Disclaimer : Le monde de Harry Potter n'appartient à nulle autre que notre chère auteure adorée, J.K. Rowling.

Ce moment a lieu juste après la mort d'Astrid. Comme celui de la semaine précédente, il aurait dû être intégré dans le chapitre où Astrid et James se racontent leurs dernières années, mais comme James n'apparaissait pas immédiatement dedans, je ne le trouvais pas à sa place. Le voilà, à présent !


Serdaigle et Gryffondor en conseil.

Chuck Barrow ferma les yeux, et se massa les tempes. La main douce de Mélina Wilson lui pressa l'épaule, mais même ce geste réconfortant ne parvint pas à lui remonter le moral. Il était vidé, et il n'était pas le seul. Ils l'étaient tous, dans cette pièce.

- Murray, c'est ton meilleur ami, soupira Chuck. Tu dois pouvoir faire quelque chose pour lui, c'est obligé !

La pression de la main de Mélina se fit plus forte. Une autre main secourable, celle d'Emily Macmillan, vint déposer une tasse de thé devant Chuck, qui s'y accrocha immédiatement, avant de lever les yeux vers Murray McGonagall, enfoncé dans une chaise, l'air anéanti.

- Je…, commença-t-il, avant de se taire.

C'était la seule chose qu'il faisait, depuis une semaine. Ouvrir la bouche. La refermer avant d'avoir pu dire le moindre mot. Depuis l'enterrement, il ne faisait rien d'autre, et tous savaient pourquoi. Il avait cru qu'une fois l'office passée, James redeviendrait le même. Il s'était certainement dit que James reviendrait vers lui, qu'il rirait à nouveau. Mais James n'était pas redevenu le même. Il n'avait pas répondu à ses lettres, n'avait rien planifié, semblait avoir oublié que la Coupe du monde de Quidditch était pour bientôt.

- Ce que Murray n'arrive pas à dire, c'est que ce James là, ce n'est pas notre ami, dit finalement Emily en se laissant retomber sur une chaise. J'ai l'habitude du James qui a une idée toutes les secondes, celui qui n'hésite pas à faire des blagues pour amuser tout le monde… et énerve tout le monde, aussi ! Mais ce James… Celui qui ne dit pas un mot, qui passe sa journée assis dans une cuisine ? Non, ce n'est pas James. C'est une pâle copie de James, et c'est uniquement de la faute de votre…

D'un même mouvement, Mélina et Chuck dardèrent des yeux noirs sur Emily, qui ne termina pas sa phrase, rendue muette par la colère des deux Serdaigle.

- Que tu n'apprécies pas Astrid est une chose, mais ne parle pas d'elle ainsi, gronda Mélina.

Mélina avait craqué, le jour de l'enterrement. Tout le monde l'avait vu pleurer, tous l'avaient entendue sangloter sur l'épaule de James et, depuis, c'était comme si elle n'avait pas pu se remettre de la situation. Elle avait toujours les yeux rougis, comme si les larmes venaient juste d'arrêter de ruisseler, et elle reniflait toujours, comme si son nez coulait encore.

- Que je ne l'appréciais pas, ne put s'empêcher de corriger Emily, passant du présent au passé. Et je ne dis pas ça méchamment. C'est la vérité, murmura-t-elle sombrement. Je n'aimais pas Astrid. Mais de là à souhaiter sa mort ? Je ne suis pas Liam Pierce. Je ne blesse pas ceux que je n'aime pas. Et là, si je suis en colère contre Astrid, ce n'est pas parce qu'elle sortait avec James. C'est parce que sa mort aura éteint la petite étincelle de vie de James. Et ça, il faut dire ce qui est, c'était le pire qu'elle pouvait lui faire.

Un silence s'abattit dans la cuisine. Ils étaient installés chez Chuck, son père et sa belle-mère étant au travail, tandis que les filles étaient inscrites à des activités d'été, et ne reviendraient pas avant le soir.

- Murray, tu dois aller le voir, reprit Emily en se retournant vers celui qui avait partagé sa maison à Poudlard les sept années précédentes. C'est ton meilleur ami, même s'il est légèrement différent, en ce moment. Mais c'est sur toi qu'il doit pouvoir compter, comme tu devrais pouvoir compter sur lui si la situation était inversée. Merlin, toute sa famille s'inquiète !

Murray la fixa avec de grands yeux, comme s'il était incapable de comprendre ce que lui disait Emily. Si elle s'était exprimée dans une langue étrangère, il était probable que l'expression de Murray aurait été la même.

