Bonjour, bonsoir ! Comme promis, me voici avec le chapitre 3 un peu en retard. Merci beaucoup pour vos reviews, vos favoris et vos follows, ils me font hyper, hyper, plaisirs et m'ont motivé à boucler cette histoire :D En effet, je vous annonce que le chapitre 4 est bouclé également donc cette histoire se finira mercredi prochain ;)

Attention, ce chapitre est la version corrigé de mon premier jet. Il est fort probable que je revienne éditer ce chapitre avec le jet final donc si vous voyez une update sauvage apparaître, c'est pour ça (et je vous invite à relire ce chapitre avec plaisirs xD).

Aujourd'hui, on atteint le summum du croustillant et je me suis juste éclatée et amusée comme jamais à écrire la partie sur le permis provisoire? C'est de loin le chapitre que j'ai préféré écrire, j'espère que vous l'apprécierez :D

Merci à AhriallSann et Petit Pigeon pour leur boulot de bêta et qui m'ont soutenu tout au long du projet ! Sans elles, il ne serait peut être même pas sorti xD

Enjoy et à mercredi prochain ;)

Warning : relation homosexuelle explicite entre homme mineur et majeur. BDSM.


.

Chapitre 3 : Fil à la patte

Jeanist était là, avec lui, dans leur chambre d'hôtel habituelle. Ils étaient entrés comme d'habitude, à l'abri des regards derrière leurs vitres teintées. Il faisait plutôt beau, dehors, pour une fin septembre. La température était clémente et des restes de vêtements d'été comme des hauts légers ou de longues jupes subsistaient. Katsuki les avait observés derrière sa fenêtre. L'adulte avait discuté, comme si de rien n'était. De leur dernière séance, de lui qui se maîtrisait de mieux en mieux. Katsuki avait suivi, agrémentant la conversation, dissimulé derrière ses œillères bien délimités.

« Oui, il allait bien. », « Non, sa mère s'était calmé depuis quelques mois. », « Oui il était poli avec elle et les autres. », « Oui, leurs séances commençaient à porter leurs fruits. » «Non il n'embêtait plus ce nerd de Deku, il l'ignorait totalement. », « Non, personne n'était venu l'emmerder depuis le camp d'été. », « Non, il ne voulait pas de corde, cette fois-ci, celles de la fois dernière avaient laissé des marques. », « Non, cette bande de connard de vilains ne l'avait pas traumatisé. », « Non il ne se scarifiait plus. », « Oui il arrivait à gérer sa colère autrement. », « Par la boxe, comme ça il pouvait péter la tronche d'un con ou deux en même temps. », « Non il ne les mettait pas K.O…. enfin, quand ils déclaraient forfait assez tôt. ».

Depuis son kidnapping, ils l'avaient tous laissé tranquille. Tous sauf sa mère : elle l'avait bien engueulé pour avoir causé tant de soucis aux héros pros, ainsi qu'à elle et son père. Ils s'étaient fait « un sang d'encre » d'après ses dires, lorsqu'elle avait appris son kidnapping. Ses mots résonnaient encore dans son esprit : « Ne refais plus jamais ça ! » Son père avait préféré ne pas intervenir et heureusement pour lui, sinon il s'en serait pris une lui aussi. Le câlin qui avait suivi avait été très gênant mais Katsuki n'avait pas protesté, il en avait besoin. Enfin, depuis, elle l'avait laissé tranquille et pourtant Katsuki était tendu. Il savait pourquoi mais il devait l'endurer.

Tout ce merdier était arrivé à cause de lui alors il devait l'assumer et se la fermer. Alors, pour se changer les idées, il lui avait aussi posé des questions :

« Ça va, ta rééducation, tu gères ? », « Miyamae te fait pas trop chier ? J'peux le faire flipper, si tu veux. », « Comment tu fais pour garder ta coiffure intacte sans une tonne de gel ? » « T'as pris du lubrifiant chauffant, cette fois ? J'ai entendu dire que c'était cool. » « Et ta retraite, tu t'ennuies pas trop ? » « Tu vas pas me refaire le coup de la combinaison léopards et des pauses pornos, hein ? »*

Jeanist le rassurait et répondait à chacune de ses questions comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps, même pour les questions les plus importantes aux yeux de Katsuki. Cependant, le garçon était bon acteur, d'autant plus depuis ses séances avec Jeanist : il ne laissait rien transparaitre face à l'adulte. Il devait la fermer et endurer. C'était sa faute.

Ouais, depuis peu, ils se tutoyaient. C'était arrivé naturellement, Katsuki ne savait même plus quand. Et oui, depuis peu, Jeanist l'enculait, aussi, mais ce n'était que des doigts alors ça allait. Ce n'était pas encore trop pédé. Il ne savait plus non plus quand ou comment c'était arrivé. C'était juste arrivé, c'est ce qui comptait.

En haut, Jeanist lui avait demandé de se doucher avec de l'eau bien chaude. C'était inhabituel, la douche, normalement, c'était après mais Katsuki avait obéi. Et là, il se retrouvait dans ce lit, allongé, les yeux bandés.

Jeanist n'avait pas voulu lui dire ce qu'il allait lui faire ce soir « pour garder la surprise » avait-il dit. Il lui avait juste déclaré qu'il allait l'aider à se détendre. Cependant, ça n'avait pas énervé Katsuki. Il s'était montré, tout au plus, à peine intrigué. Jeanist avait hoché la tête d'approbation devant la retenue du garçon. Ça réchauffa légèrement son cœur et chatouilla son orgueil, même si ses pensées étaient préoccupées ailleurs. Il était fier de le rendre fier, c'était bien sa seule récompense, la seule chose qui apaisait un peu sa faute qui le rongeait.

Son souffle chaud s'échappait de ses lèvres entre-ouvertes alors Jeanist le faisait patienter. Il faisait toujours ça, il n'avait pas changé depuis leur première fois. Ça n'eut pas l'effet escompté, Katsuki ne se crispait pas de colère. Non, il était bien trop englué dans sa culpabilité pour y songer. De toute manière, ça faisait belle lurette qu'il ne se laissait plus avoir aussi facilement. Désormais, il était patient.

Jeanist avait mis le chauffage à fond, l'exercice allait le refroidir, visiblement.

« Lève le bras. », l'entendit-il souffler.

Katsuki obéit.

« Serre le poing. »

Son poing se crispa, aussi fort qu'il le put.

« Relâche. »

Et tout son corps se détendit d'un coup. Jeanist lui refit faire plusieurs fois l'exercice. Les mains, le bras le long du corps, une jambe levée, respirer profondément, expirer lentement. L'adulte continua jusqu'à ce que l'adolescent soit totalement décontracté.

Un bruit étrange lui parvint, comme si Jeanist fredonnait dans un mégaphone. Ses yeux, derrière ses paupières closes et le bandeau, suivirent le mouvement. L'autre le faisait rentrer dans un état de transe et son corps se refroidissait. Il était en phase de demi-sommeil.

Les mains chaudes et huilées de Jeanist vinrent effleurer sa peau rendue sensible par l'exercice de sophrologie et attentive à la moindre stimulation. Le contact de l'huile le fit frissonner. L'adulte faisait courir le bout de ses doigts sur ses pectoraux et chatouillait ses tétons du bout des ongles. Progressivement, il se mit à les lui masser plus franchement, arrachant un grognement satisfait à l'adolescent. Ça avait toujours était une zone sensible, chez lui et, à force de travail et de stimulation de la part de Jeanist, son torse était devenu une zone érogène.

Katsuki sentait son sang commencer à battre et affluer au niveau de son bas-ventre. Pourtant, il était encore loin dans son esprit. Son corps réagissait, grognait et s'échauffait mais lui, il n'était plus là. Il ressentait tout, comprenait tout, mais c'était comme s'il était plongé dans de l'eau, comme si tout était atténué.

C'est comme s'il flottait dans ses pensées et s'y perdait. Il avait l'impression de tanguer, d'y tomber et elles l'attaquaient, tout en douceur. Katsuki n'était pas con, il avait bien remarqué que depuis l'été, depuis la retraite de Jeanist, l'adulte avait espacé leurs séances. Il le voyait bien boiter légèrement et avoir du mal à coordonner ses mouvements. Il avait les yeux en face des trous et avait bien remarqué, la dernière fois qu'il était passé à l'agence, que Miyamae avait beaucoup plus de travail et que Jeanist ne sortait plus de son bureau.

Sa retraite anticipée n'était certainement pas volontaire, comme le blond l'avait dit aux médias. Il ne fallait pas le prendre pour un débile. All Might avait même failli crever et maintenant… il n'était plus là. Il n'arrivait pas à apaiser ses pensées mais il les subissait sans broncher. Tout ça, c'était à cause de lui, à cause de sa stupidité, à cause de sa faiblesse. A cause de tout ce qu'il était. Cette nuit-là, il avait saboté la vie de deux héros et celle des habitants du Japon tout entier. Il les avait entraînés dans sa chute.

