Coucou tout le monde, la forme ? :)

À nouveau, je remercie L'atelier des Chats, Hawkeye59, Lalaiths, Hachiko-Tan, Musing-and-Music et LenaFMA pour vos commentaires, je me répète mais sincèrement, merci beaucoup.

Voilà le chapitre 3, j'espère qu'il va vous plaire et que vous allez pas décrocher ^

Bonne lecture !


Cette fois-ci, Riza se retrouva devant une version d'elle-même à sept ans, avec les cheveux blonds et emmêlés aux épaules. La petite fille portait un short de pyjama en flanelle d'un rose pâle avec quelques étoiles dorées. Son haut était dépareillé et un peu trop grand pour elle, comme dans son souvenir d'enfance. Elle déambulait dans la cuisine, seule, et à en juger par la luminosité extérieure, la Riza adulte se dit que le matin ne s'était levé il n'y a que peu de temps. Avisant le plateau que sa version miniature remplissait, elle se rappela qu'à l'époque, elle adorait préparer le petit déjeuner à ses parents et le prendre dans leur lit. C'était le parfait exemple des petits moments de bonheur que son esprit avait inconsciemment occulté.

- C'est toi qui a instauré cette routine, lui apprit sa mère. On ne sait pas pourquoi mais tous les premiers dimanches de chaque mois, tu tenais absolument à faire ça.

- À vrai dire, je ne sais pas, dit sa fille. Je pense que je voulais juste profiter de l'instant présent.

Sa mère lui adressa un sourire mystérieux. Depuis qu'elle s'était engagée dans l'armée, Riza ne savourait tout simplement plus le temps qui passait. L'entendre dire cela aussi simplement et sans aucune arrière-pensée réchauffa le cœur de Jeanne. Peut-être que sa petite fille d'antan n'était pas si loin que cela. Elle allait continuer la conversation mais un bruit de verre se brisant sur le sol ramena leurs regards vers la petite blondinette.

- Même quand tu le pouvais, tu ne demandais pas d'aide murmura Jeanne doucement.

En effet, la petite fille pensait que ses parents dormaient encore à l'étage. Alors, du haut de sa petite taille, elle se baissa et ramassa les débris au sol. Elle se coupa un peu à la main en prenant un bout de verre. L'entaille n'était pas vraiment profonde et la jeune Riza porta sa main à sa bouche, étouffant un gémissement de douleur.

- Tu te doutes quand-même qu'à chaque fois que tu arrivais dans la chambre, nous ne dormions pas.

- Mais… fit Riza la bouche ouverte. Quand je rentrais pourtant, vous aviez les yeux fermés !

Devant la naïveté touchante de sa fille, Jeanne ne put s'empêcher de rigoler de bon cœur. La militaire se renfrogna en croisant les bras sur sa poitrine.

- On faisait tout simplement semblant ! On sait que de toute manière, tu aurais boudé si on venait t'aider ou même si on était déjà réveillés !

- Je ne boude pas ! s'écria Riza, un peu scandalisée et outrée que l'on puisse tenir de tels propos à son encontre.

Jeanne repartit dans un éclat de rire et la jeune femme finit par la rejoindre, un fin sourire sur les lèvres. Il était clair qu'elle faisait la tête, comme une enfant. Du regard, elles suivirent la petite fille qui ramassait les morceaux de verre en prenant garde de ne pas se couper. Finissant de compléter son plateau, elle attrapa précautionneusement les hanses et avança avec prudence. La concentration qui se reflétait sur son visage d'enfant la faisait rire, elle avait la langue sur le côté et fronçait ses fins sourcils, signe d'une concentration extrême à cet âge-là. Heureusement que cette manie lui était un peu passé, elle se doutait que d'utiliser une arme à feu en tirant la langue était peu professionnel.

- Regarde bien tes genoux. Tu nous as fait de belles frayeurs lorsqu'on se promenait.

