Disclaimer : Le monde de Harry Potter n'appartient à nulle autre que notre chère auteure adorée, J.K. Rowling.
Ce moment est prend place avant la suite d'Invisible. On entend vaguement parler de James et Astrid, sans que rien ne soit clairement défini (rien ne prouve dans ce texte, notamment, qu'ils se sont remis ensemble, et j'aimerais que ce soit clair).
Une soirée avec Chuck et Lola.
Chuck regarda les différentes cravates qu'il avait sorties de ses tiroirs, avant de soupirer. Il détestait les cravates. Depuis toujours. Déjà, à Poudlard, quand il le pouvait, il l'enlevait, et ça avait coûté quelques points à Serdaigle, pour toutes les fois où un professeur le surprenait sans la tenue réglementaire complète. Si seulement il pouvait l'oublier, ce soir encore… Mais Lola lui en voudrait certainement, et ça, il ne pouvait pas l'accepter.
- Rouge, bleue ou verte ? demanda-t-il donc, résigné à porter le vêtement de malheur.
Il était seul dans la pièce, mais il était persuadé que Lola ne tarderait pas à le rejoindre. Et comme il s'y était attendu, les petits pas feutrés de sa petite amie se firent entendre peu après, et son parfum embauma la pièce presque immédiatement. Il laissa l'odeur l'enivrer alors qu'elle se rapprochait de lui. Il adorait son parfum. Il était incapable de s'en passer.
Non, en réalité, il était incapable de se passer de Lola. Son parfum n'était rien en comparaison de cette brune qui souriait dès qu'elle le voyait, qui savait quand il allait bien ou mal, et qui agissait en conséquence. Rien ne pouvait remplacer Lola, parce que Lola avait su se rendre indispensable pour Chuck.
- Mets la rouge, lui conseilla-t-elle en accrochant sa seconde boucle d'oreille et en rejetant une mèche de cheveux bruns dans son dos.
- Parce que ton père est espagnol et qu'il adore le rouge ? s'étonna Chuck en haussant un sourcil.
- Parce que c'est la couleur qu'il déteste le moins, lui assura Lola en souriant.
Elle recula d'un pas, et pressa l'épaule de Chuck, déjà prête à retourner à la salle de bains qu'elle accaparait depuis un moment. C'était sans compter sur les intentions de Chuck, qui se retourna vivement, et l'enserra dans une étreinte qui la fit éclater de rire.
- Chuck ! On est déjà en retard !
- Pas du tout, soupira Chuck. On est déjà bien trop en avance.
Lola tenta de se dégager mollement, sans y parvenir. Chuck enfouit son nez dans le cou de la jeune femme, et déposa un rapide baiser sur sa clavicule. Elle frissonna doucement, et abandonna tout désir de s'en aller.
Ils restèrent un long moment enlacés, Lola dont les cheveux n'étaient pas encore coiffés, Chuck sans cravate. La jeune femme ferma les yeux, se laissant emporter par la douceur du moment. Comment résister à Chuck, quand il y avait cette douceur dans ses étreintes qui donnait à Lola l'envie d'y rester pour le restant de ses jours ?
- Je sais que mon père ne t'aime pas. Et je sais que c'est beaucoup te demander que de venir à cette soirée caritative. Mais ça compte beaucoup pour lui, et ça compte aussi pour moi…, murmura Lola. J'ai envie que tu viennes. Je déteste être seule, et qu'on me parle en tant que fille du Ministre, pas en tant que femme à part entière. Et quand tu es avec moi… C'est diferente.
- Différent, la reprit machinalement Chuck.
Lola grimaça.
- Désolée. C'est le stress.
- Je ne vais rien comprendre, soupira Chuck. Vous allez tous parler espagnol, et moi, je vais me contenter de sourire et de hocher la tête.
- Tu exagères. Tu as fait beaucoup de progrès, lui assura Lola. Et puis, il y a des personnes de tous les pays. Ils parlent presque tous anglais.
Pas convaincu, l'ancien Serdaigle grimaça.
- Chuck… S'il te plaît. Ne fais pas la tête avant même que ça ne commence.