Une bille à picot froide lui arracha un râle surpris. Jeanist la faisait rouler sur les chaires tendres de ses cuisses, à la jonction entre la fesse et la cuisse. Il gigota légèrement devant cette sensation nouvelle et Jeanist le laissa faire avant de continuer son exploration. Ses mains descendirent sur l'avant de ses cuisses, sur ses mollets, sur ses chevilles puis massèrent la plantes de ses pieds. Il lui arracha un geignement, cette fois, un geignement de plaisir. C'était trop agréable. Tout début de tension externe quitta son corps.

« Cet exercice a pour objectif de te détendre. »

Katsuki était loin, très loin de ses paroles, elles l'effleuraient à peine. Oui, c'était à cause de lui. S'il avait fini le test de courage plus tôt, s'il avait était meilleur, s'il n'avait pas fermé sa gueule et qu'il s'était imposé pour être devant, dans leur champ de vision, plutôt qu'au milieu ou à l'arrière, s'il les avait forcés à couper par la forêt, s'il avait pété la gueule du vilain lorsqu'il était sorti de la bille et qu'il avait fui, s'il leur avait tous pété la gueule, dans leur bar, et s'était échappé. S'il n'avait fait rien qu'une de ces choses et s'était montré intelligent, s'il n'avait pas eu l'attitude d'une putain de victime, d'un lâche, rien de tout ça ne serait arrivé. Jeanist ne serait pas handicapé et à la retraite, All Might serait toujours numéro un et les vilains n'auraient pas gagné du terrain.

« Tu vas bientôt passer ton permis provisoire, il faut que tu y arrives détendu et concentré, tu comprends ? L'état d'esprit est très important lorsque que tu as un but en tête. »

C'est pour ça qu'il l'aidait à se détendre, ce soir. Ses mains étaient remontées et ses doigts lui caressaient l'entre-jambe. Il frottait son gland puis partait masser ses bourses, la peau sensible entre celles-ci et son anus, puis, enfin ses doigts chauds et huilés poussèrent contre lui et le massèrent, lui arrachant petits grondements et geignements de plaisirs.

Il finit par passer sa barrière qui s'ouvrit rapidement. Ce n'était jamais très agréable au début mais, puisque Jeanist y allait lentement, que Katsuki était détendu et qu'il avait été entraîné, ça ne faisait plus mal. Un simple tiraillement qu'il pouvait facilement occulter. Ses doigts ne mirent pas longtemps à trouver le petit renflement rugueux de peau qui dissimulait sa prostate. Il la taquina gentiment, presque tendrement, avant de la masser plus franchement. La première fois que Jeanist l'avait touché, ça lui avait donné envie de pisser. Maintenant, ça commençait à devenir agréable. Un peu. Pas beaucoup. Pas comme chez les pédés.

Doucement, le souffle chaud de l'adolescent s'intensifia puis se transforma en halètement indiscipliné. Un petit feu de bois s'allumait dans son bas ventre et, putain, qu'est-ce que c'était bon. C'était pas l'extase mais Katsuki aimait ça. Surtout quand l'autre main de Jeanist faisait rouler ses bourses, exactement comme maintenant.

En plus, c'était une bonne distraction. Ça lui permettait d'appuyer sur pause, même un cours instant, et de mettre de côté ses idées noires. Il n'en avait parlé à personne, même pas à Jeanist. Sa mère, il n'y avait même pas pensé, il ne voulait pas voir le reflet du déchet qu'il était devenu dans le fond de son regard. Ça aurait été trop. Katsuki se connaissait et, même avec les exercices de Jeanist, il aurait buté quelqu'un ou se serait buté lui-même et ça, c'était hors de question. Il ne voulait pas s'enfoncer plus qu'il ne l'était déjà dans ce merdier.

Concernant Jeanist, il ne lui avait rien dit car il ne voulait pas voir sa fierté s'éteindre dans son regard. Ça… ça lui aurait fait trop mal. Ce gars, c'était sa bouée de secours et, sans lui, il se noierait indubitablement. C'était égoïste de vouloir le garder auprès de lui après ce qu'il lui avait fait subir, Katsuki le savait, mais il se la fermait. Il voulait être égoïste, autrement, il n'y survivrait pas.

Aux autres, il n'avait rien dit non plus, il n'en voyait pas l'intérêt. Ils se seraient soit inquiétés pour rien comme Kirishima et son père, soit c'était des cons trop curieux et Katsuki ne voulait pas de fouine chez lui.

« UA est souvent visé en premier, s'il y a des combats d'arène, fais-y attention. Tu as du potentiel, je n'accepterai aucun échec de ta part. Montre leur que tu sais maîtriser tes humeurs. »

L'adulte lui donnait ses derniers conseils alors qu'il avait deux de ses doigts profondément enfoncés dans son cul et lui massait la prostate. Il n'aurait pas pu choisir un meilleur timing, vraiment, c'était merveilleux.

Ça arrivait, ça montait, Katsuki le sentait, c'était pour bientôt. Il se recroquevilla pour plus de contact, écarta un peu plus les cuisses mais Jeanist ne laissa pas l'occasion à l'orgasme de le faucher. Il s'arrêta avant.

« Je vais t'épuiser un peu, avant, pour que tu sois parfaitement détendu le jour de ton examen. », l'avertit le blond avec une pointe d'amusement sadique dans le fond de sa voix.

Katsuki grogna de frustration mais se laissa faire et Jeanist reprit son manège. Si ça pouvait l'aider à penser à autre chose, l'adolescent n'allait pas dire non, même si la distraction s'apparentait à une douce torture.

Katsuki ne s'y était pas attendu mais dès qu'il put enfin éjaculer en paix en fin de séance, ses larmes suivirent. Elles s'étaient mises à couler toutes seules et trempaient le bandeau qui lui couvrait les yeux, ces sales traitresses. Un nœud suivit rapidement et vint bloquer sa gorge. Son corps détendu commençait à se crisper.

L'adolescent pleurait de rage. Son corps essayait d'expulser son trop plein d'émotions nocives comme il le pouvait. Pourtant, il ne bougeait pas. Si ça se trouve, Jeanist n'avait pas remarqué son corps tendu, les sanglots de rage qu'il retenait, sa mâchoire crispée ou son bandeau trempé. Ouais c'était pas beau de mentir mais Katsuki vivait dans le déni.

Sauf que la lumière tamisée de la pièce qui agressa sa rétine et ses larmes qui, au contact de l'air, rafraichirent ses joues, alors que l'adulte lui retirait son bandeau, lui disaient tout le contraire. Jeanist l'avait remarqué et Jeanist attendait.

Katsuki détourna le regard alors qu'il se redressait pour s'assoir dans le lit.

« Qu'est-ce qui te tracasse ? », lui demanda Jeanist.

Il avait l'air mortellement sérieux. Katsuki s'essuya les yeux d'un geste de bras.

« Rien. J'ai fait une connerie et… et c'est compliqué. », grogna Katsuki.

L'adulte ne le poussa pas plus loin et réfléchissait déjà à un conseil. C'est ce qu'appréciait beaucoup l'adolescent chez lui : il ne le forçait jamais à parler s'il ne voulait pas. Il se souciait de lui sans être intrusif. Alors qu'il s'était levé pour nettoyer le lubrifiant qui coulait entre ses cuisses avec une serviette, l'autre lui répondit :

« Essaye de discuter avec la personne à qui tu as causé du tord. Demande pardon et vois ce que tu peux faire. »

La bonne blague, comment il allait faire pour parler à tous les habitants du Japon, lui ? Il hocha néanmoins la tête avant de partir sous la douche alors que l'adulte rangeait un peu la chambre.

L'eau chaude qui coulait sur son corps et courait entre ses muscles ainsi que les paroles de Jeanist l'aidèrent à voir plus clair, malgré cette culpabilité et cette colère qui lui rongeait les entrailles. Il allait devoir demander pardon et obéir pour avancer. S'excuser, faire pénitence, faire table rase du passé et recommencer sur de bonnes bases. C'était plutôt logique comme raisonnement, certains agriculteurs brûlaient leur terre lorsqu'elles étaient trop peu fertiles et, généralement, ça repoussait mieux derrière. Le souci, c'était de trouver comment se faire pardonner.

Alors qu'il se séchait et commençait à se rhabiller, le petit pompon bleu électrique qu'il avait arraché à Jeanist et qui lui avait permis d'accéder à son enseignement, à leurs exercices, attira son regard. Il était là, posé sur sa pile de vêtements impeccablement pliés, à l'image maniaque de son premier propriétaire. Cette pensée arracha un rictus amusé à l'adolescent. Cependant, le regard songeur de Katsuki pétilla puis s'assombrit d'un voile amer. Il avait trouvé comment se faire pardonner.

