Merci encore pour vos reviews, je n'ai pas menti au début quand je disais que ça serait un peu mon cadeau de Noël à moi ;) Je suis heureuse de vous lire à chaque fois !
Je vous souhaite à toutes et à tous un très bon réveillon de Noël ce soir puisque nous sommes le 24 décembre...et dans l'histoire aussi :)
Bonne lecture !
6.
Plusieurs coups frappés à la porte de la chambre les firent sursauter. Harry se recula vivement de Draco lorsque Narcissa Malfoy entra dans la pièce. Harry reconnut avec elle le Médicomage de la veille qui l'accompagnait.
-Draco, Mr Blackwood est passé un peu plus tôt pour t'examiner, annonça-t-elle d'une voix douce.
-Je vais vous laisser dans ce cas, dit Harry en se levant précipitamment.
-Non reste, Harry. Ça ne me dérange pas. Mr Blackwood n'en aura pas pour longtemps de toute façon, rétorqua Draco en lançant un regard hautain au Médicomage.
L'air contrarié de Draco amusa Harry. Le Serpentard semblait n'apprécier que moyennement la visite anticipée du guérisseur de Sainte-Mangouste, et il lui montrait bien. Son visage avait repris son masque de froideur habituel pour lui signifier qu'il l'interrompait dans quelque chose d'important. Cela fit sourire Harry. Ainsi, l'héritier Malfoy aurait plutôt préféré approfondir leur baiser…
Au lieu de cela, il dut s'allonger sur son lit de mauvaise grâce, avec l'air pincé d'un enfant privé de dessert.
Le Médicomage, indifférent aux états d'âme de son patient, commença son auscultation. Narcissa resta debout derrière lui, légèrement en retrait.
Harry, lui, préféra se faire plus discret. Il se rassit dans son fauteuil, tentant du mieux qu'il le pouvait de masquer son trouble à la vue de Draco à présent débarrassé de sa chemise.
-Mr Malfoy, je peux voir que vous n'avez pas suivi mes recommandations. J'avais accepté que vous ne soyez pas admis à l'hôpital à condition de vous reposer. Je vous rappelle que même si vous êtes hors de danger, vous avez perdu beaucoup de sang. Votre corps a besoin de repos strict pour se remettre. Or, il semblerait que vous ne m'ayez pas écouté. Que faut-il que je fasse ? Dois-je vous obliger à passer les fêtes à Sainte-Mangouste ?
Le visage de Draco pâlit sous les remontrances du guérisseur.
-Non, s'il-vous-plait ! C'est juste que je n'ai pas très bien dormi la nuit dernière ! S'il-vous-plait, je… je vous promets de me reposer davantage.
-C'est déjà ce que vous m'aviez promis hier, jeune homme ! De plus, vos blessures n'ont pas cicatrisé autant que je l'aurais voulu. Tout ceci n'est pas très sérieux de votre part !
-S'il-vous-plait, je ne veux pas aller à Sainte-Mangouste pour Noël, supplia Draco.
-Très bien, soupira Mr Blackwood. Je vous autorise à rester ici, mais à deux conditions.
Draco parut soulagé. Il acquiesça en silence. Le Médicomage n'avait pas l'air de plaisanter.
Depuis son fauteuil, Harry se promit de veiller à ce que Draco se repose correctement. Après tout, c'était un peu de sa faute si Draco n'avait pas bien dormi. S'il ne s'était pas bêtement enfui la veille, ils auraient pu mettre les choses à plat avant ce matin.
Mr Blackwood poursuivit.
-Premièrement, je vous immobilise complètement le bras pour les prochains jours. Vous avez interdiction de le bouger. J'ai renforcé les sorts de cicatrisation mais il est important que vous ne fassiez aucun mouvement. Vos blessures n'ont pas pu être refermées en profondeur hier, ce qui retarde légèrement votre guérison. En temps normal, cela aurait été plus rapide.
Draco acquiesça de nouveau sans dire un seul mot. Pour une personne extérieure, son visage n'exprimait rien d'autre que de l'acceptation face à la situation. Mais la lueur d'agacement qui passa dans son regard gris n'échappa pas à Harry. Il avait eu tout le loisir d'étudier son ancien rival à Hogwarts. Il connaissait par cœur toutes les nuances de ses yeux, ainsi que leur signification. Cela devait coûter énormément au blond de se retenir de lancer une pique bien sentie, mais il devait craindre d'être envoyé directement à Sainte-Mangouste s'il osait dire le fond de sa pensée.
-Deuxièmement, je vous prescris des potions de sommeil. Ce n'est pas négociable, Mr Malfoy, dit-il en coupant un début de protestation de Draco.
Il sortit de sa besace deux fioles contenant un liquide violet tout poursuivant ses directives. Vous prendrez celle-ci dès cet après-midi, dit-il en montrant une des flasques. Vous vous réveillerez à temps pour profiter un peu du Réveillon ce soir, mais vous devrez prendre cette deuxième fiole pour la nuit. Il posa les deux flacons sur la table de chevet. Je veux être sûr que vous dormiez correctement. Mme Malfoy, je compte sur vous pour que votre fils respecte ma prescription, ajouta-t-il en se tournant vers Narcissa.
