passée au Ministère à éclaircir les événements du Manoir Malfoy, Harry se sentait épuisé. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de se demander comment allait Draco. Une partie de lui aurait voulu rester à ses côtés.
Le Ministre Shacklebolt s'était pourtant montré très coopératif. Il avait écouté attentivement Harry lui raconter les événements des derniers jours, histoire d'Animagus y comprise – avec tout de même certains détails en moins. Kingsley n'avait pas besoin de savoir que Harry avait adoré les caresses de Draco Malfoy, ni que le blond avait une odeur délicieuse ! Le Ministre lui avait alors assuré de faire tout son possible pour que sa nouvelle capacité reste confidentielle, malgré l'obligation de se déclarer auprès du Ministère.
Dawlish et Williamson restaient placés en détention provisoire chacun dans une cellule du Ministère, en attendant leur procès. Ils avaient été confrontés en interrogatoire à plusieurs reprises dans la journée. Ils n'avaient même pas nié les faits. Par contre, tous deux restaient convaincus du bien-fondé de leur comportement. Ils n'avaient apparemment pas digéré le fait qu'une partie de la famille Malfoy s'en tire à si bon compte après la guerre, malgré le témoignage de Harry Potter en leur faveur durant leur procès. Selon eux, ils restaient des Mangemorts. C'est pourquoi ils avaient fait du zèle au sein du Manoir. Harry s'en voulait à présent de n'avoir pas pris de nouvelles de Draco avant.
Les deux Aurors dépêchés au Manoir après l'agression étaient rentrés faire leur rapport. Comme Harry leur avait indiqué, ils avaient bien détecté des anomalies dans les protections magiques qui entouraient le domaine. Kingsley pensait d'ailleurs que cela pouvait expliquer l'incapacité de Harry à reprendre forme humaine sur place. Plusieurs bridages de magie avaient été découverts. Les Aurors avaient donc fait appel à des collègues plus experts qu'eux dans ce domaine pour tout remettre en place correctement. Il n'y aurait plus qu'une seule visite de contrôle une fois par mois désormais, seulement pour s'assurer que rien ne clochait. Les Malfoy n'auraient plus d'intrusion dans leur vie privée, ils pourraient enfin recevoir les invités qu'ils souhaitaient.
Durant tout le temps qu'avait duré leur rapport, Harry s'était mordu l'intérieur de la joue pour s'empêcher de poser la seule question qui lui brûlait les lèvres. Est-ce que Draco allait bien ?
Les Aurors avaient répondu à ses prières silencieuses lorsqu'ils mentionnèrent à un moment donné le Médicomage. Son intervention avait été efficace puisqu'il avait refermé la blessure du fils Malfoy sans problème majeur. Celui-ci s'était senti en état de répondre à leurs questions. Il avait cependant refusé d'être transféré à Sainte-Mangouste, préférant se reposer au Manoir.
Nouveau soulagement pour Harry.
Tout rentrait dans l'ordre finalement.
La nuit commençait à tomber lorsque Harry en eut complètement terminé au Ministère. Les Aurors avaient pris son témoignage par écrit. Malgré leur plume enchantée qui transcrivait automatiquement ses mots sur un parchemin, cela avait pris énormément de temps. Harry tenait pourtant à faire une dernière chose avant de rentrer s'effondrer de fatigue sur son lit au Square Grimmault.
Il souhaitait s'expliquer un minimum devant les Malfoy. À moins que sa véritable raison ne soit purement dictée par son inconscient qui voulait, lui, uniquement s'enquérir de l'état de santé de Draco...
Ne sachant pas si la cheminée du Manoir Malfoy accepterait son passage cette fois-ci, n'étant plus accompagné par des Aurors, il décida de transplaner devant les grilles de l'entrée.
Cette fois-ci, elles s'ouvrirent toutes seules devant lui. Il remonta donc la longue allée gravillonnée jusqu'au perron de la bâtisse, le cœur un peu battant. Il sourit en repensant à la manière dont l'avait apprivoisé Draco ici-même. Harry pria intérieurement pour que le blond ne l'envoie pas se faire voir lorsqu'il se retrouverait à nouveau face à lui.