Il ne l'avait pas quitté depuis qu'il l'avait gagné. Aujourd'hui, il allait devoir s'en séparer. Il allait devoir dire adieu à Jeanist et avancer, même si ça lui crevait le cœur et qu'il crispait sa mâchoire à l'idée. Il n'avait pas envie mais il le fallait. C'est ce qu'avait sous-entendu le blond, Katsuki en était persuadé. C'est à cause de lui que Jeanist avait pris sa retraite, c'était donc logique que Katsuki le quitte.

C'était sa dernière chance pour faire de lui un meilleur héros et il ne voulait pas la louper. « Parfois, il faut savoir faire des sacrifices, dans la vie. », lui avait un jour dit son père, alors qu'il était tout petit. Sa mère, devant son regard perdu, lui avait tapoté la tête et avait ajouté un « Tu comprendras quand tu seras grand, mon chéri. ». Katsuki était grand, désormais et il comprenait. Pour All Might, il ne savait pas encore quoi faire mais il allait régler un problème à la fois. C'était déjà bien.

Il sortit de la salle de bain, déterminé, la rage au ventre et le cœur en vrac. Jeanist l'attendait déjà, prêt à repartir.

« Tu veux passer chez moi, ce soir ? J'ai loué un petit appartement, pas loin d'ici. Je reste le week-end à Tokyo pour le boulot, on pourrait se faire une soirée plateau télé. »

Katsuki ferma les yeux, inspira profondément par la bouche et expira lentement par le nez pour se donner du courage, le pompon de Jeanist serré dans son poing. Il ne devait pas reculer, pas maintenant, il ne pouvait qu'avancer. Et, pour ça, il devait assumer.

Raide comme une planche, il tendit son bras, ouvrit son poing et regarda l'adulte dans les yeux, son regard brûlant d'un mélange de détermination, de colère et d'amertume. Le pompon bleu électrique et à l'air si doux avec son duvet bien fourni, pendait à ses doigts.

« Je te l'rends, tu peux plus m'garder après ce que j'ai fait. »

Katsuki eut du mal à soutenir le regard de l'adulte, un relent de culpabilité secouait son estomac mais il s'obstina à ne pas baisser les yeux. Il devait porter ses couilles et agir comme un homme et un homme ça ne fuit pas la queue entre les jambes. Ça assume ses conneries et en assume les conséquences.

« T'as dit qu'il fallait que je me fasse pardonner pour tout ce merdier donc j'me casse. », ajouta-t-il pour que ce soit plus clair pour l'adulte.

L'autre haussa un sourcil et le regarda comme une énigme complexe à résoudre. Ça frustra d'autant plus Katsuki mais il prit sur lui. Il devait endurer ce regard perçant et scrutateur qui le mettait tant mal à l'aise et fermer sa gueule, c'était la moindre des choses après ce qu'il avait fait. C'était sa punition.

Jeanist, aussi vif qu'un serpent, lui saisit le menton, ses longs doigts fins s'imprimant dans la chair de sa mâchoire. Il lui releva le visage et se rapprocha de lui, se pencha vers lui, le dominant complètement. Katsuki plissa des yeux, serra des dents mais endura sans rien dire. Sans même se dégager ou manifester son inconfort.

Ils étaient si proches l'un de l'autre que leurs souffles chauds se confondaient. Katsuki avait presque l'impression que s'il ouvrait la bouche, là, maintenant, il pourrait gouter l'haleine mentholée du blond.

« Il n'y a rien à pardonner, Katsuki. Ça aurait pu tomber sur n'importe qui et que tu sois un apprenti héros ne change rien. Même si leur otage avait été le dernier des super-héros, même s'il avait été All Might ou même le premier inconnu venu, nous serions allés le sauver. Nous ne laissons jamais tomber l'un des nôtres, Katsuki. »

« Tu ne comprends pas… », râla Katsuki dans un souffle, ses sourcils se fronçant, son visage se crispant un peu plus.

Il luttait contre sa colère, sa peine, sa honte, son envie de disparaitre, son envie de ne plus le lâcher, son envie de le supplier de ne pas s'en aller, de ne pas l'abandonner. Il luttait les dents serrées et son cœur tant bien que mal fermé. Pour ne pas craquer.

« Qu'est ce que je ne comprends pas ? Explique-moi. »

« Ils ont fait ça à cause de moi ! Grâce à moi ! Ils ont cru que j'allais les rejoindre, tout ça rien que par l'image que je renvoie ! Si j'étais moins faible, j'étais plus fort, si je savais me gérer, ce ne serait jamais arrivé. Tout ça, c'est de ma faute. C'est moi qui aie provoqué tout ça ! »

Ça y est, Katsuki craquait. Sa voix colérique et rauque se brisait, ses larmes de rage recommençaient à couler, ses poings se crispaient et son corps tremblait de frustration. Il explosait. Jeanist le désamorça d'un baiser. A peine une légère pression, lèvres contre lèvres, et une langue qui vient taquiner l'entrée de sa bouche avant de la quitter. Tout son être se figea, se mit en veille. Il ne l'avait jamais embrassé, avant. Katsuki était hébété. La technique de Jeanist pour le calmer avait parfaitement fonctionné, même si l'effet de surprise avait énormément compté.

« Eh bien, justement, nous travaillons sur ton image, non ? Il nous faut juste un peu de temps. », lui dit-il sur un ton calme et posé comme pour ne pas briser l'instant de silence qui s'était imposé.

Et Jeanist relâcha un Katsuki toujours hébété, avant de lui répéter, plus clairement, tout en refermant le poing de l'adolescent sur le pompon :

« Tu me le rendras lorsque tu seras le numéro un, Katsuki. »

C'était son objectif pour être complètement pardonné, c'est ce que compris le garçon. Une flamme nouvelle alluma son regard et un déclic s'opéra dans l'esprit du garçon alors que Jeanist le dépassait pour enfiler son manteau. Il serra la petite boule bleue entre ses doigts, l'observant alors qu'un début de sourire déterminé étirait ses traits. Ouais, il ne pouvait pas gagner sans Jeanist. Il lui devait bien ça, après tout ce qu'il avait fait pour lui, et tout ce qu'il faisait encore.

Il ne fallait pas qu'il se laisse miner par ces vilains de merde et la conséquence de leur attaque et tant pis pour All Might ! Il le remplacerait, il arracherait la place de numéro un à son successeur et il le surpasserait. Ouais, il allait tout faire péter. Il n'empêche qu'il allait devoir s'excuser proprement auprès de lui pour sa bêtise. Jeanist et ses parents l'avaient bien éduqué, après tout. Il allait s'excuser et assumer la punition qu'il recevrait, comme le lui avait dit Jeanist.

La voix de l'adulte le tira de ses pensées :

« Et donc, ce plateau télé ? Tenté ? »

.

All Might corrigeait quelques devoirs de ses élèves, assis derrière son bureau. Le jeune Bakugō lui avait demandé, après la fin de son cours, s'il pouvait le rejoindre en salle des professeurs dans l'après-midi, alors il l'attendait. Il avait bien remarqué les efforts considérables du garçon dans sa maitrise de soi, depuis son stage dans l'agence de Best Jeanist, notamment lors des exercices physiques. Il était plus réfléchi, moins prompt à se laisser dominer par ses émotions et beaucoup plus stratège.

All Might était heureux et fier de voir ses élèves évoluer, en particulier le jeune Bakugō. C'était un bon élément et l'adulte était persuadé qu'il ferait un bon super-héros, plus tard. C'est pourquoi il s'était attardé discrètement sur lui depuis l'incident de Kamino. Il voulait s'assurer que le jeune ait tenu le choc.

C'est pour cette raison qu'il avait tenu à être présent pour annoncer aux parents du blond la construction du nouvel internat de UA. Lorsque le jeune Bakugō était monté dans sa chambre, l'adulte en avait profité pour suggérer à ses parents de prendre quelques rendez-vous avec un psychologue pour leur enfant. Ce que le jeune blond avait vécu était très traumatisant et certains traumatismes pouvaient ne pas se voir à l'œil nu. De plus, parler à un professionnel du domaine ne pouvait faire que du bien.

D'autant plus qu'avec la couverture sociale que fournissait le lycée à ses élèves, les séances auraient été quasiment gratuites. All Might était même prêt à faire jouer ses contacts pour permettre à Katsuki de bénéficier des meilleurs psychologues et psychiatres du pays. C'était le moins qu'il pouvait faire pour excuser la faute du corps professoral lors de leur camp d'été.

Cependant, le regard que lui avaient lancé les parents du jeune Bakugō lui avait fait froid dans le dos. Il se souvenait encore des paroles de la mère.