Chuck hocha lentement la tête. Il aurait voulu lutter, évidemment. Dire à Lola qu'il n'avait pas envie d'y aller, insister pour qu'ils échappent à cette soirée, tout faire pour ne pas avoir à affronter son beau-père qui le détestait depuis qu'il l'avait rencontré, plus de dix ans auparavant. Mais il savait que ça ne servirait à rien. Au moment où il commencerait à négocier, il regarderait Lola, et son expression changerait, le faisant se sentir minable. Il observerait ses grands yeux noirs, tout à fait d'accord avec ce qu'il disait et en même temps emplis d'espérance, et désolés de lui faire vivre un tel moment. Il verrait que Lola n'avait aucune envie de l'obliger à faire quoi que ce soit, mais qu'aller à une telle soirée sans lui était impensable, parce qu'elle ne voulait pas qu'il soit mis à l'écart. Il lirait dans ses yeux qu'elle voulait de lui, et qu'elle l'aimait tellement que depuis dix ans, à chaque fois que son père émettait une critique négative envers le garçon dont elle était amoureuse, elle acceptait sans broncher cette remarque parce qu'elle trouvait que Chuck en valait la peine. Mais s'il ne venait pas à une soirée, il n'en vaudrait plus la peine, parce qu'il ne ferait pas les efforts nécessaires. Il savait que dès lors qu'il essaierait d'argumenter, dès le moment où il commencerait à dire à Lola qu'il ne voulait pas y aller, il se sentirait lâche, et aurait l'impression de l'abandonner, et d'être un idiot qui ne la méritait pas. Et comment pourrait-il supporter être celui qui remplirait de larmes ces yeux enchanteurs, comment pourrait-il être celui capable de faire de la peine à cette personne si généreuse, comment pourrait-il simplement envisager l'hypothétique possibilité de la blesser de la plus infime façon qui soit ? Rien qu'à l'idée de heurter, d'effleurer maladroitement son cœur et ses sentiments, Chuck se trouvait lamentable.
Alors Chuck allait faire un effort, ce soir encore. Il allait mettre sa cravate rouge, et il allait aller à une soirée où il ne comprendrait pas la moitié de ce qui se dirait. Mais ce n'était pas grave, parce qu'il faisait ça pour Lola.
Qu'on comprenne bien.
Pour Lola, il était capable de tout.
Et de bien plus encore.
…
- Laissez passer la fille du Ministre ! tonitrua une voix au début de la file dans laquelle Chuck et Lola venaient de se glisser.
Lola laissa échapper quelques jurons bien sentis en espagnol, qui scandalisèrent la personne devant eux et amusa grandement Chuck, qui posa doucement sa bouche à la commissure des lèvres de la jeune femme, avant de glisser à son oreille :
- Tu voulais qu'on arrive discrètement, c'est bien ça ?
- Cállate, siffla-t-elle.
- Bien plus poli que ce que tu m'avais dit la dernière fois, se moqua Chuck.
Il les tira de la file d'attente en soupirant. Comme à chaque fois, ils essayaient de gagner du temps sur cette soirée en passant par la file réservée aux invités, et comme à chaque fois, cette tentative échouait. Lola était inscrite sur la liste des invités, à présent qu'elle ne vivait plus chez son père, ni même sur le territoire espagnol, et ils pensaient toujours pouvoir tromper la personne chargée de réguler les entrées à la soirée. Si l'intention était louable, et dans le but d'épargner à Chuck quelques moments dans une soirée où il allait à reculons, elle n'était jamais menée à bien, parce que la personne chargée de faire signer le registre des visiteurs reconnaissait toujours Lola, et l'interpellait toujours en anglais pour être certaine que Chuck le comprendrait aussi.
Lola serra plus fortement la main de Chuck, et de sa main droite, qui était libre, repositionna rapidement la cravate de son compagnon.
- On la voit à peine, maugréa Chuck en baissant rapidement les yeux. Cette fichue tenue de soirée a bien trop de pans pour être mise avec une cravate.
- Ce n'est rien, assura Lola. Tu es parfait comme ça.
- Tu pourras le répéter à ton père ? s'enquit Chuck, l'air de rien.
Lola leva les yeux au ciel, et continua de dépasser la file des visiteurs, répondant poliment aux salutations qui lui étaient faites. À deux mètres du réceptionniste, elle regarda Chuck plus intensément.
- Quoi ? demanda-t-il en captant son regard.
- Tu sais que je t'aime, pas vrai ?
- J'ai cru comprendre ça, oui, répondit Chuck en riant.
- Je suis sérieuse, reprit Lola en fronçant les sourcils.