-Il les prendra, affirma-t-elle.
-J'y veillerai personnellement, Mr Blackwood, ajouta Harry sans savoir pourquoi. Il avait encore parlé sans réfléchir.
Cette affirmation lui valut un regard noir de Draco. Sa mère ne lui laissa cependant pas le temps de protester davantage.
-Où sont passées tes manières, Draco ? Harry et Mr Blackwood ne souhaitent que ton bien. Tu ne voudrais pas être transféré à Sainte-Mangouste pour plus de sûreté, n'est-ce-pas ?
-Non, Mère, soupira Draco.
-Mr Potter, si j'ai bien compris, vous allez rester au chevet de votre ami, je vais donc vous montrer comment refaire le bandage pour immobiliser son bras. Vous serez ainsi en mesure de lui refaire si Mr Malfoy souhaite prendre une douche par exemple, continua le guérisseur à l'attention de Harry.
-Je…oui…bien sûr…, bafouilla Harry, en s'approchant du lit, légèrement paniqué.
La requête l'avait pris par surprise. Il se détendit un peu lorsque Mme Malfoy le rassura du regard voyant qu'il cherchait son approbation. Il ne voulait pas s'imposer au Manoir sans y avoir été invité, et encore moins s'improviser infirmier, même si l'idée ne lui déplaisait pas tant que ça.
Par contre, Draco n'allait pas apprécier. C'était certain. Il ne disait toujours rien, mais Harry pouvait lire de la fureur dans ses yeux. Il allait passer un sale quart d'heure lorsqu'il se retrouverait seul avec le blond.
Chassant de ses pensées les images d'un Draco Malfoy en colère, Harry se força à se concentrer sur les explications du Médicomage. Celui-ci, inconscient du malaise qu'il avait provoqué, avait entrepris de replacer le bras de Draco en écharpe tout en enroulant savamment un bandage pour le maintenir plaqué contre son torse. Tout mouvement de son bras droit lui était rendu impossible. Harry se dit qu'il avait peut-être une chance. Si Draco était énervé contre lui, il ne pourrait pas faire grand-chose !
-Vous voyez Mr Potter. Il n'y a rien de compliqué, déclara le Médicomage à l'attention de Harry une fois qu'il eut fini. Mr Malfoy, j'en ai terminé avec vous pour aujourd'hui. Je repasserai dans deux jours. D'ici là, reposez-vous surtout ! Je compte sur vous cette fois.
Draco acquiesça en silence. Le guérisseur s'était déjà levé en direction de la porte pour prendre congé.
-Merci Mr Blackwood. Je vais vous raccompagner, proposa Narcissa avant de se tourner vers les garçons. Draco, Harry, un elfe va vous apporter de quoi manger pour midi. Harry, je compte sur vous pour obliger Draco à prendre la potion de sommeil une fois son repas terminé.
-Oui, Madame…euh…oui, Narcissa, bredouilla-t-il. Au revoir, Mr Blackwood.
-Messieurs, au revoir. Passez de bonnes fêtes ! Madame, je vous suis.
La porte se referma sur eux, laissant place à un silence pesant dans la pièce.
-Tu es content, hein, Potter…, cria tout à coup Draco. Ça doit bien te faire marrer tout ça ! Il faut toujours que tu fasses ton intéressant !
Si Draco était repassé à l'emploi de son nom de famille, ce n'était pas bon signe pour Harry. L'heure des représailles avait sonné.
-Tu te trompes, Draco. C'est un peu de ma faute si tu n'as pas pu te reposer correctement la nuit dernière. J'ai juste voulu t'aider, c'est tout.
-Je ne veux pas de ton aide, je te l'ai déjà dit !
-Écoute, tu es en colère après moi, je l'entends. Mais ton agressivité, tu peux te la garder ! Ça ne marche plus. Je ne partirai pas cette fois.
-Ta vie est-elle si misérable que ça ? Tu n'as rien d'autre à faire que de t'apitoyer sur moi pour Noël ?
-C'était bas, ça, Malfoy. Si tu veux tout savoir, je dois passer la soirée avec Ron et Hermione. Demain, je n'ai rien de prévu, non. Je rendrai probablement visite à mon filleul Teddy et sa grand-mère. Un repas de famille quand tout le monde est mort, c'est un peu compliqué à organiser, tu ne crois pas ?
Harry se tourna vers le feu de cheminée. Encore une fois, Draco avait tapé là où ça faisait mal. Il ne lui ferait pas le plaisir de fuir cette fois-ci, n'empêche, Draco avait réussi à le blesser encore une fois.
L'apparition soudaine de l'elfe de maison dans la chambre l'empêcha de s'attarder sur l'énorme vide qu'il ressentait dans sa poitrine à chaque fois qu'il pensait à sa famille perdue à jamais.
-Maître Draco. Harry Potter Monsieur. Votre repas est prêt. Désirez-vous manger tout de suite ?
-Oui, Vicky. Sers-nous donc, qu'on en finisse, répondit Draco d'un ton fatigué.
-Bien Maître Draco, répondit la créature en se courbant jusqu'au sol.
