Holà , il est officiellement mercredi, heure française alors voici la suite ! Me voici avec le premier chapitre, on entre das l'histoire, cette fois-ci, préparez vous à du 8k xD J'espère que vous allez aimer et merci beaucoup pour vos commentaires sur mon prologue, vous m'avez motivée à boucler cette histoire x3 (Alors on rentre pas dans le croustillant à 100% aujourd'hui mais vous avez un avant-goût de ce que vous verrez la semaine prochaine 8D).

Edit du 12/08/2020 : J'ai oublié de remercier mes bêtas du tonnerre, honte à moi, honte à mon village et honte à ma chèvre D: Donc, merci beaucoup à Petit Pigeon et à AhriallSann qui ont fait un super boulot !

Warning : Maltraitance psychologique/toxicité enfant-parent sous-entendue. Mention de scarification.

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R.A.R

Emiko yure : Merci pour ta review, elle m'a fait très plaisirs x3 Et oui, ce ship est très peu exploité niveau francophone de la force, malheureusement D: Mais, en plus, le canon donne du matériel pour travailler ce crackship éè (et pourtant, ça n'empêche pas les Snarry ou les Sanmione de pousser comme des petits pains xD)

Et de rien, c'est avec plaisirs que j'écris sur eux ! Spoiler : hehehe, bien sûr qu'il va le découvrir 8D Si jamais tu commentes tous mes chapitres, pour le dernier, puisque je ne peux pas te répondre ici, je te répondrai sur mon profil ;)

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Chapitre 1 : Fil du rasoir

Jour 2 :

Devant le miroir de la salle de bain attenante à sa chambre, Katsuki essayait d'aplatir la masse explosive qui lui servait de cheveux. Bien entendu, c'était une peine perdue mais il n'aimait pas s'avouer vaincu. Ses cheveux étaient vivants ou quoi ? Ça faisait bien dix minutes qu'il s'acharnait dessus mais ils reprenaient toujours leur forme originelle ! L'eau et le gel ne fonctionnaient même pas!

Katsuki fronça des sourcils et grogna son mécontentement avant d'abandonner. Il allait finir par se mettre en retard avec ces conneries, et Miyamae lui avait dit que Best Jeanist n'aimait pas les retards. Tant mieux, Katsuki était un garçon ponctuel. Il lui avait aussi dit que son maître de stage ne plaisantait pas avec l'ordre, d'après ses dires il était à la limite de la maniaquerie. Ça ne posait aucun problème à Katsuki, il était ordonné. Par contre, Miyamae avait ajouté que ses attitudes maniaques concernaient aussi l'apparence, là ça posait problème. Pas que l'adolescent ne soit pas propre sur lui mais… Ses cheveux posaient problème. C'était un véritable nid d'oiseau comme lui rappelait sa mère. Ça ne faisait pas très propre, ni très ordonné.

Oh et puis merde, il était là pour s'améliorer, pas pour jouer un rôle. Il ne pouvait pas corriger ses défauts en les dissimulant.

Il sortit donc de sa salle de bain et prit le petit plan que lui avait dessiné Miyamae pour se rendre dans le bureau de Best Jeanist, avant de poursuivre son chemin dans les couloirs de l'agence. Il avait voulu l'accompagner ce matin mais Katsuki l'avait persuadé à l'aide de son regard noir qu'il pouvait se débrouiller seul. Ce gars lui tapait sur le système avec sa bonne humeur constante. Il puait l'hypocrisie à des kilomètres ! Il avait envie de l'exploser à chaque fois qu'il voyait sa sale tronche.

Rien que cette idée le rendit fébrile et, sans savoir pourquoi, il sentit ses mains moites pétiller. Des fourmis envahirent le bout de ses doigts tandis qu'il frémissait, son alter le démangeait. Il allait montrer à cette tête de nœud à qui il avait affaire. Il allait tout défoncer.

C'est déterminé, son sourire toujours sur les lèvres, impossible de le lui retirer tant il était excité, qu'il toqua à la porte du bureau de Best Jeanist, un tic nerveux agitant ses doigts. Il avait hâte de leur montrer ce qu'il valait.

« Entrez »

La voix de son maître de stage étouffée par les murs le fit frissonner d'effervescence. Il n'était plus fébrile, ça allait bien au delà de ça. Il ne savait pas ce qu'il avait mais l'idée de se jeter dans l'inconnu le rendait… affamé. Affamé de reconnaissance. Il voulait faire ses preuves. Il essuya sa main droite contre son pantalon avant d'ouvrir la porte.

Son regard brûlant de détermination se posa aussi tôt la porte ouverte devant lui. De taille moyenne, fin, longiligne, blond aux yeux bleus et maniéré. Katsuki l'avait tout de suite remarqué, pourtant… il était d'un banal. A cette constations, toute son excitation retomba d'un coup, comme un soufflet mal cuit. Il l'avait déjà vu à la télé, il n'aurait pas dû être déçu mais… il s'était attendu à plus. Best Jeanist était là, posé sur son bureau, à dicter un rapport à un de ses secrétaires et il n'avait rien d'exceptionnel.

Ce gars n'avait pas de présence. Vraiment, il n'avait aucune prestance. All Might pétait la classe, Endavor suintait de puissance et même les héros moins bien classés dégageaient quelque chose mais pas lui. Katsuki hésita à faire demi-tour et à se barrer. Il n'avait pas de temps à perdre. Il s'approcha pourtant du bureau de son maître de stage, il était là pour apprendre à contrôler son image pas pour se battre aux côtés du héros de ses rêves.

S'il arrivait à impressionner Jeanist, qu'il avait son approbation, sa mère n'aurait plus rien à lui dire. C'était le héros le plus sophistiqué qu'il connaissait, il ne l'avait pas choisi pour rien. Un rictus souleva le coin de ses lèvres : lorsque sa mère et lui l'avait vu la première fois aux infos, ils avaient tout de suite remarqué ses manières. Pédé jusqu'au bout des ongles, tous les deux l'avaient pensé très fort. Les clichés avaient la vie dure.

Son sourire se fana aussitôt que Jeanist releva le regard sur lui. Son regard bleu délavé. Il s'était enfoncé le doigt jusqu'au coude lorsqu'il avait pensé que l'adulte ne dégageait aucune présence. Il en dégageait bien une et putain qu'est-ce que ça le rendait mal à l'aise. Il avait l'impression d'être nu.

Sur un signe de main, il fit partir son secrétaire et Katsuki se retrouva seul avec lui. Son regard perçant le mettait mal à l'aise. Il le jugeait. L'adolescent retint de justesse un froncement de sourcil, il ne devait pas s'le mettre à dos dès le début. Il s'inclina et se présenta :

« Bakugō Katsuki, enchanté. »

L'adulte hocha la tête lorsque Katsuki se redressa et se présenta à son tour. Sa voix était posée, monocorde. C'était l'homme parfait pour lui apprendre à gérer son image, lui.