- Je ne comprends pas que ça lui fasse un tel choc, soupira Mélina. Je veux dire, bien sûr, Astrid est morte. Mais on dirait qu'il n'arrive pas à passer au-delà de la nouvelle. Comme s'il était figé dans le temps… Je n'arrive pas à comprendre.

- Moi, je peux le comprendre, murmura Chuck.

Un frisson le traversa lorsqu'il songea à ce que serait son état d'esprit si jamais son père passait le pas de la porte pour lui annoncer la mort de Lola. La douleur, à cette simple idée, était fulgurante, brûlante, insupportable. Il ferma les yeux pour chasser les larmes que cette simple éventualité faisait monter jusqu'à ses paupières, et accepta la pression toujours plus importante de la main de Mélina. Quand il rouvrit les yeux, il les baissa légèrement, pour apercevoir la main de Mélina. Ses jointures étaient blanches. En fait, Mélina était blanche. Vraiment pâle. Elle ne devait pas faire attention à elle, depuis l'annonce de la mort d'Astrid. Tous parlaient de James, mais il n'était pas le seul à se laisser aller.

- Admettons, soupira Emily, peu sensible aux états d'âme de Chuck.

Elle se retourna vers Murray, ses traits se tordant de désapprobation.

- Vive le meilleur ami, marmonna-t-elle.

Elle pianota un moment sur la table. Elle n'aimait pas Astrid Smith, ça, tout le monde le savait. Mais elle ne pouvait pas non plus se réjouir de sa mort. C'était inhumain comme comportement, et même si la plupart des membres de la famille de James ne l'appréciaient pas, parce qu'elle était hautaine et agaçante, elle voulait être là pour les soutenir. Seulement, elle savait qu'elle serait un soutien pour tout le monde… sauf pour James. Elle ne pouvait pas aller consoler son ex petit-ami de la mort de sa petite amie. L'intention était louable, certes, mais les conséquences de son déplacement seraient lourdes. Elle n'était absolument pas dans la bonne position pour agir ainsi.

Elle aurait voulu envoyer Murray. Il connaissait James depuis toujours, ils étaient toujours fourrés ensemble, et ils riaient des mêmes blagues – des mêmes mauvaises blagues, devrait-elle préciser. Oui, Murray aurait dû être la personne idéale pour aller réconforter James. Sauf que parce qu'il connaissait par cœur James, il en était incapable. Il ne savait pas comment réagir avec ce nouveau James, ce James qui n'était pas le même que d'habitude. Elle ne pouvait pas le blâmer. Personne ne savait comment réagir. C'était trop étrange de voir James dans un tel état. James déprimé, ce n'était pas le James que Murray connaissait.

Renonçant donc à trouver du soutien pour James dans ce meilleur ami, Emily se tourna vers Mélina. La Serdaigle l'avait surprise, c'était certain. Elle n'avait pas une vie aussi parfaite qu'on aurait pu le croire, et Emily avait compris que cette façade de « je vais bien » avait été parfaitement polie avec les années. Mélina avait trompé toute l'école en affirmant qu'elle se sentait en forme, quand, en réalité, elle n'allait pas bien. Et c'était ce qui prouvait qu'elle était forte. Seulement, cette façade l'empêcherait certainement de se dévoiler entièrement devant James, et donc, elle ne le pousserait pas à se confier. Au contraire, James pourrait peut-être décider qu'il ferait mieux de garder pour lui ses émotions, plutôt que d'accabler Mélina avec celles-ci. Mais James ne pouvait pas garder ses émotions. Il n'était pas comme ça, et ce n'était de toute façon pas recommandable dans son état.

Il restait donc Chuck… Chuck qui était le meilleur ami d'Astrid. Il la connaissait par cœur, mais ne savait rien de James. Ou presque rien. Lui aussi avait donc perdu une personne dont il était proche, et ce depuis des années. Il ressentait la même chose que James. Et il avait besoin d'en parler, lui aussi.

- Tu devrais y aller, dit Emily, en pointant un doigt vindicatif sur Chuck.

Lequel leva un sourcil interrogateur en comprenant qu'Emily était sérieuse.

- Est-ce que je dois réellement te rappeler que je suis chez moi, dans cette maison ?

Emily leva les yeux au ciel.

- Je croyais que les Serdaigle avaient l'esprit plus vif…

- On l'a, mais on a du mal à suivre les idées loufoques des Gryffondor, qui les expriment sans tous les mots nécessaires à leur compréhension, répliqua Chuck.

