Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Joyeuses fêtes ! Voici un KyoGin pour l'occasion, dans la chronologie D'anciennes ombres (encore ? oui et j'assume ! ;) )

Cette histoire peut sûrement être considérée comme du fluff. On en a besoin, et eux aussi. Bonne lecture !


Des moments d'amitié


Ginga était en compagnie de ses amis. Ils avaient de moins en moins d'occasions de se voir. Tous avaient de nouveaux projets auxquels ils consacraient leur temps : de nouveaux défis en Beyblade, des devoirs professionnels, des désirs de voyage. Leurs réunions devenaient de plus en plus rare et, par conséquent, de plus en plus précieuses. Chaque moment était un souvenir à graver dans leurs cœurs tandis qu'ils transitaient vers l'âge adulte. Voilà ce que signifiait leurs réunions... en temps normal.

Là, tout de suite, Ginga avait du mal à s'en souvenir. Surtout avec Madoka et Yuu qui riaient à gorge déployée à côté de lui.

- Est-ce que vous imaginez Yoyo faire quelque chose de romantique comme un dîner aux chandelles ou acheter un bouquet de fleurs ? Ou partager son parapluie ?

- Je l'imagine plutôt éjecter la personne qui essayerait de s'abriter sous son parapluie à coup de toupies, commenta Madoka.

Depuis que ses amis savaient que Kyouya et lui sortaient ensemble, ils étaient devenus leur sujet de prédilection, surtout pour les plaisanteries. C'était d'un pénible... Ginga avait cru que ça finirait par leur passer.

Erreur.

Non seulement cela durait depuis des mois mais, en plus, ils semblaient avoir un fond inépuisable de remarques à faire. Surtout Madoka et Yuu – même si, excepté Benkei, personne ne disait rien pour les défendre.

- Kyouya-san n'est pas méchant.

Madoka leva les yeux au ciel.

- Mais bien sûr. Vous êtes deux à vous faire des illusions sur lui.

- Je ne me fais pas d'illusion, marmonna Ginga, le menton posé sur sa main.

Son amie le regarda, incrédule.

- Tu sors avec lui, non ? Tu es amoureux ?

Ginga sentit ses joues chauffer. S'il connaissait ses sentiments et qu'il les assumait, ça lui faisait toujours étrange de l'entendre dire.

- Oui, mais ça ne veut pas dire que je ne connais pas Kyouya.

S'il avait besoin de se faire des illusions à son sujet, ça signifierait tout simplement que ses sentiments n'étaient pas sincères.

- Il est égoïste, et arrogant ! Et... hautain.

- Je sais... soupira Ginga.

Madoka en voulait encore à Kyouya pour le comportement qu'il avait eu envers elle lors de la quête des bladers légendaires. Elle avait la rancune tenace, elle aussi.

- Et c'est un Grand Méchant Blader !

Ginga hocha la tête. Il ne pouvait pas donner tort à Yuu. Kyouya aimait bien diriger, et ceux qui le contredisaient finissaient souvent par se trouver dans la ligne de mire de Leone. Yuu, et surtout Tithi, en avait fait les frais pendant la quête des bladers légendaires.

- Il déteste perdre, ajoutant Kenta avec un sourire affectueux.

- Là, nous sommes deux, déclara Ginga en répondant à son sourire.

Madoka et Yuu le dévisagèrent, bouches bées, pendant que Benkei fulminait contre le traitement infligé à son idole. Tout à leur surprise, ils avaient oublié quelques défauts à leur liste.

- Qu'est-ce que tu lui trouves alors ?

- C'est... Kyouya.

C'était aussi simple que ça pour Ginga. Tout ce qui faisait que Kyouya était Kyouya, toutes ses qualités mais également tous ses défauts, était parfait. Il ne voulait pas le voir changer.

- C'est donc ça... murmura Yuu, ce que l'on appelle...

- Le pouvoir de l'amour ! finirent-ils en chœur avant de se répandre en rires.

Ginga fit la moue.

- Ça fait sept mois que Kyouya et moi sommes ensemble. Vous comptez continuer encore longtemps ?

Kenta, Madoka et Yuu s'entre-regardèrent. Ils opinèrent.

- Oui !

Ginga se renfrogna un peu plus. Il commençait à redouter une réunion générale – Madoka espérait en organiser une prochainement. Masamune et King devraient s'en moquer, peu de choses les intéressaient en-dehors du Beyblade. Hyoma le taquinerait – amis d'enfance oblige – et Tithi se laisserait entraîner par Yuu. Les Wang Hu Zhong et les Wild Fang seraient au-dessus de ça... n'est-ce pas ? Quoique, Ginga ne l'espérait pas trop, en fait. Il avait cru la même chose de Tsubasa et l'argenté – une des personnes les plus calmes, les plus dignes qu'il connaissait – avait eu un sourire amusé.

Ginga n'attendait plus rien de personne.