Il actionna l'énorme heurtoir métallique sur la lourde porte d'entrée pour annoncer sa présence.
Sans surprise, c'est un elfe de maison qui lui ouvrit.
Après avoir décliné son identité auprès de la petite créature, celle-ci partit l'annoncer presque aussitôt auprès de la maîtresse des lieux.
Une boule d'anxiété au ventre, Harry se mit à contempler le sapin tout décoré de blanc dans l'entrée. Il lui parut moins imposant que dans ses souvenirs. Les petites luges enchantées continuaient leur manège incessant, comme si aucun événement grave n'avait eu lieu un peu plus tôt dans ces murs.
Harry fut tiré de ses pensées par l'apparition de Mme Malfoy dans l'immense escalier. Elle avait recouvré toute sa dignité, et cette fois, elle ne montra aucune marque de surprise sur son visage en le voyant.
-Mr Potter, je m'attendais à votre venue, dit-elle une fois arrivée à son niveau.
Harry serra la main tendue en hochant la tête dans un signe de politesse.
-Mme Malfoy, je vous devais quelques explications.
-Passons dans le salon, nous serons mieux installés dans ce cas.
Harry la suivit, en essayant de faire taire la légère déception de ne pas voir Draco. Narcissa Malfoy le fit asseoir dans l'un des fauteuils situés près du feu, qui ronronnait comme à son habitude dans l'immense cheminée.
-Comment va Draco ? ne put s'empêcher de demander Harry sans préambule.
-Mon fils va bien, je vous remercie. Il se repose dans sa chambre. Sans votre étonnante intervention, je n'ose imaginer ce qui aurait pu arriver. Je me dois de vous remercier, Mr Potter.
-Ce n'est rien, je vous assure, répondit Harry mal à l'aise. Je…euh…je dois vous remercier également.
-J'avoue que je ne comprends pas, Mr Potter. Plusieurs choses m'échappent. Je ne vois pas en quoi vous devriez me remercier. Il me semble que c'est plutôt ma famille qui vous est redevable, et ceci plusieurs fois.
-Mme Malfoy, je…je ne sais pas trop comment vous expliquer, mais…euh…voilà…vous ne savez pas tout à mon sujet…
Harry regardait ses pieds avec une grande concentration, comme s'ils allaient l'aider à trouver ses mots.
-Vous m'intriguez, Mr Potter. Mais vous pouvez parler sans crainte, je vous assure.
-Oui, voilà, c'est-à-dire que c'est…euh…plutôt compliqué. Je crois qu'une image vaut mieux que des mots.
Quitte à se ridiculiser, Harry se dit qu'il devait prendre son courage de Gryffondor à deux mains, ou du moins le peu de courage qu'il lui restait en cet instant. Il ne savait pas comment Mme Malfoy allait réagir, mais il lui devait bien ça.
Sans bouger de son fauteuil, il ferma les yeux pour se concentrer. Les Aurors lui avaient assuré que tout était rentré dans l'ordre en ce qui concernait les protections magiques des lieux, il n'avait donc rien à craindre. Une fois sa décision prise, il se transforma en Shadow sous le regard ébahi de Narcissa Malfoy, puis reprit aussitôt après sa forme humaine.
-Ça alors, dit-elle en écarquillant les yeux de surprise. Tout ce temps, c'était vous ?
-Je…oui…mais je n'avais pas prévu tout ça, je vous assure. J'étais juste venu pour…pour voir de loin comment allait Draco. Je pensais repartir aussitôt sans que vous n'ayez connaissance de ma visite, mais les anomalies dans vos barrières magiques m'en ont empêché. Je n'ai pas pu reprendre forme humaine non plus. Je suis vraiment désolé pour l'intrusion, Mme Malfoy. Ce n'était pas prémédité de ma part. Je n'ai pas réfléchi. Je m'excuse d'être entré chez vous sans invitation.
-Mr Potter, si vous n'aviez pas été là, les événements auraient pu tourner au drame, vraiment. C'était donc plutôt une brillante idée que celle de passer à l'improviste. De plus, je ne sais pas si vous avez remarqué mais Draco n'a jamais autant souri que lorsque Shadow était là. Lorsque vous étiez là. Vous n'avez pas à vous excuser, bien au contraire.