« Vous sous-entendez que Katsuki n'est pas assez fort pour s'en sortir tout seul ? Il n'a pas besoin d'être envoyé chez les fous, nous savons comment gérer notre fils. »

Et le père s'était excusé pour le comportement de leur fils et le fait qu'il leur ait causé tant de soucis, en plus des excuses faites par sa femme un peu plus tôt en présence de l'adolescent.

« Nous allons en discuter avec lui, ne vous inquiétez pas. », avait promis le père en temporisant sa femme.

Il aurait préféré que le jeune Bakugō fasse ces séances chez le psychologue. Il voyait bien qu'il avait du mal à s'exprimer « pacifiquement » et qu'il faisait des efforts dernièrement. Cependant, depuis l'incident de Kamino, il avait aussi remarqué que le garçon s'était renfermé et ces séances auraient pu lui faire du bien, elles auraient pu lui permettre de continuer à s'améliorer de manière saine. Mais il ne pouvait rien faire, il ne pouvait pas s'imposer. En tant que professeur, il n'avait pas le droit de juger l'éducation que donnaient des parents à leur enfant, il n'avait qu'un rôle consultatif. Et il ne pouvait pas outrepasser son rôle. S'ils ne voulaient pas que leur fils aille voir un psychologue, All Might ne pouvait pas les forcer.

Toutefois, si le jeune Bakugō souhaitait parler de cet incident, ses parents ne pouvait pas l'en empêcher et qu'il lui demande une entrevue en fin de journée rassurait All Might. L'adulte allait pouvoir le conseiller et l'orienter vers des organismes appropriés.

Toshinori continuait donc de corriger ses copies en attendant le garçon. La salle des professeurs était vide à l'exception de lui-même et de Kan Sekijirō (Vlad King) qui terminait de remplir quelques papiers. Le professeur principal de la classe 1-B n'aimait pas ramener trop de boulot chez lui, c'est pour ça qu'il finissait souvent très tard, lui avait-il dit un jour alors qu'ils déjeunaient ensemble.

Le jeune Bakugō finit par arriver alors que le soleil commençait à se coucher. Son collègue venait de partir, le garçon l'avait sûrement croisé dans le couloir. All Might l'accueillit avec le sourire et se leva, prêt à l'écouter.

Alors qu'il allait ouvrir la bouche, le saluer, lui proposer de s'assoir, commencer à discuter, à l'écouter, le jeune Bakugō le surprit. All Might s'était attendu à tout, vraiment tout, mais pas à ça lorsque le garçon lui avait demandé cette entrevue.

Katsuki avait l'air d'être très sérieux et son expression était déterminée. Il s'était mis face à All Might puis s'était agenouillé, face contre sol, dans la position ultime d'excuse : le dogeza.

« Je suis sincèrement désolé. »

C'est tout ce que le blond lui dit et il semblait ne pas vouloir changer de position. L'adulte ne savait plus où se mettre, il était au summum de la gêne. Il s'agenouilla aussitôt à côté de Bakugō pour le redresser, au moins le buste.

All Might posa ses mains sur les épaules du jeune Bakugō pour le sortir de son inclinaison mais le plus jeune s'était tendu. Il refusait de bouger.

« Pourquoi t'excuses-tu ? » lui demanda All Might, essayant au mieux de dissimuler son ton paniqué.

Il imaginait mille et une théories plausibles sur le pourquoi du comment l'adolescent s'excusait d'une manière si formelle. Avait-il écrasé le proviseur Nezu sans le faire exprès ? Avait-il détruit un bâtiment à cause d'un internement incontrôlé ? Ses élèves étaient-ils en danger ?

L'adolescent répéta, les mâchoires crispées :

« Je vous demande pardon, je suis désolé que vous ayez dû prendre votre retraite à cause de moi. »

Ça lui fit l'effet d'une douche froide et tua dans l'œuf son début de panique. Sa poigne se fit plus ferme sur l'épaule du jeune Bakugō et, cette fois, l'adolescent n'eut d'autre choix que de se redresser en position assise.

« Pourquoi t'excuses-tu ? » demanda une nouvelle fois All Might, sa voix étant mortellement sérieuse.

Le garçon détourna le regard, comme si ça lui coutait d'avouer pourquoi il faisait ça. Cependant, devant le regard de l'adulte et le silence gênant qui commençait à s'installer, All Might étant visiblement déterminé à lui faire cracher le morceau, il finit par parler :

« Je… travaille avec quelqu'un pour gérer ma colère et tout ce truc et il m'a conseillé de m'excuser. »

All Might haussa un sourcil, attendant que le garçon continue. Qui était l'abruti fini qui mettait sur le dos d'un adolescent la retraite de l'ex numéro un ? Devant son regard inquisiteur, Katsuki continua en grommelant, bien qu'il ne le souhaitait pas :

« C'est Jeanist, c'est lui qui m'aide à gérer mon image depuis mon stage chez lui.

C'est lui qui t'as dit de t'excuser pour l'incident de Kamino ?, lui demanda-t-il avec une voix étonnée. »

All Might n'arrivait pas à y croire. Un super-héros rejetait une faute inexistante qui pouvait ronger de l'intérieur un adulte sur un enfant ?

« Non, pas vraiment… Il m'a dit de m'excuser si j'avais fait une connerie pour aller mieux. Une histoire de poids mental, un truc de ce genre.

Mais il n'y a rien à pardonner. »

La réponse était sortie toute seule, il n'avait même pas eu à réfléchir tant c'était évident. Pourtant le jeune Bagukō n'était pas convaincu. Il n'avait pas raté le bruit de bouche désapprobateur à peine contenue et le plissement d'yeux du blond.

Toujours au sol, ses mains toujours posées sur les épaules du garçon, en guise de soutien, il le regarda droit dans les yeux.

« Jeune Bakugō, l'objectif d'un héros est la protection, que ce soit celle d'un civil ou d'un collègue. C'est mon travail, je suis payé pour ça, et j'en ai accepté les risques dès que j'ai su que je voulais en faire mon métier. »

Sa voix avait été ferme, comme lorsqu'il donnait cours à ses élèves, mais sa poigne s'était adoucie. Il voulait rassurer le garçon qui semblait englué dans les remords.

« Mais c'est de ma faute si… »

All Might le coupa, il ne voulait pas que le petit s'enfonce dans ses idées noires et infondées :

« Ce n'est pas de ta faute si cette bande de vilain n'a pas su voir plus loin que le bout de leur nez et ont cru que tu rejoindrais leur rang. Tu feras un bon héros et ceux qui en doutent sont des imbéciles. Au contraire, ils ont bien fait de tomber sur toi, nous étions convaincu que tu ne lâcherais rien, que tu ne ferais que gagner du temps, ce que tu as réussi à faire avec brio. »

Après un instant de pause, histoire que ses phrases s'imprègnent bien dans l'esprit du jeune Bakugō, il ajouta, en conclusion :

« Rien n'est de ta faute. Les seuls à blâmer, dans cette histoire, sont ceux de l'organisation de Shigaraki. »

Il laissa également un temps de blanc pour que l'adolescent assimile bien ses paroles. L'adulte voulait s'assurer qu'il ait bien compris car il s'en voulait. Bien qu'il ait remarqué le renfermement récent du jeune Bakugō, il n'avait pas une seule seconde pensé qu'il se blâmait pour sa retraite, qu'il s'infligeait un si lourd fardeau.

Cependant, le regard nouveau du blond cendré et le fait qu'il se mette en mouvement pour sortir de sa position agenouillée rassura All Might. Il crut même entendre un petit « D'accord. » à peine audible soufflé par l'adolescent. Le jeune Bakugō avait compris. Il suivit le mouvement du garçon pour se relever et lui sourit. Il le suivit jusqu'à la porte de la salle des professeurs et, voulant prolonger ce moment serein avec le garçon, il lui proposa de le raccompagner aux dortoirs :

« Je vais te raccompagner à ton dortoir, le permis provisoire est vendredi, tu dois te reposer. »

Le garçon hocha la tête et le suivit. Ils firent le chemin côte à côte et All Might fit la conversation, histoire de définitivement tourner la page quant à l'incident de Kamino. Il apprit que Jeanist allait venir voir le blond vendredi, lors du passage du permis provisoire, pour l'encourager. Il avait posé un congé, d'après lui. Que ses parents étaient déçus de ne pas pouvoir venir, l'examen n'étant pas ouvert aux civils. Qu'il allait rentrer, ce soir là, car sa mère allait lui préparer son plat préféré, un curry bien épicé, car elle ne doutait pas une seule seconde qu'il allait éclater tous ses adversaires. Que son père prévoyait un petit week-end randonnée pour le week-end suivant l'examen du permis provisoire car il ne doutait pas qu'il allait avoir les meilleures notes. Qu'il allait devoir demander une dérogation vis-à-vis de l'internat pour ce week-end. Et, sans surprise, que Katsuki était déterminé à finir premier.