- Ce qui est drôle, c'est que Gingy fait des efforts tout le temps pour impressionner Yoyo alors qu'il est super ! enchaîna joyeusement Yuu. En tout cas, il a pas tous les défauts de Yoyo, ce qui est déjà beaucoup mieux que ce que mérite ce Grand Méchant Blader.

- Kyouya-san mérite le meilleur du monde !

Yuu eut un sourire malicieux.

- Yoyo est tellement méchant que je suis sûr qu'il tomberait en cendres s'il essayait de dire un seul truc gentil.

Madoka pouffa. Kenta eut un sourire amusé.

- Dark Bububull ! s'exclama Benkei en se mettant brusquement debout. Je ne peux pas te laisser insulter Kyouya-san impunément !

- Ah bon ? s'étonna Yuu.

Benkei le pointa du doigt.

- Nous allons régler ça au Beyblade !

Les yeux de Yuu s'illuminèrent. Le cœur de Ginga fit un bond enthousiaste.

- Vraiment ?

- Moi aussi je veux régler ça au Beyblade !

- Je peux participer, moi aussi ? demanda Kenta.

- Si tu veux ! Venez à autant que vous voudrez : je défendrai l'honneur de Kyouya.

- Quel honneur ? fit Madoka, sceptique.

- Dark Bububull ! Préparez-vous !

Ginga s'empressa de se lever. Avec un soupir, Madoka se mit debout et alla se poster plus loin. Les quatre bladers se placèrent en carré. Ils sortirent leurs lanceurs, y enclenchèrent leurs toupies et les pointèrent dans la même direction : le point central du carré qu'ils formaient. Un frisson d'excitation parcourut Ginga. Ils déclamèrent le décompte puis, dans un ensemble parfait, propulsèrent leurs toupies.

Ginga sourit. Il adorait vraiment ses amis.


XXX


Ginga tendit la main. Pegasus vint se nicher dans sa paume. Il referma ses doigts sur lui avec un sourire et propulsa son poing vers le ciel.

- Nous avons gagné !

- C'est dommage. Sagittario et moi ne sommes pas passés loin de la victoire.

Yuu serra les poings avec enthousiasme et leur fit un clin d'œil.

- N'oublie pas Libra ! Nous vous avons donné du fil à retordre, pas vrai.

- Je pense que le titre de blader légendaire ne veut rien dire contre toi, confirma Kenta.

Yuu eut un sourire fier.

- On n'en attend pas moins d'un génie du Beyblade, ajouta Ginga, faisant briller les yeux de l'enfant.

- Mais plus important... intervint Benkei. Malgré ma défaite, le côté de Kyouya a gagné. Trop de bonheur !

Yuu croisa les bras derrière la tête.

- Oui, oui, chantonna-t-il. On sait que Yoyo n'est pas si mal.

Madoka revint vers eux.

- Maintenant que vous avez fini, Yuu, tu m'expliques ce tu as voulu dire par les "efforts de Ginga" ? demanda-t-elle.

- Et si nous allions manger ? proposa Ginga. On vient de faire beaucoup d'exercice. Il faut recharger nos batteries !

La – piètre – tentative de Ginga de changer de sujet ne remporta aucun succès. Il soupira. Il s'y attendait. Ses amis adoraient parler de sa relation avec Kyouya, surtout quand il était dans les parages. Peut-être qu'ils en parlaient aussi derrière son dos, mais il n'en était pas sûr : ses réactions avaient l'air de bien trop les amuser pour cela.

Yuu regarda Madoka avec surprise.

- Tu n'as pas remarqué ?

- Remarqué quoi ?

Yuu afficha un immense sourire. Ginga eut un mauvais pressentiment.

- Gingy s'est jamais comporté comme un gamin à côté de Yoyo. Pas de caprices ni de chamailleries.

- Tu as remarqué aussi ! s'exclama Kenta, ce qui était toujours décevant de sa part.

Madoka réfléchit, semblant repasser différents souvenirs en tête. Son expression se durcit. Elle darda un regard noir sur Ginga qui n'avait rien fait pour le mériter.

- C'est vrai ! lança-t-elle d'un ton accusateur. Il n'a pas eu à supporter tes gamineries et tes pleurnicheries.

Ginga était tenté de se vexer mais la colère de Madoka était aussi importante que lorsqu'il abîmait Pegasus – en d'autres termes, destructrice.

- Kyouya et moi n'avons pas beaucoup voyagé ensemble, s'expliqua-t-il.

Et il espérait bien inverser la tendance.

- Je n'ai pas beaucoup voyagé avec toi non plus, et pourtant... commenta Benkei en se grattant la joue.

- Tu es venu en vacances avec nous à Koma ! protesta Ginga. Et tu es resté pendant toute la quête des bladers légendaires !

- Pas tellement plus que Kyouya, donc, reprit Madoka.

