Bonjour à tous !

J'espère que vous allez tous bien !

Une idée étrange d'histoire m'est venue aujourd'hui. Un petit délire en direct de ma tête.
Je me sus inspirée d'une histoire en cours de crystal of shadow pour les Entités.

J'espère que cet OS (pour l'instant ?) va vous plaire !

DISCLAIMER : Tout appartient à la merveilleuse J.K. Rowling !

Bonne lecture à tous !


Albus Dumbledore n'était pas un saint. Le vieux directeur de Poudlard en avait été conscient toute sa vie mais il faisait tout pour que cette facette de lui-même reste inconnue du monde sorcier. Il devait rester l'incarnation de la Lumière quelle que soit les manipulations sombres et les complots auxquels il a pu participer pendant sa longue vie.

Cependant, par ses recherches, Rita Skeeter fit voler en éclat la réputation de ce vénérable personnage. Tous ses secrets, de son obsession du Plus Grand Bien à sa famille à la réputation sulfureuse, furent passer au crible. Tous sauf un. L'enfance du Survivant. Rita n'avait pas réussi à trouver la moindre bride d'informations à ce sujet et trouvait cela d'autant plus étrange que l'enfant était immensément célèbre. Comment avait-il pu disparaitre des radars du monde magique sans que personne ne s'en aperçoive ? La seule chose qu'elle avait trouvé est que Dumbledore s'était octroyé la place de gardien magique de l'enfant mais c'était si maigre. Elle se convainquit que la gestion de l'enfance et de la vie d'Harry Potter par l'ancien directeur de Poudlard était son plus grand secret et probablement du plus noir et le plus terrible. Elle n'avait pas tort mais n'avait jamais su à quel point ce secret était terrible et impactait un grand nombre de vies.

Albus Dumbledore avait en réalité détruit de nombreuses vies pour formater Harry Potter et pour faire de lui le pion le plus abouti de son immense jeu d'échec. Il avait sacrifié des familles et des enfants pour atteindre son but. Il avait manipulé le monde magique dans l'ombre pendant des décennies. Non, Albus Dumbledore n'était pas un saint. Il était un fanatique obsédé par le Plus Grand Bien et l'idée de rester dans l'histoire le plus grand mage de la Lumière pour pouvoir modeler le monde magique à sa convenance. Si Rita avait su la vérité, elle en aurait été horrifiée et elle l'aurait très probablement qualifié de plus dangereux mage noir du siècle.


Ce fut la Mort elle-même qui apprit à Harry Potter la vérité sur son existence entière après que ce dernier ait eu une longue vie entrecoupée de drames affreux.

Après la guerre, il avait fait ce que tout le monde attendait : devenir Auror et se marier avec Ginny Weasley. Trois enfants étaient nés, ses plus grandes fiertés. Il les adorait, faisant tout son possible pour passer le plus de temps avec eux.

Pourtant, vingt ans après la fin de la guerre, Harry avait tout perdu : ses meilleurs amis, sa femme et ses enfants. Il avait découvert que sa femme le trompait régulièrement et avait voulu divorcer. Ses amis ainsi que son aîné, James Sirius, avaient pris parti pour Ginny. Son filleul Teddy avait suivi, probablement pour pouvoir continuer à fréquenter Victoire Weasley, la fille de Bill et Fleur Delacour. De nouveau, le monde sorcier l'avait maudit. Seuls Albus Severus et Lili Luna étaient restés avec lui. Georges venait le visiter de temps en temps, sans en parler aux autres Weasley. Ils avaient été merveilleux, s'étaient reconstruits ensemble. Harry souriait en pensant à ces moments joyeux. Pour peu de temps. Six mois après la maison où il s'était installé était partie en fumée… Personne n'avait réussi à trouver l'origine de l'incendie. Il était persuadé que ce n'était pas un accident. Harry venait de perdre les derniers membres de sa famille. Neville tenta de l'aider mais cela ne suffisait pas. Harry n'avait plus de but, plus de personne pour qui se battre.

