Son levier bouge un peu.
ORDINATEUR: Hors ligne.
L'aspiration commence à diminuer. Elle doit lâcher la Magnaclamp pour attraper le levier et le tirer, mais elle et celui-ci sont traînées dans le mauvais sens.
-Je dois la remettre debout!
Elle le gère d'une manière ou d'une autre.
ORDINATEUR: En ligne et verrouillé.
La succion s'accumule.
- … , attendez! Attendez!
Elle est tirée horizontalement vers le Vide. Le Docteur ne peut pas l'atteindre alors que ses doigts glissent enfin de la poignée du levier.
Elle se réveilla en sursaut. Elle venait encore de rêver de ce moment. Ce moment où sa vie avait définitivement basculé. Ce moment où elle était tombé dans le Void.
Elle 'vivait' dans ce Vide entre les mondes depuis un temps se reposait quand elle en ressentait le besoin, mais se réveillait en sursaut à cause de ce cauchemar. Elle tournait en rond la plupart du temps dans cet espace vide, blanc, sans vie. Elle pensait qu'elle se trouverait au milieu des Daleks et des Cybermen qui avaient été aspiré avec elle, mais non.
Quand elle était arrivée là, elle avait essayé de trouver une sortie, elle avait hurlé et imploré pour qu'on la retrouve. Et puis elle avait abandonné. Elle continuait de chercher, mais elle n'implorait plus. Elle s'était jurer de ne plus dire un mot jusqu'à ce qu'elle retrouve le Docteur.
A chaque fois qu'elle était sur le point d'abandonner et de s'arrêter là où elle était, elle regardait le creux de sa main où se trouvait le tatouage qu'elle portait depuis ses 11 ans. Son tatouage d'âme soeur. Enfin, c'était censé l'être, mais elle n'avait jamais pu comprendre ce que ça signifiait. C'était censé être le nom de son autre moitié d'âme, mais à la place c'était des cercles et des points qu'elle ne comprenait pas. Elle avait cherché au début si c'était une langue étrangère, mais elle n'avait rien trouvé. Elle avait rencontré Jimmy Stone grâce à ça. Lui, n'avait aucun tatouage. Aucune âme-soeur. C'est pour cette raison qu'elle était sortie avec lui au début, parce qu'ils étaient tous les deux des âmes solitaires. Mais elle l'avait quitté, quand il était tombé dans l'alcool et la drogue et qu'il était devenu violent avec elle.
Et puis elle était sortie avec Mickey. Et même si lui avait un nom inscrit sur son épaule, il avait des sentiments pour elle. Au final, ce n'était pas sa destinée.
Elle avait compris que les cercles dans sa main n'était pas une erreur, quand elle l'avait rencontré. Ce n'était pas une langue humaine, mais la langue de son peuple. C'était du Gallifreyan. Elle ne savait pas encore ce que ça disait - car elle refusait de croire que c'était le mot "Docteur" - et elle avait attendu qu'il lui avoue son nom. Elle s'était déclarée à lui, il lui avait répondu, mais … ils avaient été séparé. C'était prédit. Elle n'était qu'une humaine, avec une durée de vie humaine. Il était un Time Lord avec 13 vies et une espérance de vie qui pouvait dépasser les milliers d'années. Elle n'était rien comparée à lui.
Un jour, après un nouveau cauchemar, elle se réveilla comme à son habitude et regarda autour d'elle. Le blanc, lumineux mais angoissant, avait pris une autre tente à certains endroit. c'était comme un beige … mais albâtre.
Lorsqu'elle était à l'école, si les maths et l'anglais n'étaient pas son fort, elle était en revanche plus douée en gymnastique et en art-plastique. Elle avait appris les différentes de couleurs au collège et, à passer son temps au milieu de blanc, chaque teinte de couleurs qu'elle voyait désormais lui paraissait bien plus clairement.
Elle s'avança vers la couleur et tenta de la toucher. Elle l'avait à peine effleuré que devant elle, comme une peinture, un paysage se dessina. Il n'était que simple au début, avec du vert sauge pour le sol et du bleu sauvage pour le ciel Mais au fur et à mesure de ces pas, le monde se colorait et se détaillait. Elle pouvait désormais voir les brins d'herbe et la brise du vent. C'était comme dessiné ou peint, comme un tableau. Etait-ce ça le Void ? Une toile d'artiste qui attend que quelqu'un s'exprime dessus ? Au fur et à mesure qu'elle avançait tout se précisait et elle commençait à voir un monde fantastique se former sous ses yeux.
Elle y vécut quelques temps, elle ne savait toujours pas combien d'heures s'écoulaient mais le ciel prenait une couleur bleue plus sombre, presque bleuet lorsqu'elle était fatiguée.
L'endroit était comme une île perdue ou un pays imaginaire où elle pouvait se reposer.
Elle avait commencé à chercher comment fonctionnait cet endroit, comment le paysage si flou autour d'elle se précisait lorsqu'elle se rapprochait.
Ce n'est qu'à force d'observation qu'elle comprit. Elle compris que ce n'était que l'effet de son esprit, de son imagination. Elle en avait eu marre du blanc qui lui donnait mal à la tête, alors elle s'était créée un paysage relaxant et précis que lorsqu'elle était suffisamment proche pour le voir.