- C'est rigolo, pas vrai ? On dirait que Gingy change de mode dès qu'il est en présence de Yoyo.

Ginga rougit. Il ne se comportait pas si différemment quand il était avec Kyouya... pas vrai ?

- Il y a eu la dispute !

- Kyouya y a participé, fit remarquer Madoka en plissant les yeux.

C'était elle qui y avait mis un terme – et, apparemment, elle leur en voulait encore.

- D'ailleurs, quand Kyouya-san, les autres Wild Fang et moi sommes arrivés, tu as drôlement vite changé de comportement.

Ginga regarda Benkei avec déception. Il ne pouvait même pas compter sur son soutien cette fois.

- C'était pareil quand Kyouya est apparu sur l'île de Brume, remarqua Kenta. Un instant Ginga était en colère et, celui d'après, quand il a vu Kyouya, il était tout joyeux.

- Et quand j'ai voulu participer au Dôme de la Destruction ? C'est le genre de comportement que tu trouves immature, pas vrai ? lança Ginga à Madoka, plein d'espoir.

Il n'arrivait pas à croire qu'il essayait de se défendre en disant qu'il était immature. C'était le contraire, normalement.

- Kyouya voulait aussi, avoua Benkei.

- Ils étaient sur la même longueur d'ondes donc, rit Yuu.

- Moi je me souviens du dîner chez Sala, reprit Madoka. De ta bonne tenue à table. Tu ne t'es pas jeté sur la nourriture comme un morfale.

Sous-entendu : comme d'habitude.

- Kyouya n'était même pas présent à ce moment-là, marmonna Ginga.

Ses amis reprirent sans prendre en compte sa remarque. Ils citèrent des souvenirs à tour de rôle, des soi-disant preuves qu'il se comportait différemment en présence de Kyouya. Si Madoka et Yuu faisaient le plus de commentaires, Kenta et Benkei n'étaient pas en reste.

Au moins, cette fois, il avait eu un combat.


XXX


Ginga quitta le fast-food en compagnie de ses amis. Il avait l'estomac bien rempli, ce qui était toujours une bonne nouvelle. Mieux encore : après leur sortie du parc, ils avaient choisi d'autres sujets de conversation que sa vie amoureuse. Un véritable bonheur.

Le petit groupe marchait dans les rues. Madoka s'arrêta devant une vitrine.

- C'est vrai que c'est bientôt.

Ginga jeta un regard par-dessus son épaule. La vitrine arborait des décorations à l'effigie de Noël. Ginga n'en avait jamais entendu parler quand il vivait à Koma. Son premier décembre à Bey-City avait été plein de surprises.

- Noël est de plus en plus populaire, commenta Kenta.

Madoka se tourna vers Ginga avec un sourire.

- Kyouya et toi avez prévu quelque chose ?

- Pourquoi ?

- C'est la fête des amoureux.

Les sourcils de Ginga se froncèrent de confusion.

- C'est pas la Saint-Valentin ?

- Aussi !

- Et il y a le White Day ! ajouta Yuu.

- Ça en fait beaucoup, non ?

Madoka le regarda avec une certaine exaspération. Bah quoi. Il avait raison. Trois fêtes sur le même sujet par an, c'était beaucoup. Si c'était pour le Beyblade encore...

Voilà qui serait intéressant : une fête nationale consacrée au Beyblade – avec des combats toute la journée évidemment.

- Ce sont des occasions différentes, lui expliqua Madoka. Et, quand on aime quelqu'un, il n'y a jamais trop de fêtes à passer ensemble.

- Donc toi et Alekseï... ?

Madoka rougit. Elle détourna le regard.

- N-nous n'en sommes pas là, bredouilla-t-elle. En plus, en Russie, on fête Noël différemment. En famille, d'après ce que j'ai compris.

Elle s'éclaircit la gorge.

- Et puis, on parle de Kyouya et toi. Pas d'Alekseï et moi.

- D'accord.

Ginga ne connaissait pas trop la situation entre Madoka et Alekseï. Son amie l'avait évoquée une seule fois pour dire qu'ils avaient repris contact, mais sa nervosité n'avait laissé aucun doute sur le "contact" en question. Si Ginga était de nature mesquine ou rancunière, il l'utiliserait certainement contre elle pour se venger de ses taquineries incessantes. Au lieu de quoi, il le laissait passer. À chaque fois.

- On n'a rien prévu de particulier.

- Quand on disait que Yoyo n'est pas romantique, soupira Yuu en levant ses paumes vers le ciel.

Son expression amusée démentait son exaspération feinte.

- Kyouya et moi avons eu un rendez-vous.

L'intervention de Ginga fut récompensée par l'expression complètement stupéfaite de Yuu.

- Vraiment ?

- Eh oui !

Ça avait été deux jours merveilleux...

- T'emballes pas, intervint Madoka. Ce qu'il appelle un "rendez-vous" était en fait une invitation forcée à un entraînement Beyblade dans le Wolf Canyon.