« Il va y avoir du boulot mais ce n'est pas impossible. »

Il s'était approché en deux pas de lui et Katsuki retint un mouvement de recul, puis il essaya de lui arranger les cheveux. D'où il le touchait sans prévenir ?! Il grogna mécontentement et Best Jeanist lui tira une mèche, il devait pas s'plaindre visiblement.

« Tu vas me suivre et m'observer, aujourd'hui. »

Katsuki hocha tant bien que mal de la tête, son maître de stage finissant de lui aplatir la tignasse – ça ne tiendra pas longtemps, de toutes les manières, il connaissait ses cheveux –, puis lui emboîta le pas, direction la sortie.

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La journée avait été chiante à mourir. On l'avait coiffé de force car, il fallait comprendre, « Best Jeanist ne peut pas se montrer en public avec un garçon si peu soigné » et gnah, gnah, gnah, peu soigné mon cul, oui ! Il avait encore mal au cuir chevelu, tellement la meuf avait tiré ses cheveux pour les aplatir. Et puis, avoir tout ce gras dans les cheveux pour que ça tienne… erk. Il frissonna de dégout à ce mauvais souvenir. De toute façon, ça ne tenait jamais longtemps, Katsuki connaissait ses cheveux. Best Jeanist ne l'avait pas lâché des yeux une seconde, rendant profondément mal à l'aise l'adolescent, malaise qui s'est vite transformé en colère.

Il n'était donc pas du tout en bonne condition pour la suite de la journée. Elle n'avait pas été si horrible que ça, finalement, mais la mauvaise foi de Katsuki avait été réveillé par sa séance coiffure forcée et impossible de la rendormir. Il s'était emmerdé comme un rat mort à observer son maître de stage remplir de la paperasse encore et encore. La seule petite distraction auquel il avait eut le droit fut une sortie, et encore, c'était juste une sorte de tour de garde. Il avait été sous pression toute la journée et il avait explosé plusieurs fois mais son maître de stage n'avait rien fait. Il ne faisait que l'observer, ce qui le foutait encore plus en rogne. Il ne supportait pas son regard.

Katsuki lâcha un gros soupir. Ce n'était définitivement pas fait pour lui. Best Jeanist n'était pas maniéré, non, il ne pouvait pas le penser après l'avoir observé sur le terrain. Il était classe. Jamais un pas de travers, toujours poli et avec un calme à toute épreuve. Jamais un cheveu qui dépasse, toujours propre sur lui et jamais en colère. Ce gars n'était pas humain. C'était un mur. Katsuki ne pouvait pas faire ça, ce n'était pas viable. Il avait besoin de s'exprimer, de gueuler, d'enrager l'adversaire, de le rabaisser. Impossible de rester calme dans une bataille.

Katsuki était sauvage, il avait besoin de jouer avec sa proie avant de l'achever, tandis que Best Jeanist ressemblait à un chat apprivoisé, vite fait bien fait. Tout n'était pas à jeter, par contre, il n'avait pas besoin d'aller aussi loin, il ne le pourrait jamais, mais il avait choppé deux ou trois astuces pour rendre son image plus lisse. Il n'avait qu'à se calquer sur son comportement à sa façon et ça passerait. Ça passait toujours.

Katsuki expira un grand coup puis éteignit sa lampe de chevet à vingt heures tapantes avant de se glisser sous sa couette. Il devait bien se reposer ce soir car demain Best Jeanist lui ferait passer un test d'aptitude : il avait se battre contre Miyamae. Il allait enfin pouvoir éclater la tronche de ce foutu chiot hyper actif.

Jour 3 :

Ce gars avait la force d'une mouche, il allait le défoncer. Un sourire bestial fendit son visage, son regard brillant d'une excitation malsaine, tandis qu'il se remettait en garde après avoir frappé son adversaire. Jeanist lui avait donné carte blanche. C'était d'ailleurs lui qui avait eut l'idée de ce combat, il voulait le voir en action ainsi, Katsuki allait donc se battre contre ce faux cul de Miyamae. L'adolescent exaltait. Enfin il allait pouvoir lui faire ravaler son sourire.

En réalité, ce n'était pas vraiment un combat, l'adulte avait plus exposé la chose comme une mission de protection. Katsuki jouait le rôle du héros protégeant une victime, interprétée par un sac de sable, et Miyamae celui du vilain voulant récupérer son otage. Le but n'était donc clairement pas de mettre K.O. son adversaire mais bien d'évacuer le civil sain et sauf seulement, Katsuki s'en foutait. Cet examen lui permettait de casser la gueule du chiot hyperactif, alors il n'allait pas se gêner. Il n'allait pas le laisser s'approcher sans lui faire mordre la poussière.

Katsuki jeta un coup d'œil autour de lui. Ils étaient dans une pièce fermée : à part la porte, il n'y avait aucune échappatoire. La meilleure stratégie serait de retenir Miyamae ici tout en protégeant l'otage, en attendant les secours, mais Jeanist n'avait jamais parlé de renfort. Il ne connaissait ni la durée de l'exercice ni l'alter de Miyamae, il ne fallait donc pas qu'il s'épuise pour rien. Sa deuxième option serait de se déplacer discrètement lors du combat pour fuir avec le sac par la porte qui était, pour l'instant, bloquée par son adversaire. Il devait trouver un moyen de le faire bouger sans trop s'éloigner du sac. Il fronça les sourcils d'un coup, se rendant compte de son fil de pensée. Non, il ne pouvait pas fuir, il pouvait le battre. Il le sentait dans ses tripes qu'il pouvait aplatir ce guignol. Il devait le battre. Il ne supporterait pas de voire sa gueule d'hyperactif heureux tous les jours et sa voix d'hypocrite lui rappeler sa défaite. Katsuki opta alors pour une troisième option, la plus risquée mais aussi la plus satisfaisante : éclater la tronche du vilain pour le mettre K.O. et le livrer, ainsi que l'otage, aux renforts, c'est-à-dire, à son maître de stage qui les observait. Il ne pouvait pas s'éloigner du sac de sable, ce serait inconscient de sa part de laisser la cible à découvert, alors ce serait Miyamae qui viendrait à lui. Grognant d'impatience, Katsuki déplia son bras et plaça sa paume vers le plafond :

« Ramène-toi, si tu l'oses. »

Il accentua la provocation en lui faisant signe de s'approcher du bout de son index. Et ce con lui obéissait ! Il se jetait dans la gueule du loup, de front, il n'avait pas l'air de se soucier de sa défense. Ça alerta tout de suite Katsuki. Il ne connaissait pas son alter alors que son adversaire connaissait le sien, il partait donc avec un handicape. S'il l'approchait aussi facilement, c'est que son alter s'activait forcément en touchant sa victime. Katsuki l'avait déjà frappé et donc, il l'avait déjà touché. Pour activer son alter, Miyamae devait sûrement être l'initiateur du contact. Ainsi, si tel était le cas, il ne lui laisserait pas le temps de ne serait-ce que l'effleurer, pensa l'adolescent tandis que son sourire de requin s'élargit, déformant son visage.