Elle disparut aussitôt, et deux plateaux repas apparurent sur le bureau. Harry s'en approcha en silence. Il se saisit du plateau de Draco pour le poser sur le lit à côté du blond, sans lui accorder le moindre regard. Puis, sans un mot, il retourna s'installer au bureau pour commencer son propre repas. Il entendit Draco pester tout seul dans son coin, mais s'obligea à ne pas se retourner. Il continua de déguster son assiette de rôti et pommes de terre sautées sans rien dire. Cinq bonnes minutes s'écoulèrent avant que Draco se râcle la gorge.
-Harry…je…désolé. Tu es fâché ?
Il devait vraiment ne pas être dans son état normal pour bredouiller un début d'excuse. Harry soupira.
-Non, Draco, je ne suis pas fâché. Ça fait juste mal de me rappeler combien ma famille me manque.
-Désolé, je n'ai pas réfléchi. Je suis juste surpris que tu veuilles rester ici pour Noël. Tu veux bien te rapprocher…s'il-te-plait ?
Harry s'exécuta. Il s'assit au bout du lit avec son plateau. Il n'avait jamais entendu Draco dire autant de fois s'il-te-plait que ces dernières 24h.
-Tu ne manges pas ? Tu n'as pas touché à ton assiette. Tu n'as pas faim ? s'étonna-t-il soudain.
Draco grimaça.
-Si…mais…jenepeuxpascoupermavianded'uneseulemain, marmonna Draco, gêné.
-Hmm, articule, je n'ai rien compris, s'amusa Harry, ayant parfaitement compris la nature du problème.
-Je n'arrive pas à couper cette foutue viande tout seul ! Tu es content ? fulmina Draco.
Si de la fumée avait pu sortir de ses narines à cet instant, plusieurs jets auraient jailli.
-On dirait que tu as besoin de mon aide finalement, dit Harry calmement. Il avait l'impression d'avoir devant lui un enfant vexé d'avoir encore besoin de l'aide de ses parents. Il essaya de ne pas paraître amusé, mais il était moins doué que Draco pour masquer son ressenti. Il ne put retenir un début de sourire sur son visage.
-Potter, arrête de te foutre de ma gueule ! Et coupe-moi ce fichu morceau de viande si tu veux que je mange !
-C'est demandé si gentiment. Mais il manque le mot magique si tu veux que je t'aide.
-Quoi ? demanda Draco sans comprendre.
-C'est une expression Moldue. Le mot magique, c'est s'il-te-plait. Tu l'as déjà dit beaucoup de fois en une journée, alors je vais passer pour cette fois.
Harry s'approcha du plateau repas de Draco et lui coupa sa viande en souriant devant l'air ahuri du blond en face de lui.
-Tu veux que je te donne à manger aussi, ou tu y arrives avec la main gauche ?
Draco lui lança des éclairs avec les yeux. Il arracha la fourchette des mains de Harry pour la planter rageusement dans son assiette.
-Tu sais, la politesse voudrait que tu dises merci. Mais tu dois le savoir avec ton éducation, ajouta Harry, moqueur.
-Potter, n'en rajoute pas, c'est déjà assez humiliant pour moi comme ça.
-Ça ne devrait pas pourtant. Ça ne va pas te tuer d'accepter que tu aies besoin d'aide, tu sais. Tu n'y peux rien si tu es blessé. Tu as voulu protéger ta mère, il n'y a rien de honteux à cela. Mais si tu préfères que je parte, dis-le-moi, et je te laisse.
-Non, reste…s'il-te-plait, murmura Draco après plusieurs secondes sans rien dire.
Un grand soulagement s'empara de Harry. Durant un instant, il avait eu peur que le blond lui demande de partir. Il retourna s'asseoir au bout du lit pour terminer son repas. Le silence s'installa entre eux, sans qu'il soit inconfortable. La tension était retombée.
Harry débarrassa les plateaux sur le bureau une fois qu'ils eurent terminé de manger tous les deux. Tout disparut aussitôt, récupérés par les elfes en cuisine sans doute.
Harry contourna le lit pour s'asseoir au bord, près de Draco.
-Au dodo maintenant, dit-il d'un ton qu'il voulait protecteur.
-Seulement si tu restes.
-Tu essaies de négocier ? C'est bien Serpentard, ça.
-S'il-te-plait… ajouta Draco en faisant une petite moue que Harry trouva craquante.
-Je vois que l'usage du mot magique devient presque naturel chez toi ! Je dois aller faire quelques achats de Noël que je n'ai pas eu le temps de faire puisque j'étais coincé ici, si tu te rappelles bien. Mais je reviens avant que tu te réveilles, ça te va ?
-D'accord, soupira Draco.
Il semblait résigné à son sort. À moins que la fatigue n'ait finalement eu raison de lui. Harry lui tendit une des fioles de potion. Draco l'avala d'un trait sans quitter son regard. Il laissa ensuite Harry l'aider à s'allonger sous les couvertures.
-Ferme les yeux maintenant. Je reste le temps que tu t'endormes.
