17 mars 2012 - 03 : 25

Il y a deux choses dont je suis sûr dans mon état d'enivrement : un c'est une mauvaise idée et deux... assurément Heidi est la pire cousine et une amie terrible parce que je ne sais toujours pas qui elle est et elle n'est pas venue voir Bella - ou moi de toute la soirée.

Mais à part cela les choses sont assez floues.

"Tu es sûr de ça ?" Bella frissonne et se penche vers moi pour un peu de chaleur. C'est sûrement la meilleure chose qui me soit jamais arrivée.

Nous sommes entre ma porte moustiquaire et d'entrée pendant que je lutte pour me souvenir quelles sont les clés de chez moi, celle de ma tante, de la voiture de ma mère, de ma voiture, du garage. Je n'ai besoin que d'une clé mais je les trimballe toutes.

Putain qu'est-ce que je suis stupide !

J'aime comment je réalise cela aujourd'hui plus que jamais. Alors que je suis bourré et que j'essaie de faire rentrer cette fille magnifique toute aussi bourrée dans ma chambre afin que nous puissions être encore plus merdiques. C'est ce qu'il m'a fallu pour réaliser à quel point je suis idiot.

Bella voit ma lutte et éclate de rire à cause de mon état.

"Chuuut," lui dis-je mais je ne le pense pas vraiment. Je suis amoureux du rire de cette fille. Plus personne ne rit et je suis prêt à enregistrer ce rire pour m'aider à dormir la nuit. Parce que je suis un pauvre mec. "Ma mère est peut-être à la maison."

Je finis par trouver la bonne clé. Et en fait c'était le premier essai qui était le bon, je l'avais juste tournée dans le mauvais sens.

Juste parce que je suis un empoté.

"Oh non Edward !" Bella s'arrête dans l'embrasure de la porte, devenant pâle. "Euh… je ne devrais vraiment pas être là."

"Quoi ?" je regarde autour de moi me demandant d'où elle a sorti ça. "Tu as dépassé le couvre-feu ou quelque chose comme ça ?"

"Euh." Elle rit, regardant autour d'elle avant de baisser son regard vers le sol. "Ouais. Je veux dire évidemment. Mais je ne peux pas manquer de respect à ta mère en entrant chez elle sans qu'elle le sache."

Je regarde cette fille comme si elle était folle.

Est-elle sérieuse ?

"La ferme." Je l'attrape par l'avant-bras et la tire, la faisant passer le seuil et fermant la porte derrière moi. "Ma chambre est la deuxième porte à droite."

Elle trébuche devant moi, regardant la maison et je suis content qu'il fasse trop sombre pour qu'elle voie vraiment quelque chose. C'est surement la pagaille. L'évier doit être plein de vaisselle et la table basse est sûrement recouverte de factures impayées.

Emmett a dû aller acheter à manger dehors et Rose ou moi aurons dû nettoyer tout ça au matin si l'un de nous se réveille avant midi. En supposant que Rose n'ait pas d'énormes ennuis comme toujours quand elle est avec Emmett.

Je suis Bella dans ma chambre en marchant lentement et en faisant de petits pas. Je n'ai pas peur de me faire surprendre mais j'ai peur de trébucher.

J'ai trop bu. Ma vision est un peu brumeuse, mes épaules sont un peu lourdes et ma tête me fait un peu mal. Je ne pense pas clairement et je le sais. Mais je ne veux pas encore laisser cette fille rentrer chez elle.

Je ferme la porte de ma chambre et enlève mes chaussures pendant que Brightside découvre immédiatement ma collection et commence à faire défiler les CD dans le bac qui se trouve au bord de mon lit. "Whaou ils sont tous si vieux !"

Je hausse les épaules pour les dégager de ma veste. "Es-tu en train de te moquer de moi ?"

"Jamais." Elle tient un album de Manchester Orchestra. "J'aime ce groupe, pouvons-nous l'écouter ?"

Je lui fais un signe de tête vers le lecteur de CD avant d'aller vers ma commode pour sortir un sac d'herbe et le jeter sur le lit. Je trouve mon briquet pendant qu'elle essaie de faire fonctionner le lecteur. Je grimpe dans mon lit pour récupérer ma pipe à eau sur la table de chevet et je remplis le ballon alors que I've Got Friends emplit la pièce.