Riza reporta son regard sur les jambes de l'enfant. Deux gros pansements recouvraient cette partie de son corps, des traces de sang séché parsemaient le bandage.

- Quand on se baladait en forêt, tu avais la fâcheuse habitude de courir et de sauter partout, même si on te l'interdisait. En fait, je pense surtout que tu tiens ça de ton père.

Riza eut un mince sourire. Il était vrai qu'en revoyant ces pansements, elle se rappelait ô combien elle adorait ces promenades. Bon, elle appréciait moins de se faire gronder lorsqu'elle allait trop vite et qu'elle chutait, ou encore quand elle se perdait.

Jeanne s'asseya sur une chaise tandis que Riza ne pouvait détacher le regard de sa version miniature. Elle se sentait empreinte d'une profonde nostalgie qui lui vrillait les entrailles. Pourquoi tout avait dû s'arrêter aussi brusquement ? Pourquoi n'avait-elle pas pu connaître plus longtemps ce cocon de douceur et de bienveillance que ses parents avaient érigé ? Perdue dans son questionnement intérieur, elle n'avait qu'une seule envie à présent : se blottir dans le lit entre ses parents, comme avant, et oublier sa vie et ses problèmes d'adulte. Sentant que ses yeux commençaient à s'embuer, elle détourna légèrement la tête, masquant son visage à Jeanne.

Doucement, c'est comme si Riza réalisait que plus rien ne serait comme dans son enfance. Elle le savait, elle avait vécu ce traumatise mais elle pensait avoir fait son deuil depuis longtemps à présent. Jeanne observa son enfant dont le visage était recouvert de mèches blondes. Oui, elle était devenue une belle femme, elle n'en doutait pas. De son haut perchoir, Berthold à ses côtés, ils avaient vu cette petite fille grandir sans eux, et se construire une forte personnalité, droite et curieuse mais toujours respectueuse et respectable. Ils en étaient fiers, il n'y avait aucun doute là-dessus, et pourtant, à quelque part, ils se sentaient coupables. Coupables d'être parti aussi tôt de sa vie, de ne pas avoir su la guider et l'élever jusqu'au bout. Leur fille était brisée et transportait chaque jour avec elle, une lourde peine, seule.

Ils avaient été grandement surpris de la voir s'enfermer dans une sorte de mutisme, elle ne laissait personne entrer dans son cercle privé. Et pourtant, il y avait eu ce jeune homme, Roy Mustang, ancien élève de Berthold. Jeanne l'avait gardé à l'œil, ce garçon prétentieux à souhait mais très serviable. Elle avait vu évoluer leur relation, et Riza s'ouvrir un peu à lui durant son apprentissage. Puis Berthold était arrivé auprès d'elle dans le Ciel et ils avaient assisté à cette scène où leur petite fille désormais adulte, avait décidé qu'il serait celui qui l'aiderait à porter son fardeau, gardien de son douloureux secret. Jeanne avait passé un savon à son mari pour ce qu'il avait fait endurer à Riza, d'autant plus lorsqu'elle avait demandé à ce même jeune homme de brûler certaines parties du dessin indélébile de son dos.

Bien que septiques face au choix de carrière de leur enfant, ils avaient finalement compris ses motivations et les idéaux qu'elle partageait avec Roy. Alors ils s'en accommodaient. Jeanne saisit la main de sa fille et elles continuèrent leur voyage.


Cette fois-ci, l'endroit n'avait rien de chaleureux, bien que ce soit un désert. Ishval. Riza n'eut pas besoin de demander à sa mère. Les bâtiments usés, abîmés et défectueux ne trompaient pas. L'odeur de poussière, de mort et de chair brûlée non plus. Les deux femmes étaient face à une tombe que la militaire ne reconnut que trop bien. C'était l'enfant qu'elle avait enterré, une énième victime, un dommage collatéral en quelque sorte. La jolie blonde resta un instant prostrée devant la petite dune, comme ensevelie sous une montagne de regrets et de détresse. Elle avait donné la mort à ce jeune, sans connaitre sa vie, son âge et encore moins son nom. Pas de pierre, pas de date, pas d'épitaphe. Rien. Le néant. Le vide.