- Mais c'était génial !

Madoka et Yuu le dévisagèrent avec pitié, Kenta avec compassion. Même Benkei ne semblait plus si prompt à défendre son idole. Ginga ne comprenait pas. Ce rendez-vous avait été parfait. Le Beyblade était l'une des meilleures façons de passer du temps avec les personnes qui lui étaient chères.

- J'imagine que ça vous correspond, finit par soupirer Madoka.

Ginga eut un grand sourire.

- Exactement.

Ça leur correspondait parfaitement.


XXX


Kyouya était allongé au bord du canal. Les bras croisés derrière la tête, les yeux fermés, il essayait de savourer la brise sur sa peau. Il n'y arrivait pas. Il était trop agacé pour cela. Son pied cognait contre le sol. Il avait envie de se lever et de partir, de trouver un endroit où propulser Leone et n'y laisser que de la poussière. Il parvenait – plus ou moins – à refréner ses pulsions quand il était à la TC. Il venait de passer trois semaines entières sans lancer Leone à la tête d'un abruti – un record. Il méritait des félicitations, ou au moins la reconnaissance de ses efforts.

Aujourd'hui n'avait pas été une journée comme les autres. Son père avait tenu à lui montrer comment il dirigeait la corporation. Ils auraient dû se douter comment ça finirait. Gaou et lui, coincés entre quatre murs ensemble, sans Kakeru ni leur mère pour jouer les médiateurs ? Aucune chance. Ça avait fini en dispute. Totalement de la faute de son père. Il prétendait vouloir travailler avec lui et il passait son temps à lui donner des ordres. Il passait son temps à camper sur ses positions et il ne changeait jamais d'avis – à part quand sa femme était impliquée. Comment Kyouya était censé supporter une personne pareille ?

Détruire quelque chose avec Leone lui ferait un bien fou, sauf que Ginga et lui avaient convenu de se retrouver ici. Ne pas venir aurait été un véritable affront. Il ne pouvait pas lui faire ça. Au pire, s'il ne tenait toujours pas en place, il se contenterait de le saluer avant de partir de son côté.

Kyouya perçut enfin les pas familiers s'approcher de lui et s'arrêter. Il ouvrit les yeux. Ginga était penché vers lui, un sourire se dessinant lentement sur ses lèvres.

- Salut.

Kyouya déplia le bras et le tendit. Il attrapa un pan d'écharpe et le tira. Ginga tomba vers lui. Leurs bouches se rencontrèrent. Kyouya ferma les yeux et savoura pleinement leur baiser. Finalement, ce n'était pas si mal qu'il l'ait attendu.

La main de Ginga glissa sur sa joue, son cou. À contrecœur, Kyouya desserra sa prise sur l'écharpe. Leurs lèvres se séparèrent. Ginga avait dû s'écarter car il ne sentait plus son souffle ni sa chaleur sur sa peau.

Kyouya rouvrit les yeux. Ginga était penché au-dessus de lui, souriant.

- Quel accueil !

- Il faut bien que ton écharpe serve à quelque chose.

Ginga se redressa, s'agenouillant à côté de lui, et arrangea les bords de son écharpe.

- Je pensais qu'elle servait à m'empêcher d'attraper froid.

- Même en été ?

- Les nuits sont froides.

En parlant de froid, Kyouya était peut-être resté allongé trop longtemps car sa peau le picotait. Il voulut se redresser mais Ginga s'installa contre lui. Il cala son menton sur son crâne et passa un bras autour de son épaule. Kyouya roula sur le flanc. Il se retrouvait complètement blotti contre lui, avec son visage contre son cou, et profitait de sa chaleur. Ce n'était pas désagréable.

Ginga brossa sa joue du pouce.

- Quelque chose ne va pas ? Ça ne peut pas être Yuu : il a passé toute la journée avec moi.

- Le plus noble de tes sacrifices.

- Ce n'est pas un sacrifice. C'est mon ami. Je l'aime beaucoup.

- Moi, ce que j'aime, c'est quand il est assez loin pour que j'oublie son existence.

Kyouya entendit Ginga rouler des yeux.

- Bref. On n'est pas là pour parler de Yuu... mais qu'est-ce qui t'ennuie ? Ça s'est mal passé, à la TC ?

- Figure-toi que là, maintenant, je n'ai pas envie de parler de mon père, grommela Kyouya.

Comprenant en partie ce qu'il sous-entendait – parler de sa famille pendant qu'ils se câlinaient était plus que bizarre – Ginga s'écarta, lui retirant sa principale source de chaleur. Alors qu'ils étaient en hiver.

Kyouya plissa les yeux pour le toiser. C'était de la trahison. Déjà le froid se relançait à son assaut. Mais il ne céderait pas, pas plus qu'il ne quémanderait.