Chuck abandonna toute envie de rire.
- Et moi aussi, Lola. Je t'aime. Et maintenant, je peux le dire sans que tu ne fasses une crise de panique…, ajouta-t-il en rappelant subtilement ce qui s'était passé la première fois qu'il avait osé mettre des mots sur ce qu'il ressentait pour l'adolescente qu'elle était alors.
Lola rougit, et Chuck dut se faire violence pour se rappeler qu'ils étaient à l'entrée d'une soirée officielle organisée par le père de sa petite amie, et qu'il ne pouvait décemment pas l'embrasser comme il avait envie de le faire, pas plus qu'il ne pouvait tous les abandonner là pour profiter de Lola dans le cadre d'une soirée tranquille, sans une centaine de paires d'yeux fixés sur eux. Lola le comprit certainement, car, abandonnant la cravate de Chuck, sa main gauche remonta jusqu'à sa joue.
- Merci de faire ça pour moi.
- À ton service.
Ils arrivaient devant le réceptionniste, qui échangea les politesses d'usage avant de tendre une plume à Lola pour qu'elle signe le registre, confirmant ainsi leur présence, et attestant par la même occasion qu'il s'agissait bien d'elle, et non pas d'une personne ayant pris son apparence.
C'était une simple formalité. Une de celles qu'il y avait à chaque fois, et que Chuck supportait sans faire de commentaires, parce que s'il commençait à se plaindre alors qu'ils n'étaient même pas encore entrés, la soirée allait être plus longue que prévu.
Une simple formalité.
Pourtant, cette fois-ci, elle traîna en longueur.
Chuck sentit immédiatement que quelque chose clochait. Il le nota à la raideur soudaine du poignet de Lola, et lorsqu'il regarda attentivement son visage, il vit qu'il était crispé. Si elle remarqua qu'il l'observait, elle ne lui fournit aucune explication. Elle se lança immédiatement dans une diatribe enflammée envers le réceptionniste, qui pâlissait à vue d'œil.
Chuck essaya de suivre la conversation, mais il n'avait jamais fait l'effort d'apprendre réellement l'espagnol, et lorsque le débit de paroles était trop rapide, il était incapable de comprendre ce qui se disait, comme c'était le cas en cet instant.
Derrière eux, la foule s'agitait. Les invités essayaient de comprendre ce qui prenait autant de temps à la fille du Ministre de la Magie espagnol, mais personne n'osait venir demander.
- Su padre ha dicho…
Ce furent les seuls mots que Chuck réussit à comprendre, et ce furent aussi les seuls mots prononcés par le réceptionniste. Lola le coupa immédiatement, énervée comme jamais Chuck ne l'avait vue l'être. Lola ne s'énervait jamais. Elle gardait toujours son calme, c'était dans sa nature. Elle n'avait jamais besoin d'être énervée, et ne voulait pas l'être. Elle trouvait que le monde était bien trop énervé. Elle refusait d'être une autre de ces personnes s'énervant pour un rien, criant sur tout le monde, pestant contre ceux qui osaient les frôler en les croisant dans la rue parce qu'ils ne faisaient pas l'effort de se décaler d'un pas. Lola ne s'énervait pas là où la population s'énervait. Lola était calme, tempérée.
Sauf ce soir.
- Lola ? murmura Chuck.
Elle parut soudainement se rappeler de sa présence, et sursauta, lui lançant même un regard. Profitant de cet instant de répit, le réceptionniste en profita pour reprendre la parole.
- Los invitados son…
Un seul regard de Lola suffit à le faire taire, mais le mal était fait. Chuck avait compris ce qu'il avait dit. Invitados. Les invités.
Il regarda le registre que Lola s'apprêtait à signer avant de se mettre en colère.
Lola, lorsqu'elle s'inscrivait sur un tel registre, ne donnait pas ses deux noms de famille, sinon uniquement celui de sa mère, pour que les invités qui regarderaient le registre ne se rendent pas immédiatement compte de sa présence. C'était une façon comme une autre de faire durer l'anonymat. Une méthode qui ne fonctionnait pas, puisqu'elle était toujours reconnue à peine arrivée sur les lieux. Elle était donc enregistrée sous le nom de Garcia. Et ce soir, constata Chuck, il n'y avait pas beaucoup de nom de famille commençant par la lettre g. En fait, il n'y avait qu'une autre personne.
