Hello !
Voici le quatrième et avant-dernier chapitre de cette fiction. J'espère que ce chapitre va vous plaire ^^
Un gros merci à L'atelier des Chats, Lalaiths, Hachiko-Tan, LenaFMA, Sei' et Irinaya. Vous êtes le sang !
Bonne lecture et on se retrouve en bas !
Après ce nouveau tourbillon chaleureux, Riza se trouva dans un lieu qui lui était bien familier, elle l'aurait reconnu entre mille. L'odeur caractéristique de la moquette, du propre et du frais, mais aussi le brouhaha incessant dans les couloirs représentaient bien le Quartier Général de Central. Elle savait qu'elle avait énormément de chance d'avoir trouvé un travail où elle se sentait à son aise, bien entourée mais surtout, utile. Enfant déjà, elle ne supportait pas les injustices, ainsi, son engagement dans l'armée n'était que la suite logique des choses, même si elle devait une partie de sa volonté aux rêves de Roy. La jolie blonde laissa un doux sourire fleurir sur ses lèvres devant ce sentiment de bien-être qui avait pris possession de son corps depuis leur arrivée. Pour autant, elle se demandait pourquoi sa mère avait décidé de l'emmener ici. Après tout, qu'est-ce que son lieu de travail avait à voir avec toute cette histoire?
- Je suppose que tu ne sais pas pourquoi nous sommes ici? fit Jeanne en saisissant la main de sa fille, faisant écho à ses pensées.
- En effet. Je vois bien que c'est là où se trouve mon bureau et mes collègues mais je ne comprends pas le rapport avec tout ce que tu m'as montré précédemment.
Elles firent quelques pas et Riza remarqua que le soleil se couchait déjà à l'horizon, colorant le ciel de milles nuances d'orange et de rouge. A en juger par l'extérieur et par la chaleur qu'elle semblait ressentir, ce devait être l'été. Les rares rayons de soleil restants ornaient les murs d'une douce lueur dorée, se reflétant dans les yeux de la jeune femme. Le temps de cette fin de journée donnait une impression de sérénité et d'apaisement, sorte d'accalmie dans les doutes de la jeune militaire. Elle aimait sentir ce calme intérieur qui prenait possession de ses pensées. Tout semblait si harmonieux de la sorte. Jeanne la mena devant une porte que la jeune femme ne connaissait que trop bien. Celle du bureau de l'équipe Mustang. Mue par une impulsion, Riza se glissa dans l'ouverture de la porte.
L'agitation régnait dans l'espace clos. Les garçons de son équipe courraient dans tous les sens, se bousculant et se chamaillant. Roy donnait des instructions que la jeune femme ne comprit pas. Puis, la porte s'ouvrit avec fracas, laissant entrer son amie Rebecca, le sous-lieutenant Maria Ross, le sergent Denny Broch, les frères Elric et Winry. Roy partit en quatrième vitesse dans la salle de pause qui jouxtait leur bureau et claqua la porte. Riza observa l'organisation du bureau en fronçant les sourcils. Des verres en plastiques étaient regroupés sur un côté des bureaux, avec quelques bouteilles de diverses boissons. Des plats occupaient une grande partie de la grande table improvisée et des couverts trônaient dans des pots disséminés un peu partout.
Et Riza comprit enfin ce qu'il se tramait. Avant qu'elle n'ait pu faire une remarque à sa mère, la porte du bureau s'ouvrit à nouveau et son double entra dans la pièce en fronçant les sourcils, des dossiers bien serrés sous le bras.
- Joyeux anniversaire ! s'écrièrent en cœur toutes les personnes présentes.
La jeune femme observa la Riza qui avait toujours sa pince dans les cheveux. Elle avait écarquillé les yeux, la bouche ouverte, ne sachant quoi dire. La porte par laquelle Roy avait disparu s'ouvrit et le laissa passer avec un gâteau plein de bougies, un sourire rayonnant sur les lèvres. En le voyant agir de la sorte, Jeanne ne put s'empêcher de glisser une remarque à sa fille.
- Ton preux chevalier à une très bonne mémoire, visiblement.