-Je doute qu'il prenne les choses aussi bien que vous lorsqu'il saura toute l'histoire…
-Ne présumez pas de sa réaction. Je connais bien mon fils, Mr Potter. Il érige des barrières autour de lui, mais cette histoire a prouvé que vous réussissez à dépasser n'importe quelle barrière, n'est-ce-pas ? dit-elle en souriant.
-Merci Madame, répondit Harry en rougissant.
-Appelez-moi Narcissa. Après tous ces événements, c'est bien la moindre des choses.
-Seulement si vous m'appelez Harry, Madame.
-Très bien, Harry. J'imagine que vous n'êtes pas venu ici uniquement pour moi. Vous pouvez monter voir Draco. Vous le trouverez dans sa chambre. Il va mieux, mais doit se reposer. Les potions anti-douleur prescrites par le Médicomage le rendent un peu somnolent. Cela jouera en votre avantage je pense. Je vous laisse monter tout seul, puisque vous connaissez déjà le chemin.
Narcissa Malfoy lui souriait d'un air entendu, ce qui remotiva Harry.
-Merci Madame Malfoy, euh…Narcissa. J'y vais alors…
-Oui, bonne chance Harry ! l'encouragea-t-elle en riant. N'hésitez pas à jouer la carte Animagus, il ne pourra pas résister !
C'était plus facile à dire qu'à faire. En montant les escaliers, Harry avait un peu le sentiment que sa dernière heure approchait. Il était à peu près sûr que le blond n'apprécierait pas vraiment le fait que Shadow et lui ne fassent qu'un. Il avait une chance de s'en sortir vivant si Narcissa Malfoy disait vrai à propos des potions. Si le dragon était à moitié endormi, il y aurait moins de danger.
C'est avec ces pensées qui lui nouaient le ventre qu'il frappa doucement à cette porte familière du deuxième étage du Manoir Malfoy.
N'obtenant pas de réponse, Harry poussa lentement la porte pour entrer.
Draco était allongé dans son lit, adossé à de nombreux oreillers. Il paraissait dormir. Son teint était toujours très pâle - si cela était toutefois possible pour un Malfoy d'être plus pâle que d'ordinaire. Son bras droit était maintenu en écharpe contre son torse. Si Harry avait été Shadow à l'instant, il n'aurait pas réfléchi une seconde de plus. Il aurait bondi sur le lit pour se blottir contre Draco et n'aurait plus bougé de là jusqu'à ce qu'il se rétablisse. Mais les choses étaient beaucoup plus compliquées que cela.
-Potter, qu'est-ce-que tu fais là ? demanda soudain une voix glaciale que Harry connaissait bien.
-Je suis venu voir comment tu allais. Ta mère m'a laissé monter.
-Le Sauveur revient s'assurer qu'il a bien fait son travail ?
-Dra…Malfoy, ce n'est pas du tout ça. Tu semblais plutôt mal en point quand je suis reparti au Ministère, j'étais inquiet, c'est tout.
-Toi, inquiet pour moi ? Tu es bien placé pour savoir que j'ai l'habitude des sorts de découpe, Potter.
Son ton était cinglant, malgré la fatigue qui pouvait se lire sur ses traits. Harry ignora l'allusion. Il n'était pas venu ici pour réagir aux pics de Draco. D'autant plus que Draco devait détester que Harry le voie affaibli. Il s'était attendu à une réaction dans ce genre-là, quoique mentionner le Sectumsempra était plutôt vil de sa part. Le blond essaya de se redresser un peu plus contre ses oreillers, ce qui lui arracha une grimace de douleur. Harry ne put s'empêcher de se précipiter près du lit dans un mouvement pour l'aider.
-Je n'ai pas besoin de ta pitié, Potter. Tu en as assez fait pour aujourd'hui.
-Ce n'est pas de la pitié, Malfoy, dit Harry en reculant du lit, déçu que Draco ne le laisse pas approcher. Tu dois avoir des questions. Je suis venu pour y répondre.