Il attendit que sa victime soit à portée de bras puis visa son visage avant d'activer son alter. Sa main lui explosa en pleine face. Le cri d'agonie que poussa Miyamae n'avait rien d'humain, c'était celui d'un animal blessé, celui d'une proie acculée. Katsuki l'avait touché en plein dans le mille. Il avait l'impression que des milliers de petits papillons lui chatouillaient l'estomac. Il bouillonnait d'excitation.

Il était suicidaire ou quoi ? Miyamae s'était relevé, le visage boursouflé, et venait de tenter une deuxième percée, en vain. Katsuki avait tout de suite répliqué par un coup de genoux dans l'estomac et un coup de tête en plein menton, assommant à moitié son adversaire et le faisant reculer. Il n'était clairement pas fait pour le combat rapproché, ça crevait les yeux. Toute la frustration accumulée ces dernières semaines fit monter sa colère d'un coup et Katsuki implosa, lui faisant perdre toute notion stratégique. Il se foutait de sa gueule ?! C'était pas possible autrement, il pouvait pas être aussi con ! Il le faisait exprès. Il le faisait exprès pour l'humilier.

Il allait le massacrer. C'était le seul moyen que Katsuki avait pour se soulager et l'autre lui offrait cette solution sur un plateau d'argent. Il n'allait pas se gêner. L'autre se rapprocha, Katsuki le frappa, Miyamae se releva difficilement et l'adolescent prépara ses poings à exploser. Leur manège dura plusieurs minutes et le plus âgé ne parvint pas à l'effleurer une seule fois malgré ses nombreuses tentatives. Katsuki faisait durer le plaisir. Une dent déchaussée, une côte fêlée et quelques brûlures sur le corps, Miyamae encaissa plus de dégât qu'il ne pouvait. Il finit donc gisant à terre, le souffle court. Katsuki eut une petite exclamation de dédain en le voyant ainsi, il était presque déçu que le combat n'ait pas duré plus longtemps. A peine cinq minute, il n'avait eut le temps que de s'échauffer.

Un petit rictus étira ses lèvres. Au moins, il s'était défoulé. L'adolescent s'apprêta à se baisser pour récupérer l'otage puis le vilain et les livrer à son maître de stage mais il se figea d'un coup, aux aguets. Miyamae venait de bouger, il en était sûr, il n'avait pas rêvé. Qu'est-ce qu'il espérait ce con ?! Qu'il allait le battre dans cet état ?! Il n'en avait pas eu assez ? Il était maso ou quoi ? Katsuki ne voyait pas d'autre solution. C'était bizarre, Miyamae restait au sol. Il s'était juste redressé. Le plus jeune campa alors encore plus sur ses positions, tendu à l'extrême. Il ne connaissait pas encore son alter, il devait se méfier. Peut être qu'il se rendait ? Ce serait la chose la plus intelligente à faire mais… Katsuki serait dépité si c'était le cas, il ne s'était pas encore assez défoulé.

Est-ce que Miyamae venait d'éclater de rire ou il rêvait ? Non, il riait bien à gorge déployée, comme un demeuré. Il lui manquait une case ou bien ? Katsuki n'en serait pas étonné. Lorsque son fou rire fut calmé, Miyamae vissa son regard instable dans le sien, un sourire dément collé au visage. Il n'avait plus aucun doute, ce gars venait de péter un boulon. Il ne lui fallut qu'une phrase soufflée du bout des lèvres mais qui résonna pourtant si fort à ses oreilles pour que Katsuki déchante.

« J'ai gagné. »

Katsuki se retourna si vite qu'il sentit sa nuque craquer. Le sac n'était plus derrière lui, il avait disparu. Il avait… perdu ? Comment est-ce qu'il avait fait ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Il ne l'avait pourtant pas quitté du regard une seule fois, c'était impossible ! Katsuki vit rouge.

« Je vais t'exploser ! Tu l'as foutu où le sac ?! »

Jeanist n'avait pas sonné la fin de l'exercice alors Katsuki pouvait encore renverser la situation. Il allait récupérer son otage, et par la force. Miyamae s'était relevé et l'adolescent fonça sur lui, n'ayant plus à se soucier de son otage puisqu'il n'était plus là. Il voulait lui péter un bras ou même les deux, histoire de le neutraliser. Il ne connaissait toujours pas son alter, ce gars était dangereux. C'était impossible de se relever aussi vite après tant de dégât, il devait donc vite lui faire cracher le morceau.

Putain mais qu'est-ce qui se passait ?! Ce boulet du corps à corps déviait tous ses coups. Non, c'était pire que ça, Katsuki n'arrivait même pas à le toucher ! Il était trop rapide. Tout se jouait au millimètre près mais Miyamae arrivait toujours à éviter ses poings. Ce gars n'avait rien de logique, à peine une minute plus tôt, il était à terre pour un bout de temps et était incapable de se protéger et maintenant… ça. Il ne contre-attaquait jamais, il ne faisait que l'éviter comme s'il n'était pas digne de son intérêt. La colère du blond augmenta d'un cran, le rendant bien plus agressif et réduisant à néant son reste de bon sens. Il allait tout faire péter. Tant pis s'il perdait l'otage, au moins il ne perdrait pas son combat.

Katsuki remua ses doigts, se préparant à encaisser le choc. Plus proche, il devait se rapprocher. Encore un peu, il y était presque, encore un pas. Ça y est, il y était. Il retint à grande peine un sourire malsain à l'idée du corps carbonisé de son adversaire, il ne fallait pas que l'autre se doute de quelque chose. Mainten…

« Je l'ai ! »

Une exclamation de joie retentit derrière lui tandis que son adversaire, qui était face à lui, venait littéralement de disparaître en un clin d'œil. Katsuki ne comprenait plus rien. C'était la voix de Miyamae. Il se retourna. Qu'est-ce qu'il foutait à serrer… le sac de sable qui n'avait pas bougé ?

« L'exercice est terminé. »

La voix de son maître de stage lui parvint difficilement, il l'entendait à moitié, comme si elle était étouffée. Il venait… de perdre ? Il ne comprenait rien. Il ne comprenait plus. Avait-il au moins compris, au début ? Son corps se détendit complètement, aux antipodes de son état mental. Il avait perdu. Seul son regard absent exprimait son désarroi profond. Il avait perdu. Katsuki joignit ses pieds et croisa ses mains derrière son dos, adoptant une posture plus formelle, maintenant que l'exercice était fini. Il vit Miyamae et Jeanist parler, il les entendit s'échanger des mots mais l'information ne remonta pas à son cerveau. Il avait perdu. L'adolescent était là sans être là.

Le vainqueur quitta la salle, certainement en direction de l'infirmerie et l'adulte se retourna vers lui, captant son attention. Il voulait une explication.