Draco obéit sans rien dire. Harry lui trouva un côté fragile qu'il ne lui connaissait pas jusque-là. Il posa ses lèvres délicatement sur les siennes dans un chaste baiser. Draco frémit sous le baiser mais garda ses yeux fermés. Harry eut soudain envie de passer sa main dans la chevelure blonde du jeune homme. Il constata qu'elle était d'une incroyable douceur. Il resta ainsi de longues minutes à caresser ses cheveux jusqu'à ce que sa respiration s'apaise.
-Dors bien, murmura-t-il en l'embrassant doucement sur le front. Tu ressembles à un ange quand tu es endormi.
Il s'éclipsa sans bruit jusqu'au rez-de-chaussée où il retrouva Mme Malfoy assise dans le grand salon.
-Il dort. La potion a fait son effet je crois.
-Merci beaucoup Harry. J'espère que vous accepterez de rester parmi nous pour les fêtes, lui demanda Narcissa. Nous ne recevons personne pour le réveillon, mais demain, plusieurs camarades de Draco doivent venir. J'ai contacté également plusieurs de mes anciennes amies, mais je crains qu'il ne faille encore un peu de temps pour qu'elles acceptent mes invitations.
-Je suis désolé de l'entendre. Cela ne doit pas être évident pour vous.
-Ma situation pourrait être bien pire, Harry, et vous le savez très bien. Grâce à vous, j'ai appris à apprécier davantage ce que j'ai. Qui serais-je pour me plaindre ? J'ai une belle maison, un grand jardin. Et mon fils avec moi. J'ai tout ce dont j'ai besoin.
-Je sais que ça ne me regarde pas, mais puis-je vous poser une question, Narcissa ?
-Vous pouvez me demander n'importe quoi, Harry.
-Voilà, je me disais que…puisque c'est Noël demain, vous pourriez peut-être inviter votre sœur Andromeda… Elle passe Noël seule avec son petit-fils Teddy. C'est mon filleul. Vous ne vous êtes pas vues depuis très longtemps. C'est peut-être l'occasion de renouer des liens…
Harry triturait ses doigts, redoutant la réaction de Narcissa. Il craignait d'être allé trop loin. L'idée lui était venue juste avant, lorsqu'il avait mentionné Andromeda et Teddy devant Draco. Mme Malfoy n'était toutefois peut-être pas prête pour des retrouvailles. Elle n'avait toujours pas répondu, ce qui laissait supposer un refus de sa part.
-Pardonnez-moi, je n'aurais pas dû me mêler de vos affaires. Oubliez ce que je viens de dire, c'était maladroit de ma part.
-Non, non, Harry. C'est une très bonne idée au contraire. J'ai été surprise, c'est tout. Vous avez raison, je vais lui envoyer un hibou. Ces vieilles querelles n'ont plus lieu d'être.
-Je vais vous laisser dans ce cas. J'ai quelques courses à faire.
-Puis-je espérer vous compter parmi nous ce soir et demain ? Je ferai préparer une chambre pour vous.
-C'est gentil à vous. J'ai promis à Draco de revenir avant qu'il se réveille, mais je suis invité chez des amis ce soir.
-Dans ce cas, revenez au Manoir après votre soirée. Vous êtes ici chez vous, j'espère que vous le savez. Et je compte sur vous pour passer Noël avec nous demain. Draco ne vous l'a sans doute pas dit, mais cela lui ferait plaisir.
-Merci de votre invitation, Narcissa. J'accepte avec joie.
-Tout le plaisir est pour moi, Harry.
Si Andromeda acceptait de renouer avec sa sœur, Harry aurait peut-être un Noël en famille après tout. Mais avant cela, il lui fallait trouver des cadeaux pour tout le monde, et ce n'était pas la partie la plus drôle dans son cas. Il n'avait vraiment pas envie de prendre un bain de foule sur le Chemin de Traverse aujourd'hui. Il décida de tester une autre solution, qui avait été plutôt concluante cet été lorsqu'il avait tenté l'expérience pour la première fois.
Il transplana depuis les grilles du Manoir directement près de la rue commerçante sorcière située à Paris. En France, les sorciers ne le reconnaissaient pas autant qu'en Angleterre. Le Sauveur du Monde Sorcier avait donc un peu plus d'intimité lorsqu'il voulait faire des courses de manière plus sereine. Le transplanage jusque Paris était juste un peu plus fatigant du fait de la distance. De plus, il ne maîtrisait pas beaucoup la langue de Molière.
La rue commerçante sorcière à Paris, surnommée la Place Cachée, était située près du quartier Montmartre. La capitale française n'avait pas lésiné sur les décorations de Noël non plus, songea Harry en arrivant devant la statue marquant l'entrée de la rue sorcière. Celle-ci s'anima pour dévoiler un passage dans son socle. Harry s'y engouffra. La rue était bondée. De nombreux sorciers avaient eu la même idée que lui. Tous étaient là pour des achats de dernière minute, courant d'un magasin à l'autre dans un capharnaüm impressionnant.
Harry décida de commencer par la confiserie enchantée . Il y trouverait son bonheur pour Ron. Il lui choisit un assortiment de plusieurs spécialités françaises ainsi que des fondants du Chaudron.
Il passa ensuite à la librairie Magillard où il trouva un livre sur l'histoire de la Magie française pour Hermione. Le texte pouvait être lu dans plusieurs langues.