-Il y a effectivement des choses que je ne comprends pas. Comment se fait-il que tu sois arrivé avec ces deux Aurors ? Tu es devenu l'un des leurs pendant l'été ? Pas besoin de diplôme pour le grand Harry Potter ! Ou bien c'est Blaise qui t'a prévenu du problème ? Saint-Potter s'ennuyait et il s'est dit 'Et si j'allais sauver Malfoy encore une fois…' ?
-Ce n'est pas du tout ce que tu crois, Malfoy.
-Alors crache tes explications dans ce cas, qu'on en finisse !
-Déjà, Zabini ne m'a rien dit. Et arrête de t'énerver, ce n'est pas recommandé dans ton état.
-Mon état ne te regarde pas. Tu ne peux pas t'empêcher de jouer les sauveurs, n'est-ce-pas ?
-C'est si mal que ça de venir en aide aux gens d'après toi ?
-Chez toi, c'est une manie qui m'agace particulièrement, Potter. Réponds à mes questions, tu es là pour ça, non ?
-Pas uniquement. Tu caches bien ton jeu, Malfoy, parce que toi aussi, tu joues les sauveurs à tes heures perdues. Et quand on est poli, on dit merci, tout simplement. Donc je suis aussi venu pour te dire merci.
-Potter, tu es toujours aussi incompréhensible dans tes propos, soupira Draco.
La discussion le fatiguait clairement, même s'il ne l'avouerait jamais devant Harry. Harry décida donc d'abréger sa visite. De toute façon, cela ne menait jamais nulle part d'essayer de discuter avec Malfoy.
-Écoute Malfoy, tu dois te reposer. Je vais te laisser. Ta mère t'expliquera tout. Passe de bonnes fêtes de Noël. Zabini pourra venir ici sans problème maintenant.
-Pas si vite, Potter ! Si Blaise ne t'a rien dit, comment tu peux savoir qu'il ne pouvait pas venir ?
-J'ai mes sources, Malfoy, répondit Harry en détournant le regard. Bon rétablissement ! ajouta-t-il en se dirigeant vers le couloir.
-Potter ! Attends ! J'ai encore une question.
Harry se retourna en soupirant. C'était déjà assez difficile comme ça pour lui de devoir partir, malgré le caractère désagréable du blond envers lui. Pourquoi fallait-il que Draco complique tout ? Harry réalisa qu'il s'était attaché à lui plus qu'il ne le pensait. Qu'est-ce qu'il n'aurait pas donné pour le voir lui adresser un de ses magnifiques sourires encore une fois.
Mais au lieu de ça, Draco paraissait hésitant. Cela ne lui ressemblait pas. La question devait être importante pour qu'il s'abaisse à se montrer gêné devant Harry.
-Je t'écoute, Malfoy.
-Je…il y avait un chien avec ma mère et moi au moment de l'agression. On ne m'a rien dit à son sujet. Est-ce-que tu sais si…Est-ce que tu sais où il est ?
La question prit Harry par surprise. Il n'avait pas réfléchi au fait que Draco puisse s'inquiéter pour Shadow. C'était logique pourtant. Du point de vue du blond, le chien n'avait rien à voir avec Harry. Et Shadow avait disparu en poursuivant Dawlish et Williamson. C'était normal qu'il s'inquiète pour son chien.
-Il…il va bien, réussit-il à répondre, un brin d'émotion dans la voix.
-Où est-il dans ce cas ? Les Aurors ne semblaient pas au courant d'un quelconque chien. Ils ne savaient pas de quoi je parlais. Pourquoi toi, tu n'as pas l'air étonné ? Il est où ?
Ainsi, le moment de vérité avait sonné. C'était l'occasion. Harry n'aurait pas de meilleure chance pour tout dévoiler à Draco. Il inspira un grand coup et se transforma durant quelques secondes en Shadow avant de reprendre forme humaine.
La bouche grande ouverte, Draco s'était figé. Pour la toute première fois de sa vie, il restait silencieux devant Harry Potter. Ce dernier aurait pourtant tout donné pour qu'il dise quelque chose cette fois-ci. N'importe quoi sauf le silence.
Incapable de supporter davantage ce face à face éprouvant, Harry préféra s'enfuir. Tout avait été dit de toute façon.
