Salut la population !

Wahou 7 reviews pour le premier chapitre, vous n'imaginez même pas comment ça me fait chaud au coeur. Cette histoire est archi importante à mes yeux alors du fond du coeur, merci à Sei, Muse, Sow, Lena, Lalaiths, Hachiko et L'atelier des Chats. Je vous adore, tout simplement ! J'en profite également pour vous conseiller d'aller lire la fic de Sow'mama, elle est vraiment top !

Voici le deuxième chapitre, en espérant que vous allez continuer à suivre cette histoire ^^

Bonne lecture !


La pièce tourna un moment dans un flou éblouissant. Riza se surprit à plisser les yeux, essayant de se repérer dans ce tourbillon de couleurs. Inconsciemment, elle raffermit sa prise autour des doigts de sa maman. Elle ne comprenait pas trop, son esprit rationnel ne pouvant accepter aussi facilement la visite de la défunte et tout ce qu'il s'en suivait. Pour autant, aussi fou que cela puisse paraître lorsqu'on connaissait la jeune femme, elle voulut profiter de la présence de sa maman, aussi étrange et inconcevable qu'elle puisse être.

Bientôt, le paysage se stabilisa et Riza fronça les sourcils, ne reconnaissant que trop bien le décor qui se présentait face à elle. Le manoir Hawkeye se dressait devant elle, fièrement. Le jardin était fleuri, propre, bien entretenu. Pourtant, dans son souvenir, une balançoire blanche devant se trouver à proximité.

- Regarde bien la scène, murmura doucement sa mère.

Riza retint une exclamation de surprise en revoyant son père, plus jeune que dans son souvenir. Elle commença à se diriger vers la forme mais sa mère l'interrompit alors qu'elle l'appelait et tendait la main vers lui, désespérément.

- Ma chérie, il ne t'entend pas.

Abaissant les doigts et la tête, la jeune femme lutta pour ne pas laisser ses larmes couler. Bien que la relation avec son paternel ne se soit pas terminée de la meilleure manière qu'il soit, elle aurait aimé lui reparler, à lui-aussi. Longtemps, elle s'en était voulu de ne pas avoir su comment s'y prendre avec lui. Elle aurait aimé qu'ils remontent la pente à deux, au lieu de s'éviter continuellement, et cela la rongeait.

- Ne t'en veux pas, consola sa mère, comme lisant dans ses pensées. Il ne t'en veut pas et tu ne dois pas t'en vouloir non plus. Chacun gère les choses à sa manière, il n'y a pas de bonne solution au deuil.

Riza hocha lentement la tête et fut intriguée en voyant une silhouette svelte et féminine s'élancer devant Berthold. Elle ne mit pas longtemps à comprendre qu'il s'agissait là de sa mère. Sa théorie se confirma lorsque les deux personnes s'enlacèrent tendrement, s'embrassèrent amoureusement. Pour la militaire, ses parents représentaient le couple idéal. Ensemble comme depuis toujours, leur amour n'avait pas connu de bas. Elle se souvenait des regards passionnés qu'ils échangeaient, de leurs paroles réconfortantes et de l'infinité d'amour qui émanait d'eux.

- Tu sais, j'ai mis longtemps avant de m'ouvrir à ton père, lui conta Jeanne.

- Pourquoi ça ?

- Au début, je m'en moquais pas mal de ses avances. C'était une tête brûlée qui ne pensait qu'à s'amuser, avec les gens et tout genre de chose.

Riza fit une drôle de tête. Elle avait connu un père aimant et doux, assez calme et posé avec elle et sa mère. Elle avait du mal à le voir de la sorte, dépeint de manière aussi peu sérieuse.

- Ne me regarde pas comme ça, s'amusa sa mère. Il était jeune et ne pensait pas forcément aux conséquences. Visiblement, il n'aimait pas que l'on lui résiste, et je dois m'avouer que de le faire tourner en rond comme cela me plaisait.

Jeanne eut un tendre sourire en regardant les deux silhouettes s'allonger dans l'herbe fraîchement coupée, lumineuse sous les rayons de soleil de la journée. Riza contempla ce doux tableau, se sentant comme étrangère à cette bulle de bonheur qui ne la renvoyait qu'à sa propre solitude. Elle détourna les yeux douloureusement.

- Il ne tient qu'à toi de connaitre ce bonheur, souffla la défunte.

- J'ai beaucoup à faire avec mon travail, ce n'est pas si facile.