Heather Grimm.
La mère de Chuck.
Il ne l'avait plus vue depuis ses seize ans.
- On peut rentrer, proposa immédiatement Lola, qui avait suivi le regard de son compagnon. On n'y va pas. Ce n'est pas grave. On n'a pas à faire ça.
Chuck n'arrivait pas à détacher ses yeux du registre. « Heather Grimm et un invité. » Il n'était pas stupide. Il se doutait que l'invité de sa mère était son nouveau mari. Enfin, nouveau… Ils étaient mariés depuis que Chuck avait dix-huit ans. Et il n'avait pas été invité au mariage.
- Signe, dit simplement Chuck d'une voix blanche. Je ne vais pas lui faire le plaisir de renoncer, grinça-t-il.
La main de Lola trembla légèrement lorsqu'elle signa.
Cette soirée n'était déjà pas des plus réjouissantes, mais à présent, elle s'annonçait aussi amusante qu'un enterrement.
…
- Tu aurais dû me le dire ! chuchota furieusement Lola à son père.
Le père et la fille sourirent lorsqu'un invité passa près d'eux, mais ils reprirent leur conversation en espagnol et à voix basse dès qu'il se fut éloigné, adoptant des expressions contrariées.
- Je ne savais pas ! répliqua son père. Ils n'ont pas le même nom de famille !
- Je n'ai pas le même que toi, ça n'empêche pas que toute la communauté sorcière sache que je suis ta fille, gronda Lola. Je t'avais dit que sa mère s'appelait Heather Grimm. Mais dès qu'il s'agit de Chuck, tu…
Elle se tut alors qu'on leur proposait des cocktails. Avec un sourire et un air enjoué, ils les acceptèrent, s'accordant même le luxe de dire au serveur de faire passer leurs compliments au barman. Les cocktails étaient délicieux. Lorsque le serveur se fut éloigné de quelques pas, tout sourire, ils se remirent à discuter. Ou à se disputer, selon le point de vue.
- Arrête de penser que je déteste ton petit ami. Le monde ne tourne pas autour de lui ! Et puis, il est capable de se tenir face à sa mère, non ?
- Ce n'est pas le problème, soupira Lola. Le problème, papa, c'est que tu cherches toujours à le piéger, peu importe le moment ou la situation.
- Mais non…
- Tu es d'une mauvaise foi, papa… Pourquoi est-ce que tu ne veux pas accepter Chuck une bonne fois pour toutes ?
Les mâchoires de son père se crispèrent.
- Parce que tu vaux bien mieux qu'un écrivain en vogue. Il n'a qu'une célébrité éphémère, et une fois qu'elle sera éteinte, il t'en voudra d'être toujours plus connue que lui…
Lola secoua doucement la tête.
- Tu ne comprends vraiment rien, papa…
Elle jeta un coup d'œil autour d'elle, et repéra Chuck qui l'observait. Elle sourit doucement, avant de regarder à nouveau son père.
- Papa, je suis avec Chuck depuis plus de dix ans. Je suis amoureuse de lui, et lui de moi. Un jour, on va se marier. Et on aura des enfants. Alors fais-toi à cette idée, plutôt que d'essayer de me faire changer d'avis. Je vais avoir vingt-sept ans, et tu n'es toujours pas capable de me voir comme une adulte… Il faut vraiment que tu te fasses à cette idée.
- Mais je…
Lola ne laissa pas son père terminer. Elle se dressa sur la pointe des pieds, et l'embrassa doucement sur la joue.
- Je vais rejoindre Chuck, papa. Et si tu veux passer du temps avec moi ce soir, il faudra que tu acceptes la présence de Chuck. Et que tu sois gentil avec lui, insista-t-elle.
Après un dernier regard lourd de sens à son père, elle s'éloigna doucement, rejoignant Chuck, qui ne tarda pas à déposer son bras sur ses épaules.
- Je suis à peu près certain que j'ai accepté de participer à une œuvre de charité au Népal, dit-il tranquillement. Je ne sais pas qui je vais aider. Mais le type avait l'air vraiment motivé, ça faisait plaisir à voir !
- Et tu écriras un autre livre là-dessus ? se moqua Lola.
- Peut-être, répliqua Chuck en posant ses lèvres sur son front.
Il s'attarda un moment afin que l'odeur des cheveux de Lola soit assez forte pour qu'il la conserve encore quelques secondes en mémoire, avant de s'écarter doucement.