Il passa les dix années suivantes à s'immerger dans son travail et à combattre le crime ainsi que ceux qui se prétendaient être les héritiers de Lord Voldemort pendant que le monde sorcier lui mettait des bâtons dans les roues. Il en retira un lourd sentiment d'amertume : toutes les vies perdues pendant la guerre n'avaient servi à rien. Le monde sorcier n'avait rien appris. Le racisme était toujours aussi présent. Ce fut cette amertume et le chagrin qui finirent par le tuer à petit feu. Voir James et Teddy grandir de loin et faire leur vie ajouta à sa tristesse. Teddy finit par se marier avec Victoire mais ne reprit jamais contact avec lui. Il tomba gravement malade mais n'alla pas se faire soigner. Après tout, il n'attendait plus que la mort pour retrouver ceux qu'il aimait. Même s'il n'avait pas encore cinquante ans, il ne voulait plus vivre.


Lorsque Mort arriva, Harry se sentait serein pour la première fois depuis des années. La tristesse et l'amertume qu'il ressentait perpétuellement avait disparu. Il était porté par de l'espoir : ce qu'il appelait de ses vœux depuis des années allait enfin se réaliser. Harry allait enfin revoir sa famille, ses parents, ses parrains ainsi que ses enfants. Peut-être que cette fois il pourrait goûter au bonheur sur le long terme.

L'homme fut impressionné par l'apparence de celle qui allait l'emmener rejoindre les siens. Il sentait au plus profond de ses os que ce personnage n'avait jamais été humain ou mortel, il était bien au-dessus. Il s'agissait au premier abord d'une vieille femme qui s'appuyait sur une faux noire entourés d'étranges volutes gris foncé. Cependant, son visage ne cessait de rajeunir pour ensuite vieillir. Ses yeux étaient comme deux gouffres noirs très intimidants. Il savait sans se poser la question qu'il s'agissait de Mort. C'était une évidence qu'il ressentait jusque dans ses tripes. Pour autant, il ne se sentait pas en danger face à elle.

Autour, l'espace semblait constitué de langues de brume blanche et grisâtre et paraissait sans limite. Les parties non recouvertes par la brume semblait d'un noir absolu, qui semblait absorber toute lumière. Comme un lieu indéfini. Comme un entre-deux avant de rejoindre l'au-delà, pensa Harry. Il trouva étonnant de ne pas ressentir l'humidité liée habituellement à la brume. Peut-être que les règles de cet endroit étaient différentes de son monde d'origine. Rapidement, il se recentra sur Mort :

- Bonjour Harry Potter, lui dit-elle d'une voix grinçante et froide. C'est la troisième fois que je te rencontre. Et oui, tu as raison, je n'ai jamais été humaine. Je suis une Entité chargée de guider les morts. D'autres existent : Destinée pour le Destin, Magia pour la Magie. Notre but a toute est de maintenir l'équilibre.

L'homme frissonna légèrement, ce qui n'échappa pas à Mort, et inclina la tête. Elle avait lu dans ses pensées. Cette voix, comme ces capacités n'étaient pas du ressort des humains et ne devaient visiblement pas être détenues par des mortels. Les Entités étaient en-dehors du monde tout en le réglant. Cette perspective n'effraya pas l'homme. Cela lui sembla tout d'un coup évident, comme si un savoir profondément enfoui en lui se réveillait. Il se « souvint » alors de chaque domaine d'expertise des Entités, de leur complexité, de leur présence nécessaire pour garantir l'harmonie. Il éprouva alors un respect nouveau pour Mort et se sentit immensément privilégié de pouvoir la rencontrer en personne car il se doutait qu'elle ne se déplaçait pas pour chaque décès.

- Cette fois, par contre tu me vois en personne, reprit-elle. Nous avons des choses à mettre au clair.

Harry fronça les sourcils. Il était sûr que le passage vers l'au-delà ne se passait habituellement pas comme ça. Comme en réponse à ses pensées, Mort hocha la tête en signe d'acquiescement.

