Disclaimer : Le monde de Harry Potter n'appartient à nulle autre que notre chère auteure adorée, J.K. Rowling.

Ce moment appartient à l'histoire de Chuck (j'ai failli mettre l'histoire avec un grand H, mais quand même, il n'est pas important à ce point, ce petit !). Je ne crois pas que quelqu'un l'ait demandé ? Je ne sais plus trop, à vrai dire. Bref. Il est donc à placer avant le début d'Invisible, dans l'enfance de Chuck.


Joueuse de Quidditch à temps plein… et mère à temps partiel.

Ce que se retenait bien souvent de dire Heather Grimm, mais ce qu'elle pensait chaque jour qui se passait, c'était qu'elle avait été joueuse de Quidditch par choix, et mère contre son gré.

Charles était adorable, là n'était pas la question. Même lorsqu'il insistait pour qu'on l'appelle Chuck, et qu'il faisait des caprices, elle le trouvait mignon.

Mais elle ne ressentait rien de ce qui était communément appelé « l'instinct maternel ». Elle n'avait pas envie de se lever la nuit, elle n'avait pas envie de passer ses journées avec son fils. Lorsqu'elle voyait les étoiles dans les yeux de Ginny Potter, sa coéquipière, quand elle parlait de ses enfants, Heather avait simplement envie de lever les yeux au ciel – avant de se rappeler qu'elle-même avait un enfant, et ne pouvait donc pas se permettre cette réaction, du moins pas au sein de la société.

Mais par Merlin, qu'est-ce qu'elle aurait aimé ne pas être mère…

Comme ce matin, par exemple.

Elle était en retard, elle voulait simplement partir, et Wyatt n'arrêtait pas d'insister sur elle ne savait quelle visite médicale dont aurait besoin Charles, et dont elle se moquait éperdument. Il avait toujours géré ces visites, pourquoi est-ce que ce matin, il avait besoin d'elle ? D'ailleurs, elle le lui fit vertement remarquer.

- Parce que, commença doucement Wyatt, j'ai une réunion avec d'autres Médicomages, et je ne peux pas me permettre de la rater. Je t'en ai parlé il y a un mois. Tu avais dit que tu demanderais à ce que l'entraînement soit décalé.

- Je n'ai pas pu le faire ! répliqua Heather, exaspérée. Je ne peux pas chambouler l'emploi du temps de l'équipe comme ça !

Wyatt ferma brièvement les yeux, et Heather crut qu'elle allait s'en sortir facilement. Pourtant, pour la première fois depuis la naissance de Charles, Wyatt lui lança une réflexion bien sentie. Une de celles qui auraient blessé n'importe quelle mère – et qui ne fit même pas tressaillir Heather.

- Est-ce qu'au moins tu aimes cet enfant ? murmura-t-il d'une voix blanche.

Heather le regarda sans ciller.

- Parce que Ginny Potter réussit toujours à décaler les entraînements. Et ne me fais pas croire que c'est parce qu'elle est la femme de Harry Potter. Nous savons tous qu'elle ne profiterait jamais de son statut. Alors comment se peut-il que cette joueuse puisse demander à ce que les entraînements soient décalés, quand tu n'arrives pas à le faire ?

- Je poserais la question à Ginny, répliqua Heather avec une ironie dégoulinante dans ses propos qui fit trembler Wyatt.

Pendant un instant, les deux époux se dévisagèrent. Et l'un comme l'autre se demanda à quel moment ils avaient commencé à instaurer cette distance entre eux deux. Certainement au moment où Heather était tombée enceinte, et qu'elle avait étonnamment accepté cette nouvelle – avant de la regretter amèrement, une fois qu'il était trop tard.

Ils ouvrirent la bouche en même temps. Les mots qui auraient pu sortir auraient certainement fait mal. Ils auraient été sciemment violents, pour espérer une réaction de l'autre. Mais ils ne furent pas prononcés, parce qu'un petit garçon entra dans la cuisine comme un Cognard, se cognant contre les jambes de sa mère avant de s'éloigner vivement d'elle pour plutôt se jeter dans celles de son père.