Kyouya s'assit fièrement. Le bruissement des herbes à sa droite lui indiqua que Ginga changeait de position lui aussi. Une main se posa sur son épaule. Le nez de Kyouya se fronça. À quel point ce serait immature de dégager Ginga d'un coup d'épaule ?

- Vous vous êtes encore disputés ?

- Qu'est-ce que ça peut faire ?

La main de Ginga caressa sa nuque, avec des gestes lents, envoyant de longs frissons dans tout son corps.

Kyouya se décala et lui adressa un regard noir. Ginga laissa sa main reposer sur l'herbe à côté de lui.

- Désolé.

Il ne semblait pas sincèrement désolé. Kyouya émit un son méprisant.

- Père et moi nous sommes encore disputés, comme tu le dis si bien. Pas de quoi entrer dans les détails.

- Qu'est-ce que tu as fait ?

Kyouya se tourna agressivement vers lui.

- Comment ça qu'est-ce que j'ai fait ? C'est de sa faute.

Ginga n'avait pas l'air de le croire. Kyouya fronça le nez. C'était vexant.

- OK. Il s'est passé quoi ?

- Il prétend qu'on travaille ensemble alors qu'il passe son temps à me donner des ordres.

- Des conseils ou des ordres ?

- C'est pareil !

Le regard de Ginga signifiait "Pas du tout".

- Tu as d'autres reproches ?

- Il campe sur ses positions. Il ne change jamais d'avis, même quand j'ai raison ! C'est impossible de parler avec lui.

- Contrairement à toi qui es si conciliant.

Kyouya en fut bouche bée. Il eut du mal à trouver une répartie. Ginga se moquait ouvertement de lui. Il n'essayait même pas de cacher son sourire.

- On sort ensemble. Tu es censé être de mon côté.

Le sourire de Ginga devint lumineux.

- Quoi ? grogna Kyouya.

- Nous sommes ensemble.

- Vu qu'on vient de s'embrasser, je supposais que t'étais au courant.

Ginga haussa les épaules.

- Je ne me lasse pas de te l'entendre dire. Quant au fait d'être de ton côté : bien sûr que je le suis. Mais pas à n'importe quel prix.

Ginga posa un baiser sur ses lèvres avant de s'écarter. Son sourire était doux. Ses yeux miel dansaient. Kyouya peinait à s'accrocher à sa colère – qui n'était plus que de l'agacement depuis longtemps – dans ces conditions.

- S'il faut t'empêcher de faire n'importe quoi à coups de toupie, je suis là.

Comme à leurs premiers duels.

Kyouya ne put empêcher ses lèvres de se courber.

- OK. Un point pour toi.

Ginga passa une main dans sa frange. Plus le temps passait, plus il se montrait tactile. Il était si à l'aise en sa présence... C'était agréable... À part quand Kyouya voulait se disputer avec lui. Ça le calmait – ou, du moins, détournait son attention – trop facilement.

Mais Ginga avait toujours été capable de résister à sa colère et de la traverser comme si elle était aussi inconsistante que l'air. Ça n'avait rien de nouveau.

- J'imagine qu'on pourrait dire que Père et moi avons tort tous les deux, marmonna Kyouya à contrecœur.

Le sourire de Ginga s'élargit.

- Dis-lui exactement ça. Il comprendra que ce sont des excuses.

Kyouya lui adressa un regard assassin. Le côté détendu de Ginga en sa présence ne comportait pas que des avantages...

- Ce ne sont pas des excuses.

- Si tu le dis.

- Si j'avais su que tu me ferais la morale...

Ginga s'appuya contre lui et reposa sa tête sur son épaule, se conduisant finalement comme un petit ami décent et partageant le peu de chaleur qu'il lui restait. Quelle idée, quand même, de continuer à se donner rendez-vous ici en plein hiver. C'était idiot ! Kyouya l'aurait bien fait remarquer s'il ne trouvait pas que ça faisait plus gamin des villes que blader digne de ce nom.

- Tu savais que Noël est une fête pour les amoureux ? demanda Ginga, songeur.

- Pfft. Qui t'as dit ça ?

- Madoka.

- C'est donc ce qu'elle fait au lieu de réparer nos toupies, lança Kyouya avec mépris.

Il avait toujours su qu'elle faisait moins d'efforts dans son travail qu'elle ne le prétendait.

Ginga parvint à lui donner un coup de coude sans changer de position. Un véritable exploit.

- Elle n'est même pas censée réparer Leone.

- Encore heureux !

Kyouya tourna la tête, frottant sa joue contre les cheveux de Ginga.

- Pourquoi ce sujet ?

Il le sentit hausser les épaules.

- Elle m'en a parlé cet après-midi.

- Tu devrais arrêter de traîner avec elle : elle te tire vers le bas.

- Madoka est super. Comme tous mes amis.

- Ce n'est pas possible qu'il y ait autant de personnes super dans le monde.