- Belle répartie, se moqua Emily. Ce que je veux dire, c'est que tu devrais aller voir James. Vous êtes tous les deux affectés par la mort d'Astrid, presque au même point. Prends le relai des jumeaux. Les pauvres ne savent plus quoi inventer pour secouer James. Toi, tu sauras, parce que tu as certainement besoin de la même chose que James. Alors, va le voir. Discute avec lui, donne-lui des raisons de parler, de se confier. Et James ira mieux, et toi aussi…

Blessé, Chuck baissa les yeux. Lui aussi allait mal, c'était certain, mais il n'avait aucune envie qu'Emily Macmillan le voie aussi facilement, et le proclame à toute la pièce avec une telle nonchalance.

L'ancienne Gryffondor soupira.

- Sois l'ami de James. Sois cet ami que nous ne sommes pas capables d'être…, murmura-t-elle en désignant Murray puis elle-même. Il en a besoin, et toi aussi.

Chuck souffla.

Bien sûr que James en avait besoin. Lui aussi avait besoin d'un ami avec qui partager la perte d'Astrid. Mais il ne savait pas si cela serait bénéfique pour eux deux.

En même temps, à l'heure actuelle, soit il tentait de passer du temps avec James, soit il le laissait déprimer, seul, dans sa cuisine.

- OK, murmura finalement Chuck. Je vais faire ça. Mais je ne suis pas certain que ça va changer grand-chose. Mélina, tu veux venir avec moi ?

La gorge nouée, sa camarade refusa en secouant la tête.

- Vous pouvez rester, leur dit Chuck en se levant. Mes demi-sœurs seront certainement surprises, mais elles s'adaptent toujours aux nouvelles situations… Dites-leur quand même que vous êtes mes amis, si vous ne voulez pas qu'elles appellent la police. Normalement, elles se rappellent de Mélina.

Tout en disant cela, Chuck se leva et lança un sortilège d'attraction sur sa veste, afin de ne pas avoir à aller la chercher jusque dans sa chambre.

- Tu vas y aller maintenant ? s'étonna Emily.

Chuck haussa les épaules en enfilant sa veste.

- Pourquoi pas ? De toute façon, il faut bien commencer à le sortir de son état à un moment donné. Autant que ce soit le plus tôt possible…

Et, sans demander son reste, il abandonna la cuisine de son père, non sans y jeter un dernier coup d'œil songeur.

- Eh bien, moi qui croyais que seuls les Gryffondor fonçaient tête baissée, ricana Emily.

Mélina lui lança un regard plein de sens, comme exaspérée par le manque de discernement de la Gryffondor.

- Tu n'as pas compris ?

- Compris quoi ?

- Il fuit. Tout, dans cette cuisine, lui rappelle Astrid. Elle est venue ici des années durant. Il la voit assise en face de lui, il la voit se servir dans le frigo… Bien sûr qu'il va vite voir James. C'est normal. Astrid n'était jamais allée chez James. Il ne peut pas l'imaginer dans la maison des Potter.

Emily ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Murray redressa la tête.

- Je suis nul, en tant que meilleur ami, soupira-t-il.

Emily lui adressa un sourire désolé, à l'instar de Mélina. Cette dernière se leva, et se plaça derrière Murray, entourant ses épaules de ses bras pour le réconforter.

- C'est la vie, qui est nulle, Murray. Pas toi. Ne t'en fais pas. On va s'en remettre. Et James aussi.

Ses paroles pleines d'enthousiasme arrachèrent un faible sourire à ses compagnons du jour. Mélina était contente d'avoir réussi à leur remonter le moral avec ces simples mots.

Seulement, elle n'arrivait pas à se convaincre de leur véracité.

Elle doutait sincèrement qu'ils réussiraient à s'en remettre. C'était, en tout cas, très mal parti.


Note d'auteur.

Je me demande vraiment si je ne vais pas finir par rater la journée de publication, ah ah ! Bref. Je n'ai pas grand-chose à vous dire sur ce chapitre (je suis complètement à la ramasse, comme vous pouvez le constater. Je crains un peu)

Il est un peu déprimant, ce chapitre, en y repensant. Bon. Soyez rassurés, la semaine prochaine, ça sera bien plus gai ! On verra Astrid travaillant pour la première fois avec James. Rien que ça, oui, oui !

Sinon, merci pour vos reviews, pour mettre cette ff en favoris ou en follow. Et pour ceux qui suivent aussi Éclair et Vif, on se retrouve mardi. Sinon, à la semaine prochaine !