« Miyamae a un alter d'illusionniste, plus il reçoit de dégât de son adversaire, plus il peut le manipuler à sa guise. Lorsque tu te battais contre lui, il a rendu l'otage invisible à tes yeux, puis il a tout simplement attendu que tu détournes ton attention de lui un instant pour créer un double et récupérer l'otage lorsque tu étais occupé par ce dernier. »

Katsuki était soufflé. Il avait l'impression de s'être pris une gifle en plein visage. Il n'arrivait plus à respirer.

« Tu aurais dû le neutraliser dès ton premier coup, tu as sous-estimé ton adversaire et c'est la pire des choses à faire. Tu es doué, très doué, mais il ne faut jamais partir vainqueur. Tu as l'après-midi de libre pour réfléchir à ton combat, je reviendrai te voir ce soir. »

Il hocha difficilement de la tête et fit demi-tour pour retrouver sa chambre, avant qu'il ne puisse plus retenir les larmes brûlantes qui lui brouillaient la vue. Il avait été trop con et il avait perdu.

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Katsuki retint une grimace de douleur tandis qu'il nettoyait le sol de sa chambre. Il s'était détruit les poings. Il avait eut besoin d'évacuer ce trop plein qui l'étouffait mais il ne voulait pas détruire des choses qui ne lui appartenait pas alors il s'était défoulé sur le parquet de la chambre qu'il occupait et qui n'avait rien demandé. Il n'avait pas trouvé de meilleure solution, c'était ça ou… Il ne savait même pas. Il s'était toujours calmé comme ça, en se faisant du mal lorsqu'il ne pouvait pas en faire à d'autre. En hurlant jusqu'à perdre sa voix, en se pétant les phalanges à force de frapper, en se griffant les avant-bras et en se scarifiant le ventre. Ça le soulageait un temps. Il ne pouvait que se briser les doigts, aujourd'hui. Il devait faire bonne impression. Il pourrait toujours se bander les mains et faire passer ça pour un effet secondaire de son alter. Ça passait toujours, ce genre d'excuse à la con.

L'adolescent redressa la tête en entendant quelqu'un toquer à la porte. Quelqu'un qui n'attendit même pas sa réponse avant d'entrer. C'était Best Jeanist. Il n'était pas surpris, il lui avait dit qu'il passerait le voir dans la soirée. Katsuki rangea le sceau et la serpillère dans un coin de la pièce puis proposa la chaise de bureau à l'adulte pour qu'il s'asseye tandis que lui s'installait sur le lit.

« As-tu réfléchis à ton combat de ce matin ? »

La voix de l'adulte n'avait aucun ton accusateur, il lui demandait juste un rapport et Katsuki le comprit parfaitement. Il soupira longuement par le nez et ferma les yeux, hésitant un instant sa fierté lui criant de se la fermer, avant d'hocher positivement de la tête.

« J'ai été con, j'ai voulu me défouler au lieu de remplir correctement ma mission. J'ai pensé avec mes poings, pas avec ma tête. »

Ça le tuait de l'avouer mais c'était vrai.

« Exactement, répondit du tac au tac l'adulte. Alors, tu as cerné ton problème ? »

Le plus jeune lui lança un regard confus. Il venait de le lui dire, non ? Il avait été con et n'avait pas pensé à la mission. Il y avait rien à dire de plus. L'adulte lui donna la réponse.

« C'est la colère, Bakugō. Elle t'empêche de réfléchir correctement et tu te laisses facilement dominer par elle. »

Katsuki le regarda comme s'il venait de lui sortir que la terre était plate. La colère n'était pas son problème, c'était ce qui lui permettait d'avancer ! Cette rage de vaincre qui lui avait toujours bouffé les entrailles, c'était son carburant. Il ne voulait pas l'éliminer. Pourtant… il n'y avait pas de doute à avoir quant au résultat de l'exercice de ce matin, il avait perdu. Il ne voulait pas la supprimer mais peut-être que la contrôler serait une bonne idée ? Pour la faire exploser au bon moment. Pour gérer son image.

Le plus vieux ne l'interrompit pas dans sa réflexion et attendit d'avoir toute son attention pour continuer :

« Nous allons faire un deuxième exercice : je vais accrocher une cible dans mon dos, ton objectif c'est de me la voler. J'aurai un handicape, tant que tu ne te mets pas en colère, je n'utiliserai pas mon alter, ça t'apprendra à la gérer. Si tu réussis l'exercice, nous en ferrons d'autres, après ton stage, tu es d'accord ? »

Katsuki venait enfin de trouver quelqu'un. Quelqu'un qui lui tendait la main, quelqu'un lui donnait l'occasion de faire ses preuves, loin de tous ceux qu'il connaissait, quelqu'un qui lui expliquait les choses, quelqu'un qui se souciait de lui, même si ce quelqu'un ne faisait que son travail. Il hocha à peine de la tête et souffla un « D'accord » du bout des lèvres. Il avait peur de se rendre compte qu'il rêvait, s'il parlait trop fort.

Jour 4 :

La journée avait commencé avec un Katsuki motivé. Le garçon avait de l'énergie à revendre, de la bonne volonté à dépenser et sa rage de vaincre lui déchirait le ventre. Il était semblable à un lion sur le point de sauter sur sa proie, concentré, sur le qui-vive et tendu à l'extrême, prêt à sortir tous ses atouts pour parvenir à ses fins. Ça avait toujours été comme ça, c'était ce qui lui permettait d'avancer et de gagner, d'écraser les autres. Il allait attraper ce fichu pompon !

Les yeux brillants d'une lueur féroce, il s'habilla puis partit travailler, bien déterminé à vite mettre fin à ce jeu par sa victoire. Il était même bien décidé à ne pas se laisser emmerder par Miyamae. Puis vint son premier essai. Il n'avait pas attendu longtemps pour se lancer, certain de ses capacités. A peine était-il entré dans le bureau de son maître de stage et que celui-ci lui avait tourné le dos pour prendre et lui tendre son planning du jour qu'il avait attaqué.

L'adolescent avait donné bien trop d'indice mais sa fierté l'aveuglait. Le corps tendu dès l'entée, son regard brûlant vissé dans celui du blond, et ses appuies prêts à le faire sauter. En somme, l'occasion rêvé pour Jeanist de lui mettre une raclée. Pourtant, il ne l'avait pas fait. Dès que Katsuki s'était lancé, une main tendu vers le pompon bleu accroché à la hanche droite de l'adulte, il fut arrêté. Jeanist n'avait même pas daigné se retourner pour le ligoter et ça, ça l'énervait. Il avait l'impression qu'il était un moucheron aux yeux du plus grand et que celui-ci le lui faisait bien sentir. C'était la première fois qu'il voyait l'alter de Jeanist et ça ne lui plaisait pas.