Le chemin jusqu'aux dortoirs passa en un éclair. Le jeune Bakugō était plus bavard qu'il ne paraissait, lorsqu'il était détendu. Ils se souhaitèrent une bonne soirée sur le perron du bâtiment, puis l'adolescent referma la porte derrière lui. Le soleil était sur le point de disparaitre dans l'horizon. Dès qu'All Might s'assura que l'adolescent était bien arrivé à destination, il sortit son téléphone.

To :Hakamata Tsunagu

From : Moi

Le jeune Bakugō m'a mis au courant que tu l'aides à gérer son image et ses émotions. Tu as pensé à lui faire voir un psychologue ? Ce garçon en a besoin, au moins pour parler et être écouté.

22/09/2016

La réponse ne fit pas attendre, son téléphone vibra à peine quelques minutes après l'envoi de son message.

To :Moi

From : Hakamata Tsunagu

Je travaille dessus mais c'est encore trop tôt. Il va tout rejeter en bloque, si je le lui propose maintenant. Mais d'ici la fin de l'année scolaire, j'aimerai lui faire commencer une thérapie.

22/09/2016

.

Katsuki bouillonnait alors qu'il était adossé à l'un des murs de la salle d'attente du centre d'examen du permis provisoire. La première partie l'avait bien échauffé et désormais, il était prêt à casser des dents. Il était exalté, prêt au combat, son membre à demi-dur ne demandant qu'à s'éveiller complètement lors d'une bataille pleine de sang et d'adrénaline. Malheureusement, il n'avait pas pu se défouler correctement sur Nikuman. Il avait été transformé en boule de chairs au moment le plus marrant et Denki s'était amusé tout seul.

Enfin, ça l'avait quand même fait marrer intérieurement d'énerver ce gars de Shiketsu aux yeux en bouteille et, maintenant, il se foutait bien de sa gueule. Monsieur parfait de 1ère n'avait même pas pu battre de pauvres petits juniors faibles, inférieurs et grossiers. Katsuki ricana par le nez, ce type avait refait sa journée, il s'était si facilement laissé avoir (il s'était mis en rogne dès sa première remarque, baissant sa garde par la même occasion), et avait attisé son brasier intérieur. Non, il n'était pas en colère, il était déterminé à tout gagner. Ce brasier incandescent qui tordait son estomac était son carburant et Katsuki était plus que prêt à l'utiliser.

L'adolescent était remonté à bloque pour l'épreuve de sauvetage, un rictus impatient au coin des lèvres. Il réfléchissait déjà à sa stratégie, mettant à profit les dix minutes que les instructeurs leur avaient données. Toute sa classe était passée, il connaissait donc l'alter d'au moins 19 personnes sur 99. La grenouille, Yaoyorozu, Kōda et Shōji avaient de bons alter pour le sauvetage mais Tsuyu et Kōda seraient plus utiles dans les milieux aqueux, ils avaient des alters qui étaient adaptés à cette faune et cette flore. Surtout que le gars avait peur des insectes, non ? Katsuki ne voulait pas gérer des phobies idiotes. Leur déléguée allait surement être débordée en ville et, avec les débris des immeubles, elle serait la plus utile là bas. Lui, avec son alter explosif, il n'allait certainement pas aller en ville, il allait créer plus de dégâts qu'aider.

La pleine rocheuse était plus adaptée à son alter. Il y avait moins de débris et donc moins de risques d'effondrements s'il pétait une pierre ou deux pour libérer des civils. Shōji était le seul qui allait pouvoir lui être utile. Jirō aussi avait un alter intéressant pour le sauvetage, elle pouvait entendre les victimes coincées sous les bâtiments, comme Shōji, mais il n'allait pas s'encombrer de deux personnes pour un même rôle. En plus, les autres allaient avoir besoin d'elle en ville.

Ça faisait donc lui, Shōji, sûrement Kirishima qui allait le suivre, peut être Kaminari aussi. Quatre, c'était un groupe suffisant pour un sauvetage de petite envergure. Ils pouvaient se relayer, en envoyer deux ramener les victimes au centre de soin provisoire pendant que les deux autres continuait leurs recherches. Ouais, c'était un bon chiffre. Il avait lu ça dans un livre que ses parents lui avaient offert Noël dernier, Les 50 bases super-héroïques. Il avait relu les chapitres important la veille et ce matin, dans le bus.

Katsuki ferma les yeux alors qu'il fronçait les sourcils. Il y avait toujours un problème : il ne pouvait pas s'encombrer de planche de secouriste pour immobiliser les victimes qui s'étaient cassé quelque chose le temps du transport. C'était le béaba du secourisme, on ne déplace pas une victime si on n'a pas les compétences pour et, surtout, si elle s'est pété un truc, au risque d'aggraver sa blessure.

D'ailleurs… avait-il au moins des planches, outils et trousses de premier secours à disposition ? Katsuki ouvrit soudainement les yeux et se décolla du mur. Il fallait qu'il trouve au moins quelques petits trucs de premiers secours ou il allait être dans une merde profonde. Ils ne pouvaient pas les laisser se débrouiller sans rien et espérer qu'ils puissent faire leur travail correctement. Sans outils adaptés, au moins la moitié des victimes allait leur clamser dans les bras et ils n'allaient qu'aggraver leur état.

Son regard glissait dans la salle, à la recherche d'une table où était posé du matériel de premier secours mais non, rien, il n'y avait que de la bouffe.

« Oï, Kirishima, Kaminari, avec moi. »

Kirishima se retourna vers lui, un pain dans la bouche, et leva le pouce en l'air, un grand sourire sur le visage.

« Bien chure, Katchuki ! »

Denki, un peu plus loin à se lamenter d'il ne savait quoi, acquiesça également. Il observa autour de lui, à la recherche de Shōji mais il ne le voyait nulle part. Il fronça d'un sourcil et grogna :

« Il est où Shōji ? »

Kirishima, qui avait fini son pain, lui indiqua qu'il était aux toilettes, sans mettre des miettes partout, cette fois. Dès qu'il eut l'information, le blond se mit en mouvement pour aller coincer son camarade à la sortie des toilettes. Comme ça, l'autre n'aurait pas d'autre choix que de faire équipe avec lui. Katsuki savait se montrer très persuasif quand il le voulait.

Cependant, un petit groupe s'approcha de lui, le coupant dans son élan. C'était le reste des gars de Shiketsu. Katsuki fit claquer sa langue contre son palet, il n'avait pas de temps à perdre avec eux, le temps filait et il devait encore chopper Shōji.

Celui qui semblait être le chef de groupe, un gars qui ressemblait à un balai à chiotte, lui tendit la main.

« Tu dois être Bakugō-kun, c'est ça ? »

« Ouais et ? », répondit nonchalamment l'adolescent.

Lui aussi il voulait qu'il l'appelle senpai, peut être ?

« Est-ce que tu as croisé Shishikura ? Un garçon aux yeux plissés. »

« Nikuman, ouais, j'l'ai explosé. »

Katsuki ne retint pas du tout son rictus amusé. Ce type était vraiment trop drôle à s'énerver pour un rien et se croire supérieur pour que Katsuki daigne se retenir de se foutre de sa gueule devant ses camarades.

« C'est bien ce que je pensais. Je suis désolé pour son comportement, il a tendance à vouloir imposer ses principes à la majorité et, puisque tu es assez connu, il t'a foncé dessus. J'aimerai que nos lycées s'entendent bien, encore pardon. »**

Le gars avait toujours sa main tendue. Katsuki lança à peine un coup d'œil à sa main avant de la lui serrer. Il n'avait pas hésité longtemps, si leurs alters pouvaient lui être utiles lors de l'épreuve, il n'allait pas cracher dessus. Jeanist lui avait aussi conseillé de travailler en équipe avec des inconnus, s'il le pouvait, car il ne connaîtrait pas toujours les alters de ses coéquipiers, dans le monde professionnel. Et puis s'il pouvait faire chier Nikuman, il n'allait pas dire non.

Le balai à chiotte lui sourit alors qu'ils se serraient la main.

« Je suis Mora Nagamasa, enchanté. »

Katsuki apprit en discutant avec eux l'alter de chacun, enfin, sauf la fille qui était parti draguer ce nerd de Deku. Leurs alters étaient utiles tant dans le secourisme qu'en dehors.

« Et voici Noru Kei, il porte un masque à gaz car, lorsqu'il utilise son gaz, s'il n'est pas protéger, en plus de paralyser sa cible, il se paralyse lui-même. », lui présenta le balai à chiotte en désignant un autre gars avec un masque à gaz.

Le regard de Katsuki pétilla d'intérêt : la voilà sa planche de secours. Il lui fallait ce gars dans son équipe.

« Oï, toi, tu veux faire parti de mon équipe ? On s'occupera du secteur rocheux. »

Il n'obtint pas sa réponse, la sirène annonçant le début de l'épreuve avait retenti dans la salle. Cependant, le gars semblait le suivre, alors Katsuki ne perdit de temps, il s'élança à l'extérieur accompagné de Kirishima, Kaminari et Masque-à-gaz.