"Est-ce que c'est trop fort ?" demande-t-elle. Elle se retourne et remarque qu'un des boutons de son chemisier est défait alors qu'il ne l'était pas quand nous avons quitté la fête de Jake Black tout à l'heure.

Je remarque ce genre de choses mais je ne peux pas avoir plus d'un C en cours de gym … parce que j'oublie toujours d'amener mes chaussures.

Je suis un adolescent typique.

Je secoue la tête. "Monte le son."

Elle monte le son et la musique sur la découverte de la vérité sur l'amitié m'aide à calmer mes nerfs alors qu'elle se pose sur le lit à côté de moi.

Je prends un coup. Je soulève le ballon et la regarde alors que la fumée me frappe au fond de la gorge.

Les yeux de Bella sont baissés et elle semble un peu trop ivre pour penser clairement. L'eye-liner sous son œil gauche s'est un peu étalé mais elle est toujours jolie avec les ombres sur son visage.

Ses cheveux bruns et rouge-fraise sont un peu crêpés mais ils ont toujours l'air doux et sentent la vanille et la lavande.

Ce n'est même pas une vanille bon marché, elle est plus douce mais pas aussi piquante. Comme la vanille française.

Elle n'a pas besoin de se défoncer mais c'est pour cela que nous sommes venus ici. Du moins, c'est pour ça qu'elle veut être ici. Je ne veux pas encore dire au revoir.

Je lui passe la pipe à eau et elle doit mettre ses cheveux derrière ses oreilles avant de poser ses lèvres sur l'embouchure. J'allume le ballon pour elle et j'attends que la cavité se remplisse avant de soulever la pièce en métal du verre.

Elle souffle de la fumée entre ses lèvres, lentement et sans bruit et je me retrouve à lécher les miennes alors que je la regarde.

"Quel âge as-tu ?" Je me donne mentalement une claque une fois que je réalise ce que j'ai dit.

Elle me regarde en souriant. "Euh... seize ans. Pourquoi ? Tu vas me dire que tu as vraiment trente ans ?"

Je m'éclaircis la gorge, détournant mon regard pour fixer mes draps à carreaux rouges et noirs. "Non, j'ai seize ans. J'étais juste curieux."

Elle examine à nouveau la pièce et s'allonge pour se caler sur ses coudes, en se mordillant la lèvre pendant qu'elle scrute l'étagère au-dessus de nos têtes. "Tu aimes le base-ball ?"

Je secoue la tête, en m'appuyant moi aussi sur mes coudes pour me reposer à côté d'elle. "Mon père jouait. J'aime regarder parfois mais je ne peux pas jouer."

Elle penche la tête en arrière. "Tu ne peux pas ?"

Je hoche la tête, je ne suis pas vraiment d'humeur à élaborer. Tout est un peu flou et je continue à regarder ses lèvres et ses joues et j'en oublie ce dont je veux parler.

Je remarque beaucoup de choses sur Bella que je n'avais pas remarqué auparavant.

Elle a trois taches de rousseur d'affilée sur la joue gauche, que je n'avais pas vues avant, mais que je ne peux pas arrêter de regarder maintenant dans la lumière jaune bon marché de ma chambre.

Non seulement c'est la première fille que j'ai invitée dans ma chambre mais c'est aussi la première fille à s'asseoir sur mon lit et c'est tout ce à quoi je pense.

Je ne suis pas un amateur.

J'ai embrassé des filles et puis j'ai fait d'autres choses avec elles. Le sexe et les filles ne me rendent pas nerveux.

Elle si.

Je ne veux pas me servir de Bella.

Je veux dire, je le veux. Je veux la garder.

Je veux embrasser Bella. Je veux lui faire tellement de choses. Mais ce soir, ce n'est pas assez et j'ai peur que si je réussis à l'embrasser maintenant, je ne pourrais plus jamais le faire.

C'est peut-être parce que je suis un idiot ou parce que je suis ivre. Peut-être que c'est parce que je suis défoncé et que je suis un adolescent typique. C'est peut-être parce que les lèvres de Brightside sont trop proches pour réfléchir mais semblent valoir la peine de prendre des risques quand je la surprends à regarder mes lèvres aussi.

Je ferme les yeux et je chuchote : "Et merde !"