Katsuki était mal à l'aise, entre ses fils. Il ne pouvait plus bouger sans se couper. Ces trucs étaient aussi acérés qu'une lame de rasoir. Le lion s'était retrouvé acculé et un prédateur n'aimait jamais se retrouver dans cette position. Ça ne faisait qu'augmenter son malaise, se retrouver ainsi à la merci de l'adulte–Katsuki détestait se montrer dans une position vulnérable– qui allait bien vite se transformer en colère. Katsuki se connaissait. Enfin, il capta son regard, l'autre lui donnait de l'attention. C'était tout ce qu'il attendait même si le garçon ne se l'avouerait jamais. Cependant, son regard ne fit qu'encore plus l'énerver. Son visage était impassible mais ses yeux, eux, débordaient. Ils brillaient d'une lueur que Katsuki ne connaissait pas. Un mélange de moquerie, de condescendance et d'autre chose. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il le prenait de haut. Il se foutait de sa gueule ou quoi ?!

Le malaise creusant son ventre se transforma en colère bouillonnante. Il grogna et essaya de bouger, se coupant à de multiples reprises, tout en essayant d'occulter son pénis qui commençait à pulser. Il ne savait pas pourquoi ça lui arrivait, il ne contrôlait plus son corps et ça l'effrayait, ce qui l'énervait encore plus. Il n'était pas une tapette, pourquoi est-ce qu'il bandait ?! Heureusement, l'autre ne l'avait pas remarqué. Ça lui aurait fait mal à sa fierté. Jeanist l'arrêta cependant dans son élan, faisant disparaître ses fils en lui tournant à nouveau le dos.

« Ne te laisse pas aveugler par ta colère, maîtrise la, lui ordonna l'adulte de sa voix monotone. Tiens, ton planning pour la journée, ajouta-t-il en lui tendant un bout de papier. »

Katsuki, la mâchoire contractée, prit la feuille, essayant de se calmer. Même si ça le tuait, il tentait de mettre sa fierté de côté et d'obéir sagement. Il fallait mettre l'adulte en confiance, avant d'attaquer. Il devrait aller se désinfecter les plaies avant de commencer. Il jeta un coup d'œil à ses travaux du jour. Ouais, Jeanist se foutait complètement de sa gueule. D'où il devait seconder Miyamae dans ses activités ? D'OÙ ?! Ça y est, la colère l'avait définitivement submergé.

Katsuki continua sur sa mauvaise lancée toutes sa journée, à ruminer en vidant les poubelles, servants des cafés et suivant les ordres de cette putain de Miyamae, contraint et forcé. Il n'apprenait rien et ça lui foutait la rage. Pire, il se faisait humilier. A chacune de ses tentatives, sa colère le guidait, Jeanist l'attachait, Katsuki, mal à l'aise sous le regard perçant, transperçant, de l'adulte se mettait doucement à bander ce qui le mettait encore plus en rogne. Il finissait toujours par échouer ce qui ne faisait qu'encore plus alimenter sa frustration. Ce cercle vicieux dura toute la journée.

Jour 5 :

To : Moi

From : La vieille

Te laisse pas marcher dessus et pète leur les dents, sale gosse. Montre leur ce que c'est d'être un Bakugō !

Biz, Maman.

10/07/2016

Katsuki referma son téléphone en un clap sonore, un rictus soulevant le coin de ses lèvres. Aujourd'hui, c'était une bonne journée. Pas d'emmerde, pas de cafés qui lui brûlent les doigts, pas de Miyamae qui lui traîne dans les pattes –c'était son jour de congés– pas de gosses stupides qui viennent le faire chier et même ses cheveux avaient coopéré ! Ils étaient restés aplatis le temps de l'inspection de Jeanist. Même sa mère lui avait envoyé un sms pour l'encourager. Aujourd'hui, c'était sa journée. Ouais, c'était la sienne, il le sentait. Il devait agir et lui voler son foutu pompon, il ne trouverait aucune autre bonne occasion qu'à cet instant. L'adolescent ne comptait cependant pas que sur la chance, il avait appris de ses erreurs de la veille, il avait un plan.

Il avait attendu toute la journée, il s'était tenu à carreau, il avait endigué la vague d'excitation qui lui dévorait les entrailles autant qu'il le pouvait et il patientait encore. Il devait attendre la nuit tombée pour pouvoir agir. Katsuki était entré dans son mode prédateur et, il en était certain, Jeanist n'aura aucune chance de s'en sortir. Il avait bien réfléchi toute la journée et son plan semblait infaillible. Il était très simple pourtant et ne reposait que sur un facteur : la surprise.

Katsuki était trop lent et l'adulte trop rapide. Il arrivait à peine à voir ses foutus fils avant qu'il ne s'y retrouve coincé dedans. En plus, le gars l'esquivait trop facilement, il l'avait remarqué hier. Même si ça le crevait de l'admettre, il était conscient qu'il n'avait aucune chance de récupérer le pompon lorsque Jeanist était sur ses gardes. Le surprendre de nuit, lorsqu'il s'y attendait le moins, lui était alors naturellement venu. Il avait alors rongé son frein toute la journée et le voilà désormais prêt à partir chasser.

Il posa son téléphone sur sa table de chevet après avoir vérifié l'heure, minuit, hors de question qu'il l'emporte avec lui, le risque qu'il sonne et fasse foirer l'opération était trop grande. Il était suffisamment tard pour que Jeanist soit profondément endormi. Il prit une lampe torche qui était déjà là lors de son arrivée. Avec ça, il pourra aveugler la cible, si jamais elle se réveillait alors qu'il n'avait pas terminé et arriver jusqu'à sa chambre sans se faire repérer puisque n'ayant pas besoin d'allumer les lumières des couloirs. Il avait déjà fait un tour de repérage, la chambre où créchait Jeanist était attenante à son bureau, il allait devoir forcer deux serrures au lieu d'une mais Katsuki avait tout prévu. Il avait trouvé un tournevis, discret et efficace. Exploser les portes aurait retiré tous l'effet de surprise.

Il prit soin de fermer la porte de sa chambre sans faire de bruit puis se mit en marche. Il n'alluma pas sa lampe torche, préférant laisser ses yeux s'habituer à l'obscurité du bâtiment et ne voulant pas se faire repérer, si jamais quelqu'un d'autre traînait dans les couloirs sans aucune raison. Il préférait être trop prudent quitte à virer paranoïaque plutôt que son plan tombe à l'eau pour une merde. De toutes les manières, il ne comptait l'utiliser que pour forcer la serrure.