- Effectivement, ce n'est pas la procédure habituelle. La dernière fois, tu as vu Albus Dumbledore. Tu n'aurais pas dû. Il n'aurait jamais dû pouvoir se présenter à toi. C'est moi qui tu aurais dû rencontrer. Il a interféré une fois de plus avec l'ordre naturel des choses.

L'homme ne comprenait pas. Une fois de plus ? Qu'avait encore fait le vieux fou ? N'avait-il pas déjà perturbé la bonne marche de sa vie ? Harry s'agaça à l'idée que Dumbledore perturbe même le déroulement de sa propre mort. Déjà que son estime du vieil homme avait fortement baissé suite aux révélations de Severus Rogue, le soir de la dernière bataille, là, il hésitait à lui retirer toute affection.

Mort se mit à marcher, traversant la brume. Harry la suivit. Son instinct lui hurlait qu'il devait le faire sinon il resterait à jamais coincé dans ce non-lieu entre les vivants et les morts.

- Il y a des vérités que tu dois apprendre avant de continuer ton chemin, reprit Mort.

- Pourquoi ?, répondit doucement Harry. Pourquoi dois-je connaître cela ?

Il sentait qu'il devait être le plus respectueux possible envers l'Entité. Après tout, elle tenait son âme entre ses mains. Mort lui fit un sourire effrayant.

- Tu dois les connaître avant de choisir de continuer ou non ton chemin. Tu n'es pas n'importe qui.

- Vous pensez aux Reliques de la Mort, comprit rapidement Harry.

Mort était une Entité qui se chargeait des âmes. Il était donc logique de penser qu'elle n'avait que faire des complots des vivants, cela ne pouvait être donc que des objets qui lui étaient directement rattachés. Les Reliques étaient la seule possibilité.

Ces étranger objets étaient l'un des secrets les mieux gardés de la vie d'Harry. Il n'en avait parlé à personne ou presque. Même Ron et Hermione pensaient qu'il n'avait eu que la cape, qu'il avait perdu la bague et que la Baguette était à jamais détruite. En réalité, Harry était retourné chercher la Bague dans la forêt et avait seulement fait semblant de briser la Baguette. Sur le moment, il s'était senti incapable de le faire sans savoir pourquoi. Pourtant, même en possession des trois objets, Harry ne les avait jamais utilisés en-dehors de sa cape. Il avait voulu transmettre cette dernière à James Sirius mais le divorce était passé par là avant qu'il ne mette son idée en pratique.

Souvent, il avait été tenté d'utiliser la Bague pour revoir ses enfants mais était bien conscient que cela lui ferait plus de mal que de bien. Il ne se souvenait que trop de son chemin douloureux dans la forêt auprès des fantômes de ses parents et de ses parrains. Il avait été capable de supporter cette apparition seulement parce qu'il pensait qu'il allait mourir et qu'il avait abandonné tout esprit combatif. Cependant, il avait été incapable de s'en séparer. Après la mort de ses enfants, il les avait emportés partout avec lui, sans pour autant les utiliser, sans même savoir pourquoi. Il en ressentait juste le besoin.

Son interlocutrice hocha de la tête en continuant à marcher. Il s'agissait bien des Reliques. Des langues de brumes blanches les entouraient tant et si bien que Mort était parfois flou aux yeux d'Harry. Le décor faisait quelque peu sinistre et ne semblait pas s'améliorer au fur et à mesure de leur promenade. Tout ne semblait n'être qu'un mélange de noir et de blanc teinté d'un grand panel de nuance de gris. Harry songea que cela était totalement différent de la fois précédente avec la gare de Gringotts puis se reconcentra sur les paroles de Mort :

- Ce que tu sais sur les Reliques n'est qu'un amas de contes déformés par le temps et par Dumbledore. Les Reliques ne permettent pas de contrôler la Mort, ni de s'en cacher. Elles permettent lors du passage vers l'au-delà d'avoir un choix. Ou plutôt, « posséder » les Reliques m'obligent à te proposer un choix, ajouta-t-elle d'une voix sentencieuse.

- Un choix ?, fit Harry très surpris. Pourquoi ?