Il allait proposer à Lola d'aller s'asseoir un instant en attendant que les animations commencent quand une nouvelle personne s'approcha d'eux, le coupant dans son élan.
- Lola ! La fille d'Antonio ! Enfin. Votre père parle toujours tellement de vous ! J'ai croisé déjà votre père plusieurs fois, lorsque je suis venue signer mon contrat pour l'équipe des Salamandres du Feu, et…
La nouvelle venue se tut soudainement.
Lola connaissait ce type de personnes depuis toujours. Elles étaient proches de son père, avaient déjà eu l'occasion de discuter avec lui, et il n'avait pas tari d'éloges sur sa fille. Alors, lorsque ces personnes avaient ensuite l'occasion de la rencontrer, elles se faisaient une joie de se présenter. Mais lorsqu'elles avaient réalisé la brutalité de leur présentation, elles se taisaient généralement.
- Je suis désolée, lui dit Lola en souriant, mais je n'ai pas la moindre idée de qui vous êtes… Mon père parle de moi à tout le monde, mais il oublie de me le dire ensuite !
La personne en face d'elle ne répondit pas, choquée. Lola se troubla. Et puis, elle réalisa que la personne face à elle n'était pas la seule à avoir un drôle de comportement. La pression du bras de Chuck s'était faite plus forte, elle aussi.
- Madame ? Est-ce que je…
- Laisse tomber, Lola, marmonna Chuck. Elle ne dira rien. Elle est légèrement choquée. J'imagine qu'elle a eu un peu de mal à me reconnaître, après toutes ces années.
Chuck se racla la gorge, visiblement de mauvaise humeur. Lola se tourna vers lui, et le mélange de colère et de tristesse dans ses yeux ne lui inspirait rien de bon.
- Lola, je te présente Heather. Heather, Lola. De toute évidence, tu ne savais pas que je sortais avec Lola, grommela-t-il à Heather. En même temps, tu n'as pas vraiment pris la peine de te demander ce qui m'arrivait, ces dernières années…
Le moment de gêne qui suivit était de ceux dont on se rappelait longtemps. Et puis, Lola, habituée à ce type de situations, serra vivement la main d'Heather, gardant un calme et un sourire inébranlables. L'habitude, diraient les autres.
Son amour pour Chuck, dirait-elle en pensant à cette situation en particulier.
- Ravie d'apprendre que vous avez signé pour les Salamandres. Mais moi, je ne suis pas très fan des équipes d'Espagne. J'ai mon faible en Angleterre. Et puis, on connaît très bien l'attrapeur des Faucons. On a toujours de superbes places. Un avantage indéniable, répondit Lola. J'ai appris que vous les affronterez dans quelques semaines… Bonne chance pour sauver l'honneur ! Oh… Je crois que ma présence est nécessaire par là-bas…, murmura-t-elle songeusement. Chuck ? Tu viens avec moi ? demanda Lola.
Chuck regarda longuement Heather. Il observa son visage toujours semblable, cet air toujours détaché. Et il remarqua comme dans ses yeux, le trouble avait rapidement laissé la place à l'indifférence.
Et comme, dans son cœur à lui, il n'y avait qu'un vague reste de colère.
Pourquoi est-ce qu'il allait chercher à raviver cet horrible sentiment alors que Lola lui proposait bien mieux ? Une vie sans colère, avec la femme qu'il aimait. Il était temps qu'il oublie Heather. Elle n'avait eu aucun mal à le faire, après tout.
- Je viens, répondit-il tranquillement. Au plaisir d'éviter de nous recroiser, dit tranquillement Chuck à Heather.
Et le bras toujours passé par-dessus les épaules de Lola, il s'éloigna tranquillement.
…
Allongés dans leur lit, dans la maison où ils avaient élu domicile des années plus tôt, Chuck et Lola n'avaient pas eu le courage de se déshabiller lorsqu'ils étaient revenus. Ils s'étaient jetés sans ménagement sur le lit, et Lola avait simplement trouvé la force de poser sa tête sur le torse de Chuck, exposant ainsi son dos aux caresses que Chuck lui offrait toujours sans même qu'elle ne les demande.
Et puis, tout à coup, Lola se mit à rire. Doucement, d'abord. Et puis, un peu plus fortement.