Sa vue ne mit pas longtemps à s'adapter. Il apaisa son souffle, expirant longuement et inspirant sans faire de bruit, abaissa son rythme cardiaque, se concentrant sur tous les bruits environnant, réparti son poids et son équilibre sur ses deux jambes du mieux qu'il le put et il avança sans un bruit. Le lion entrait dans l'arène. Il sentait son sang filer à toutes vitesse dans ses membres, se préparant à l'effort physique bref mais intense, il le sentait battre dans ses tempes, il sentait l'excitation qu'il avait jusque-là contenue exploser dans son estomac et se répandre dans tous son corps. Il chassait et son corps le savait. Ça y est, il avait la trique. C'était toujours comme ça lorsqu'il chassait. Il s'excitait tellement qu'il se mettait à bander. Un sourire carnassier fendit son visage, s'il bandait c'est qu'il était concentré et c'est exactement ce qu'il voulait.

Il n'était plus loin du bureau, il était juste là, au fond du couloir. Katsuki était soulagé de ne pas avoir eu à prendre les escaliers pour atteindre sa cible, il aurait forcément fait craquer le plancher sous son poids. Ça y est, il avait la porte dans son champ de vision. Il se sentit durcir un peu plus tandis que son sourire s'élargissait. Il pressa le pas, faisant toujours attention à ne pas faire de bruit puis, une fois face à la porte, il s'agenouilla. Pas de lumière sous la porte. Parfait, Jeanist n'était pas dans son bureau. Lampe torche en main, il ne s'autorisa de l'allumer que pour inspecter la serrure. Le blond retint un grognement. C'est bien ce qu'il pensait, il ne pouvait pas forcer cette serrure silencieusement, il allait devoir dévisser la poignée pour pouvoir entrer. Légèrement irrité de devoir prolonger l'utilisation de sa lampe torche et donc augmenter les risques qu'il se fasse choper, il commença le travail. Ça ne lui prit pas plus de cinq minutes et il bénit tous les dieux que la maniaquerie de Jeanist qui lui avait fait installer un paillasson à l'entrée de son bureau, étouffant le bruit de la poignée qui était tombée de l'autre côté et qu'il n'avait pas pu rattraper.

L'adolescent n'eut plus qu'à secouer la porte légèrement pour qu'elle s'ouvre sans difficulté. Il ne put retenir son ricanement silencieux, fier d'être arrivé jusque-là aussi facilement. Son excitation grandit, agitant tout son corps, et son érection suivit, attisée par les frottements. Il fit de même avec la deuxième porte après l'avoir inspecté. Pas de lumière sous la porte, l'adulte devait être profondément endormi. Un sourire satisfait aux lèvres, il se faufila à pas de loup dans la chambre. Son lit était jute à côté de l'entrée, sur la droite. Katsuki tendit l'oreille, le souffle de l'adulte était profond et régulier. Ouais, il dormait à point fermé. La voix était libre. Où est-ce qu'il aurait pu le ranger, ce foutu pompon ? Katsuki se retrouvait coincé. Il ne pouvait pas fouiller sans faire de bruit et le bruit signifiait le réveiller. Il fronça les sourcils. Attend. Il se rapprocha de l'adulte endormi. Jeanist lui avait dit qu'il accrocherait le pompon dans son dos, avec un peu de chance, il ne l'avait pas retiré. Il était toujours là, même s'il dormait. Main proche de sa poche où se trouvait la lampe torche, juste au cas où, Katsuki sourit. L'adulte dormait sur le côté. Il avait gagné.

Son sourire se fana en une fraction de seconde. Deux yeux bleus le fixaient. Merde. Il n'eut pas le temps de sortir sa lampe torche pour l'aveugler qu'il se retrouvait déjà plaquer sur le lit, l'adulte au-dessus de lui le dominant. Merde, merde, merde ! Il était si près du but ! Putain ! Ce gars n'était pas humain ! C'était quoi ce réflexe ?! Katsuki grogna, traduction de son inconfort et de son irritation. L'adrénaline soudaine qui était monté lui avait fait rater quelques battements. Il était imbattable ou quoi ?! Deux yeux bleus le transperçaient et un léger rictus ornait ses lèvres. Il se foutait de sa gueule en plus. Katsuki essaya de bouger, pour renverser la situation mais l'adulte raffermi sa prise. Il sentit quelque chose butter contre son intimité. Le pic d'adrénaline avait fait monter son excitation en flèche et ses deux yeux bleus qui le mettaient mal à l'aise avaient rallumé cette petite flamme au creux de son ventre, leur position n'avait fait qu'accentuer cette sensation désagréable. Son érection avait grossi, elle était visible. Ce qui venait de le toucher, c'était son genou. Les yeux ne le fixaient plus, son regard surpris était descendu.

Il l'avait vu. Il vit rouge. Était-ce un cri qu'il entendit ? Il rugit. Le sien ? Sûrement oui, ça ressemblait à sa voix. Tout ce dont il se souvint fut le bruit caractéristique des fils qui l'emprisonnèrent, celui d'une explosion, et la sensation familière d'oppression qui suivit avant de sombrer.

Jour 6 :

Il l'avait frappé. Katsuki bouillonnait. Il avait frappé son maître de stage. Cette phrase tournait en boucle dans sa tête depuis qu'il avait repris conscience. Ses souvenirs de la veille étaient flous, la colère lui était monté à la tête et lui avait grillé le cerveau. Cependant, il se souvenait très clairement de la sensation de son poing contre sa joue, du son de son alter qui explose et de l'odeur de chaire qui crame. C'était gravé dans sa mémoire.

Il avait frappé son maitre de stage, putain ! Ça lui avait sauté à la gorge lorsqu'il s'était réveillé, il ne s'était même pas demandé comment il avait fini dans son lit ou qui l'y avait ramené. Il avait tout de suite réalisé son erreur et il faillit s'étouffer. Sa carrière était morte et lui aussi. Ce coup de poings n'allait pas rester secret, Katsuki en était persuadé. Jeanist allait certainement le faire remonter à UA dans son rapport de stage s'il ne le virait pas tout de suite. Il allait être renvoyé et aucune agence ne prendrait un gars viré d'UA, il le savait. Et sa mère allait le tuer s'il ne se suicidait pas avant. L'adolescent savait, pourtant, que son lycée avait une tolérance zéro envers la violence, qu'est-ce qui lui avait prit ?!

Katsuki avait du mal à respirer, son torse se relevait et s'abaissait rapidement, tandis son souffle se faisait de plus en plus haché. Il hyperventilait. Frapper un adulte, c'était inconcevable, même pour lui, il n'était pas con à ce point et pourtant. Il avait vrillé. Ce gars… il n'arrivait pas à se contrôler avec ce gars. Toujours tiré à quatre épingles, jamais un pas de travers et son regard perçant qui semblait toujours le juger, l'observer. On aurait limite dit un pédophile. Enfin, ce n'était pas lui qui s'était retrouvé ficelé avec une trique d'enfer… Qu'il l'aperçoive dans une position vulnérable, sans que Katsuki s'y attende, et mélangé à l'adrénaline du moment, ça lui avait fait péter un plomb.