Le même vide qui remplissait peu à peu son cœur à ce douloureux souvenir. Elle n'était rien de plus qu'une meurtrière. Ses parents étaient morts voilà un moment maintenant. Elle était seule et encore une fois, ce lourd sentiment la submergea. Et Jeanne assista impuissante à ce déferlement d'émotion qui ravageait les traits de sa fille. Et elle comprit. Elle comprit que Riza était brisée non seulement par sa disparition et celle de Berthold, mais aussi par ses actions, ses remords et ses regrets. Sa fille tuait, enlevait des pères et des mères aux enfants, et inversement. Elle détruisait la vie autant qu'elle l'était. Et cela la rongeait.

- Pour gagner, il faut accepter de perdre. Tu as perdu ton innocence et ton envie de vivre. Mais tu as gagné la volonté de devenir une meilleure personne, de faire un monde plus beau et de protéger ton prochain. Et tu es plutôt bien accompagnée.

D'un geste vague, Jeanne désigna une silhouette qui s'approchait du souvenir de sa fille aux cheveux courts. Riza plissa un instant les yeux et sentit son cœur s'emballer un peu plus, reconnaissant sans peine Roy. Elle n'eut pas besoin d'écouter la conversation, ne la connaissant que trop bien. C'était à ce moment-là où il lui avait confessé ses sombres pensées. Ici même où, sans le savoir, elle lui avait redonné foi en son projet de jours meilleurs. Avec intérêt, elle se perdit dans la contemplation de cette scène. Elle se sentait comme une étrangère qui volait ce précieux moment qui n'appartenait qu'à eux. A la fin de leur conversation, alors qu'elle se détournait de Roy pour terminer la tombe de fortune, la Riza adulte se rendit compte du sourire du brun. Un maigre sourire, certes, mais il était sincère et confiant. Un sourire qu'il ne réservait qu'à elle.

- C'est grâce à tes paroles qu'il a poursuivi son rêve. Parce que tu crois toujours en lui, tu l'aides à avancer et à se battre pour sa cause.

Riza releva ses yeux sur sa mère, curieuse. Elle n'avait pas fait grand-chose, à son sens. Elle lui avait juste exposé la réalité, dure et froide, comme elle le ressentait. S'il abandonnait, alors elle en finirait avec lui mais aussi avec elle. L'alchimie devait servir au bien et non à la destruction. Du moins, celle-ci faisait partie du principe de l'alchimie mais la finalité devait être la reconstruction. Et une phrase qu'elle avait oublié, lui revient en mémoire et elle murmura en même temps que son double.

- Maintenant que vous avez détruit, vous vous devez de recréer.

Jeanne laissa un petit sourire apparaître sur ses lèvres et répondit à sa fille, les yeux dans le vague.

- Toi aussi tu dois te reconstruire, ma chérie. Tu n'as pas détruit ta vie, ce sont les événements qui l'ont fait mais à présent, tu dois regarder vers le futur. Tu dois te servir des paroles que tu as dit à Roy pour toi-même. Tu dois aller de l'avant.

L'être lumineux s'était rapproché de sa fille et passa tendrement une main sur sa joue, plongeant son regard dans les yeux ambrés de Riza.

- Tu ne dois pas oublier d'où tu viens, ni qui tu es. Il est important de ne pas laisser ton passé dicter ton futur. Ton père et moi ne sommes plus de ce monde, tu as pensé te retrouver seule mais ce n'est pas le cas.

Elle inclina doucement sa tête vers la silhouette de Roy, dos courbé, mains dans les poches, qui repartait vers sa tente. Oui, elle n'était pas seule et finalement, elle ne l'avait jamais été.