Comme il l'avait déduit, les autres s'agglutinaient en ville. Certains commençaient même à installer un camp médical provisoire. Logique, c'était le premier terrain sur lequel ils arrivaient et c'était là où était la majorité des civils. Katsuki, lui, ne perdit pas son temps. Avec son petit groupe, il fonça droit sur le terrain rocheux. Les blessés étaient peut être des acteurs, il savait qu'ils n'allaient pas mourir, mais il devait s'immerger dans la simulation, faire comme si. Et, puisque tout le monde était en ville, il devait se dépêcher d'arriver sur les terrains vides, des civils étaient peut être en danger là-bas.

Kirishima le tira de ses pensées en pointant du doigt un bout du terrain :

« Là-bas, regardez, des blessés ! »

Katsuki stoppa sa course et plissa des yeux. Il ne voyait rien à l'horizon. Kirishima n'avait pas une si bonne vision que ça, c'était bizarre. Il refit alors un tour de l'horizon et fit plus attention au creux et trou qu'avait créés l'effondrement. Ils avaient pris de la hauteur pour avoir un champ de vision d'ensemble et optimiser leur recherche. Cette fois-ci, il les vit. Deux petits points noirs qui semblaient bouger.

« Allons voir c'que c'est. », grogna-t-il en se remettant en marche.

Son équipe ne mit pas longtemps à arriver sur place et rien, même pas les piaillements de Kaminari, n'énervèrent Katsuki, ce qui relevait du miracle. Il faut dire aussi que Kirishima était trop concentré sur leur mission pour répondre convenablement au blond et Masque-à-gaz ne semblait pas être un grand parleur. Les débuts de conversation de Kaminari étaient donc tués dans l'œuf.

Katsuki ne s'en rendait pas compte mais il était également plus patient. Là où, avant, chacune de ses phrases ou tentatives de conversation lui auraient tapé sur le système et où il aurait fini soit par lui en mettre une, soit par lui gueuler de se la fermer, aujourd'hui, elles lui glissaient dessus. Elles étaient comme atténuées, ça ne l'agaçait plus comme avant. C'était comme un bruit de fond négligeable, voir même agréable parfois, comme les bruits de la nature lors de ses randonnées. De plus, il était inconsciemment attentif à ce que disait Denki, au cas où il repérerait un civil, là où, avant, il n'en aurait rien eu à foutre.

Sur place, ils trouvèrent deux civils, la quarantaine, à vue d'œil. Depuis leur perchoir, ils ne semblaient pas blessés, surtout qu'ils arrivaient à marcher seuls. En effet, ils étaient restés en hauteur pour repérer d'autres potentiels blessés. Dès que les civils les virent, ils parurent soulagés.

« Aidez-nous ! », commença l'homme.

« On a mal au bras. », continua la femme.

Katsuki fronça les sourcils. Quelque chose n'allait pas. Ils parlaient de manière cohérente, ils pouvaient marcher (ils marchaient déjà depuis un petit moment avant que son équipe ne les trouve) et, à première vue, ile ne transpiraient pas. Ils n'avaient pas l'air d'avoir de commotion cérébral ou de blessures graves alors pourquoi ils venaient les faire chier et leur faire perdre leur temps ?! Il était précieux, d'autre gens étaient peut être entrain de clamser et Katsuki étaient retenu ici par ce duo de péquenots !

« Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous. », les rassura Masque-à-gaz avant que Katsuki ne puisse parler.

« On va vous emmener en lieux sûr ! » ajoutèrent les deux autres.

Katsuki les stoppa de suite en plaçant un bras devant eux. Il ne fallait pas perdre leur temps avec ces gars.

« C'est quoi vos noms ? Vous avez vu d'autres gens ? », demanda-t-il un peu brusquement.

Le duo parut surpris mais répondit docilement. Le gars s'appelait Makoto et la femme Haru et ils n'avaient croisé personne. Okay, il n'y avait définitivement aucun signe de commotion.

« Votre bras, il fait mal comment ? Est-ce qu'il est cassé ? »

Devant la réponse négative du duo, Katsuki sut qu'il allait prendre la bonne décision en ignorant leur demande.

« Prenez ce chemin, là. » Il le pointa du doigt. « Vous n'avez rien de grave. Dans 10 minutes, vous arriverez en ville et d'autres héros prendront le relai. »

Il avait essayé de se calquer sur Jeanist lorsqu'il lui expliquait la séance du jour. Ça rassurait les gens de mettre des mots sur le pourquoi de ses actions ou de ses décisions, d'après lui. Ça fonctionnait bien, visiblement, puisque le duo partit dans la bonne direction sans rien demander de plus.

Ce ne fut que quelques minutes après qu'ils eurent repris leur marche qu'il remarqua la tête scandalisée de Kaminari.

« Qui êtes vous et qu'avez-vous fait de Bakugō Katsuki ?! », lui demanda le blond en le pointant du doigt comme s'il parlait à un fantôme ou à un meurtrier en série.

« Bro', t'as assuré comme un chef ! », le félicita le roux en lui claquant le dos.

Ils ne reçurent qu'un grognement de la part de leur ami qui ne voulait pas avouer que leurs réactions lui faisaient du bien à l'égo mais ils n'avaient qu'à observer son air renfrogné pour le comprendre.

« C'est pas comme si c'était des vioques ou des gosses. Ceux-là ils pouvaient marcher sans faire de malaise, on n'allait pas perdre notre temps avec ces péquenots. »

Là, ils retrouvaient leur Katsuki. Ils rirent devant l'air d'hérisson énervé de leur ami alors qu'ils continuaient les recherches. Ils ne mirent pas longtemps à tomber sur un autre civil, réellement blessé, cette fois.

C'était un enfant, de dos, en pleurs, qui hurlait. Il avait une très grosse pierre sur la jambe qui le bloquait à terre. Le groupe s'approcha rapidement de lui, Kirishima se mettant aussitôt à lui parler, même s'ils étaient loin :

« Oï petit, t'inquiète pas, on est là ! On va te sauver ! »

Et lorsque le gamin se retourna, les adolescents eurent une vision d'horreur qui leur fit marquer un temps d'arrêt. C'était un petit vieux fringué comme un gosse qui hurlait à mort. Ugh.

« Ugh. », Kaminari exprima tout haut le dégout qu'éprouvaient Katsuki et le reste du groupe.

Ils n'auraient pas pu prendre un vrai gosse pour ce rôle au lieu de leur infliger ça ?! Surtout qu'il criait fort, pour un vieux !

« Toi, le blond en cuire à l'air débile, malus ! C'est quoi cette approche ?! » s'interrompit l'acteur dans ses pleurs avant de reprendre ses sanglots.

Katsuki fit de son mieux pour retenir son rictus moqueur. Si ça avait été lui, il l'aurait défoncé, ce vieux. Heureusement qu'il avait su se contenir. Kaminari, quant à lui, avait l'air aussi choqué qu'offusqué.

« Je vais casser la pierre. », prévint Kirishima lorsqu'ils reprirent leurs esprits avant de s'approcher de la jambe de l'acteur.

« Fais gaffe à sa jambe. », l'avertit Katsuki alors qu'ils se regroupaient tous autour de la victime.

Kirishima hocha la tête et activa son alter au niveau de ses poings avant de frapper simultanément la pierre de deux côtés opposés, réduisant celle-ci en miettes. Le maquillage était plutôt bien fait, on voyait bien que la jambe était pétée. C'est limite si l'os ne sortait pas de sa chair.

Masque-à-gaz s'accroupit auprès de l'enfant et l'avertit d'une voix très douce :

« Je suis Gazoactivman***, je vais t'immobiliser les jambes pour faciliter ton transport. Il faut que tu te laisse faire. N'aie pas peur si tu sens le bas de ton corps s'endormir, c'est normal. »

Il avait l'air de savoir y faire avec les enfants, pourtant l'acteur chialait toujours. Alors que Katsuki regardait aux alentours du gamin, Kirishima s'accroupit également à ses côtés, un grand sourire sur le visage.

« Moi c'est Red Riot ! Comment tu t'appelles, toi ? Tu sais où est ta maman ? »

Mais, malgré la gentillesse du roux, le gamin continuait à hurler à mort comme un porcelet emmené à l'abattoir. Ce n'était pas possible que le gamin soit seul, surtout dans les montagnes, il devait y avoir d'autres blessés dans les parages mais Katsuki n'arrivait pas à réfléchir avec les cris stridents de l'acteur. Aaaah, il ne pouvait pas se la fermer, le gamin ?! Il lui cassait les couilles, là ! Avec ses pleurs, il ne comprenait même pas ce qu'il essayait de dire. Il morvait, même, c'était dégueulasse.

