Bonjour !
Voici une nouvelle fiction, qui sera assez courte mais qui me tient particulièrement à coeur. C'est une date assez compliquée pour moi aujourd'hui mais on va tâcher de garder le sourire hein ! Au début, je voulais faire quelque chose d'assez court, du style d'un OS mais je me suis un peu emballée et disons que l'on clôturera cette fiction pour Noël, si tout va bien ^^
Bien sûr, il y aura du Royai mais c'est plutôt centré sur Riza, j'aime beaucoup son personnage comme vous vous en doutez et tout correspondait assez bien avec ce que je voulais écrire ^^
J'espère que vous apprécierez ce nouveau "style" d'écriture, j'ai l'impression que c'est assez différent de ce que je fais normalement, à vous de me dire ^^ C'est rare que je le dise, d'ailleurs, mais je crois que je suis assez satisfaite de ce que je vous présente aujourd'hui.
Allez, bonne lecture !
Riza Hawkeye se sentait exténuée depuis quelques semaines. Elle ne dormait pas beaucoup et le peu de sommeil qu'elle parvenait à récolter ne lui suffisait plus. La jeune femme n'avait jamais réellement fait de grasses matinées, bien au contraire, c'était plutôt le genre à se lever tôt afin d'aller courir et à prendre un minimum de temps pour elle.
Mais voilà, cela faisait un temps qu'elle ne parvenait pas à s'endormir convenablement et le réveil était des plus difficiles. Elle ne prenait jamais de vacances et pourtant, en cette période de fin d'année, elle hésitait fortement. Peut-être pourrait-elle partir quelques temps, essayer de se ressourcer.
Le coeur de la jeune femme se serra en repensant à ces fêtes familiales. Lorsque sa mère était encore de ce monde, elle adorait cela. Décorer, cuisiner, rigoler et ouvrir les cadeaux. Ses souvenirs étaient brumeux et pourtant, en se concentrant bien, elle pouvait ressentir sans peine cette allégresse et cette plénitude qu'elle partageait avec ses parents.
Mais la vie en avait décidé autrement, le bonheur n'étant qu'un concept éphémère. Sa maman était décédée et dans l'esprit de Riza, la raison demeurait floue. Son père évoquait une maladie mais la jeune femme n'avait pas noté de changement dans le comportement de sa mère. Avec la mort de celle-ci, elle avait eu le sentiment de perdre son papa également.
Devenu distant avec le temps, la jeune femme en laquelle Riza se transformait en grandissant lui rappelait sans cesse le souvenir de sa bien-aimée. Leurs traits étaient similaires et Berthold s'en voulait de mettre leur enfant de côté. Mais c'était plus fort que lui, il vivait avec un fantôme et ne s'en remettrait probablement jamais.
Étrangers l'un pour l'autre, ils ne se croisaient qu'occasionnellement depuis le décès de Jeanne Hawkeye. Elle avait laissé un vide immense, tant dans les cœurs et les esprits que dans le manoir familial. Riza n'avait qu'une dizaine d'années lors du tragique événement. Elle grandissait et avait perdu son innocence d'enfant.
Peu à peu, elle avait pris des responsabilités laissées à l'abandon. L'adolescente en devenir s'occupait du ménage, des courses, du jardin mais aussi de ses cours. Ses traits tirés par les problèmes d'adultes auxquels elle faisait face, la vieillissaient considérablement. Dans le village isolé où elle résidait, personne n'ignorait ce à quoi elle était confrontée.
Forte comme sa maman l'était, elle ne laissait rien paraître et affrontait les regards de désolation et de compassion qu'offraient les villageois. Elle n'avait pas besoin de pitié, elle devait avancer et tant pis si elle n'avait pas une enfance comme les autres. Sa maman était partie, elle ne reviendrait plus et s'abattre ainsi sur son sort ne la ferait pas revenir. Nul ne saurait dire si elle avait fait son deuil tant elle était discrète et distante.
Les années filaient à une vitesse folle et son père mourut à l'aube de son dix-huitième anniversaire, lui laissant un cadeau un peu amer. Obsédé par l'alchimie de flamme, il confia le fruit de ses recherches à sa fille, gravant à jamais son dos d'un douloureux secret, lui laissant le poids de révéler ou non ses recherches à qui s'en montrerait digne. Roy Mustang, ancien disciple de Berthold, était réapparu comme par enchantement à l'entente du décès de son maître.