Pour Narcissa et Andromeda, il trouva des foulards en soie de la dernière mode en France.
Teddy n'était encore qu'un bébé, mais Harry lui trouva une petite peluche en forme de vif d'or qui était enchantée pour pouvoir voler indéfiniment au-dessus du berceau de l'enfant. Cela serait son premier cadeau de Noël en tant que parrain. Il se sentit soudain tout joyeux.
Il ne lui restait plus que le cadeau de Draco à trouver. Harry n'aurait jamais imaginé avant ce jour avoir l'occasion de lui offrir quelque chose. Il ne savait même pas ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Ils n'étaient plus rivaux, c'était certain. Ils avaient échangé un baiser. Pouvait-il le considérer comme son petit ami désormais ? Une douce chaleur se diffusa à l'intérieur de son corps à cette idée. Il était sûr que son visage arborait un sourire niais également, mais il s'en fichait. Ici, personne ou presque ne le connaissait vraiment. Une idée germa alors en lui.
Satisfait de son shopping de Noël de dernière minute après presque deux heures passées dans la capitale française, Harry transplana devant sa maison londonienne cette fois. Il devait apporter quelques affaires avec lui s'il voulait passer quelques jours chez les Malfoy.
Il emprunta sa cheminée pour rallier le Manoir en fin d'après-midi. La nuit commençait à tomber. Sa journée avait été bien remplie, il n'avait qu'une envie : se reposer un peu auprès de Draco avant d'aller rejoindre Ron et Hermione un peu plus tard. Dire que Draco dormait toujours à cette heure-ci. Pour lui, le temps s'était arrêté dans un sommeil sans rêves, alors que Harry avait couru partout.
Narcissa l'accueillit avec un sourire chaleureux. Elle lui montra sa chambre, juste en face de celle de Draco. Harry déposa ses affaires et s'empressa de retourner au chevet du blessé. Comme prévu, il dormait toujours. Son visage était détendu et paisible. Harry approcha un fauteuil près du lit pour le regarder dormir. Le calme de la pièce était apaisant après toute cette frénésie dans les magasins. Narcissa lui avait fait porter un thé avec des petits sablés. Harry les grignota tout en se détendant en sirotant son thé chaud. Ses pensées dérivèrent bientôt sur tous les événements des derniers jours. Si on lui avait dit cela avant sa venue secrète au Manoir, il ne l'aurait pas cru. Seuls quelques jours étaient passés, mais Harry avait l'impression de toute une vie.
Fatigué de son escapade parisienne, Harry n'était pas contre s'allonger un peu. Il voulait le faire contre Draco, mais ne savait pas comment celui-ci le prendrait à son réveil si Harry dormait contre lui. Il ne lui fallut pas longtemps pour prendre sa décision. À peine quelques secondes plus tard, Shadow se blottit sur le lit contre le corps chaud de Draco. Les sensations lui avaient tellement manqué. Il soupira d'aise et s'endormit, calant son souffle sur la respiration profonde du jeune homme blond à côté de lui.
Harry, ou plutôt Shadow, s'éveilla avec la délicieuse sensation d'une main qui caressait sa fourrure. Il s'étira en baillant. Cette petite sieste lui avait fait énormément de bien. La voix de Draco le tira définitivement du sommeil.
-Avoue, Harry, tu ne peux plus te passer d'être mon chien, lui disait-il avec un sourire éclatant tout en lui gratouillant derrière les oreilles.
Shadow se redressa et sauta sur le sol en s'ébrouant. Harry réapparut à côté du lit.
-Si c'est Shadow qui te donne autant le sourire, alors oui, je ne m'en lasserai jamais, répondit Harry en s'asseyant au bord du lit. Bien dormi ?
-Oui, comme un bébé, répondit Draco en se redressant contre ses oreillers. Il est tard ?
Harry sortit sa baguette pour lancer un Tempus.
-Il est presque sept heures du soir. Je vais devoir bientôt me préparer pour rejoindre Ron et Hermione. Ta mère m'a proposé de rester ici plusieurs jours, mes affaires sont dans la chambre en face.
-Ah oui, c'est vrai. Tu rejoins la belette et Miss-je-sais-tout. Ils sont toujours ensemble ?
-Draco, ne les appelle pas comme ça ! Et oui, ils sont en couple. On doit se retrouver dans l'appartement au-dessus du magasin des Sorciers Facétieux. Georges passe la soirée chez ses parents.
-Et demain, tu n'es pas invité chez les rouquins ?
-Je n'y vais plus très souvent. C'est…compliqué. Ginny n'a pas très bien pris notre rupture, et j'ai beaucoup de mal à affronter le regard de Georges. C'est un peu de ma faute si Fred est mort, tu comprends.
-Ils t'en veulent ?
-Non ! Non, je ne crois pas. C'est moi. Je me sens coupable à chaque fois qu'ils m'accueillent chez eux, c'est tout, murmura Harry en regardant ses mains.
-Harry, regarde-moi. Tu n'es pas responsable, tu m'entends ? Il y avait une guerre. Une guerre ! S'il doit y avoir un coupable, c'est Face de Serpent ! Et grâce à toi, il n'est plus là pour manipuler tout le monde. Salazar merci, toute cette merde est terminée.
-Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! s'indigna Harry. Tu restais le seul à te moquer de tous ces surnoms du Sauveur et tout, dont on m'affuble. Si même toi tu rejoins l'opinion publique, le monde tourne à l'envers.
-Tu sauras qu'un Malfoy reste bien au-dessus de l'opinion publique, cher Harry. Tu entache ma fierté à me comparer au reste du monde ! Ça méritera représailles, je te le dis ! L'Élu s'en mordra les doigts ! déclara Draco avec son sourire en coin caractéristique.
-Ah oui ? Tu sais ce qu'il te dit, l'Élu ?
-Non, mais je vais bientôt le savoir.
-L'Élu te dit que pour l'instant, l'héritier Malfoy n'est pas trop en état de promettre des représailles, et que s'il veut aller prendre sa douche avant que je l'aide à s'habiller, c'est maintenant ! Sinon, il passera son réveillon en pyjama.
Draco lui tira la langue, vexé que Harry lui rappelle son état.
-Allez, debout Marmotte ! Sinon je vais être en retard.
-La marmotte préfère rester en pyjama, rétorqua Draco.
-Je ne pense pas que ta mère apprécie. Allez, lève-toi. Tu es capable de te savonner d'une seule main, ou tu veux que je te lave aussi ?
Harry se gifla mentalement d'avoir parlé encore une fois sans réfléchir.
Draco n'avait pas répondu, mais ses joues s'étaient teintées de rose. Il se leva en bougonnant quelque chose d'incompréhensible, tout en évitant soigneusement de croiser le regard de Harry. Heureusement, car lui-même avait soudain très chaud.
-Bon, je te laisse. Je vais prendre une douche moi aussi. Je fais vite, ensuite je referai ton bandage avec une bande que Mr Blackwood a laissé.
Et il fila de l'autre côté du couloir sans attendre la réponse.
Lorsque Harry revint dans la chambre, habillé d'un jean et d'une chemise noire, Draco s'était séché en partie et avait réussi à enfiler seul un pantalon. Une serviette était posée de travers sur ses épaules. Il attendait patiemment assis au bord du lit que Harry l'aide pour la suite. Ses cheveux blonds étaient encore mouillés. Des mèches retombaient en désordre sur son front.
Lorsqu'il s'approcha de lui, son cœur se mit à accélérer. C'était une chose d'avoir vu Draco nu lorsqu'il était Shadow, c'en était une autre de découvrir son corps, même partiellement vêtu, en tant que Harry.
Il avança ses mains tremblantes sur la bande de tissu mouillé pour commencer à la dérouler. Draco restait immobile et silencieux, mais ses yeux trahissaient légèrement son émoi. Il évitait de regarder Harry dans les yeux pendant que celui-ci libérait son bras. S'il avait croisé son regard, il se serait rendu compte que Harry était troublé aussi. Chaque fois que ses doigts effleuraient la peau de Draco, il était parcouru par d'intenses frissons.
-Ne bouge pas ton bras, je vais enlever le tissu qui le maintient en écharpe maintenant, lui dit-il dans un souffle.
Draco se retrouva bien vite complètement torse nu devant lui. Il ne disait toujours rien, même s'il se laissait faire.
-Tu veux mettre quelle chemise pour ce soir ? demanda doucement Harry.
-Prends n'importe quelle chemise blanche dans l'armoire, ça ira.
Si Draco lui laissait le choix, c'est qu'il n'était vraiment pas à l'aise. Harry se dirigea vers l'immense armoire et choisit une chemise blanche dans la penderie. Le tissu était très doux au toucher. Une chemise de très grande qualité qui avait dû couter son pesant de Gallions, songea Harry. Il ne fit pourtant aucun commentaire. À la place, il retint son souffle lorsqu'il aida Draco à passer le bras dans la manche. Cette proximité avec lui le mettait dans tous ses états. Il se faisait violence pour rester concentrer sur sa tâche, à savoir aider Draco à s'habiller, et non l'inverse. Une fois les deux manches enfilées, il incita Draco à se mettre debout devant lui pour pouvoir boutonner chacun des boutons. Il sentit Draco frissonner plusieurs fois également lorsque ses doigts effleurèrent son torse.
-Tu as besoin d'aide pour rentrer ta chemise dans ton pantalon ? demanda ensuite Harry.
-Tu réfléchis toujours aussi peu, Harry, rétorqua Draco en fermant brièvement les yeux.
-Pas besoin de revenir au sarcasme, Draco. Tu t'en sortais bien jusque-là.
Harry se retrouva donc en train de glisser la chemise du blond tout autour de la ceinture de son pantalon, alors qu'en pensée, son envie était tout autre. Draco se mordillait la lèvre inférieure, ce qui n'arrangeait pas les images qui défilaient dans sa tête. Malgré lui, il soupira de soulagement lorsqu'il eut accompli sa mission.
-Tu as pourtant accompli des choses beaucoup plus compliquées dans ta vie, non ? demanda Draco comme s'il avait lu dans ses pensées.