Katsuki commençait à s'énerver, là, les cris lui mettaient les nerfs à vif. C'était l'une des nombreuses choses qu'il ne supportait pas, même si sa liste s'allégeait depuis ses séances avec Jeanist. Kaminari était le seul à avoir appliqué une stratégie de survie efficace pour ses tympans : la replie.

Ça y est, il en avait marre. Il reprit les rênes de l'opération et ordonna :

« Kirishima, Masque-à-gaz, partez devant. Le gamin n'a pas pu atterrir ici tout seul, il doit y avoir d'autres civils dans l'coin et on n'a pas le temps de trainer. Kaminari, tu restes avec moi. On vous rejoint dès qu'on lui a soutiré les infos qu'il faut. »

Sa voix laissait sous-entendre qu'il ne souffrirait d'aucune désobéissance et son sourire carnassier lui donnait un air de prédateur. Cependant, ce qui ne laissait présager rien de bon, était la lueur sauvage dans son regard. Katsuki allait s'occuper du gamin et avoir ses infos. Le trio acquiesça et, tandis que Kirishima et Masque-à-gaz s'en allaient, lui se retourna vers l'acteur.

Kaminari déglutit, tendu comme un pique. Katsuki allait butter l'acteur et, vue l'aura prédatrice qui se dégageait par vagues de son ami, il ne se sentait pas le courage de faire barrière de son corps pour le protéger.

« Hey, gamin. », interpella Katsuki en craquant les poings alors qu'il s'accroupissait à côté de l'acteur.

Kaminari ferma les yeux, il ne voulait pas voir ça.

« Regarde. »

Il voulait qu'il assiste à sa boucherie en plus ? Ça l'excitait d'avoir du public ou quoi ? Kaminari s'obstina en serrant plus fort ses paupières, sans comprendre que Bakugō s'adressait au gamin. Il entendit des petits bruits d'explosions. Ce n'était pas comme d'habitude, elles semblaient très faibles, mais les pleurs de l'acteur avaient cessé.

Ça y est, c'était fini ? Il était mort ? Le blond rouvrit prudemment un œil puis l'autre pour découvrir son ami accroupi à côté du gosse à utiliser son alter pour créer des étincelles et de toutes petites explosions.

« T'as vu, on dirait les feux d'artifice lors des matsuris. »

L'acteur jouait très bien le rôle d'un enfant émerveillé.

« Tu vas souvent aux matsuris avec tes parents ? », demanda Katsuki en agitant ses doigts devant l'enfant, ses étincelles se faisant un peu plus brillantes.

Le garçon acquiesça, murmurant un petit « Oui ».

« Moi aussi, j'y allais tous les ans quand j'étais petit. Je faisais de la randonnée, aussi, en montagne avec eux. T'aimes bien te balader en montagne ? »

Cette fois-ci, l'acteur hocha de la tête avec ferveur, disant avec force un « beaucoup ! »

« Et tu sais où sont ton papa et ta maman ? Ils doivent se faire du souci pour toi. Moi, je vais t'emmener en ville pour guérir ta jambe mais si mes amis ne savent pas où ils sont, ils ne pourront pas leur dire où moi je t'emmène. Il ne faut pas qu'il te cherche au mauvais endroit pour rien, tu comprends ? Comme ça, tu retourneras vite faire de la randonnée avec eux quand ta jambe sera guérie. »

Il avait peut être fait une phrase trop longue pour un enfant de cet âge mais il semblait l'avoir compris. Il n'avait pas pris une voix dégoulinante de miel comme le faisait les adultes avec les petits, non, il lui parlait normalement, calmement, comme il parlerait à sa boulangère mais ça semblait fonctionner sur le gamin.

« Ma-maman est là bas, en bas de la montagne, à côté du lac. », lui apprit l'enfant en pointant la dite montagne du doigt.

« Ok, on va sauver ta maman, t'inquiète pas. Kaminari, va prévenir les autres, j'le ramène au camp. », ordonna Katsuki alors qu'il se redressait, ajustant l'enfant du mieux qu'il le put dans ses bras. « Ça va, j'te fais pas mal, comme ça ? »

Devant la réponse négative de l'enfant, il s'en alla, direction la zone ville, laissant un Kaminari sur le cul, sa mâchoire tombant au sol, derrière lui.

Qui était cet imposteur et qu'avait-il fait de Bakugō Katsuki ?!

De son côté, Katsuki continuait de distraire le gamin alors qu'il l'emmenait vers la ville. Il essayait de le secouer le moins possible, malgré sa course.

« Tu vas avoir un super plâtre, ça rend populaire auprès des filles, en plus. C'est comme une blessure de guerre, de super-héros. Tu pourras les draguer en leur proposant de dessiner dessus et tu pourras même assommer un vilain ou deux, avec. C'est que c'est dur, ces trucs. »

Il ne savait pas vraiment quoi dire, il n'avait pas appris à réconforter les gosses, alors il lui racontait ce qui lui passait par la tête. Il avait appris que le gamin s'appelait Kotaro et sa mère Mei. Il essayait aussi de mimer Miyamae et de penser à ce qu'il aurait pu dire dans une telle situation. Miyamae ressemblait à un chiot et, de ce qu'il avait entendu dire, les gamins aimaient les bébés animaux, alors il devait savoir gérer avec les enfants.

Bref, il parlait beaucoup pour, finalement, ne pas dire grand-chose afin de rassurer le gosse et le maintenir conscient. En tout cas, l'autre l'écoutait, ne chialait plus et ne semblait pas effrayé, donc ça devait fonctionner.

« Et ton héros préféré, qui c'est ? Red Riot, le roux qui a pété la pierre, lui il aime Crimson Riot, un vieux. »

La réponse fusa d'elle-même, comme si elle était évidente :

« All Might car il tue tous les méchants ! »

Katsuki eut un sourire carnassier.

« Ouais, moi aussi c'est mon préféré. »

Leur discussion avait porté ses fruits, ils étaient arrivés au camp sans que le petit ne panique. Il le déposa où on lui indiqua de le faire.

« Sa mère devrait arriver dans pas longtemps, il s'appelle Kotaro et sa mère Mei. », avertit Katsuki avant de retourner sur sa zone.

Son alter n'était pas utile, en ville. Cependant, alors qu'il était aux abords de la zone urbaine, prêt à retourner dans la zone montagneuse, une explosion retentit dans son dos. Katsuki se retourna aussitôt, ça venait du camp médical. Il s'élança sans même réfléchir. Des civils étaient peut être en danger et s'il pouvait péter du vilain, ça le défoulerait.

Il se propulsa à une vitesse folle au niveau du camp provisoire. Ouais, c'était bien des vilains. Ah, enfin il allait y avoir un peu d'action. Son excitation gonfla dans son estomac qui se mit à lui chatouiller et, bientôt, elle se mettrait à gratter, plus fort, plus fort, de plus en plus jusqu'à ce que Katsuki soit satisfait. Il se connaissait bien et il avait hâte car, putain, qu'est-ce qu'il aimait cette sensation.

Il se mettait déjà à avoir la chair de poule. Il se pourlécha les lèvres, sentant ses doigts picoter. Il était prêt à bouffer du vilain. Un grondement presque félin vibra dans son thorax alors qu'il se mettait en position pour son tir anti-blindage. C'était parfait pour les combats à longue distance. Les armes des vilains, des sortes de pistolet de ciment, semblaient immobiliser leurs cibles à distance alors Katsuki préférait ne pas trop s'avancer pour l'instant. Il en dégomma quelques-uns avant de s'approcher du champ de bataille.

D'autres héros rapatriaient les civils du camp en sécurité. Les vilains étaient apparus tout proche de celui-ci, c'était pas d'bol. « D'abord éloigner les civils, ensuite casser du vilain. », essayait de se raisonner Katsuki. De toute manière, Todoroki et Boulle de billard, le gars de Shiketsu qui maîtrisait le vent, géraient la situation.

L'adolescent s'approcha alors, soulageant une collègue d'un petit vieux qu'elle portait à bout de bras et d'un enfant qu'elle tirait pas la main. Il les prit tous les deux sous ses bras et grogna à la fille :

« J'm'occupe d'eux, toi aide et porte la mamie, faut vite se casser de là ! »

Il n'attendit même pas son remerciement avant de continuer sa course. Il voyait ce nerd de Deku pas loin, courir lui aussi, avec un enfant dans les bras.

« Oï, Froppy ! »

Il venait de voir Tsuyu, au loin. Elle aussi venait de le voir.

« Emmène les en lieux sûr, j't'en ramène d'autre. »

Elle lui fit un signe affirmatif à l'aide de son pouce et projeta sa langue comme un lasso pour attraper les civils que lui tendait Katsuki. Ce dernier retourna au front aussitôt qu'il n'avait plus de blessés dans les bras.