Pour confirmer sa théorie, elle ferma les yeux et se mit à penser à une maison. Lorsqu'elle les rouvrit, la maison qu'elle imaginait commençait à se peindre sous ces yeux, touche de couleurs par touche de couleurs. Elle s'avançait et enclencha la poignée de la porte. Celle-ci s'ouvrit et une douce couleur dorée lui apporta de la chaleur. Une voix dans sa tête lui parla et lui expliqua ce qu'était en réalité le Void. Plus que d'être un espace vide entre les mondes, c'était également le lien télépathique entre les mondes. Les artistes et les penseurs avaient en quelque sorte accès à cet espace, au moyen de méditation ou rêves. C'est pour cette raison que les peintres des différents mondes parallèles pouvaient peindre les mêmes choses, car ils avaient accès à la même base d'imagination. Mais une fois à l'intérieur, on pouvait modifier en totalité le monde, comme ce qu'elle avait fait plutôt.
La voix lui annonça que si elle le désirait, elle pouvait rentrer dans son monde. Elle devait juste trouver le bon endroit. Elle s'était ouverte une porte vers la compréhension et maintenant, elle devait trouver la sortie. Elle pourrait simplement s'imaginer une porte vers le monde réelle, mais la voix lui dit que ce n'était pas possible. Le monde ne serait que le fruit de son imagination également. Non, elle devait trouver parmi l'imagination des artistes ce qui pourra la ramener chez elle. Parce qu'il y avait des oeuvres uniques à un monde tout de même. Dans certains mondes, les pommes n'existaient pas, les fleurs les plus communes étaient verte ou bleue. Dans certains mondes, les Time Lords n'existent pas. En fait, son monde d'origine était le seul qui contenait réellement le Docteur. Il était un être unique. Et le TARDIS tel qu'elle le connaissait aussi.
Alors pourquoi devant elle se trouvait l'image d'une cabine de police d'un bleu oregon qu'elle reconnaîtrait l'importe où, une cabine de police qui explosait, mais où se trouvait dedans un homme. Elle ne le reconnaissait pas, mais avec ce noeud papillon, ces bretelles et cet veste … la seule personne avec un style vestimentaire aussi décalé, mais aussi attrayant ne pouvait être qu'à l'homme qu'elle aimait. Et cet étincelle dans le regard de l'homme que l'artiste avait peinte ne pouvait être qu'à celui qu'on appelait 'Docteur'.
Faisant preuve d'imagination, elle entra dans la cabine téléphonique et une fois à l'intérieur, cela confirma que c'était bien le TARDIS. Même en étant qu'une peinture, c'était plus grand à l'intérieur - même si ce n'était plus les coraux dont elle avait eu l'habitude.
Alors, voilà à quoi ressemblait l'imagination des artistes. Au delà de l'image extérieur, l'intérieur des lieux étaient également imaginés. Ou du moins créer dans leur esprit. Et cela l'aidait bien.
Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle faisait, mais elle avait souvent regardé le Docteur faire fonctionner le TARDIS. Elle laissa son instinct et sa mémoire agir et ce qui n'était qu'une peinture se mit à bouger. C'était vivant. Et si c'était vivant, alors elle pourrait essayer de revenir.
Alors que tout autour d'elle le TARDIS se mettait en mouvement, elle vit le décor passer de la peinture à quelque chose de plus réel. Petit à petit, elle devait être entrain de rejoindre son monde d'origine et, plus particulièrement, rejoindre son Docteur.
-Je suis désolée de t'avoir fait attendre. J'espère que tu n'as pas attendu trop longtemps.
Sa voix était rauque de ne pas avoir parlé depuis longtemps. Oh, combien de temps c'était écoulé depuis la dernière fois qu'elle n'avait dit un mot ? Mais ça n'avait plus d'importance, parce qu'elle était de retour auprès du Docteur.
Celui-ci était dos à elle, penché sur la console et regardant un écran. Il se retourna et la regarda.
-C'est bien toi ? Oh, que c'est cruel, je vais vers ma mort et je retrouve ma Rose. Pourquoi ?
-Non, Docteur, quoi que tu penses, tu ne vas pas mourir. Parce qu'il y a toujours un moyen de survivre.
Et le Docteur voulut croire ces paroles. Parce que le monde ne pouvait pas être aussi cruel. Parce que ces retrouvailles ne pouvait pas signifier la fin de sa vie. Pas cette fois. Il trouverait un moyen de survivre.
Réfléchissant à tout allure, il tourna en rond quelques secondes, puis regarda la blonde. Il marcha vers elle et l'embrassa soudainement.
-Rose, tu es …
-Fantastique ?
-Oui. Et fabuleuse et merveilleuse et …
Il l'embrassa à nouveau.
-Parfaite.
-Merci. Toi tu sens la fraise. C'est inhabituel.
-Oh, j'ai essayé les compotes d'Alfie. Et puis je ne suis plus très banane. Maintenant, c'est partie pour que j'aille ne pas mourir. Géronimo !
Avec un sourire, il actionna le TARDIS à tout à l'heure vers la vie. Avec Rose pour toujours.
(on va supposer que à la fin de la saison 4, Mickey et Jackie ont trouvé un moyen d'aider le Docteur sans Rose)
(la fin se passe après la fin de l'épisode 12 de la saison 6 "La tournée d'adieu")