- Oui, un choix. Personne ne rassemble les Reliques par hasard. Ce sont les Reliques qui choisissent qui peut les détenir. Elles t'ont choisi toi. Destinée s'est arrangée pour que tu puisses toutes les avoir avant la fin de ta guerre.

Harry comprenait de moins en moins mais il lui semblait certain que la perspective de rejoindre sa famille s'éloignait de plus en plus. Il sentait que quelque chose de particulier lui était réservé. Mais il était si fatigué de se battre, si fatigué de continuer alors qu'il avait déjà tout perdu… Si Destinée était impliquée, alors il sentait qu'il n'avait pas fini d'en voir de toutes les couleurs.

- Elles t'ont choisi car ta destinée a été manipulée depuis ta naissance. Albus Dumbledore t'a utilisé comme un pion toute ta vie. Il a fait de toi le centre d'une immense toile de complots et de manipulation.

- Ça, je m'en étais rendu compte, grommela l'homme, d'une voix sourde.

Oui. Après la mort de ses enfants, il s'était mis à étudier la guerre et sa gestion. Il s'était rendu compte, en comparant avec le monde moldu, que, dès le départ, tout concordait pour arriver à un désastre. Il n'avait pas été entraîné, juste balancé sur un champ de bataille pour y mourir. L'Ordre du Phénix n'était pas composé de combattants entrainés non plus. Il s'était aussi rendu compte qu'il n'aurait jamais dû grandir dans le monde moldu.

- Non, pas encore. Tu ne sais pas tout. La prophétie n'a jamais existé. Dumbledore s'est servie d'elle pour éliminer tes parents et, en cela, il a insulté certaines Entités comme Destinée, qui contrôle le destin ou les Parthes, qui contrôlent la durée de vie des vivants. En faisant cela, il a troublé l'harmonie que nous sommes censés garantir. Il a outrepassé les limites imposées par Magia. Tout cela à des fins personnelles.

Ahhh. C'est pour cela que Mort disait que l'ancien directeur avait interrompu l'ordre naturel. Les Entités régissaient l'ordre des choses et n'avaient pas appréciées que le sorcier détourne tout cela à son propre profit. Aucune n'avait apprécié que l'on piétine leurs plates-bandes. C'était beaucoup plus clair pour Harry.

- Il a aussi manipulé les Dursley pour qu'ils te haïssent, pour qu'ils te briment, violant pour cela de nombreuses lois magiques. Magia se sent très blessée par la manière dont ce personnage a osé utilisé le cadeau qu'elle lui a fait. Ta tante Pétunia est sous Impérium depuis le début de la scolarité de ta mère pour la détester et te détester. Ton prénom n'est pas Harry James Potter mais Harrison Charlus Potter-Black. Tu étais dès ta naissance l'Héritier de deux Nobles et Anciennes Familles du monde sorcier. Ce fait t'a été caché et a été caché à tes parents, concernant la Famille Black.

L'homme était sans voix, assommé, statufié. S'il avait encore été vivant, il se serait écroulé par terre face à toutes ces révélations. Il ne savait rien de tout cela. L'expression « Nobles et Anciennes Familles » n'avait même pas de sens pour lui. Il s'appelait donc Harrison ? La prophétie n'avait jamais existé ? Sa tante sous Impérium ? Dumbledore était bien pire que ce qu'il avait compris. Il était pire que Voldemort ! Il en conçut de la haine pour ce vieillard qui l'avait détruit, qui avait détruit sa famille, ses parents et tant de vies.

- Toute ta vie, tu as reçu des mensonges, été manipulé, trahi. Tu as dû tuer pour des gens qui ne pensent qu'à t'utiliser. Même les plus proches t'ont fait du mal sans que tu ne le saches. La femme que tu as épousé, Ginevra Weasley, n'en voulait qu'à ta richesse. Ton premier né n'est pas de ton sang. Il est sous un puissant Glamour pour te ressembler.