Riza ne broncha pas et regarda sa jumelle souffler les bougies avant de remercier tout le monde. Elle n'avait jamais parlé de son anniversaire, elle n'aimait plus le fêter depuis qu'elle avait perdu ses parents. Ses souvenirs d'antan la faisaient souffrir et elle voulait éviter de broyer du noir à l'approche de cette date. Alors, bien souvent, elle ne changeait rien à ses habitudes, se contentant de faire sa journée de travail puis de rentrer chez elle pour rejoindre Hayate, tout en s'assurant que tous les dossiers étaient traités. Une journée banale, cela ne servait à rien de le fêter seule. Lorsque ses pensées se faisaient trop sombres, elle en venait à douter de l'utilité de fêter une date qui nous rapprochait de la mort.
Riza secoua la tête et décida d'observer plus attentivement la scène. Les uns interagissaient avec les autres, certains parlaient fort, d'autres rigolaient. Rebecca et Maria expliquaient à la jeune femme tout ce qu'ils avaient mis en place pour lui faire la surprise, ayant eu peur de sa réaction. La militaire assura que cela lui faisait plaisir et qu'elle était touchée de l'attention. N'étant pas du genre à vouloir être au centre de l'attention, elle préféra passer auprès de chacun de ses collègues pour les remercier à nouveau.
Jeanne, assise à moitié sur une chaise, attira l'attention de sa fille vers le fond du bureau, légèrement à l'abri des regards. Intriguée, Riza releva les yeux et tomba sur Roy qui parlait avec son double. Elle savait ce qu'il allait se passer, ce souvenir-là n'échapperait jamais à sa mémoire.
Lentement, elle vit Roy, toujours un sourire aux lèvres, ouvrir une petite boîte contenant une fine chaîne en or, assortie d'un minuscule pendentif ambré, assorti à ses yeux. Jeanne se rapprocha du duo, enjoignant sa fille à faire de même. Riza se sentit rougir, sachant pertinemment la suite des événements.
- Colonel… je ne peux l'accepter…
- S'il vous plait, Riza, cela me fait plaisir.
Un combat intérieur faisait rage en elle. Dans un sens, elle voulait l'accepter, le bijou était magnifique est très discret mais d'un autre côté, il restait son supérieur hiérarchique.
- Je ne vous l'offre pas en tant que supérieur mais en tant qu'ami, répondit-il face à sa non-réaction.
Il prit une moue d'enfant et en la regardant, il vit un éclat dans ses yeux qui lui rappelait leur enfance. Il sut à cet instant précis qu'il avait gagné.
- C'est d'accord alors, fit-elle avec un timide sourire.
A nouveau, un sourire éclatant naquit sur les lèvres de Roy et il la fit se retourner pour lui passer la chaîne autour du cou. Riza ressentit une multitude de frissons sur sa peau lorsqu'il toucha sa nuque. Il prétendit avoir du mal à l'attacher mais Jeanne et sa fille put voir que ce n'était pas le cas, il profitait juste de la proximité. La jeune femme à côté de sa mère rougit, faisant écho à son double. Instinctivement, les deux Riza portèrent une main au pendentif, jouant distraitement avec.
La militaire se retourna et sourit encore une fois en observant le visage ravi et enchanté de Roy. Elle lui murmura un merci et délicatement, Roy leva la main vers son visage pour dégager une mèche de cheveux.
- C'est moi qui vous remercie pour tout ce que vous faites et pour la personne que vous êtes pour moi, chuchota-t-il.
Sa main traînait toujours sur sa joue et étrangement, aucun des deux n'osa rompre le moment. Jeanne observa sa fille qui était comme hypnotisée et envoûtée par la scène. La voix de Rebecca mit fin à leur bulle et ils sursautèrent d'un coup, comme pris en faute. En croisant le regard de son amie, Riza vit une lueur de malice danser dans ses yeux et elle plissa la bouche, sachant pertinemment que Rebecca n'avait rien loupé de tout ça et qu'elle allait forcément lui en reparler. Elle rangea le bijou sous son haut et se dirigea vers la brune.
- Tu te serais bien entendue avec Reb', marmonna Riza pour sa mère. Au niveau des sous-entendus en tout genre, vous vous battez pour la première place.
- Et peut-être que tu devrais nous écouter, répliqua sa mère, moqueuse. Au fond, qu'est-ce qui t'en empêche vraiment ? Et ne me dit pas la loi de fraternisation, ton amie l'outrepasse largement avec ton collègue, Jean.
- Havoc et Rebecca ?! s'exclama Riza.
- Si tu regardes bien, il y a de l'amour partout autour de nous. Tes deux amis se voient énormément en dehors du travail, les subordonnés du Commandant Armstrong ne sont pas en reste aussi… et toi et Roy.