- Pancakes ! Je veux des pancakes ce matin ! hurla le garçon en s'accrochant aux jambes de son père, qui ne parvint pas à retenir un sourire attendri.

L'arrivée de son fils l'avait détendu, immédiatement et irrémédiablement, alors qu'Heather était toujours tendue et énervée. Wyatt posa des yeux désolés sur elle. Il était sincèrement peiné de constater qu'elle n'était pas sensible aux yeux rieurs de son fils, à sa bonne humeur systématique.

Wyatt se pencha vers Chuck, et le prit dans ses bras, avant de le poser sur la table.

- Je croyais que je n'avais pas le droit de m'asseoir sur la table, bouda le garçon, qui avait été puni trois jours auparavant pour cela.

- Quand il n'y a rien dessus, tu as le droit, lui assura son père en lui ébouriffant les cheveux.

Chuck sourit largement, un sourire édenté – une première dent était tombée la veille. Wyatt se rappela alors qu'Heather ne le savait pas – ils n'avaient pas eu le temps de parler de Chuck, lorsqu'elle était rentrée de son entraînement avec les Harpies.

Heather était toujours à l'autre bout de la pièce, regardant sans réel sentiment la scène familiale qu'elle avait sous les yeux. Wyatt soupira, sortit sa baguette de sa poche, et d'un geste, attira tout ce dont il aurait besoin pour faire des pancakes. Aussitôt que les ingrédients se mirent à préparer le petit-déjeuner de son fils, Chuck détourna le regard de son père, qu'il observait avec de grands yeux inquiets – les traits tirés de son père ne lui avait pas échappés.

- Pars, souffla Wyatt à Heather.

Elle haussa un sourcil, étonnée de ce simple mot, lancé comme une bouteille à la mer – dans un élan de désespoir.

- Je sais que tu as reçu une offre d'une équipe japonaise. Oui, je suis au courant, dit durement Wyatt. Je ne vais pas te faire de reproches pour ne pas me l'avoir dit. Simplement… Fais-le. Pars. Tu n'as pas envie d'avoir une quelconque attache à Chuck. Alors fais-le. Pars. Quitte le pays, quitte tout ce que tu as ici. De toute façon, ça n'a plus d'importance pour toi, pas vrai ?

Toujours porté par le désespoir, et l'espérance d'un dernier miracle, Wyatt crut qu'Heather allait démentir. Qu'elle allait regarder Chuck, et qu'elle verrait ce que Wyatt voyait à chaque fois. Que pour une fois, elle verrait son fils. Pas un simple garçon qui vivait dans la même maison qu'elle, sinon la chair de sa chair. Il le crut vraiment. Pourtant, elle ne se tourna même pas vers Chuck. Pire ! Elle paraissait soulagée. Et cela fit plus mal à Wyatt que son indifférence quotidienne pour sa famille.

Elle était enchaînée à eux. Elle n'avait jamais voulu être avec eux.

- J'ai déjà signé, confessa-t-elle-même.

Cette révélation fit profondément mal à Wyatt, qui n'arriva même pas à s'insurger de savoir qu'elle lui avait caché cela.

- J'allais te le dire, assura-t-elle. Après en avoir parlé aux Harpies.

Évidemment. Le Quidditch avant tout.

- Je prendrai de vos nouvelles, assura-t-elle.

- Attends… Quand est-ce que tu pars ? voulut savoir Wyatt, étonné de sa rapidité à réagir.

Heather hésita un bref instant.

- Demain.

Une nouvelle fois, la surprise empêcha Wyatt de réagir, laissant à Heather le temps de faire ses adieux.

Elle traversa rapidement la pièce, et lui pressa la main avant de l'embrasser furtivement, une dernière fois. Elle se tourna ensuite vers Chuck, qui abandonna à contrecœur l'observation de la préparation de la pâte à pancakes pour se tourner vers sa mère.

- Oui ?

- Je vais partir, bonhomme. Je vais m'en aller de cette maison. On ne se verra plus souvent.

Le petit garçon ouvrit de grands yeux. Rapidement, ceux-ci se remplirent de larmes.

- Pourquoi ? balbutia-t-il.