Katsuki se redressa, sortant de son lit, le corps tremblant. Il était si agité qu'on aurait dit qu'il avait des spasmes. Il avait besoin de se défouler. Sa frustration voulait sortir, et frapper le sol ne lui suffirait pas, cette fois. Il voulait faire du mal, c'était vital. Pas à lui, il massacrerait son corps et il n'arriverait pas à le dissimuler. Il jeta un coup d'œil à l'armoire, à la tête de lit et au lavabo. Ils étaient simple à briser, ça pourrait le calmer un temps. Il respira plus fort, serrant ses poings. Il allait tout détruire, il fallait qu'il s'en aille.

Le blond jaillit de sa chambre, tel un lion sur le qui-vive. Sa mâchoire était contractée, ses bras plaqués le long de son corps et ses poings serrés à en faire blanchir ses phalanges. Il avançait vite malgré son corps tendu. Il ne voulait croiser personne, il savait qu'il n'arriverait pas à se contrôler et la moindre parole mettrait le feu aux poudres. Il avançait en automatique, cherchant une salle vide où il pourrait se calmer, sans s'enfoncer plus profondément dans la merde qu'il avait créée.

Il trouva refuge dans une salle d'entraînement, au dernier étage du bâtiment. Il avait barricadé la porte en coinçant deux manches à balais sur les poignées, comme ça personne ne viendrait le déranger. Il ne s'était pas isolé ici pour péter des dents aux cons qui auraient la merveilleuse idée de s'entraîner ici, alors il préférait prévenir que guérir et s'enfermer et puisqu'il n'avait pas les clés… Katsuki enleva son t-shirt puis se mit à trottiner. Ce n'était pas parce qu'il était en colère qu'il allait se fouler un muscle, il fallait qu'il s'échauffe. Cependant, la course remplaça bien vite le trot.

Le gymnase n'était pas très grand, à peine la taille d'un terrain de basket, mais ça lui suffisait. Tant qu'il pouvait courir, il se contenterait de ce petit gymnase avec un seul vestiaire et deux pauvres rangées de gradins qui se battaient en duel à l'étage. Sentir l'impact de ses pieds sur le plancher à chaque enjambée commençait déjà à faire baisser la pression. Il courrait sans jamais s'arrêter, le calme de la salle lui permettant de faire le vide et de s'apaiser légèrement. Il ne faisait attention à rien, obstruant tout si ce n'est le son de sa respiration régulière, la sensation de son corps et de ses muscles chauffant à cause de l'effort et le bruit rythmé de ses baskets frappant contre le plancher mais ça n'était jamais totalement efficace, s'il ne frappait rien. Ses idées noires refirent très vite surface, comme il s'y attendait. Il était foutu. Sa carrière était fichue et il s'était saboté tout seul, comme un grand. Ah, sa mère serait fière de lui, ça c'était sûr ! Il s'éloignait une petite semaine d'elle et voilà qu'il fichait en l'air tout ce pour quoi il avait travaillé dans sa vie. Il rit jaune. Courir ne lui suffisait pas, ses poings le démangeait, il avait besoin de frapper. Mais il ne pouvait pas, il n'avait aucun punching-ball sous la main et il savait que s'il se mettait à cogner, il allait le regretter. Alors il s'épuisait par la course.

Katsuki ne vit pas le temps passer. Il ignora son estomac criant famine, il força ses jambes à continuer, malgré le fait qu'elles crièrent grâce, puis il fit également tomber le bas lorsqu'il fut en nage, continuant sa course en caleçon. Il ne s'était pas encore assez défoulé. Heureusement qu'il n'avait croisé personne. Il savait que s'il avait croisé quelqu'un, dans son état, cette personne n'en serait pas ressortie vivante. Il se faisait peur. Il n'arrivait plus à gérer sa colère, elle le submergeait. Elle le dépassait et elle était constamment là. Il ne comprenait pas pourquoi il était tant frustré et tout le temps en colère. Tous les jours, toutes les heures, même la nuit dans son lit. Il ne savait pas et son incompréhension alimentait sa colère. C'était un cercle vicieux qui le lui arrachait des larmes de frustration. Il ne fit pas attention à sa vue complètement brouillée par ses pleurs et continua de courir.

Il ne s'arrêta que lorsqu'il tomba contre le parquet, complètement épuisé et ne pouvant plus avancer. Ses jambes l'avaient lâché. L'adolescent jeta un coup d'œil à l'horloge mural : 19 heures, il avait couru toute la journée. Il n'y avait que comme ça que sa colère se calmait. Enfin, pas vraiment, elle était toujours là mais, maintenant, il arrivait à la maîtriser. Il arrivait à se contrôler. Elle le dévorait à petit feu et ne l'engloutissait plus à grande bouchée, désormais.

Il mourrait de faim mais il était bien trop fatigué et encore trop à fleur de peau pour aller se mélanger à la populace pour manger. Il n'était prêt à supporter personne et encore moins Miyamae qui devait le chercher dans tous les recoins. Il était pire que Deku, au niveau pot de colle, celui-là ! Une fois son énergie légèrement rechargée, le blond étira ses jambes pour les préparer à faire le chemin inverse afin de retourner dans sa chambre. Il allait être ankylosé demain, tant mieux, il n'aurait pas à supporter les autres comme ça. Il resterait terré dans sa chambre jusqu'à son départ.

Le blond finit par se redresser difficilement et ramassa ses vêtement en se dirigeant vers le vestiaire, il commençait à avoir froid, maintenant qu'il ne courait plus. Il alla droit vers la douche et fit jaillir l'eau brûlante pour détendre ses muscles fatigués. Il soupira à la fois de douleur et de bien-être en sentant l'eau agresser sa peau. Putain que ça faisait du bien. En cinq minutes, il finit de se laver avec le gel douche mis à disposition pour les sportifs, se sécha, se rhabilla et sortit de la salle. Il se dirigea difficilement vers sa chambre, descendant lentement les étages, ses muscles ne réclamant plus que du repos.

Katsuki ne s'attendait à croiser personne, tout le monde devait être entrain de manger au rez-de-chaussée. C'est pour ça qu'il fut à la fois surpris et horrifié de croiser une chevelure blonde impeccable. Jeanist venait vers lui et l'observait de son regard bleu délavé si perçant. Le même regard qui le mettait si mal à l'aise et qui lui avait fait péter un plomb la veille. Tiens, monsieur parfait ne l'était pas tant que ça aujourd'hui. Il avait encore la trace du coup de Katsuki, sa joue étant violacée et encore bouffie. Il l'avait bien amoché. Tout son corps se tendit alors qu'il se stoppait, se détachant du mur qui le soutenait. Il n'allait pas fuir la queue entre les jambes, il avait encore sa fierté ! Il allait l'affronter et subir son coup. Car oui, Jeanist allait le frapper, Katsuki en était persuadé. Au moins pour se défouler, si ce n'était pas pour le punir. C'était comme ça que ça fonctionnait chez l'adolescent.