-Je n'ai pas encore tout à fait fini, alors ne me déconcentre pas, s'il-te-plait…
Il le fit se rasseoir au bord du lit, tandis qu'il replaçait son bras droit dans une écharpe, pour ensuite l'immobiliser à nouveau contre son corps. C'était plus facile qu'il ne le croyait, maintenant que Draco portait une chemise. Sa peau si douce ne le suppliait plus d'en toucher chaque parcelle.
-Voilà, Monsieur est habillé. Tu veux enfiler une veste par-dessus ?
-Oui, s'il-te-plait, murmura Draco.
-Alors, ta fierté a-t-elle survécu ? demanda Harry pour détendre l'atmosphère.
-On dirait bien que oui, admit Draco sur le bout des lèvres.
Harry s'approcha pour poser la veste assortie au pantalon sur ses épaules et l'aida à enfiler son seul bras valide.
-Ça mérite une récompense dans ce cas, conclut Harry.
Un éclat intéressé passa soudain dans les yeux gris.
-Laquelle, Mr l'infirmier ?
-Lève-toi, lui ordonna Harry.
Draco obtempéra du premier coup. Cette fois, son regard était plongé dans celui de Harry, attendant la suite.
Harry s'approcha doucement de son vis-à-vis pour enfin goûter à nouveau aux lèvres légèrement entrouvertes. Ses mains se posèrent en coupe de chaque côté de son visage pour approfondir le baiser, tandis que Draco s'accrocha d'une main à sa taille, comme pour se retenir de vaciller. Il lui autorisa l'accès à sa bouche et gémit lorsque leurs langues retrouvèrent leur danse sensuelle.
-J'ai attendu toute la journée pour t'embrasser à nouveau, avoua Harry lorsqu'ils reprirent leur respiration.
-Tu aurais dû commencer par ça tout de suite, concéda Draco. Je serai plus coopératif les prochaines fois s'il y a des récompenses, avoua-t-il en cherchant à nouveau le contact avec les lèvres de Harry.
Ce dernier lui accorda un second baiser en fermant les yeux de plaisir. Il ne pourrait jamais se lasser du goût fruité de sa langue qui explorait chaque recoin de sa bouche. Avant que tous ces efforts d'habillage ne soient réduits à néant si Draco continuait de l'embrasser ainsi, Harry se recula, à contre-cœur.
-Draco…murmura-t-il. Il faut vraiment que j'y aille, ou je vais être en retard.
-Très bien, mais reviens vite. Je ne boirai aucune potion tant que tu n'es pas rentré.
-C'est du chantage, ça, beau blond.
-Oui, je sais, sourit Draco.
-Tu as de la chance, j'aime bien jouer les infirmiers, alors je ne rentrerai pas tard.
-J'ai hâte de retrouver mon animal de compagnie dans ce cas ! plaisanta Draco.
Harry lui asséna un coup sur son épaule valide.
-Aïe !
-Fais attention ou ton autre épaule va subir le même sort, tu feras moins le malin !
-Si tu doubles les récompenses, ça me va, cher infirmier.
-Pour ça, il faut être sage, lança Harry avec un grand sourire. Passe une bonne soirée, je file !
-Mouais, bonne soirée à toi aussi ! lui répondit Draco, frustré de ne pas avoir le dernier mot.
Lorsque Harry revint peu avant minuit, Draco jouait aux échecs sorciers avec sa mère dans le salon.
-Bonsoir Harry. Vous rentrez tôt. Votre soirée avec vos amis s'est bien passée ? demanda Narcissa en le voyant sortir des flammes vertes.
-Oui, merci Narcissa. J'ai passé une excellente soirée. Je ne voulais pas rentrer trop tard. Draco a une potion à prendre.
-Je vois que vous prenez votre rôle très au sérieux, dit-elle en souriant. Mr Blackwood sera ravi de voir que mon fils a bénéficié d'une étroite surveillance.
-Vous savez que vous n'êtes pas obligés de faire comme si je n'étais pas là ! s'indigna Draco.
-Mon chéri, Harry et moi avons ta santé à cœur depuis très longtemps, c'est pour ça, lui répondit sa mère en riant.
Harry sourit à l'allusion. Cette soirée dans la forêt interdite face à Voldemort semblait tout à coup si lointaine. Narcissa Malfoy avait dû boire un peu d'alcool ce soir, pour se montrer si détendue. À moins qu'elle ne considère plus Harry comme une personne extérieure à sa famille. Elle se montrait en tout cas étonnamment ouverte avec lui maintenant.
-Je vais vous laisser les garçons. Demain, nous recevons des invités pour la première fois depuis une éternité, et je n'ai pas vu certaines personnes depuis de trop nombreuses années. Je vais monter me coucher. Merci Harry pour cette brillante idée. Ma sœur a accepté de venir, avec votre filleul bien sûr. Je suis très heureuse que vous fassiez partie de la famille ! Je vous souhaite une très bonne nuit à tous les deux. Et toi Draco, repose-toi aussi.
-Oui, Mère. Bonne nuit.
-Bonne nuit à vous aussi, Narcissa.
Une fois qu'elle fut sortie du salon, Draco se tourna vers Harry.
-Alors, ta soirée avec Weasley et Granger, c'était bien ? demanda-t-il.