- Tu aurais dû voir la tête d'Heather, quand elle a vu que tu étais assis à côté du Ministre Espagnol, alors qu'elle était reléguée à la table des invités de seconde marque…, expliqua-t-elle.
Si l'image ne réussit pas à faire rire Chuck, elle lui arracha tout de même un sourire. Il bougea légèrement, glissant sa main libre sous sa nuque.
- Lola ? demanda-t-il au bout de deux minutes de silence.
- Hum ?
- Épouse-moi.
Des mois, peut-être des années qu'il songeait à ce moment, et la seule façon qu'il trouvait pour lui faire cette demande n'était même pas de lui poser la question, sinon d'exiger de lui qu'elle l'épouse.
Il n'était qu'un imbécile qui ne méritait définitivement pas Lola.
Mais lorsque, dans la soirée, elle avait réussi à les éloigner d'Heather avant qu'elle ne s'immisce trop dans la conversation, lorsqu'elle avait tout fait pour changer les idées de Chuck, lorsqu'il avait vu qu'elle prenait une fois encore sa défense face à son père, il avait su que c'était une évidence. Oh, bien sûr, cela faisait des années pour lui que c'était une évidence. Mais il disait que c'était une évidence parce que c'était logique. Lola et lui étaient ensemble, ils se comprenaient, il était évident, il était logique qu'ils allaient passer le reste de leur vie ensemble. Mais ce soir, cela avait été légèrement différent. C'était au plus profond de lui qu'il l'avait senti. Comme il ressentait que Lola était plus proche de lui ces derniers jours qu'avant. Comme il sentait qu'elle ne voulait pas d'un autre que lui. Il avait compris que c'était plus que de la logique qui voulait qu'ils soient ensemble pour toujours, ou presque. C'était comme ça. C'était peut-être écrit quelque part, c'était peut-être su par Merlin. Mais lui et Lola devaient terminer leurs vies ensemble, et pour Chuck, cela ne pouvait pas se faire sans un mariage.
- D'accord, répondit tranquillement Lola.
Il n'avait pas senti le pouls de la jeune femme s'accélérer, il n'avait pas ressenti la moindre réaction de surprise.
- Euh… Tu es sûre d'avoir compris ce que j'ai dit ?
- Tu as dit : épouse-moi. Et j'ai répondu, d'accord. Mais j'ai mes conditions.
- Que… quoi ? demanda-t-il, abasourdi.
Cette conversation ne prenait pas du tout la tournure qu'il avait espérée. Il s'était attendu à de la surprise de la part de Lola, à ce qu'elle lui dise qu'il réagissait sous le coup de sa colère, qu'il n'exigeait cela que pour se changer les idées, après avoir croisé Heather. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que Lola reste calme, et trouve la force de poser des conditions à leur mariage, qu'elle avait déjà accepté, comme si elle savait depuis des années que Chuck allait lui annoncer ça aujourd'hui.
Mais peut-être que c'était le cas. Peut-être que Lola se doutait depuis longtemps que Chuck ferait ainsi sa demande. Elle le connaissait si bien qu'elle devait être capable d'anticiper ses réactions mieux que lui-même.
- James sera ton témoin. Pas Astrid. Je sais que tu voudrais que ce soit Astrid, mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
Chuck se rembrunit. Lola avait raison, évidemment. Même si cela faisait mal au cœur de Chuck, il savait que l'idée était mauvaise. Qu'un homme ait pour témoin une femme ne dérangerait certainement pas Lola, pas plus que cela ne posait de problème à Chuck, mais le père de Lola ferait des histoires, et encore plus lorsqu'il saurait que la femme en question avait appartenu à une organisation secrète, avait fait croire à sa mort durant des années, et avait lancé des Détraqueurs sur des prisonniers anglais. Si jamais ce cas de figure devait se présenter, Chuck était prêt à parier qu'Antonio viendrait chercher sa fille, et l'enfermerait quelque part où personne d'autre que lui ne pourrait entrer. Ce qui empêcherait définitivement le mariage, ce que ne voulait vraiment pas Chuck.
- Très bien. Donc, James sera mon témoin. Une autre exigence ?
- Je veux qu'Astrid soit la marraine de notre enfant.
- Comme tu veux, murmura Chuck. Même si, étant donné la situation, je ne suis pas certain qu'elle soit capable de s'en réjouir. Tu sais bien qu'elle ne peut pas avoir d'enfants…
Lola toussota.