- Je ne suis pas amis avec tout le monde.

- Non. Seulement la moitié de la planète.

- Kyouya.

L'interpellé fronça les sourcils. Il n'était pas allé si loin que ça. Il lui était souvent arrivé de dire bien pire, sans que Ginga ne le rabroue.

- Pour en revenir à Noël, tu n'as pas répondu à ma question.

- Ma mère préfère le fêter à l'occidentale. Avec des cadeaux pour les enfants, les décorations partout, et le repas.

- Ça a l'air sympa.

Kyouya entendit le sourire dans sa voix.

- Tu veux... qu'on passe Noël ensemble ?

L'idée lui paraissait bizarre.

- Ça ne nous ressemble pas, répondit Ginga, mettant des mots sur son ressenti. Encore, se donner rendez-vous pour la journée nationale du Beyblade...

Kyouya se redressa vivement, se moquant de faire tomber Ginga.

- Il y a une journée nationale du Beyblade ?

Et non. Sa voix ne contenait pas la plus petite once d'enthousiasme. Pas du tout. Il trouvait juste l'idée... intéressante.

- Errr... Non. J'espérais aussi, mais Madoka m'a dit que ça n'existe pas, avec Internet à l'appui.

Kyouya renifla. C'était sûrement trop demandé une journée d'utile dans l'année.

- Donc tu vas retourner voir ta famille. Tu passeras le bonjour à Kakeru de ma part.

- Il traîne à Bey-City et tu le croises tout le temps. Vous n'avez pas besoin de moi pour vous échanger des messages.

- C'est vrai, rit Ginga, parce que sa mauvaise humeur et son air renfrogné ne le dérangeaient pas.

Kyouya nicha son visage contre son cou, une de ses positions préférées.

- Tu veux venir ?

- Où ?

- Noël. À la maison.

Ginga se tendit. Kyouya grogna. Il était moins confortable du coup.

Kyouya se redressa avec agacement. Ginga le dévisageait avec des yeux ronds.

- Ch-chez toi ? Avec tes parents ?

- Je ne suis pas encore majeur et je n'ai pas de domicile indépendant donc, oui, c'est ce que ça sous-entend.

Ginga déglutit. Le peu de couleur dans ses joues étaient dues au froid. Ses mains se serraient convulsivement l'une contre l'autre. Kyouya ne se souvenait pas de l'avoir vu si inquiet un jour, malgré tous les dangers qu'il avait couru et les épreuves qu'il avait traversées.

- Mais... ils savent qu'on est ensemble ?

- Plus ou moins.

D'après Kakeru, n'importe qui ayant passé ne serait-ce que deux minutes avec lui ces cinq dernières années ne pouvait que deviner les sentiments qu'il avait pour Ginga. Mais il ne comptait pas le lui dire.

Ginga fronça les sourcils, confus.

- Ça veut dire quoi au juste ?

- Qu'ils savent sûrement.

Son intervention ne parut pas éclairer Ginga. Kyouya ne pouvait pas être plus clair pourtant.

- Je... ne crois pas être prêt.

Kyouya haussa un sourcil. Il ne tenait pas spécialement à informer ses parents – déjà qu'il avait Kakeru sur le dos... eux deux, en plus, ce serait au-delà du supportable – mais il savait que ça arriverait un jour. Ne serait-ce que parce que Kakeru, trop impatient, aurait vendu la mèche.

- Ça te stresse ? demanda-t-il d'un ton incrédule.

- Ce sont tes parents, et si...

- Ils ne t'aiment pas ?

Ginga opina.

- Ça ne t'a pas pris autant la tête pour Kakeru.

- On ne sortait pas ensemble quand je l'ai rencontré. Et, au début, je ne savais même pas que c'était ton frère ! se défendit le rouquin.

- Ça n'aurait pas vraiment eu de sens si tu avais rencontré mes parents avant qu'on sorte ensemble.

Ginga lui adressa un regard de reproche.

- Tu sais très bien ce que je veux dire.

Kyouya haussa les épaules.

- Tu comptes quoi ? Attendre d'avoir sauvé le monde deux ou trois fois de plus pour considérer avoir le niveau ?

Il eut un sourire moqueur.

- Même si je dois avouer que c'est plutôt flatteur.

- Tant mieux. Au moins ça amuse l'un de nous, grommela Ginga.

À croire qu'il se laissait contaminer par sa mauvaise humeur. Que se passerait-il quand ils auraient passé plusieurs années ensemble ?

- Donc c'est non ?

Ginga secoua la tête.

- Pas maintenant. L'année prochaine... peut-être.

Kyouya était tenté de le railler, mais il renonça. Si Ginga prenait ça comme un défi, il serait bien capable d'accepter de rencontrer ses parents, même s'il ne se sentait pas prêt.