Interloquée et surprise par toutes ces révélations, Riza ouvrit la bouche sans pour autant prononcer le moindre mot. Elle essaya de remettre de l'ordre dans ses idées et finit par retrouver l'usage de la parole.
- Je ne veux pas être juste un nom dans son tableau de chasse. Je ne suis qu'une subordonnée à ses yeux alors je ne vois pas où tu veux en venir.
- Tu es vraiment butée, ma fille ! Tu penses vraiment qu'il offrirait un collier de la sorte à tes autres collègues ? Il n'attend qu'un geste de ta part, il a déjà fait un premier pas avec son cadeau, tu ne peux pas le laisser faire tout le chemin tout seul.
Riza intégra peu à peu les paroles de sa mère. Était-elle en train de lui dire qu'elle devait vraiment lâcher prise et se laisser aller à ses sentiments ? Mais cela ne nuirait-il pas à tout ce qu'ils avaient construit et à tout ce qu'ils avaient encore à faire ?
- Roy t'attend déjà depuis un moment. Un jour, probablement qu'il finira par se lasser de voir toutes ses tentatives vaines.
Sans lui laisser le temps de répondre, elles quittèrent la scène et la douce chaleur de l'été et du bureau.
Jeanne et Riza se retrouvèrent devant un chic restaurant, donc la devanture était éclairée par des dizaines de guirlandes de Noël. Dehors, la neige tombait à gros flocons, contrastant énormément avec l'ambiance et la sérénité d'avant. Sans un mot, Jeanne désigna une table près de la fenêtre où un couple était installé. Un homme tenait la main à une jeune femme assise en face de lui. Ils se dévoraient littéralement des yeux, n'ayant que faire du bruit ambiant. Riza détailla la femme. Elle avait de longs cheveux blonds semblables aux siens, et était habillée avec élégance, une belle robe vert émeraude et des talons noirs. En face, elle n'eut aucun mal à reconnaitre Roy, les mèches de cheveux indisciplinées qui retombaient sur son front ne trompaient pas. Il paraissant légèrement plus âgé mais dégageait toujours le même charme.
- C'est… moi ? demanda-t-elle incertaine.
- Non.
La réponse était dure et froide. Riza encaissa sans broncher, bien que son cœur fût broyé par une tristesse sans nom. Elle se mordit l'intérieur des joues pour retenir le sanglot coincé dans sa gorge. Le Roy du restaurant prit visiblement une grande inspiration et se leva de sa chaise, juste avant de poser un genou au sol devant la femme. Entre ses doigts tendus, un anneau trônait, étincelant sous la lumière artificielle de la salle. À en juger par leur langoureux baiser et par les applaudissements des autres personnes présentes dans le restaurant, la jeune femme avait répondu positivement.
Devant ce spectacle, Riza lâcha la main de sa mère et tourna les talons, enfonçant ses mains dans ses poches. Elle tenta de réprimer les larmes qui menaçaient de couler. Jeanne savait pertinemment que pour faire prendre conscience des choses à sa fille, il fallait parfois la brusquer. D'un geste rageur, Riza frotta ses yeux en s'éloignant. Elle s'arrêta net en entendant la voix de sa mère.
- Tu ne vas pas passer ta vie à fuir, Riza ! Il est temps de grandir et de laisser le passé où il est !
La jolie blonde abandonna l'idée de refouler sa douleur et sa peine, laissant libre cours à ses émotions. Les pas de Jeanne se firent entendre juste derrière elle mais pour autant, elle continua de lui tourner le dos, tête baissée vers le sol.
- Je n'ai pas besoin de te dire que nous sommes dans le futur, se radoucit-elle. Ce que tu as vu n'est qu'une possibilité d'avenir.
- Et pourquoi tu me montres ça ?! fit durement Riza en serrant les poings.
- Comme tu peux le constater, Roy a décidé d'épouser une femme qui n'est pas toi. Tu as continué à agir comme tu le faisais jusqu'à maintenant et il a pris ses distances, lassé de voir toutes ses approches tomber à l'eau. Il tenait à toi, il t'aimait et tu le rejetais sans arrêt. Tu ne peux pas lui demander de t'attendre éternellement.
Énervée non seulement par les paroles de sa mère mais aussi par la scène du restaurant, Riza répondit sèchement.
- Et alors quoi ? Je me jette dans ses bras comme toutes ces pimbêches ? Je glousse à tout ce qu'il dit et je papillonne sans arrêt ?