- Ce n'est qu'une excuse, ma chérie. Parfois, tout ce qu'on cherche se trouve juste sous notre nez, il suffit juste de voir les choses dans leur ensemble.

Riza se mura dans une espèce de mutisme. Tout paraissait si facile dit ainsi et pourtant, le serment qu'elle avait prêté en s'engageant dans l'armée ne lui permettait pas ce bonheur. Enfin, c'est ce qu'elle s'évertuait à répéter, probablement pour essayer de se convaincre elle-même. Certains de ses collègues parvenaient pourtant à prétendre à ce genre de sérénité. Par exemple, Maes Hugues, le meilleur ami de son Colonel. Certes, sa fin était tragique mais il avait marqué de son empreinte son passage sur Terre, laissant cependant derrière lui, femme et fille. D'autres sortaient avec des inconnus. Mais la finalité était la même, ils profitaient et ne s'arrêtaient pas de vivre.

Alors pourquoi ne parvenait-elle pas à faire la même chose ? Pourquoi se refusait-elle de lâcher prise ? Pourquoi avait-elle peur d'oser prétendre à un peu de bonheur ? Pourquoi se sentait-elle différente des autres sur ce point-là ? Toutes ces questions lui faisaient tourner la tête, elle avait l'impression que quelque chose clochait dans sa vie, elle se sentait comme défectueuse.

- La routine est rassurante, intervint sa mère, la voyant torturée dans ses pensées. Elle évite tout imprévu et je sais que tu aimes contrôler les choses. Mais tu n'étais pas comme cela avant, Riza. En fait, tu étais plutôt téméraire et cascadeuse.

Intriguée, la jeune femme releva la tête et plongea les yeux dans ceux de sa maman. Elle lui fit un sourire chaleureux et Riza sentit qu'à nouveau, le paysage tournait autour d'elle. Elle resserra légèrement la main de Jeanne dans la sienne et ferma ses paupières, se laissant enivrer un temps dans cette nouvelle sensation.


Cette fois-ci, les deux femmes n'étaient plus en extérieur. Une chambre petite et lumineuse se dressait autour d'elle. Riza observa ce nouvel environnement et eut un léger mouvement de recul en voyant ses parents, à peine plus vieux que la scène précédente, se tenir devant un berceau en bois blanc. Le reflet de sa mère abordait sa fidèle pince à cheveux dont Riza se parait depuis son décès. Nostalgique, Jeanne s'avança, tenant toujours sa fille par la main. Se postant en face d'une version plus jeune d'elle-même, sa fille se retrouva en face de son père. Et dans le berceau, un nourrisson était endormi, serrant fermement ses petits poings, sa tête contre un lapin en peluche.

- Ils ne peuvent pas nous voir, lui apprit sa mère en murmurant.

La jolie blonde ne répondit rien. Elle ne put détacher son regard du petit être qui sommeillait sous ses yeux. C'était elle, le duvet blond ne trompant pas. Quel étrange sentiment de se voir de la sorte, aussi vulnérable et fragile. Mais entourée de ses parents. C'est comme si son esprit avait occulté ce bonheur. Elle perçut le souvenir de ses parents qui se déplaçaient dans la pièce et pourtant, elle n'arrivait pas à se décrocher de cette scène.

Ses parents ainsi présents, étaient plus jeunes qu'elle ne l'était actuellement. Et pourtant, leur vie était stable et agréable. A nouveau, elle ne put empêcher de faire la comparaison avec sa propre existence. Lorsqu'elle était chez elle, assez peu souvent étant donné la charge de travail qu'elle s'imposait, il n'y avait que le brave Hayate qui l'attendait. Certes, il demandait de l'attention mais pas autant qu'un enfant.

- Tu sais, c'est plaisant d'avoir quelqu'un à qui parler en rentrant du travail.

Seule la mine déconfite de la fille lui répondit. Jeanne ne se doutait que trop bien du cheminement de ses pensées. Si elle était ici, c'était principalement pour faire prendre conscience à sa fille du mal involontaire qu'elle s'infligeait en restant telle qu'elle était, en refusant de s'ouvrir aux autres.

- Est-ce que le fait de revenir me voir, te donne également la possibilité de lire dans mes pensées ? maugréa Riza, de mauvaise foi.

- Pas du tout, ma chérie. Mais je te connais, rigola sa mère avec un clin d'œil.