Il n'allait pas fuir et faire mine de ne pas le voir, se faire tout petit en le croisant, il allait assumer ce qu'il avait déclenché. Le plus jeune le défiait du regard, sa colère commençant à frémir, se réveillant doucement mais sûrement. A chaque fois qu'il le voyait, il voulait le frapper. Le pompon bleu qui pendait à la ceinture de l'adulte accrocha son regard. Katsuki tua dans l'œuf l'étincelle d'espoir qui voulait croire que le test continuait. Il préférait alimenter sa colère plutôt que se bercer d'illusion. Ça le faisait rire, l'autre con, de le berner avec ce qu'il n'aurait jamais ?! Il contracta sa mâchoire pour se retenir d'hurler sa frustration au visage de Jeanist.

L'adulte l'examina de haut en bas calmement, prenant son temps, mettant le garçon sur ses gardes et alimentant encore plus sa colère. Ouais, il se foutait clairement de sa gueule. Avant qu'il ne puisse ouvrir la bouche, son maître de stage le devança.

« Il ne te reste plus beaucoup de temps Bakugō. Si tu veux que je t'aide, tu dois voler mon pompon demain. »

Puis il continua son chemin, le dépassa, et s'en alla comme si de rien était. Le plus jeune ne put que le suivre du regard, complètement muet de stupeur. Katsuki accueilli ses paroles comme un coup de poing en plein ventre, il était soufflé. Le jeu continuait. Sa colère disparut en un claquement de doigts, remplacée par une volonté d'acier. Putain, ses jambes avaient intérêt à coopérer !

Jour 7 :

Ses putains de jambes n'avaient pas coopéré. Elles étaient complètement ankylosées et il ne pouvait avancer que difficilement, Katsuki l'avait remarqué dès son réveil. Le moindre pas lui procurait des décharges dans tout le corps. Il avait beau les frapper pour qu'elles avancent normalement, rien n'y faisait. Il faisait du deux à l'heure dans le meilleur des cas. Pourtant, bien qu'extérieurement, le test paraissait foutu, intérieurement sa colère bouillonnait. Il avait la rage de vaincre et il n'allait pas abandonner à cause de ses fichues jambes !

Sa colère le faisait avancer mais, paradoxalement, il avait la tête froide. Elle ne l'aveuglait pas, aujourd'hui, notamment à cause de l'échec cuisant, l'humiliation, d'il y a deux jours. Il remplit le peu de travail qui lui restait à faire comme il le put, avant de prendre ses affaires et d'embarquer dans le taxi qui l'attendait à l'extérieur. Jeanist lui fit l'honneur de le raccompagner à la gare, cette fois-ci, à défaut d'être venu le chercher à son arrivée. Il lui fit un léger signe de tête en guise de bonjour, que l'adolescent lui rendit en s'installant.

Katsuki ne l'avait pas vu de la journée, si ce n'est le matin pour qu'il lui donne son planning. Vu son allure d'ancêtre à cause de ses jambes de merde qui ne voulaient pas avancer et le travail journalier colossal d'un héros professionnel gérant une agence, il n'avait eu aucune chance de le croiser au détour d'un couloir. Et la cerise sur le gâteau fut qu'il avait dû se taper Miyamae et ses geignements inquiets toute la journée. Et « Katsuki comment tu te sens ? » par ci et « Katsuki tu veux que je t'aide ? » par là et des « Katsuki, doucement sur tes jambes. » qui lui sortaient par le nez. Heureusement qu'il ne les avait pas suivi jusqu'à la gare, sinon il l'aurait buté. Il était bien content de le quitter celui-là. Il lui avait même proposé de l'aider à s'habiller mais s'était vite ravisé, ce gars était peut être con mais son instinct était encore intact et celui-ci lui avait bien fait comprendre qu'il fallait fuir face au regard que lui avait lancé Katsuki.

C'est vrai qu'il était assez débraillé aujourd'hui, cravate défaite, chemise mal boutonnée et pantalon abaissé sur ses hanches, ce que lui fit remarquer Jeanist avec un regard appuyé dès qu'il rentra dans la voiture. Le plus jeune ne fit que grogner en réponse, ignorant le blond, son regard se perdant sur la route. Il avait encore du temps. Il n'avait pas encore attrapé ce pompon qui le narguait sur la hanche droite de son maître de stage mais il n'était pas encore parti, il avait le temps. Il ne devait pas se précipiter, comme il l'avait fait cette semaine, et, surtout, il ne devait rien laisser paraitre. Pas comme lors de son échec cuisant d'il y a deux jours.

Rien qu'en y repensant, Katsuki sentit sa colère monter face à cette humiliation et il serra des poings pour ne pas la laisser exploser. Il était bien moins à fleur de peau qu'à son arrivée, changer d'air lui avait fait du bien, mais sa rage était toujours là, tapie dans l'ombre à n'attendre qu'un instant d'inattention pour surgir. Il ne l'avait pas domptée, il le savait, c'est juste qu'en étant loin de sa mère, d'All Might, de Deku, de sa vie tout simplement, il avait moins de raison de s'énerver.

Mais ça allait revenir, il le savait, et c'est pourquoi il devait lui voler ce pompon. Le trajet du retour fut plus rapide que celui de l'allé et le duo fut vite arrivé en gare. Jeanist ne lui laissa pas tirer sa valise, le plus jeune devant ménager ses jambes, d'après lui. Il ne le croyait pas capable de tirer sa propre valise ou quoi ?! Katsuki grogna, sa fierté en prenant un coup, mais n'insista pas, sachant que l'autre aurait le dernier mot. Ils finirent par atteindre les quais.

L'adulte lui fit face et reboutonna proprement sa chemise, attirant l'adolescent vers lui, ne résistant plus à son côté maniaque, tout en lui donnant quelques conseils pour ses jambes.

« Lorsque tu arriveras chez toi, prends un bain chaud, pour tes jambes. Masse les régulièrement, avec de l'huile si tu en as, et ne les utilise plus pendant au moins deux jours, si tu veux bien récupérer. N'oublie pas de les étirer aussi et d'y appliquer un baume de tigre. »

Katsuki hocha de la tête, lui signifiant qu'il l'écoutait, qu'il était concentré, tandis que les mains de l'adulte s'affairaient désormais à nouer proprement sa cravate. Il remonta lui-même son pantalon, son regard vissé dans le sien. Sa fierté ne survivrait pas si Jeanist le reculotterait et puis…

Une fois, bien habillé, Jeanist le relâcha. Son train venait d'entrer en gare. Celui-ci hocha une dernière fois de la tête, en guise d'au revoir, une lueur presque… déçu dans le fond du regard. Avec son sourire de requin, Katsuki lui tourna le dos, trainant sa valise derrière lui.

« A la prochaine ! lui lança-t-il, sa voix débordant de fierté, tandis qu'il lui faisait un signe de la main, le pompon bleu électrique se balançant au bout de son majeur. »

Il l'avait attrapé. Il avait gagné.

À suivre

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