-Satisfait, Draco ? déclara-t-il juste avant de sortir en courant de la chambre. Il n'était pas prêt à supporter les insultes qui suivraient inévitablement le silence. Pas ce soir. La journée avait été trop intense.
-Merde, Potter, reviens ici tout de suite ! entendit-il crier alors qu'il dévalait les escaliers.
Sans même saluer Mme Malfoy une dernière fois, Harry continua sa course jusqu'aux grilles du parc. Il transplana ensuite directement devant le 12, square Grimmault. Sa maison lui sembla bien inhospitalière lorsqu'il grimpa quatre à quatre les escaliers jusqu'à sa chambre. Personne n'était là pour l'accueillir. Même le tableau de Mme Black n'était plus là pour lui lancer des injures depuis que Harry avait rénové les lieux. Tout était tel qu'il l'avait laissé quelques jours plus tôt. Aucun message ne l'attendait. Son absence n'avait inquiété personne, pas même ses amis Ron et Hermione. Ils n'avaient sans doute pas remarqué sa disparition, trop pris par les préparatifs des fêtes, s'attendant à le revoir comme prévu pour le réveillon de Noël.
En s'affalant sur son lit sans même prendre le temps de se déshabiller, Harry sentit la déprime le gagner. La fatigue ne devait pas aider. L'absence de décorations de Noël dans son habitation non plus. Dire qu'il avait cru quelques jours plus tôt que l'intérieur du Manoir Malfoy serait resté aussi lugubre que durant la guerre ! Comme il s'était trompé…
Le souvenir de Draco décorant tous les sapins avec de la magie acheva de le déprimer complètement. Cet imbécile lui manquait déjà.
Il pesta contre lui-même lorsqu'il sentit des larmes rouler sur ses joues. Comment ce foutu blond arrogant pouvait-il lui manquer ? Parce qu'il s'était montré affectueux envers Shadow ? La discussion de ce soir avait pourtant montré à Harry que rien ne changerait entre eux. Leur passé commun était bien trop houleux pour ça.
Dans ce cas, il y a de cela trois jours, qu'est-ce qui l'avait poussé à aller voir si Draco Malfoy allait bien ?
Et bien avant, à Hogwarts, d'où lui venait cette nécessité de toujours vérifier sur sa carte du Maraudeur où se trouvait le blond ?
Était-il possible qu'il éprouve plus qu'un simple intérêt pour Draco ? qu'il y ait quelque chose de plus fort derrière leur rivalité de toujours ? La douleur qui enserrait son cœur en cet instant lui en donna la confirmation.
Draco avait à moitié avoué devant Shadow qu'il avait des sentiments pour Harry. Pourquoi ne lui avait-il jamais rien dit ? Pourquoi agissait-il donc comme ça avec lui ?
Et pourquoi ces foutues larmes n'arrêtaient-elles pas de couler ?
Épuisé, confus, et se sentant terriblement seul, Harry finit par s'endormir d'un sommeil agité.
Plusieurs cauchemars hachèrent sa nuit. Dans chacun d'eux, un jeune homme blond lui souriait tendrement. L'instant d'après, il gisait au sol, inconscient, baignant dans une mare de sang.
Pour la deuxième fois en deux jours, c'est un bruit martelé contre sa fenêtre qui le tira du sommeil.
La bouche pâteuse, les yeux encore collés de ses larmes séchées, il se leva péniblement vers la source de nuisance. Une boule de plumes sombres tapait frénétiquement à son carreau. Harry replaça ses lunettes sur son nez en frissonnant. Tout son corps était transi de froid malgré les vêtements qu'il portait toujours de la veille. Son elfe se faisait décidément trop vieux pour entretenir les feux de cheminée durant la nuit.
Et puis il faut dire que Harry n'avait pas pu se blottir contre Draco durant la nuit cette fois. Une nuit passée à dormir avec le blond avait réussi à rendre toutes les autres fades. Fades et affreusement froides. Harry soupira. S'il avait dormi contre Draco une fois, c'était parce qu'il était Shadow, et non Harry. Il devait s'enlever ces idées de la tête. Cela n'arriverait plus.
