Petit papa noël, quand tu descendras du ciel avec... le secret santa 2020.
Vous l'aurez deviné, ce texte a été écrit dans le cadre du Secret Santa 2020 organisé par le FoF.
Ce texte est donc un cadeau pour toi Musing-And-Music, j'espère que ça te plaira :)
Bonne lecture!
Chroniques
Huit mois. Huit mois que Raiponce avait retrouvé ses vrais parents, sa famille. Elle en était heureuse, bien évidemment mais parfois elle se sentait étrangère. Appuyée sur la balustrade du balcon attenant à sa chambre, elle observait le royaume désormais recouvert de neige. Cette période de l'année était en proie à un véritable environnement festif. Les enfants patinaient sur les lacs gelés, les rues étaient décorées de guirlande de houx, de roses d'hiver et de chèvrefeuilles. Les murs des maisons étaient recouverts par des clématites blanches comme la neige. Les rues résonnaient d'un doux brouhaha, des marchands vantant leurs produits d'exceptions, des musiciens jouant des mélodies festives.
Et malgré tout ça, elle n'arrivait pas à s'imprégner de toute cette ambiance de fête et de joie. Pour la première fois de toute sa vie, elle allait fêter Noël et elle ne savait pas du tout comment elle devait se tenir. Machinalement, elle passa sa main dans ses cheveux et voulut jouer avec une mèche en l'enroulant de son doigt, oubliant pendant un instant qu'ils étaient désormais coupés court et qu'il en était fini de la chevelure blonde longue de plusieurs mètres. Elle était plus qu'heureuse dans sa nouvelle vie, entourée de ses parents et aussi d'Eugène, car c'était grâce à lui si elle en était là désormais. Sans ce voleur, elle serait certainement toujours enfermée dans sa tour, se contentant de rêver de liberté plutôt que de la vivre.
Perdue dans ses pensées, le regard tourné au loin, elle n'entendit pas les pas se rapprocher d'elle. Mais quand la personne s'appuya auprès d'elle sur la balustrade, elle reconnut immédiatement le parfum de son père.
-Tu as l'air songeuse, remarqua-t-il.
-Tout va bien père.
-Vraiment ? Nous te trouvons un peu soucieuse avec ta mère depuis quelques jours.
Sous cette déclaration, Raiponce préféra garder le silence tout en évitant le regard de son père. Depuis qu'elle avait retrouvé ses parents, elle avait constaté à quel point elle était semblable à son père. Elle avait ses yeux, mais aussi son sourire, selon sa mère. Ils pouvaient passer des heures à parler de tout et de rien, de voyage, d'aventures, de livres. Elle adorait avoir tant de choses en commun avec son père.
Avec sa mère, la reine Arianna, elle partageait le même goût de la musique et du chant. Lors du premier soir qu'elle avait passé au château, sa mère lui avait chanté une berceuse pendant des heures, comme si elle avait voulu rattraper les 18 années où elle n'avait pas pu le faire.
-Que se passe-t-il chérie ? S'inquiéta le roi.
-C'est juste que… commença Raiponce. J'ai parfois l'impression de ne pas être à ma place. Je suis revenue et rien ne pourrait me rendre plus heureuse. Mais je me suis rendu compte que j'ignorais tout de ce royaume. Je ne connais pas ses coutumes, ses traditions, ses jours de fêtes. Rien.
-Tu apprendras, voulu la rassurer son père en posant une main sur son épaule.
-Il n'y a pas que ça père, dit Raiponce en se tournant vers lui. Je ne sais rien sur ma propre famille. A part toi et mère, je ne connais rien de nos racines, de mes ancêtres. Qui étaient-ils ? A-t-on toujours été de la royauté ? A-t-on connu des guerres ? Comment suis-je censée régner un jour sans connaitre mes propres origines.
Le roi Frédéric regarda sa fille, se rendant compte qu'il avait failli. Il n'avait pas vu que sa fille sa posait tant de questions. A la fin de sa tirade, la jeune fille avait détourné les yeux, comme gênée. Il l'attrapa par le menton, plongeant son regard dans celui de sa fille adorée.
-J'auras dû te parler de tout ça. Viens avec moi.