- Même si tu ne le ressentais pas forcément, nous n'avons cessé de te regarder, de là-haut. Mais tu dois encore vivre ici, tu as tant de choses à accomplir, à découvrir et à concevoir. L'amour que nous te portons ne s'est jamais éteint. Nous t'aimons toujours autant.

Riza fronça ses fins sourcils et sentit ses yeux devenir humides. Depuis combien de temps n'avait-elle pas entendu cela ? Jeanne cueillit une larme et Riza sentit son cœur se serrer. Alors elle fit une chose qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps. Elle ne voulut pas le contrôler et même si elle l'aurait souhaité, elle en aurait été incapable. Ses larmes dévalèrent brusquement ses joues. Jeanne en profita pour rapprocher la tête de sa fille contre son épaule et la serrer dans ses bras. Tendrement, elle caressa ses cheveux et Riza épancha sa peine, sanglotant fortement, s'agrippant de toutes ses forces.

Elle ne voulait plus s'interdire de ressentir. Elle voulait vivre et avoir une vie normale, malgré son engagement. Elle voulait connaître l'amour et ressentir ce sentiment enivrant qui faisait tourner la tête. Et plus que tout, elle voulait être elle-même et profiter.

- Même si tu t'entêtes à vouloir garder le contrôle, tes collègues t'apprécient et savent que tu n'es pas aussi froide et impassible que tu le laisses entendre. Eux-aussi ont le droit de connaître cette Riza pleine de vie que tu es.

Les larmes de sa fille se tarirent lentement mais aucune des deux ne mit fin immédiatement à l'étreinte. Riza assimila les paroles de sa maman et arriva à la conclusion qu'en effet, elle devait renvoyer une image peu flatteuse à ses équipiers. Il est vrai qu'à chaque mission, elle n'hésitait pas à mettre sa vie entre leurs mains mais est-ce que finalement, elle le rendait bien ?

- Mais ce n'est pas en leur tirant dessus que tu parviendras à les considérer comme ta famille.

Riza sourit et redressa sa tête en se mordant la lèvre inférieure. Oh oui, visiblement, Jeanne n'avait pas loupé les fois où elle menaçait ses collègues.

- Et puis tu sais, même si tu es une excellente tireuse, si tu veux que Roy travaille convenablement, il faudrait peut-être lui montrer d'autres de tes qualités.

Elle tendit la main pour enlever sa fidèle barrette et libérer la chevelure de sa fille. Elle accompagna son geste avec un clin d'œil lourd de sens et Riza sentit ses joues s'empourprer.

- Maman ! se scandalisa-t-elle.

- Tu ne trompes personne, ma fille ! fit sa mère en riant. Et je vois que tu ne nies pas.

Riza marmonna quelque chose et Jeanne en profita pour enfoncer le clou.

- En plus, je suis persuadée que ton grand-père n'attend que ça !

La jeune femme regarda sa mère qui rigolait encore et elle apprécia ce son qu'elle n'avait plus entendu depuis longtemps. Elle finit par lui sourire timidement. Après sa crise de rire, Jeanne lui apprit qu'elle n'avait plus beaucoup de temps. Pourtant, elle avait encore deux choses à lui montrer. Riza hocha la tête et se laissa envelopper par la douce lueur qui venait les envelopper.


Here we are ! J'ai essayé de finir ce chapitre sur une note un peu plus légère. Oui, mesdames et messieurs, Jeanne est une fervente supportrice du Royai !

Le chapitre 4 arrivera la semaine prochaine et il sera un peu moins triste (juste un peu), mais ne vous inquiétez pas pour la fin, ça va être du guimauve tout plein ! ^^ Concernant la suite de La Relève, peut-être semaine prochaine aussi, peut-être plus tard ^^

Allez, je retourne à mes supers révisions de l'enfer !

Tchuss pamplemousse

Todorotwix