Lorsqu'il ouvrit enfin le battant de sa fenêtre couvert de buée, il reconnut Zéphyr, le hibou de Draco. Son cœur rata un battement. Que venait faire Zéphyr ici ?
L'oiseau avait dû voler dans le froid toute la nuit depuis le Wiltshire jusqu'à Londres. Harry s'empressa de le faire entrer et de lui trouver du Miam Hibou qui devait traîner sur son bureau. Zéphyr sembla apprécier l'attention, car il frotta sa tête tout contre Harry en fermant les yeux. Une lettre était enroulée à sa patte. Harry la détacha d'une main tremblante.
Il n'avait rien mangé depuis ce sandwich avalé vite fait au Ministère la veille, c'est donc pour cette raison qu'il tremblait. Pas parce que le hibou de Draco Malfoy lui apportait du courrier.
Une fine écriture parsemée de plusieurs taches d'encre couvrait le parchemin.
Potter,
Quand je te dis de revenir alors que tu t'enfuis lâchement, tu m'obéis ! Point.
Tu m'obliges à t'écrire un parchemin alors que mon bras droit n'est pas encore remis.
Et ce n'est pas pour me faire plaindre comme après cette histoire avec l'hippogriffe de ton ami barbu. Tu excuseras donc les tâches d'encre, ça fait un mal de chien...non, ce n'est pas ce que je voulais dire...ça fait simplement mal de me servir de cette foutue plume !
Tu ne m'as pas laissé le temps de dire quoique ce soit. Je ne suis pas en état de transplaner, je ne sais même pas où tu habites. Donc tu ramènes tes fesses ici vite fait pour qu'on termine cette discussion !
S'il te plait.
D.M.
Harry ne put s'empêcher de sourire devant le parchemin. Draco avait l'air passablement énervé contre lui. Cela avait dû lui coûter énormément d'écrire ce courrier. Surtout les trois derniers mots. C'était un cadeau de Noël en avance. Draco Malfoy lui disant s'il-te-plait. Ce jour était à marquer d'une pierre blanche. Le moral de Harry remonta en flèche.
Ainsi, il voulait qu'il revienne pour discuter.
-Qu'en penses-tu Zéphyr ? demanda Harry au hibou, un sourire toujours aux lèvres. Je crois me souvenir que ton maître n'est pas vraiment du matin. En plus, il faut qu'il comprenne que je ne suis pas un chien très obéissant. Tu crois qu'il m'en voudra si je le fais patienter encore un peu ?
Zéphyr roucoula sous la caresse de Harry.
-C'est bien ce que je pensais. J'ai le temps de prendre une douche bien chaude, ainsi que mon petit déjeuner. Il va mariner encore un peu. Le Sauveur du Monde Sorcier a un emploi du temps chargé après tout !
Lorsqu'il transplana devant les grilles du Manoir Malfoy, la matinée était déjà bien entamée. Le ciel s'était enfin dégagé pour laisser place à un beau ciel bleu. Le froid était encore plus mordant mais les rayons du soleil faisaient étinceler la neige. Harry avait mis un certain temps à choisir les vêtements qu'il allait porter. Il ne voulait pas que Draco pense qu'il ait fait un effort particulier pour lui, mais il voulait tout de même se montrer présentable. Il avait choisi un simple jean noir, une chemise blanche surmontée d'un pull fin vert foncé à col rond. Les mains bien au chaud dans les poches de son caban noir, il remonta l'allée d'un pas confiant. Si Draco avait pris la peine de lui écrire un mot, Harry avait l'avantage.
Il s'annonça à l'elfe de maison. Narcissa Malfoy apparut dans l'encadrement de la porte de la salle à manger.
-Bonjour Harry.
-Bonjour Narcissa. Votre fils m'a demandé de venir.
-Oui, je crois qu'il sera content de vous voir. Il est en haut. Il vous attend, répondit-elle en souriant chaleureusement.
-Merci. Dans ce cas, je ne vais pas le faire attendre plus longtemps.
-C'est gentil à vous d'être si patient avec lui. J'ai parfois l'impression qu'il ressemble un peu trop à son père.
-Je vois ce que vous voulez dire, dit Harry en pouffant.