Là-dessus, Raiponce suivi son père à travers le château. Elle avait eu plus que le temps d'explorer les moindres recoins, des caves jusqu'aux tours. Aussi, elle devina aisément que son père la conduisait vers son bureau privé. Elle avait déjà eu l'occasion d'y entrer mais sans trop rester longtemps. Une fois à l'intérieur, le roi fouilla du regard sa bibliothèque privée et en sortie rapidement trois épais volumes reliés.
-Ces livres retracent toute l'histoire de notre lignée. Du premier roi, le roi Edward il y a quatorze générations, jusqu'à aujourd'hui. Tu peux les consulter quand bon te semble.
-Vraiment ?
-Bien sûr, sourit le roi. Je dois te laisser chérie, ta mère a besoin de moi pour les préparatifs du bal de Noël de ce soir.
Raiponce serra son père dans ses bras en lui souriant. Puis il quitta la pièce, laissant la jeune fille seule. Sans perdre une seconde, elle ouvrit le premier volume des chroniques, découvrant comment son ancêtre, le roi Edward, était arrivé sur ce territoire avec plusieurs colons. Comment il fut nommé dirigeant, comment il développa peu à peu la ville autour de ce qui était son manoir à l'époque. Son mariage avec la reine Léanne et la naissance de leur fille Orianne. Comment le château fut bâti à partir des restes d'un château qui était déjà là au préalable. Le mariage de sa fille avec un dénommé Stéphane. Tous deux furent couronnés roi et reine de Corona six ans après la mort des parents d'Orianne.
Puis Raiponce découvrit l'histoire de la princesse Aurore, fille d'Orianne et Stéphane, et elle se retrouva littéralement bouleversée par cette histoire. Car cette jeune femme avait été contrainte de vivre seize ans loin des siens pour échapper à une malédiction. Cette période trouble de l'histoire avait pour titre La malédiction de la Belle au Bois Dormant, une histoire dans laquelle elle se retrouvait totalement. Elle se demandait si tout était conforme à la réalité car il était dit que la princesse, après s'être piqué le doigt sur un fuseau, s'endormit et fut réveillé par le baiser du Prince Philippe.
Elle passa des heures et des heures à lire l'histoire d'Aurore, relisant certains passages, essayant d'imaginer la vie qu'elle avait pu avoir. Puis elle continua d'explorer le passé de sa famille, s'imprégnant de l'histoire de chacun d'entre eux. L'histoire des jumeaux, les Princes David et Léo, arrière arrière arrière arrière petits-fils d'Aurore, qui se sont battus pour le trône jusqu'à ce que le Prince Léo ne soit empoisonné par l'un des sympathisant de son frère. Le Prince David fut soupçonné d'avoir commandité le meurtre, mais il fut avéré qu'il n'y était pour rien dans la mort de son frère. Le Prince David fut donc couronné roi et eut une fille prénommée Léanne en l'honneur de son aïeule.
Raiponce ne voyait pas le temps passer, le nez plongé dans les vieux ouvrages, fascinée par toutes ces histoires. Elle finit par se rendre compte du temps passé car la lumière du jour déclina vite et que ses yeux lui faisaient mal à force de les plisser pour réussir à lire les mots qui s'alignaient sur le papier fin. Se frottant les yeux, elle entendit de légers coups frappés à la porte. Sa mère entra, portant un chandelier dans la main.
-Ton père m'a dit où te trouver. Pourquoi n'allume-tu pas les bougies ? Tu vas te faire mal aux yeux.
-Je n'ai pas vu le temps passer, avoua Raiponce en regardant sa mère allumer les différentes bougies dans la pièce. Toutes ces histoires sont fascinantes. Et celle d'Aurore…
-Ah, tu as déjà lu cette histoire.
-Je ne savais pas qu'une autre princesse avait été enlevée. Notre famille doit être maudite.
-Non, rigola doucement Arianne. Seulement malchanceuse. J'espère seulement qu'il n'y aura plus d'évènements de ce genre dans le futur.
-Je n'ose pas imaginer ce que cela a dû être pour la reine Orianne. Ou pour toi.
-C'était très dur. Mais la reine Orianne avait un avantage par rapport à moi.
Raiponce regarda sa mère dans les yeux, la mine perplexe.
-Lequel ?