- C'est justement parce que tu n'es pas comme ces filles-là qu'il s'intéresse à toi. Parce que toi seule est capable de le remettre dans le droit chemin. Ne t'a-t-il pas demandé de lui tirer dans le dos s'il s'égarait ?
- Maman, tu ne penses pas que justement, il s'en éloignerait si jamais nous étions ensembles ?
- À nouveau, tu ne vois les choses que comme tu le souhaites. Roy désire changer le pays et rendre les gens heureux. Mais comment peut-il y arriver si sa plus proche subordonnée ne l'est pas ? Si lui-même ne l'est pas ? Je sais que tu l'aimes, malgré tout ce que tu dis depuis le début. Et tes sentiments sont partagés, ça aussi tu le sais. Rien ne te retient, Riza. Petite, tu n'avais pas peur de te laisser aller et de laisser parler tes sentiments. C'est ce qui faisait ta force, c'est comme ça qu'il t'a connu à la fin de son apprentissage. C'est de cette personne qu'il est tombé amoureux. Et toi et moi savons qu'elle n'est pas loin, elle est juste ici.
Jeanne posa sa main contre le cœur de sa fille. Ses joues étaient ravagées par les larmes, sa tête par ses pensées.
- Mais j'ai peur, maman… murmura-t-elle d'une petite voix.
Le fantôme du passé laissa un doux sourire prendre possession de ses lèvres. Enfin, sa fille avouait sa peur. Enfin, elle reconnaissait qu'elle s'interdisait de ressentir par peur de perdre pied.
- Ce n'est pas en refrénant tes sentiments que tu arriveras à avancer. Il est temps que tu vives pour toi-même, que tu te fasses plaisir. Avec ton père, on te suit depuis là-haut et on ne veut que ton bien et ton bonheur. Tu as le droit d'y prétendre, tu as le droit d'aimer et d'être aimée en retour. Tu le mérite, ma chérie.
Riza craqua et s'effondra au sol. Elle se sentait mal, terriblement mal. Elle savait que sa mère avait raison mais elle voulait garder le contrôle, elle ne supportait pas le fait de ne pas avoir la main mise sur tout. Et pourtant, comme Jeanne l'avait fait remarquer, ce n'est qu'en acceptant ce qu'elle ressentait qu'elle pourrait avancer dans sa vie.
Sa mère la berça un moment à-même le sol, caressant affectueusement les cheveux de sa fille. Les larmes de sa fille se firent moins présentes et ses sanglots se calmèrent progressivement. Elle devait le faire, il le fallait. Riza releva lentement la tête, faisant face au doux visage de sa mère. Elle essuya ses yeux tout en la fixant. Elle savait que ce moment touchait à sa fin, elle le ressentait au fond d'elle. Elle l'étreignit un temps, s'imprégnant de son odeur et gravant ce sentiment à tout jamais dans sa mémoire.
- Il est temps pour moi de retourner d'où je viens, ma chérie.
- Je ne veux pas que tu partes, bredouilla Riza.
- Je serais toujours présente dans ton cœur et dans ta tête, fit Jeanne en posant chacune de ses mains aux deux endroits. Je t'observerai toujours de là-haut, on n'est jamais bien loin avec ton père, on veille sur toi. Tu as le droit de prétendre au bonheur.
Riza hocha la tête doucement, comprenant qu'à nouveau, elle allait devoir revivre une séparation douloureuse. Elle sentit le spectre de sa mère glisser entre ses doigts et un halo entoura la silhouette de Jeanne qui commençait à devenir floue et plus lumineuse. La chaleur quitta peu à peu les bras de Riza qui laissa une unique larme rouler sur sa joue.
- Fais-nous une ribambelle de beaux enfants avec ton Colonel, murmura la voix de sa mère avant que Riza ne se retrouve seule.
La jeune femme sourit tendrement devant la remarque et sécha ses larmes pour de bon. Pour la dernière fois, Riza se laissa entourer par ce tourbillon de souvenirs. Cette fois-ci, elle était seule mais apaisée et sereine. Elle savait ce qu'il lui restait à faire.
Alors, p'tite review ? Je suis pas super satisfaite de ce chapitre à vrai dire, j'espère qu'il vous a quand-même plu ^^
Les partiels sont enfin fini pour moi (quel plaisir), du coup la suite de La Relève arrivera bientôt, promis !
Le dernier chapitre de cette fic sera donc pour Noël, à voir si vous le voulez le 24 au soir ou le 25 ^^
Bonne fin de semaine et à très vite !
Tchuss pamplemousse !
Todorotwix