Kyouya se mit debout et s'étira. Il savoura la certitude que Ginga le regardait – l'admirait même – avant de laisser ses bras redescendre de chaque côté de son corps. Il tourna la tête. Le coin de ses lèvres se souleva. Ginga le contemplait, comme il l'avait senti.

- J'imagine qu'on pourrait se faire un truc spécial, le 23. Si ça te tente.

Ginga le regarda avec surprise.

- Un rendez-vous ?

- Appelle-ça comme tu veux.


XXX


Le coude de Ginga était appuyé sur la table. Son menton reposait dans sa main. Il regardait la vitre du B-Pit sans la voir. Il ne remarquait pas l'agitation qu'il y avait de l'autre côté non plus. Les doigts de son autre main tapaient la surface lisse successivement. Tap-tap-tap-tap. Tap-tap-tap-tap.

- Ça suffit !

Ginga sursauta. Il se redressa, le dos et le cou droits, presque au garde-à-vous.

Madoka se tenait de l'autre côté de la table, soit en face de lui, les poings sur les hanches.

- Trois jours. Ça fait trois jours que ce manège dure. J'attendais que tu te confies à moi, mais j'en ai marre !

Ginga cligna plusieurs fois des yeux.

- Me confier ?

- À propos de ce qui te préoccupe !

Ginga posa ses mains soigneusement sur la table. Madoka leur adressa un regard noir mais il les garda immobiles.

- Rien ne me préoccupe.

- Tu plaisantes ?

- Non. C'est juste que...

Il se tut, réfléchissant à la meilleure manière de formuler les choses.

- Crache le morceau ! s'impatienta Madoka.

- Je crois que Kyouya m'a proposé un rendez-vous.

Il ne savait pas trop quoi faire de cette information. Ça lui paraissait... décalé.

Madoka le dévisageait, sceptique.

- Tu veux dire qu'il t'a ordonné de le rejoindre au Wolf Canyon, c'est ça ?

- Tu crois ? espéra Ginga, un grand sourire naissant sur son visage.

- J'en sais rien ! Je n'étais pas présente. Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Qu'on pourrait faire quelque chose de spécial.

- C'est vague... Mais bon, vu que pour lui te faire combattre des loups affamés dans un désert est normal, quelque chose de spécial pourrait être soit mieux – autrement dit normal pour les gens normaux – soit... typique de Kyouya – et, à ta place, je m'inquiéterais.

Madoka eut l'air songeur.

- Mais, à ta place, je ne sortirais pas avec Kyouya, alors...

- Nous n'avons pas combattu de loups, la corrigea Ginga. Nous n'en avons même pas vus.

- Pourquoi ça s'appelle le Wolf Canyon s'il n'y a pas de loups ?

- Il y a des loups. C'est juste qu'ils ont peur de Kyouya.

- Tu empires les choses là.

Ginga s'en doutait un peu, mais c'était mieux pour tout le monde. Kyouya était satisfait de semer la terreur parmi les loups et ces derniers pouvaient espérer survivre un peu plus longtemps s'ils ne croisaient pas son chemin.

- Qu'est-ce qu'il y aurait de différent si c'est un "vrai" rendez-vous ?

- Il y a tout un tas de codes à respecter... La façon de s'habiller, par exemple.

Ginga grimaça.

- Tu veux dire que je vais devoir m'habiller en pingouin ? Comme pour ces stupides réunions de l'AMBB ?

- Tu passes trop de temps avec Kyouya.

- Impossible.

Il ne pouvait pas passer trop de temps avec Kyouya. Il avait à peine l'impression de passer assez de temps avec lui – et il lui manquait souvent.

- Peut-être que Kyouya compte t'inviter en tête-à-tête dans un endroit sombre et te voler ton innocence, le taquina Madoka. Tu devrais faire attention.

- Très drôle.

- Vous êtes ensemble depuis... sept mois tu as dit. Ça risque d'arriver d'un jour à l'autre.

- Un peu tard pour t'en inquiéter, renifla Ginga.

Il se figea dès que les mots quittèrent sa bouche. Il s'empourpra et se leva sans attendre de voir si Madoka avait compris ou non.

- Je t'ai assez dérangée. À plus !

Il se dirigea vers la porte.

- Tu veux dire que Kyouya et toi... ?

La porte se referma sur sa phrase. Ginga s'éloigna à grands pas et ne ralentit que lorsqu'il se considéra assez loin du B-Pit. Il écarta immédiatement cet incident de son esprit et décréta qu'il éviterait la boutique pendant quelques jours – voire semaines.

Il repensa aux paroles de Kyouya et au fait qu'il l'invitait peut-être à un rendez-vous, plus classique que celui dont ils avaient profité au Wolf Canyon. Ça ne leur ressemblait vraiment pas. D'ailleurs, c'était pour cette raison qu'ils avaient choisi d'aller dans la vallée sauvage.

Mais faire quelques efforts vestimentaires ne coûtait rien. Surtout si ça pouvait plaire à Kyouya.