- C'est pour mon travail, répondit évasivement Heather. Mais de toute façon, tu es mieux avec papa, pas vrai ?

Le garçon serra les poings, et secoua la tête, même si, intérieurement, il en pensait tout le contraire. Il tenta de s'accrocher à Heather lorsqu'elle s'éloigna de lui, mais sans ménagement, elle détacha ses petites mains qui se raccrochaient à sa tenue de Quidditch, et le laissa sangloter sur la table, en lui caressant rapidement les cheveux.

Elle échangea un dernier regard avec Wyatt, et ne ressentit aucune peine. Elle avait aimé Wyatt, bien sûr. Mais c'était terminé, depuis bien longtemps, elle le savait à présent. Elle n'allait pas regretter ce qui n'existait plus. Elle n'allait pas regretter des sentiments qu'elle n'éprouvait plus.

Le Quidditch lui donnait toujours des frissons. Plus son mari.

Ce dernier lui fit un signe de tête. Il était temps pour elle de partir.

Avant qu'elle ne quitte la maison, elle entendit une dernière fois la voix de son fils.

- C'est à cause de Quidditch, pas vrai ?

Elle n'entendit pas la réponse de Wyatt. À vrai dire, elle s'en moquait. Le Quidditch était tout pour elle, c'était avéré depuis des années, et ça n'allait pas changer. Le Quidditch avant tout.

La preuve. À présent qu'elle savait qu'elle n'aurait plus à faire semblant d'être une mère, elle se sentait libérée d'un poids qui la minait depuis qu'elle avait su être enceinte.


Note d'auteur.

Urk. Je ne pense pas avoir déjà mis autant de temps à publier un chapitre. Enfin... En fait, si. Mais passons. Je vous dois quelques explications, j'en ai pleinement conscience.

Je n'arrête pas d'écrire, loin de là. Mais il s'avère qu'en début d'année, j'ai eu un... trop plein d'imagination, dirons-nous. J'avais 4 idées d'écriture en cours (et on peut rajouter à cela mon recueil de mariage, totalement à l'abandon, alors que j'ai toujours une publication à faire. Bref), et absolument pas le temps de les écrire. C'était ultra frustrant. Je jetais un mot par-ci, un mot par-là, pour toutes les idées qui me venaient. Le problème, c'est que je ne pouvais pas faire bien plus. Vraiment pas. Alors, j'ai tout concentré sur Éclair et Vif et sur le Recueil. Seulement, voilà; je déteste me frustrer. Et depuis, je bloque. Je bloque, je bloque. J'avance, mais comme un escargot. C'est la première étape de cette spirale dans laquelle je suis en ce moment. Il faut ajouter à cela que je n'ai plus autant de temps qu'auparavant (l'année dernière, j'étais royale ! J'avais jamais cours, ou presque) entre les cours, les compétitions sportives, aller voir ma famille ou l'appeler... Bref, une autre variante. Sans oublier qu'avant, même si ce n'est pas drôle et que ça m'a plutôt miné, je faisais pas mal d'insomnies; c'est super, pour écrire, ça. Mais maintenant que je n'en fais plus, eh bien... j'écris moins. Bref. Tout ça pour dire que le recueil en a pâti, j'en suis désolée. Je devais poster ce passage la semaine dernière, mais j'avoue qu'avec les événements, je n'avais pas le cœur à le faire. Je vais essayer de me replonger dans l'écriture, peut-être ce soir si j'arrive à faire tout ce que je voulais faire d'un point de vue travail pour la fac.

Je tiens aussi à prévenir que les posts ne se feront plus les dimanches, pour la bonne raison que les prochains dimanches, je ne suis pas chez moi, ou presque pas. Cela devient compliqué. Du coup, je pense poster les mardis, comme pour Éclair et Vif. Cela reste plus pratique pour moi.

Voilàààà. Maintenant que ce pavé est écrit, je vous remercie d'avoir continué à suivre ce recueil malgré l'absence de mises à jours, et merci pour vos reviews et tout ça :). J'espère vous retrouver la semaine prochaine pour un extrait concernant Mélina, qu'on sache un peu ce qu'elle est devenue, elle aussi ;).