Riza ne s'était jamais vraiment lié avec ce jeune homme qui avait passé quelques années chez elle. Dans un premier temps, elle avait été en colère contre son père. Elle était là elle, bien présente et vivante pour lui mais il avait préféré se trouver quelqu'un d'autre, l'effaçant un peu plus de sa vie. Puis, la jeune femme presque adulte avait fini par ressentir de l'indifférence pour le jeune homme.
Les jours passaient inlassablement, faisant ainsi naître une jeune femme respectable mais glaciale. Roy avait exposé ses objectifs et elle avait été séduite par son assurance et ses ambitions. Souhaitant avancer et tirer un trait sur son passé, elle s'était dévoilée à lui, et après un temps, lors d'une nouvelle semaine de formation dans la caserne, elle entendit finalement parler du fabuleux Flame Alchemist qui s'était illustré lors d'une guerre.
Sans trop en comprendre la raison, elle-même se retrouva bien vite sur le front, arme en main, peur au ventre. Ses cheveux courts suivaient le sens du vent et pourtant, rien ne la déstabilisait. Viser, tirer, recharger, protéger. C'est à ce moment-là où Riza comprit ce qu'elle devenait. Une machine à tuer au service d'un État pourrit jusqu'à l'os, un parfait petit toutou qui obéissait docilement aux ordres.
Elle recroisa l'ancien disciple de son père et ils parlèrent un instant. Il semblait sur le point d'abandonner et de déserter, comme bon nombre de leurs camarades avant lui. Pourtant, la jeune femme lui apprit que si tel était son souhait, elle devrait faire en sorte que l'alchimie de flamme ne puisse plus s'utiliser. En outre, elle le supprimerait et mettrait fin à ses jours. Elle lui rappela ses idéaux et ses promesses, et le jeune homme sembla s'y raccrocher.
Elle finit sa formation dans les premières de sa promotion et reçu le surnom d'Œil de Faucon de la part de ses camarades. Douée avec les armes, le sniper restait celle de prédilection, rendant la mort assez abstraite à ses yeux. Elle fut placée sous le Commandement du Colonel Mustang. Ils agissaient comme deux étrangers l'un envers l'autre au début de leur partenariat. Puis, au fil des enquêtes et des missions, une solide amitié s'édifia entre eux. Un lien unique et privilégié se tissait continuellement et parfois, les autres membres de leur équipe se sentaient exclu.
Pour autant, ils étaient radicalement différents l'un de l'autre. Lui était plutôt extraverti alors qu'elle était casanière. Il enchaînait les conquêtes dans le but de récolter des informations et elle se fondait dans l'ombre. S'il était le soleil, rayonnant, lumineux et aveuglant, alors elle était la lune, mystérieuse, discrète et impitoyable. Mais leur duo fonctionnait bien ainsi. Certains évoquaient que leur relation allait au délà du domaine professionnel et parfois, secrètement, ils auraient aimé leur donner raison. Mais ils se respectaient trop pour ça et leurs objectifs étaient plus importants que leur désir personnel.
Se frottant les yeux, elle tenta d'adopter une posture plus agréable en remuant sur son siège. Ses collègues décrochaient rapidement des dossiers qu'ils devaient remplir et elle n'eut pas le cœur à les réprimander. Bientôt, la fin de la journée sonnerait et elle pourrait enfin rentrer chez elle, rejoindre son chien. L'horloge murale indiquait 18h23 et un mal de crâne commença à battre dans sa tête. Elle se massa douloureusement les tempes en fermant les yeux.
Peu à peu, le silence se fit autour d'elle et le bourdonnement incessant qui avait élu domicile dans ses oreilles s'atténua jusqu'à ne plus exister. Appréciant ce répit inespéré, elle ne sut exactement combien de temps elle resta ainsi. Mue par son instinct, elle prit sur elle pour rouvrir les yeux et elle fronça les sourcils. La pièce était vide, ses collègues ayant déserté le bureau.
C'était étonnant et plutôt intriguant. Habituellement, même si elle était la dernière à partir, ses coéquipiers la saluaient. Un courant d'air frais la fit frissonner et elle se rendit compte que la fenêtre du bureau était ouverte. A l'approche de Noël, c'était plutôt problématique. La lumière tremblota un instant et finit par s'éteindre, laissant la jeune femme dans le noir et dans le froid.
Elle pesta, sentant qu'elle était perdue et que la situation lui échappait. Tout était étrange et elle finit par se demander si elle n'était pas dans une hallucination due à la fatigue qu'elle accumulait. Elle décida de sortir du bureau et de rejoindre le disjoncteur. Peut-être que quelqu'un pourrait l'aiguiller dans cette sombre soirée.