Harry, ou plutôt Harrison, voulut se boucher les oreilles. Il ne voulait pas entendre un mot, une trahison ou une vérité de plus ! C'en était trop ! Beaucoup trop ! Ce n'était pas possible. James était son fils ! Il lui ressemblait tellement physiquement ! Ginny ne pouvait pas l'avoir trompé si tôt ?! Mort ne pouvait pas dire la vérité. Pourtant, au fond de lui, il savait très bien que l'Entité ne pouvait pas mentir, bien que n'ayant aucune idée d'où provenait ce savoir. Cela faisait partie des règles qui régissaient la vie de l'Entité. Cela faisait réellement beaucoup à digérer. Qu'avait-il fait dans une vie antérieure pour avoir une telle vie ? Avait-il été un meurtrier de masse ? À ce stade, il se posait sincèrement la question. Il sentait la colère, ou plutôt la fureur l'envahir. Ainsi donc, même Ginny s'était moquée de lui alors qu'il avait cru pendant des années à son amour…

Mort continuait à parler, ignorant les tourbillons de colère, de tristesse, d'horreur et de déception agitant l'ancien mortel. L'Entité n'était pas sensible aux sentiments mais elle comprenait le désarroi face à la découverte d'une vie entière de perdue.

- Tout cela avait déjà été prévu par Albus Dumbledore. Toute ta vie entière a été planifiée avant même ta naissance pour correspondre à ses plans. Il n'a pas hésité à te soumettre à des rituels sombres pour te lier à cette femme et faire en sorte que tu acceptes tous les enfants qu'elle porterait. Tu n'avais aucun contrôle sur ta vie. Tu n'en as jamais eu. Le Ministère t'a enchaîné à un poste d'Auror pour mieux pouvoir te contrôler.

L'ancien Gryffondor grimaça à ce rappel. C'était l'une des grandes erreurs de sa vie. Effectivement, le Ministère lui avait fait faire un serment inviolable : il ne pourrait être qu'Auror et n'utiliser sa magie qu'au service de la communauté. En retour, il pouvait profiter de sa famille car, de cette façon, il ne les mettait pas en danger. Il avait été littéralement pris au piège. Il s'en était voulu tout le reste de sa vie d'avoir prêté un tel serment.

Il se sentit bouillir face aux révélations sur sa famille : en réalité, il n'avait jamais eu le choix. James n'était pas son fils… Il ne s'en était pas rendu compte. À sa manière, Ginny était alors tout aussi coupable puisqu'elle savait. Elle l'avait fait tourné en bourrique pendant des années, juste pour sa fortune. James devait probablement savoir la vérité puisqu'il avait choisi de rester avec sa mère.. Ces vérités donnaient à sa vie une lumière complètement différente. Il n'était qu'un pion. Un pauvre pion manipulé par magie pour obéir au bon vouloir de son maître et accepter chaque demande.

Pourtant, plus Mort parlait, plus Harry sentait ses émotions se calmer, malgré une haine toujours plus forte comme Dumbledore, comme s'il se détachait progressivement de tout ce qui avait fait sa vie d'humain. Il était toujours en colère, furieux même, mais c'est comme si cette émotion appartenait de plus en plus à quelqu'un d'autre.

Après ces révélations, Mort fit une pause pour laisser à Harrison le temps de digérer et de mettre de l'ordre dans ses idées. Progressivement, la colère d'Harry diminua et disparut, laissant place à une grande tristesse face à une vie gâchée.

- En venant à toi, les Reliques me poussent à te laisser un choix. Soit te laisser continuer ton chemin et rejoindre ta famille, soit pouvoir tout recommencer.

Le choix était cornélien… Sa famille lui manquait tant… Ses précieux enfants... En même temps, que ne ferait-il pas pour qu'ils aient une vie plus heureuse ? Allaient-ils seulement exister ? Et puis recommencer pour pouvoir sauver Sirius et avoir une famille dès Poudlard ?

Mort regardait l'âme à côté d'elle en proie à de nombreux tourments. Cela faisait longtemps qu'un être ayant reçu les Reliques n'était pas venu à elle mais cette âme méritait d'avoir une seconde chance. Une seconde vie plus calme. Il s'agissait d'une belle âme, qui avait subi beaucoup trop de difficultés, beaucoup trop de drames. Par un procédé étrange, elle sut que ses collègues Entités étaient d'accords avec cette possibilité.