-Eh bien, dans son cas c'est elle et le roi Stéphane qui ont pris la décision d'envoyer Aurore au loin pour la protéger de Maléfique. Orianne savait que sa fille était quelque part en vie et protégée. Alors que ton père et moi nous n'avions aucune idée de ce qu'il t'était arrivé. Au fond de moi j'ai toujours su que tu étais vivante, mais la nuit les cauchemars me hantaient inlassablement. La reine Orianne devait être inquiète, et je ne doute pas que sa fille devait lui manquer affreusement. Personnellement, j'étais paniquée à l'idée qu'on vienne un jour m'annoncer la pire des nouvelles.
Raiponce, en voyant les larmes apparaitre dans les yeux de sa mère, la serra dans ses bras. Elle pouvait parfaitement imaginer la détresse de sa mère qui avait vu sa fille a peine née lui être enlevée.
-Je suis là maintenant, sourit Raiponce.
-Oui et rien ne pourrait me rendre plus heureuse. Le bal de Noël est dans quelques heures, il est temps d'aller nous préparer.
-Une seconde, la retint Raiponce. Qu'est-il arrivé à la princesse Talia ? La fille d'Aurore. Les Chroniques n'en font plus mention après son départ du royaume pour le Nord.
-Oh, elle a épousé un prince d'un royaume nordique. Aujourd'hui encore, leur ligné règne. D'ailleurs, l'été prochain tu vas assister au couronnement de la nouvelle reine. Elsa d'Arendelle.
-Nous sommes parentes ?
-Eloignées mais oui, lui confirma Arianna. L'année prochaine, la princesse Elsa aura 21 ans, elle sera donc en âge d'être couronnée.
-Elle est jeune, remarqua Raiponce. Qu'est-il arrivé à ses parents ?
-Malheureusement, Gilda et Agdar ont disparus en mer il y a quatre ans. Elsa n'avait que 17 ans et sa jeune sœur Anna en avait 15. Elle doit avoir ton âge aujourd'hui.
-As-tu déjà été à Arendelle ? Comment c'est ?
-Ton père et moi nous y étions invités pour le mariage du prince Agdar et de la princesse Gilda. C'est un royaume charmant. Tu y vas l'été, mais j'ai eu l'occasion de découvrir ce royaume sous la neige et c'est un spectacle magnifique. Un jour nous irons l'hiver. Allez, il est plus que temps d'aller nous préparer maintenant. Nous pourrons continuer à discuter.
Raiponce rangea les livres dans la bibliothèque de son père et suivit sa mère en dehors de la pièce. Elle se retrouva très vite dans ses appartements où sa mère avait fait apporter une somptueuse robe de bal. Une de ses femmes de chambre avait préparé un bain dans lequel elle se plongea avec délice. Les effluves de rose et de jasmin embaumant la pièce, elle se lava les cheveux coupés courts. Quelques instants plus tard, elle ressortie de la pièce où ses femmes de chambre l'attendait. On lui mit un corset blanc autour de la taille, puis une sous-jupe en mousseline blanche. Puis vint le tour de la robe. D'un bleu nuit, le buste brillait de fils d'argents. Le décolleté en cœur dégageait gracieusement sa gorge blanche et les bretelles retombant sur ses épaules laissaient ses bras nus. La jupe était d'une légèreté incroyable et flottait librement autour de ses jambes. Ses cheveux furent laissés tels quels, seule sa couronne reposerait sur sa tête. Une de ses femmes de chambres la maquilla légèrement, soulignant son regard d'un trait noir et fardant ses paupières d'un brun très léger.
Finissant de se préparer, des coups furent frapper à sa porte. Entra alors son père qui ouvrit de grands yeux en voyant sa fille. Il s'agissait du premier vrai bal auquel elle assisterait et il sentit monté en lui une bouffée d'émotion, émerveillé par la vision de sa fille dans sa robe de bal.
-Tu es magnifique, dit-il.
Raiponce rougit doucement en s'inclinant. Enfermée dans sa tour, elle n'avait jamais eu l'occasion de porter des vêtements aussi somptueux. Le roi s'approcha doucement, cachant quelque chose dans son dos.
-Je pensais qu'Eugène devait venir me chercher.
-Oui, mais avant j'avais quelque chose pour toi.
Il tendit alors une boite en velours noire. Raiponce s'en saisi et l'ouvrit. Elle découvrit alors un collier en or. Le roi le prit entre ses mains et le plaça autour du cou de sa fille. Le collier était composé de trois chaînes. La première, ras du cou, ne comportait qu'une améthyste unique. La deuxième chaine reposait sur ses clavicules et se composait d'un enchainement de rose. La dernière chaine retombait sur sa poitrine et comportait un pendentif en forme de soleil, le symbole de son royaume.