Se saisissant d'une lampe de poche, elle balaya le couloir avec le faisceau lumineux. Il était désert et en soupirant, elle marchant vers la salle des compteurs électriques, restant à l'affût du moindre bruit. Elle poussa la lourde porte en grimaça. Il fallait vraiment que quelqu'un pense à huiler les portes de ce bâtiment.
S'éclairant et se déplaçant du mieux qu'elle le pouvait, elle pesta en constatant que c'était hors de ses compétences.
- Ce n'est pas possible, il faut vraiment que ça tombe sur moi, grogna-t-elle.
Voilà qu'elle parlait toute seule maintenant. Le manque de sommeil était-il si important que ça ? Elle crut entendre un bruit derrière elle, et se retourna brusquement, arme à la main. Rien. Elle contempla un instant le vide, essayant de remettre de l'ordre dans ses idées. Elle devrait probablement rentrer chez elle, comme ses collègues, et revenir le lendemain, comme si de rien n'était.
S'acharnant contre le levier et la multitude de boutons face à elle, la jeune femme fut prête à laisser tomber. Le technicien passerait sûrement demain dans la matinée afin de réparer tout cela. Se passant une main sur le visage, elle se retourna lentement.
Riza dégaina à nouveau son arme face à l'étrange phénomène qui se déroulait sous ses yeux. Une forme lumineuse l'aveugla un instant et elle se sentait désemparée. La luminosité faiblit et elle ne baissa pas sa main, ne sachant toujours de quoi il en retournait. Peu à peu, une silhouette se dessina face à la jeune femme. Elle plissa les yeux, tentant d'assimiler la scène qui prenait place. Puis elle parvint à distinguer la forme humaine face à elle.
Elle sentit sa main trembler devant les traits qui prenaient forme et la lumière de sa lampe vacilla. Une chevelure blonde, lumineuse et longue. Des yeux noisettes, chaleureux et rieurs. Et un sourire, tendre et réconfortant. Elle devait délirer, ce ne pouvait pas être elle.
Riza cligna plusieurs fois des yeux, sentant ceux-ci s'embuer sans qu'elle n'en comprenne la raison. Puis une larme dévala sa joue sans qu'elle ne la maîtrise. Peu à peu, son esprit commença à comprendre, à réaliser ce qu'il se passait. Elle sentit ses pieds devenir comme du coton et elle s'affala, fixant toujours ce visage familier. Elle leva une main agitée vers la silhouette.
- Maman, murmura-t-elle, tremblante.
La silhouette s'avança sans bruit et s'empara des doigts du Lieutenant.
- Ma chérie, c'est moi…
La voix paraissait lointaine, comme un murmure dans le vent. Pourtant, elle était exactement comme dans les souvenirs de Riza, chaleureuse. Doucement, Jeanne s'accroupit et leva une main pour caresser la joue humide de sa fille, reproduisant les mêmes gestes que durant son enfance. Comme déconnectée de la réalité, Riza se rapprocha et nicha son nez dans le cou de sa mère, cherchant inconsciemment le réconfort dont elle avait été privée si tôt.
Elles restèrent ainsi un instant, fille et mère, épanchant leurs larmes de bonheur, savourant leurs retrouvailles. Reprenant vite ses anciennes habitudes, Riza s'éloigna un moment de sa mère, sans pour autant rompre le contact de leurs mains.
- Je ne comprends pas, avoua-t-elle.
Jeanne lui offrit un tendre sourire et lui répondit.
- Tu réfléchis trop, ma puce.
L'être lumineux se releva et tendit la main à sa fille. Indécise au début, Riza se mordit la lèvre et décida finalement d'accepter, se laissant envelopper peu à peu par l'apaisante chaleur. Ravie de son choix, Jeanne lui expliqua alors cette histoire.
- Dans l'univers, il existe une multitude de mondes parallèles et entre eux s'ouvrent parfois des portails qui nous permettent d'y accéder. Lorsque les âmes de nos proches sont tourmentées, il nous est permis de nous rendre vers eux, afin de leur montrer le chemin.
Elle marqua une pause et observa un instant le visage de sa fille. Elle ressemblait beaucoup à son père, avec ses yeux avides de connaissance, mais légèrement inquiets dans le fond.
- Laisse-moi te guider et t'aider à apaiser tous tes doutes.
Confiante, Riza hocha la tête et une douce lueur enveloppa les deux jeunes femmes.
Et voilà pour ce premier chapitre !
Je vous avoue que je stresse un peu d'avoir vos retours haha, j'espère que vous avez aimé !
Le chapitre 2 est pour la semaine prochaine alors j'espère vous retrouver à ce rendez-vous !
Tchuss pamplemousse !
Todorotwix