L'adrénaline fusait dans ses veines, il sentait son cœur qui pompait ces litres et ces litres de sang, il avait l'impression qu'il voulait s'échapper, ses jambes chauffaient et tout son être était sur le qui-vive, prêt à combattre. Il avait une trique d'enfer. Putain, c'est ça qu'il aimait. Cette sensation de danger, cette impression de mourir au moindre faux pas, cette détermination de continuer coûte que coûte, quitte à y passer, cette envie de tout faire péter, cette pulsion de sauter à la gorge du premier qui passait pour l'égorger. Ces cris qu'il entendait, cette panique ambiante qu'il ressentait, ce chaos dont il était spectateur et qu'il tentait de réparer. Il se sentait plus que jamais vivant. Il était amoureux de cette situation. C'est pour ça, bordel, qu'il voulait être un super-héros. Pour pouvoir exprimer sa bestialité en toute légalité, sauver des gens, tuer des méchants et être acclamé pour ce qu'il faisait. Briller en société tout en restant la bête qu'il était. Se sentir respirer en toute liberté.

Sauf que Katsuki ne pouvait pas pleinement en profiter car ses coéquipiers faisaient de la merde. Ils se disputaient au lieu de vivre pleinement l'instant présent et ils sabotaient le travail des autres. C'est ce que découvrit Katsuki en arrivant sur le camp, alors que Deku venait de sauver in extremis la gueule d'ange qui créait des séismes.

Katsuki avait besoin de se défouler, il avait besoin d'évacuer, de continuer à alimenter sa passion qui s'embrasait dans son estomac. Il avait besoin d'exploser. Mais il devait le faire efficacement. Il devait aller aider les deux autres cons avant qu'ils ne se fassent éclater. Alors, il s'élança.

« Oï l'orque, regard derrière toi ! », hurla Katsuki alors qu'il s'était projeté dans les airs, se retrouvant pile au dessus du museau de Gang Orca.

Museau qui était la partie la plus sensible d'un orque. Museau qu'il explosa d'un coup de poing mêlé à toute la sueur qu'il avait accumulée depuis le début de l'épreuve (ce qui en faisait beaucoup puisqu'il n'arrêtait pas de courir). L'explosion retentie dans toute l'arène suivie du cri de douleur de l'adulte et du rire de l'adolescent.

Le blond avait battu en retraite une fois qu'il l'avait frappé, tenant à la vie, mais l'adulte était sonné pour au moins quelques secondes. Un coup pareil sur un endroit si sensible ne pouvait pas le laisser de marbre, il devait prendre au moins une minute pour repousser la douleur. Minute qu'il devait mettre à bon escient. Sans le savoir, Katsuki venait de sauver Todoroki et Inasa d'une attaque d'onde qui les auraient cloués à terre jusqu'à la fin de l'épreuve.

« Oï, boule de billard ! », aboya-t-il après Inasa. « Crée une prison de vent avec ton alter et toi, gueule d'ange, reprend tes séismes ! On va les empêcher de passer avec ça. Todoroki, bouge-toi, il y a d'autres blessés à déplacer. »

Katsuki avait parlé et il ne souffrirait d'aucun refus. Son intervention avait remis les idées en place des deux autres cons qui préféraient se battre en pleine attaque de vilain plutôt que de faire leur boulot et de sauver des vies. La boule de billard et le beau gosse commençaient leur prison, mettant à mal les vilains présents. D'autres étaient retenus par d'autres élèves, il avait vu Froppy, queue de Kangourou et Balai à chiotte en immobiliser certains. Cependant, Gang Orca commençait déjà à récupérer de son attaque. Ils devaient se dépêcher d'évacuer les civils restants, et vite. Cependant, Todoroki semblait déterminer à aider, lui aussi, mais à ne pas obéir. Il ravala sa fierté en serrant des poings, prêt à faire équipe avec Inasa.

« Mais je peux aussi aider avec mes fla… »

Il se fit interrompre sèchement par Katsuki qui n'était plus dans un état d'esprit ouvert à la discussion et aux propositions :

« On n'a pas le temps de gérer tes problèmes avec ton père, Todoroki, on est sur un champ de bataille avec des civils autour. Ferme ta gueule et bouge-toi ! »

Ça lui fit l'effet d'une claque. Todoroki serra plus fort les poings et sa mâchoire se crispa. Katsuki avait foutu un grand coup de poing en plein dans l'endroit sensible de Todoroki : le sujet de son père. Cependant, Katsuki s'en foutait comme de sa première branlette d'avoir secoué Mr. Galçon. Il avait une épreuve à réussir et personne n'allait la lui saboter, celle-là, surtout pas Todoroki. Il allait avoir sa revanche, cette fois-ci.

« Oï, Deku, prépare toi ! Je vais avoir besoin de toi pour assommer l'orque. Vise le nez ! »

Ça lui en coûtait de demander l'aide de ce nerd mais il savait qu'il n'allait pas y arriver seul. Il avait déjà utilisé une bonne partie de sa transpiration et Gang Orca semblait déjà presque totalement remis. Et Deku était la personne qui infligeait le plus de dégât en un coup qu'il connaissait, après All Might.

Katsuki pris une posture souple sur ses appuies, prêt à bondir pour attaquer. Il remua ses doigts pour les réveiller et les enduire de sueur, prêt à les faire exploser. Cependant, avant qu'il ne puisse agir, une alarme sonna dans toute l'arène. L'épreuve était finie.

Il s'en était sorti.

[…]

Ba… Ba… Ba…

Son regard glissait sur le tableau des résultats sans se soucier de rien, si ce n'était de trouver son nom.

Ba… Ba… Ba…

Il ne se souciait pas d'avoir vu le nom du nerd passer.

Ba… Ba… Ba…

Il ne se souciait pas de ne pas avoir vu le nom de Todoroki ou de la boulle de billard lorsque son regard s'était perdue dans la ligne des « to » et des « yo ».

Ba… Ba… Ba…

Il ne pouvait pas ne pas se soucier de Kirishima, tant il avait hurlé fort lorsqu'il avait trouvé son nom dans le tableau. Désormais, il l'aidait à chercher le sien.

Ba… Ba… Ba…

« Bakugō, là ! », s'exclama Kirishima en pointant du doigt une ligne du tableau. Bakugō Katsuki. Il était admis. Il prit une grande goulée d'air, d'un coup, lorsque l'information remonta son cerveau. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait arrêté de respirer lors de sa recherche. Il était admis.

« Bro', on a notre permis, c'est trop bien ! »

Kirishima était aux anges et souriant, comme toujours.

« Ouais, on va pouvoir botter des culs ensemble. », ricana le blond, un demi-rictus étirant ses lèves, le regard satisfait, alors que les deux amis se tapaient dans la main.

Katsuki était vraiment soulagé et heureux d'avoir son permis. Il s'était soulagé d'un poids inconnu jusque là. Lorsqu'il eut sa fiche de notation, il la lut attentivement. Il avait eu 98 points sur 100, l'un des meilleurs scores. Il avait perdu des points à cause « de son attitude trop tendue dans ses interventions, ce qui effrayait quelques civils et sa communication trop agressive lorsqu'il était soumis à une situation stressante ». Mmh, mouais. Il allait devoir travailler ça avec Jeanist. La communication, surtout. Il n'avait pas encore fait de réel exercice là-dessus, l'adulte ayant préféré privilégier ceux concernant la patience.

L'adolescent se demandait quels types d'exercices l'autre allait bien pouvoir lui pondre. Allait-il lui laver la bouche au savon à chaque mot déplacé ou allait-il privilégier son sperme ? Il l'avait déjà fait, une fois et Katsuki lui avait recraché au visage, prêt à lui péter le nez. Le sperme, c'était un truc de pédé, il ne faisait pas ça lui. Mais… si c'était pour s'améliorer, il pouvait y consentir, désormais.

L'adolescent fut sorti de ses pensées par son meilleur ami qui parlait fort au téléphone. Il annonçait la bonne nouvelle à ses parents.

Ah, il devait envoyer un sms à ses parents pour les prévenir, lui aussi. Il sortit son téléphone de sa poche qu'il avait mis en silencieux lors de l'épreuve. Cependant, avant même qu'il n'ait pu taper son message, il remarqua qu'il en avait un en attente.

Un message de Jeanist.

To :Moi

From : Jeanist

Félicitation pour ta première place, je savais que tu pouvais le faire. Je n'en attendais pas moins de toi.

30/09/2016

À suivre

.


*Alors, le coup de la tenu léopard et des poses suggestives, ce n'est pas moi qui aie inventé ça xD Ça vient directement de Smash

** C'est la traduction (arrangée à ma sauce) du discours de Nagamasa Mora dans l'épisode 19 de la saison 3.

*** Surnom totalement pompé sur celui de Radioactivman des Simpson, je l'avoue xD

N'hésitez pas à me donner vos avis en commentaire ;)