-Ce collier est dans notre famille depuis des générations. L'améthyste représente notre couleur, les roses ont été rajoutés par la princesse Aurore car c'était ses fleurs préférées. Et tu sais ce que représente le soleil.
-Il est magnifique, souffla Raiponce en l'effleurant du bout des doigts. Merci.
Le roi sourit et posa la main sur la joue de sa fille.
-Il n'y a rien que je ne ferai pour toi, ne l'oublie pas. Maintenant, je dois me rendre dans la salle du trône. Les festivités vont commencer.
Là-dessus il quitta la pièce au moment où Eugène s'apprêtait à entrer. Un immense sourire illumina son visage au moment où il vit Raiponce et il sentit soudainement ses mains devenir moites. Devant lui se tenait la princesse la plus magnifique qu'il n'ait jamais vu. Il s'inclina doucement devant la princesse, sa princesse et lui tendit son bras. Il se demandait encore ce qu'il avait pu faire pour mériter de l'avoir à son bras. D'accord, il l'avait retrouvée et sauvé, mais jamais il n'aurait pensé que le roi et la reine acceptent aussi facilement qu'un voleur comme lui aime leur précieuse fille.
Et pourtant, voilà où il était. Dans un château, une princesse à son bras et se dirigeant vers un bal royal, bal ouvert à tous. Alors qu'ils se rapprochaient de plus en plus de la salle du trône, il sentait la petite boite dans sa poche se faire de plus en plus lourde. Son père avait accepté sa demande, et il en était des plus heureux. Mieux que tout, la reine en apprenant son intention, lui avait confié sa propre bague de fiançailles. Ce qui l'arrangeait car il n'avait vraiment pas les moyens d'en acheter une. Sentant la pression se faire de plus en plus forte, ils arrivèrent plus vite qu'il ne le pensait devant la grande porte en bois de la salle du trône. Il croisa alors le regard de Raiponce et il sut. Il voulait passer le reste de sa vie près d'elle. Il savait que les choses ne seraient pas faciles, après tout plus d'un tuerait pour être à sa place. Mais en croisant ce regard vert, il savait qu'il ferait tout pour elle.
Mettant la peur et l'appréhension de côté, il sentit une grande confiance l'envahir. Car à partir de ce soir, plus rien ne serait pareil. Car il était plus que décider à la demander en mariage dès ce soir, lors de son tout premier bal, enveloppés par la magie de Noël.
La grande salle était magnifiquement décorée : de grandes guirlandes violettes décoraient les murs, le grand lustre était garni de houx aux baies rouges. Un orchestre jouait une mélodie dansante et le milieu de la salle était déjà occupé par quelques danseurs. Tout autour il y avait plusieurs tables de tailles différentes, toutes recouvertes par un drap blanc. Au fond, sur leurs trônes siégeaient le roi Frédéric et la reine Arianna regardait avec tendresse le peuple apprécier la soirée. A son entrée, le crieur royal annonça la princesse Raiponce accompagné de son cavalier. Tous se tournèrent vers elle et s'inclinèrent. La princesse et Eugène se dirigèrent vers le couple royal et s'inclinèrent une fois arrivés devant eux. Le roi et la reine lancèrent un sourire attendrit à leur fille unique.
Le roi Frédéric se leva et la musique s'arrêta.
-Mes chers sujets, commença-t-il, c'est avec un immense plaisir que j'ouvre ce nouveau bal de Noël. Cette année sera à marquer d'une pierre blanche, car enfin ma bienaimée fille, notre très chère Raiponce, nous a été rendu. Et ce grâce à un homme qui a traversé le royaume pour nous la ramener : Eugène Fitzherbert.
Le roi regarda alors Eugène dans les yeux et lui sourit.
-Devant tout le royaume, je tiens à le remercier. A partir de ce jour, je le considère comme un membre à part entière de ma famille. Les mots ne seront jamais assez forts pour lui exprimer toute ma reconnaissance et celle de mon épouse.