Narcissa lui rendit un sourire complice et retourna à ses affaires. Sans doute donnait-elle des directives pour préparer la venue de ses premiers invités au Manoir depuis une éternité.
Harry prit tout son temps pour monter les deux étages. Il ne voulait pas arriver essoufflé devant Draco.
Celui-ci devait être sur le qui-vive car il l'invita à entrer à peine eut-il toqué à la porte.
-Ah Potter, c'est toi. Tu en as mis du temps !
-Bonjour à toi aussi, Draco.
Harry insista bien sur l'emploi de son prénom. Il voulait lui faire comprendre qu'un changement de ton s'imposait entre eux. Le blond avait des cernes qui marquaient sa peau pâle. Il n'avait pas dû très bien dormir. Se pouvait-il que Harry en soit la raison ? Il espéra secrètement que c'était le cas. Il était assis dans l'un de ses fauteuils, le bras droit toujours immobilisé contre son torse.
-Comment va ton épaule ce matin ?
-Mieux, merci de demander. Le Médicomage doit repasser dans l'après-midi. Comme la magie du Manoir était encore bridée lors de son intervention hier, ses sorts ont agi un peu moins efficacement que d'habitude. Il veut s'assurer que les entailles se sont toutes refermées correctement. De plus, je n'étais pas censé utiliser mon bras pour écrire, grimaça-t-il.
-Si tu m'as fait venir pour des reproches, il ne fallait pas te donner toute cette peine, Malfoy.
-Tu repasses à Malfoy maintenant ? Je préfère quand tu dis mon prénom, Harry.
-C'est mieux effectivement. Tu voulais me parler ?
-Tu ne m'as pas écouté hier soir quand je t'ai demandé de revenir. Tu t'es enfui.
-Même si les apparences sont contre moi, je ne suis pas ton chien, Draco. Je n'ai pas à t'obéir.
-Ce n'est pas l'impression que tu m'as donnée pourtant, ajouta Draco avec un sourire en coin.
-C'est bon, je repars. Cette discussion ne mènera nulle part !
Harry faisait déjà mine de s'en aller quand Draco l'interrompit.
-Attends, je plaisantais, Harry ! Viens t'asseoir. J'en ai marre de te regarder d'en bas. S'il-te-plait, ajouta-t-il en voyant que Harry n'avait pas esquissé un mouvement.
Deux fois en une journée, c'était vraiment Noël avant l'heure, se dit Harry. Il prit place dans le fauteuil à côté de Draco, attendant la suite en silence. Il n'allait pas lui faciliter la tâche non plus !
Draco regardait droit devant lui, fixant les flammes dans la cheminée comme si elles étaient la chose la plus importante en cet instant. Il se râcla la gorge.
-Déjà, je voulais te remercier pour ce que tu as fait hier. Ils nous menaient la vie dure depuis le procès. J'avais constamment peur qu'ils s'en prennent physiquement à ma mère, donc merci d'avoir mis fin à ce calvaire, prononça-t-il dans un souffle. J'espère que ces enflures auront ce qu'ils méritent. Tu aurais dû les mordre à un endroit plus intime quand même.
-J'ai fait ce que j'ai pu, Draco. Tu n'as pas à me remercier pour ça.
-Laisse-moi terminer, Potter. C'est assez difficile comme ça.
-Harry. Mon prénom, c'est Harry.
-Je sais ! Tais-toi à la fin !
-Ok, ok, je me tais, sourit Harry. Voir Draco faire tant d'efforts pour essayer de lui parler le rendait mignon.
-Ma mère m'a un peu expliqué ce qui t'est arrivé. Ça n'a pas dû être drôle de te retrouver coincé dans le parc par ce froid. Je peux savoir pourquoi à la base tu étais venu pour voir comment j'allais ?
-Je ne sais pas trop. Il n'y avait rien dans la Gazette à ton sujet depuis le procès. J'imagine que de passer de plusieurs affrontements par jour à l'école à plus aucune nouvelle, c'était…un peu trop difficile. Te taper dessus devait me manquer, sans doute, répondit Harry en rougissant.
-Et tu n'as rien trouvé de mieux que de venir en Animagus sans rien dire à personne ? Tu sais qu'il existe ce qu'on appelle du parchemin, Harry. Ça sert à écrire des courriers. Comme celui que tu as reçu ce matin.