-Oui, j'étais content de les revoir, même s'ils m'ont bombardé de questions suite à l'article qui est paru dans la Gazette.
-Et ? Que leur as-tu répondu ?
-Comme je fais d'habitude, je leur ai tout expliqué.
-Tout ?
-Oui, tout, Draco. Ils savent que je suis un Animagus, que je me suis retrouvé coincé ici, que j'ai fait arrêté deux Aurors, et que je passe Noël chez toi.
-Et ?
-Serais-tu inquiet, ou je me trompe ? demanda Harry avec un sourire.
-Pas du tout, je veux juste savoir ce qu'ils ont dit.
-Mais bien sûr, le nargua Harry. Je ne savais pas qu'il y avait tant d'insécurités chez le Prince des Serpentard, fit-il dans un clin d'œil.
-Tu racontes n'importe quoi. Un Malfoy n'a jamais aucune insécurité.
-Je n'ai donc pas besoin de te rassurer ? continua Harry en rentrant dans son jeu.
-Non, pas du tout. Leur avis ne m'intéresse pas de toute façon.
-Alors au lit ! Il est tard.
-Allez, Harry, tu peux bien me le dire. Ils ont dit quoi ?
Harry s'amusa de la réaction enfantine du blond. Décidément, la glace qu'il érigeait auparavant autour de lui fondait de plus en plus souvent.
-Hermione est contente pour nous. Elle m'a affirmé qu'elle se doutait depuis longtemps qu'on finirait par… s'apprivoiser. Ron, lui, s'est étouffé avec la bûche de Noël. J'ai bien cru devoir l'emmener à Sainte-Mangouste, mais je n'avais pas envie d'avoir un deuxième patient.
-J'espère bien ! Il ne manquerait plus que tu me partages avec la belette !
-Draco ! Ron a un nom et un prénom !
-C'est bon, j'essaierai de m'en rappeler, ronchonna Draco. J'aurai bien aimé voir sa tête en tout cas, ricana-t-il.
-Ce n'est pas très gentil de te moquer. Allez, au lit, de toute façon ! Tu dois dormir, ordre du Médicomage je te rappelle.
Draco soupira, mais se laissa trainer par la main jusqu'à la chambre.
Conscient de l'effet qu'il faisait à Harry, il laissa tomber sa veste par terre, puis retira ses chaussures et chaussettes rapidement, avant de se débarrasser de son pantalon d'une main. Il se retrouva bien vite vêtu uniquement de sa chemise et d'un boxer, devant Harry, qui ne pouvait s'empêcher de le dévorer du regard.
-Si je me mets au lit sans discuter, j'aurais une récompense ?
-Oui, répondit Harry dans un souffle en comblant la distance entre eux.
Il l'embrassa plus brutalement que les autres fois, le poussant jusqu'à le faire chavirer sur le lit. Harry se retrouva penché au-dessus de Draco, à moitié affalé sur le matelas.
-Tu dormiras avec moi cette nuit, Mr l'infirmier ? réussit-il à demander entre deux attaques de Harry sur ses lèvres.
-Je dois surveiller mon patient de très, très près, alors oui, je vais rester.
-Ton patient… ou ton maître ? osa ajouter Draco.
-À toi de me le dire, dit Harry en déglutissant. La température était montée en flèche entre eux, et il s'obligea à prendre un peu de distance avant de ne plus réussir à se contrôler.
Draco aussi se cala un peu plus dans les oreillers, le souffle court.
-Je dois dormir, alors je serai un gentil patient, murmura-t-il.
-C'est raisonnable de ta part, c'est bien. Demain, c'est Noël, tu auras d'autres récompenses dans ce cas, sourit Harry. Je reviens, mon pyjama est dans ma chambre.
Une fois de l'autre côté du couloir, Harry s'obligea à respirer profondément pour calmer les battements frénétiques de son cœur. Le rôle d'infirmier était décidément difficile à tenir, surtout si Draco continuait de le provoquer ainsi. Ce n'était pas humain de faire autant d'effet. Heureusement que le blond était forcé de dormir cette nuit, sinon Harry ne serait pas capable de résister bien longtemps.
Il revint quelques instants plus tard, vêtu d'un pantalon de pyjama bleu à carreaux et d'un t-shirt blanc. En évitant de croiser les deux yeux gris dans lesquels il risquait de se noyer, il saisit le flacon de potion de sommeil sur le chevet.
Il le tendit à Draco avant de venir s'allonger contre lui dans le lit, pour la première fois en tant qu'humain.
Draco hésita un instant, mais il avala tout de même la potion violette avant de changer d'avis. Il ne l'avouerait jamais, mais la menace de passer quelques jours à Sainte-Mangouste s'il ne dormait pas le terrifiait plus que tout. Et puis, Harry resterait près de lui, c'était tout de même un beau cadeau de Noël.
Il s'allongea en soupirant alors que Harry éteignait les lumières avec un sort.
Bientôt, Draco s'endormit dans les bras de son petit ami, qui, lui, mit un peu plus de temps à trouver le sommeil…
...rendez-vous demain pour le dernier chapitre ;) Passez un très bon réveillon !