C'est ainsi que le roi s'inclina légèrement devant Eugène, imité par sa femme. Jamais il n'aurait pensé qu'un jour un roi s'inclinerait devant lui. Il se sentit sourire inclina la tête comme pour le remercier de l'accepter parmi les siens. Tout à coup, toute la peur qu'il avait ressentie s'envola. Il avait la bénédiction du couple royal et Raiponce l'aimait. Après tout, elle avait été prête à se sacrifier pour lui.
De son côté, Raiponce était heureuse de voir qu'Eugène était si bien accepté par ses parents. Elle l'avait trouvé un peu nerveux mais il semblait aller mieux après le discours de son père. Ainsi, le bal fut ouvert et elle put en profiter pleinement. Tout le royaume était invité et la salle résonnait des conversations enjouées. Un grand sapin magnifiquement décoré de violet et de doré semblait illuminé toute la pièce. Le buffet proposait un large choix de plats diverses et variés : du saumon fumé, des rôtis de gibier chassés dans la semaine, des accompagnements à ne plus savoir qu'en faire et des vins raffinés. La jeune princesse, n'étant pas du tout habituée à tant de faste en avait la tête qui tournait, mais très vite elle se retrouva happé par l'ambiance de fête.
Comme la tradition l'exigeait, les portes du château était ouverte à tous. Il était alors possible de voir un boulanger discuter avec un comte, ou un chevalier faire du charme à une jeune couturière. Raiponce dansa tant qu'elle en eut mal aux pieds mais ça avait peu d'importance. Elle était heureuse et s'amusait, discutait et riait. En la voyant si heureuse, Eugène ne put s'empêcher de sourire. Puis il tripota la petite boite dans sa poche et se dit que c'était le moment. Il s'approcha de sa bien-aimée, lui proposant une petite balade dehors. Se couvrant d'une cape épaisse, elle l'accompagna sur les remparts du château. Pendant quelques instants, ils parlèrent de tout et de rien, riant au souvenir de certaines de leurs aventures. Puis ils s'arrêtèrent, une vue imprenable sur le lac se déployant sous leurs yeux. Un silence confortable s'installa entre eux, Raiponce regardant les étoiles brillantes et Eugène la regardant elle, se remémorant cette soirée qu'ils avaient passés sur une barque sur ce même lac.
Il lui attrapa la main, la faisant plonger ses yeux dans les siens puis il se lança.
-Raiponce, quand je t'ai rencontré je ne m'attendais pas à tout ce qui nous est arrivé. Je suis entré dans cette tour pour tenter d'échapper à la garde royale pour avoir volé la couronne qui est aujourd'hui sur ta tête.
La jeune fille rigola doucement tandis qu'il continuait.
-Et pourtant, voilà où ça nous a mené. Comment aurais-je pu deviner à l'époque que je venais de retrouver la princesse disparue depuis tant d'années ? Et pour l'avoir fait, ton père m'a proposé des titres, de l'argent, un domaine en récompense et j'ai tout refusé car je savais que rien de tout cela ne m'importais. Tout ce que je voulais, et tout ce que je veux encore aujourd'hui, c'est être à tes côtés. Et ça, je le sais depuis que nous avons été sur cette barque où tu as pu voir les lanternes, ce dont tu rêvais depuis toujours. Tu as été prête à te sacrifier pour me sauver, et ce jour là je t'ai dit que tu étais mon nouveau rêve et c'est toujours le cas.
Reprenant une grande inspiration, il s'agenouilla sous le regard écarquillé de Raiponce.
-Veux-tu m'épouser ?
Pendant d'interminables secondes, Raiponce se contenta de le regarder avec de grands yeux. Puis elle poussa un hurlement de joie avant de se jeter dans ses bras, des larmes brillantes aux yeux.
-Je dois prendre ça pour un oui ?
Incapable de prononcer un mot, Raiponce hocha vigoureusement la tête. Eugène se sentit sourire et lui passa un anneau sertit d'une améthyste au doigt. Toujours sans dire un mot, Raiponce l'embrassa, son cœur battant à la chamade tandis que les bras d'Eugène se serraient autour de sa taille, la soulevant légèrement du sol.
Trop occupés, ils ne remarquèrent pas les lanternes brillantes s'élever du château. Les douze coups de minuit avaient sonné et comme pour marquer une nouvelle année et un nouveau futur, des lanternes brillantes s'envolaient doucement autour d'eux. Ce qui était autrefois un rappel d'une personne disparue, un souvenir douloureux, était désormais le signe d'un nouvel avenir plein de promesses.