XXX


Le soir du 23 décembre, Kyouya se tenait sur la rive du canal. Il avait hésité à venir avec un léger retard – il avait l'impression d'attendre Ginga plus souvent que l'inverse, ces temps-ci – mais il ne s'agissait pas d'un duel. Cela ne lui apporterait rien.

Il avait troqué son costume de travail contre un pantalon taille basse, à ceinture noire, avec une lanière de cuir formant une boucle contre sa cuisse. Son t-shirt – plus long que d'ordinaire – descendait sous le niveau de son nombril et ne laissait qu'une fine bande de peau visible. Son col échancré exposait sa clavicule et le pendentif en argent qui y reposait. Il portait une veste épaisse, avec un col en fourrure, sans manche, qui lui arrivait juste en-dessous des fesses. Il n'était pas un mordu de mode, mais il tenait à son style.

Ce qui l'avait fait le plus hésiter était ses cheveux. Devait-il ou non les garder attachés ? Il avait fini par choisir la seconde option. Les rares fois où Ginga l'avait vu avec les cheveux lâchés, il l'avait regardé d'une telle façon... S'il le regardait ainsi, aujourd'hui, Kyouya aurait largement réussi sa soirée.

- Kyouya !

L'interpellé se retourna. Toutes paroles quittèrent son esprit. Il déglutit. Ginga était... Ginga n'était pas comme d'habitude – et d'habitude, il avait déjà le pouvoir de complètement le chambouler.

S'il avait conservé son bandeau et son écharpe, le reste de ses vêtements n'avait rien de commun avec ceux qu'il avait l'habitude de porter. Il avait un t-shirt noir, épais, à manches longues, et un jean sombre à coup droite. La sobriété et la simplicité de cette tenue faisaient ressortir sa beauté. Sa peau semblait plus pâle, ses cheveux et ses yeux plus vifs. Il esquissa un sourire hésitant.

- Bonsoir.

Kyouya se secoua. Il devait le fixer comme un idiot.

- Ginga.

Le rouquin parut soulagé. Il opina. Ses yeux miel, aux étincelles dorées, le détaillaient. L'admiraient. Ils s'arrêtèrent plusieurs fois sur ses cheveux. Kyouya était satisfait par son choix.

- Tu es... magnifique.

- Flatteur va.

- Ce n'est pas de la flatterie.

Submergé, Kyouya n'arrivait pas à détacher son regard de Ginga.

- Tu as prévu quoi ? C'est assez confortable pour qu'on puisse aller au Wolf Canyon.

- Pas de Wolf Canyon ce soir. Viens.

Kyouya s'éloigna. Ginga le suivit sans poser de questions, même s'il frémissait de curiosité. Ils entrèrent dans Bey-City et la traversèrent. Pendant leur trajet, Kyouya glissa plusieurs regards vers Ginga. Son rival et petit-ami avançait à ses côtés, totalement confiant, et semblait apprécier leur marche.

Ils sortirent du centre-ville, puis des quartiers résidentiels. Ginga eut l'air encore plus intrigué mais il ne dit rien. Kyouya le conduisit à un bâtiment désaffecté. Ginga rit. Il lui adressa un regard interrogateur.

- Ça, c'est déjà plus logique !

Il avait l'air de faire référence à quelque chose. Sûrement des bêtises dites par ses amis – étaient-ils capables de dire autre chose ?

Kyouya entra dans le bâtiment. Il traversa l'entrée et poussa une porte, révélant les escaliers. Il les escalada, Ginga sur ses talons. Il s'arrêta au deuxième et dernier palier. Il ouvrit une porte et entra dans une pièce.

- Là, ça va se compliquer. Sois digne d'être mon rival.

Ginga lui sourit avec défi.

Kyouya ouvrit une fenêtre et se glissa dehors. Il longea le mur, jusqu'à un renfoncement, où il s'assit. Ginga le rejoignit facilement. Ce n'était sans doute rien pour lui.

Ils étaient installés côte à côte, les jambes pendant dans le vide, le dos contre le mur, sans autre issue que le chemin qu'ils venaient d'emprunter.

- Alors ? demanda Ginga, tourné vers lui.

Kyouya indiqua d'un mouvement de tête ce qui se trouvait devant eux.

- Regarde.

Ginga obtempéra. Ses yeux s'arrondirent. Sa bouche s'entrouvrit.

- Alors ? Aussi bien que ton poste d'observation à Koma, non ?

La ville leur était cachée par le bâtiment. Devant eux, s'étendaient le désert et, au-dessus de lui, le ciel étoilé qui semblait à portée de main.

- C'est...

Ginga posa sa tête sur son épaule, sans quitter la scène des yeux.

- Parfait. Merci.

Kyouya enfouit son visage dans ses cheveux, savourant sa proximité et sa chaleur, son odeur et sa présence.

C'était parfait pour lui aussi.


FIN