-Arrête de te foutre de ma gueule, Draco. Tu n'aurais jamais répondu si je t'avais envoyé une lettre.
-Ça, tu n'en sais rien.
-Peut-être, mais Zabini a l'air de penser que toi non plus, tu n'as pas osé me contacter. C'est bien de moi qu'il parlait dans sa lettre, n'est-ce-pas ?
Le teint pâle de Draco vira à une jolie couleur rosée, tandis qu'il regardait soudain ses pieds.
-Ce n'est pas poli de lire le courrier des autres, Harry.
-N'empêche que j'ai raison. Si je n'étais pas venu incognito, tu aurais subi ce harcèlement encore combien de temps sans rien dire ?
-J'avais peur pour ma mère, tu peux comprendre ça ? lui lança Draco avec un ses regards qui tue dont il avait le secret.
-Oui, je comprends parfaitement. C'est fini maintenant. Ils ne vous menaceront plus, le rassura Harry d'une voix douce.
-Je sais. Merci. Merci de l'avoir défendue, et merci d'avoir envoyé un Médicomage. Ce salaud ne m'avait pas raté.
-De rien, Draco. Puisqu'on en est aux remerciements, merci aussi. Il faisait très froid dehors. Et je manque de pratique pour chasser, donc j'avais plutôt faim aussi.
-C'était assez facile de t'apprivoiser, rigola Draco.
-Tu peux te moquer ! Je pourrais dire la même chose ! Un coup de langue a suffi !
-Comme d'habitude, tu ne réfléchis pas à ce que tu dis. Ta phrase est ambigüe, Harry, se moqua Draco.
C'était au tour de Harry d'avoir le rouge aux joues à présent. Il se reprocha intérieurement son manque de subtilité.
-Tu es mignon en chien, ajouta Draco avec un sourire.
-Seulement en chien ? demanda timidement Harry en levant les yeux vers Draco.
-Tu sais déjà ce que je pense, rougit Draco. Shadow a eu des informations que tu n'étais pas censé avoir.
-Et pourquoi je ne suis pas censé connaître le fond de ta pensée, Draco ? demanda Harry en se rapprochant lentement du blond assis près de lui.
-Parce que tu n'es pas censé m'aimer, murmura le blond en fixant à nouveau le sol de sa chambre.
Harry le força à le regarder dans les yeux en lui relevant doucement le menton. Il plongea dans les deux lacs gris qui lui faisaient face. Son cœur battait à toute vitesse. Son regard se posa ensuite sur les lèvres fines de son ancien rival. Draco était complètement immobile, dans l'attente d'un geste qu'il semblait rêver depuis longtemps. Harry combla alors l'espace qui les séparait en embrassant délicatement les lèvres douces et chaudes. Draco se laissa faire en fermant les yeux. Il répondit au baiser de Harry lorsque celui-ci quémanda doucement l'entrée de sa bouche. Leurs langues se découvrirent enfin, arrachant un gémissement à Draco. Harry n'avait jamais embrassé un garçon, mais ce premier baiser fit exploser en lui des sensations complètement nouvelles. Jamais il n'avait ressenti quelque chose d'aussi fort rien qu'en embrassant quelqu'un. La langue de Draco qui dansait avec la sienne déclencha une douce chaleur au plus profond de son ventre. Draco avait un goût fruité auquel Harry était déjà accro. Comme pour lui montrer que le sentiment était réciproque, Draco glissa sa main gauche derrière la nuque de Harry dans un geste possessif. Lui-même avait passé ses mains dans le dos du blond pour lui signifier qu'il ne le laisserait plus. Le souffle court, ils durent interrompre le baiser pour reprendre leur respiration. Harry posa son front sur celui de Draco. Les deux yeux gris ne quittaient plus son regard.
-Je crois que je t'aime aussi depuis longtemps, mais je ne l'ai réalisé que depuis peu, avoua Harry dans un murmure.
-Tu avais peur, Potter ? sourit Draco.
-Ça te plairait bien, Malfoy !
...la suite demain ! J'attends vos réactions, je réponds à toutes ;)