- Chuck… Est-ce que tu as compris ce que je t'ai dit ?
Le garçon soupira, fatigué. Cette soirée l'avait remué plus qu'il ne voulait le reconnaître. Son beau-père, Heather… C'était beaucoup pour lui, même s'il se préparait autant que possible à ça à chaque fois qu'il devait voir le père de Lola. Mais ce soir, la rencontre avec Heather avait changé la donne, et il se sentait las. Vraiment, moins il voyait Heather, mieux il se portait.
- Oui, oui ! James témoin, Astrid marrai…
Sa voix mourut soudainement dans sa gorge.
- Je me disais bien que tu n'avais pas compris, soupira Lola.
La main de Chuck s'arrêta sur le dos de Lola. Un sourire étira ses lèvres, en même temps qu'une vague de chaleur le traversait.
Au diable Heather Grimm. Elle n'avait pas voulu de lui dans sa vie, il n'allait pas la compter dans la sienne.
Sa main reprit son chemin sur le dos de Lola, arrachant un soupir d'aise à sa fiancée.
Lola était la seule femme dont il avait réellement besoin, et elle serait une bien meilleure mère que ne le serait jamais Heather.
Note d'auteur.
Ceci est la preuve que je suis capable de faire des trucs mignons. Oui, oui. Regardez-moi toute cette niaiserie, ou presque, présente entre ces deux-là ! J'en suis presque jalouse... Sincèrement. Donc, comme je le disais en haut de ce bonus, cette soirée prend place avant le début de la suite d'Invisible. Rien n'indique que James et Astrid sont à nouveau ensemble, clairement. Mais, de toute évidence, Chuck a renoué une amitié avec elle... Plus de détails viendront certainement plus tard, lorsque la suite sera postée. Concernant Chuck et Heather, il est probable que je fasse un bonus sur eux deux, quand Chuck était encore un petit garçon, et donc quand Heather vivait encore avec lui et Wyatt, mais pas tout de suite.
Sinon, j'ai voulu posté un truc le 1er septembre. Je ne sais pas si vous avez suivi, mais Rowling a dit que c'était la répartition de James, et qu'il était envoyé à Gryffondor (à la grande déception de Teddy, qui lui, est Préfet-en-Chef à Poufsouffle). Du coup, j'ai réalisé que ça voulait dire que c'était le premier jour d'Astrid, aussi, et c'était un bonus que je voulais écrire. Je l'ai écrit en quatrième vitesse, il est plutôt imposant pour le peu de temps que j'avais, mais malheureusement... le site buguait, et je n'ai pas pu le poster le jour-même. J'étais plutôt déçue, pour le coup ^^'. Mais ce n'est pas grave, ce n'est que partie remise ! Et ça veut dire que la semaine prochaine, le bonus sera sur le 1er septembre 2015, la première journée à Poudlard pour Astrid, Chuck, Mélina, Roxanne, Fred, Liam Pierce, Paige, James... Que du beau monde ! Alors, je vous dis à la semaine prochaine, vous remercie pour les reviews de la dernière fois et celles que vous laisserez cette fois, et espère que ces bonus vous plaisent toujours. (Et comme toujours, vous pouvez me dire ce qu'il vous plairait de lire ; je peux écrire sur tout le monde, ou presque !)
Sinon, l'histoire concernant Jason et Lily avance bien. Je pense commencer la publication d'ici quelques semaines. J'aurais voulu vous l'offrir pour vos rentrées (comment se sont-elles passées, d'ailleurs ?) mais il s'avère que je suis en plein déménagement (comprenez-là que dans moins de 24h, je pars dans une nouvelle ville, mais que RIEN n'est prêt. Ah, si. J'ai mis ma couette et mes oreillers dans ma voiture, je vais aller loin comme ça...). Bref. Je suis loin d'avoir vraiment du temps pour moi, du coup... Pas encore de post pour le moment. On verra après ma rentrée. Qui est dans pas si longtemps que ça, faudrait peut-être que je la prépare, elle aussi... Enfin. Soyez tout de même rassurés, les premiers chapitres sont revenus de la correction, je n'ai plus qu'à tout remettre au propre ! Et rassurez-vous concernant leur taille, aussi, ça n'aura rien à voir avec Invisible ou Le Maître de la Mort, ce sera bien plus court ! Voilà, voilà...