Peut-être même que Mort allait faire une exception en lui permettant de modifier certaines choses avant sa naissance officielle. Temps et Destinée ne semblaient pas contre. Cette dernière voulait vraiment arranger la vie de cette âme beaucoup trop bouleversée par une prophétie qui n'aurait jamais dû être. Elle voulait aussi en profiter pour améliorer le monde magique britannique et aider Magia à rétablir l'harmonie dans la magie. Les personnes qu'Harrison aimait méritaient aussi une seconde chance. De plus, les Parthes avaient été claires : beaucoup de vies n'auraient pas dû être écourtées aussi vite.

Albus Dumbledore avait interrompu l'ordre naturel des choses. Les Entités n'aimaient pas quand quelqu'un voulait faire le travail à leur place. Chaos, lui-même, n'avait pas apprécié tout ce chambardement qui ne respectait pas les règles fondamentales de l'univers et de la magie, alors qu'il avait pour but de créer le désordre.

Chaque Entité s'accordait. Renvoyer cette âme dans le temps pourrait être un moyen de rectifier les choses et lui permettrait de connaître enfin le bonheur de vivre avec une véritable famille. Un compagnon lui serait associé pour l'aider et le soutenir. Les Entités elles-mêmes ne seraient pas loin, soufflant dans l'esprit de l'âme pour mieux la guider. Peut-être que cette fois, Dumbledore n'échapperait pas aux Entités. Mort sentait que ses collègues étaient impatients de lui faire payer tout le bazar qu'il avait causé dans la trame harmonieuse du monde. Elle-même avait quelques idées en réserve pour celui qui s'était cru supérieur et meilleur que tout le monde.

Patiemment, Mort attendait la réponse de ce qu'il restait du Garçon-qui-a-survécu, tout en établissant des plans avec ses collègues. Elle pouvait attendre presque indéfiniment. Après tout, le temps n'existait pas dans l'entre-deux.

Harry finit par se calmer et se tourna vers son interlocutrice, qui devina sa réponse, rien qu'à l'intensité de son regard vert. Il allait recourir encore une fois au courage légendaire des Gryffondors pour aller sauver tout ceux qu'il n'avait pas sauver lors de sa première vie. Il allait renoncer à l'au-delà avec ses enfants, sa famille et à un potentiel bonheur. Encore une fois, il allait se sacrifier pour d'autres.

- J'accepte de retourner et de changer les choses, fit l'homme, d'une voix peu audible mais néanmoins ferme.

Mort, consciente qu'il venait de faire un choix très difficile, acquiesça, ne pouvant s'empêcher d'admirer la grandeur d'âme de cet enfant qui avait dû grandir beaucoup trop vite. Oui, elle allait lui faire quelques cadeaux pour rendre sa vie plus facile.

De sa main libre, l'Entité fit un large geste dans la brume. Un jeune homme à la peau mate apparut alors à ses côtés armés d'une faux noire. Il souriait malicieusement, prêt à faire une bonne blague, mais son regard sérieux était fixé droit sur l'âme accompagnant Mort. Ce n'était définitivement pas réglementaire. Mort ne prenait d'habitude pas son temps pour une âme. Celle-ci devait être unique.

- Je te présente Death, l'une de mes faucheuses qui accompagne habituellement les âmes vers l'au-delà. À partir de ta naissance, il t'accompagnera tout au long de cette seconde vie. Avant toutefois de partir d'ici, tu as le droit de changer quatre éléments dans la vie de ceux qui te sont liés par le sang avant que tu ne naisses.