Par réflexe, elles quittèrent la pièce sans faire de bruit. Riza jeta un dernier regard vers cette enfant qu'elle était, assez troublée par ce souvenir. Elles descendirent le grand escalier en chêne qui ne grinça pas sous leurs pas. Se déplaçant comme dans son enfance, Riza entraîna sa mère dans le salon, sûre d'y retrouver ses parents. S'appuyant contre le chambranle de la porte, elle contempla cette fois l'image de Jeanne et Berthold sur le canapé.

Son père avait enfilé ses fines lunettes de lecture et était plongé dans un livre, sans doute de l'alchimie, pensa-t-elle. Son bras était négligemment posé autour des épaules de sa femme, blottie contre lui. Une couverture duveteuse les recouvrait et des tasses fumantes étaient posées sur la table en verre. Sa mère avait libéré ses longs cheveux et la barrette reposait non loin des tasses. Le bois crépitait dans l'âtre de la cheminée, rendant la scène paisible et chaleureuse, presque hors du temps. Le canapé semblait en meilleur état que lorsqu'elle avait quitté le manoir. La grande bibliothèque n'avait pas bougé, bien qu'à la mort de ses parents, Riza avait donné la plupart des bouquins à des œuvres de charité. Évidemment, ceux concernant l'alchimie avaient été proposé à Roy en premier lieu. Elle se demandait d'ailleurs s'il les avait toujours. Lui aussi avait connu cette maison bien qu'à son arrivée, l'état de la demeure était déjà en déclin. Elle aurait bien aimé voir sa tête d'ailleurs, lui qui se plaignait tout le temps avec arrogance, que la maison n'était pas moderne et entretenue.

- Toi aussi tu as le droit de vivre cela, Riza, souffla

Lentement, la jeune militaire hocha la tête, perdue à nouveau dans ses réflexions. Jeanne observa sa fille. Elle était devenue une magnifique jeune femme, même s'il fallait absolument qu'elle se débarrasse de cette barrette qui avait fait plus que son temps. Oui, il fallait que Riza avance et se délaisse des chaînes du passé. De là où elle était, elle avait eu le bonheur de suivre son évolution mais elle avait vite compris que malgré son palmarès professionnel impressionnant, elle n'avançait pas. Sa solitude commençait à lui peser et inconsciemment, sa fille ne faisait rien pour changer cela. Au contraire, elle se parait de son masque de froideur et s'interdisait même de toucher ou d'effleurer le bonheur.

Jeanne eut un pincement au cœur, se rendant compte que son décès n'était pas anodin. Elle aurait aimé rester plus longtemps auprès de ses proches, élever Riza, aimer Berthold et mourir en voyant sa petite fille devenir une belle personne. Connaître son premier amour et voir ses tourments d'adolescente. La voir s'installer et prendre son indépendance en versant une larme. Et probablement celui qui lui aurait volé son cœur pour lui donner une belle descendance.

Dans une certaine mesure, elle s'en voulait. Longtemps, elle s'était demandé pourquoi elles avaient été séparées aussi vite. La vie était injuste et la mort laissait un goût amer dans les souvenirs de chacune. Sa fille avait grandi sans elle et bien qu'elle s'en sortait parfaitement, elle savait que sa disparition n'était pas étrangère à la carapace qu'elle avait dressée entre elle et les autres. Probablement qu'elle ne voulait pas s'attacher par peur de laisser derrière elle une famille.

Se sentant partir vers des idées plus sombres, Jeanne décida qu'il était temps pour elle et sa fille de continuer leur voyage. Son temps était compté et elle voulait absolument réussir sa mission. Lentement, elle posa une main sur l'épaule de sa fille.

- Continuons, si tu le veux bien, murmura-t-elle.

Riza approuva et sa main retrouva les doigts de la mère. A nouveau, la sensation désormais familière s'insinua en elle et la jolie blonde fixa le doux tableau qui s'estompait, essayant de graver à jamais cette belle image. Elle ferma les yeux et inspira lentement, s'enivrant un temps de l'odeur du feu boisé de la pièce chargée de souvenirs.


Alors, qu'en pensez-vous de ces petits souvenirs ? ^^

Dans le prochain chapitre, Roy va faire son apparition qui se poursuivra dans la suite, il ne va plus nous quitter !

J'avais vraiment envie d'exploiter un peu la relation entre Riza et sa maman et j'espère que ce chapitre 2 entre elles vous a plu :)

Allez, on change pas les bonnes habitudes,

Tchuss pamplemousse

Todorotwix