Harry se mit à réfléchir intensément. Mort venait de lui faire un immense cadeau. Il en était plus que conscient. Non seulement, il ne serait plus jamais seul mais en plus, il pouvait changer les choses avant même de naître. Ces quatre choses étaient primordiales pour lui permettre de sauver le plus de personnes possibles. Il songea qu'il ne connaissait pas vraiment bien le déroulement de la première guerre. Intuitivement, il sentait que Mort le testait pour voir comment il allait réagir. Pour une fois, il se força à penser en Serpentard : comment pouvait-il faire pour sauver un maximum de personnes tout en les protégeant des deux fous qui avaient ruiné sa vie ? Creusant dans ses souvenirs, il se souvint alors de l'arbre généalogique de la famille Black. Après tout, il semblait qu'il en était l'Héritier, si tant que cela voulait dire quelque chose, alors il pouvait sûrement modifier quelques petites choses.

Mort voyait clairement le fil de pensée suivi par l'ancien mortel. Elle approuvait. Il faisait ressortir son côté Serpentard, c'était une bonne chose. Il utilisait ce qu'elle venait de lui offrir à bon escient. Les Reliques avaient bien choisi.

Après un long moment de réflexion, Harrison prit la parole :

- Comment formuler les modifications ?

- Comme tu le ferais pour un souhait à un génie magique.

Perdu, Harrison regarda Mort puis Death, qui riait doucement. Visiblement, elle venait bel et bien de faire de l'humour, à partir d'un dessin-animé moldu. C'était une vision très étrange mais Harry acquiesça à ses propos. Il prit son temps pour formuler correctement ce qui allait modifier durablement sa vie future :

- Je souhaite que mes parents se méfient de Dumbledore. Je souhaite que ma tante Pétunia ne subisse pas les conséquences des évènements du monde magique. Je souhaite que les membres de la famille Black ne s'allient en aucune façon à Lord Voldemort. Je souhaite de pouvoir discuter longuement de ma famille avec mes grands-parents.

À chaque souhait annoncé, un bruit de gong retentit, signe que les Parthes, Destinée et Temps acceptaient les souhaits formulés par Harrison. AU premier coup, l'homme ne put s'empêcher de sursauter, s'attendant à un menace. Le sourire étrange de Mort le rassura vite.

Le premier souhait était le plus évident, le second plus surprenant si on ne connaissait pas la propension qu'Harrison avait à pardonner. En même temps, lui-même se protégeait si ses parents mourraient. C'était tout à fait Serpentard. Le souhait suivant l'était tout autant : Harrison permettait à Sirius de conserver sa famille tout en enlevant au Lord un important appui financier et humain. Le dernier souhait était aussi Serpentard : il faisait en sorte d'avoir une famille jusqu'à être capable de s'en occuper par lui-même, ce qui assurait à Harrison un entourage familial au moins jusqu'à sa majorité.

Après le dernier souhait, Mort regarda longuement l'âme qui l'accompagnait et se mit à émettre un son grinçant. Harry mit plusieurs secondes à comprendre qu'elle riait, tellement le son était effrayant et semblait impossible à émettre. Death, à ses côtés, affichait un immense sourire. Visiblement, il avait réussi le test.

- Oh Harrison, tu viens là de jouer un coup de maître. Tu retires à tes ennemis nombre d'alliés. Certaines des Entités vont sûrement interagir avec toi. Je pense que les prochaines décennies vont être très intéressantes ! À bientôt, jeune âme ! Une dernière chose, les Reliques souhaitent continuer à t'accompagner. Nous nous reverrons donc. Le plus tard possible je l'espère.

Sur ces dernières paroles, Mort disparut, les brumes blanches semblèrent se désagréger, laissant de plus en plus de place aux zones noires. Death le regarda, s'approcha puis lui tendit sa main libre. Harrison se sentit alors aspirer. Rapidement, tout devient noir et il perdit conscience. C'était le début d'une nouvelle vie, d'une nouvelle chance.

Harrison allait renaître.


Pour l'instant, je n'ai pas pensé à faire de suite. Mais si vous ne voulez une, dites-le en review ! Vous n'avez pas idée à quel point ça encourage à continuer à écrire. Vos idées sont une telle source d'inspiration !

Qu'en pensez-vous ?

Gros bisous à tous et bon courage pour le confinement.

Que les étoiles vous veillent.