4 mai 2012 - 22 : 20

C'est vendredi soir et je ne suis même pas ivre. J'ai presque tout oublié de la fête de Jacob Black ce soir quand Bella est arrivée près de mon casier ce matin, m'a embrassé et a glissé ses bonbons à la cerise dans ma poche arrière pour que je les trouve plus tard.

Je ne sais pas comment je passais mes week-end avant mais je ne peux pas imaginer que ce ne soit pas comme ça. Je ne peux pas m'imaginer un monde où tout ça n'existe pas pour moi. Je ne sais pas grand-chose du bonheur mais j'imagine que c'est quelque chose comme ça :

Brightside et moi seul. Chez moi. Dans ma chambre. Sur mon lit. Sobres.

C'est toujours dingue pour moi parce qu'il y a encore deux mois si tu m'avais dit que j'aurais une fille dont j'étais fou dans mon lit et que je l'embrasserai avec frénésie, je t'aurais ri au nez. Mais il y a un mois pour moi les filles n'étaient que de jolies voix et je ne voyais pas grand-chose dans la vie en dehors des contours ternes de mes pensées.

Je vivais dans une ville merdique remplie de musique merdique, avec de gens merdiques avec lesquels je n'avais même pas essayé d'interagir.

Et ensuite cette fille avec un sourire magnétique m'a demandé si elle pouvait s'asseoir avec moi et je lui ai prêté un de mes écouteurs. Je l'ai faite rire et ensuite j'ai couché avec elle quelques heures plus tard. Des jours plus tard ma voiture est tombée en panne et elle m'a trimballé pendant un mois et est devenue ma meilleure amie. Hier elle m'a embrassé et maintenant nous sommes là… de nouveau.

Brightside a une main accrochée à mes cheveux et l'autre sous ma chemise. Je peux sentir le doux frottement de ses ongles contre mon dos pendant que j'essaie de me concentrer sur comment embrasser cette fille fofolle.

Nous avons déjà été là mais c'est nouveau.

C'est tellement nouveau que je n'arrive pas à mettre le doigt sur les émotions qui me traversent même si j'essaie.

C'est différent. C'est mieux mais différent.

Cette fois je connais son nom, son nom entier. Je connais sa nourriture préférée et ce qui la fait pleurer. J'en sais suffisamment sur cette fille pour que tout aille bien.

C'est bien. C'est mieux que bien.

Nous sommes deux enfants qui tournent en rond et cela ne donne même pas le vertige..

Nous nous accrochons aux vêtements de l'autre nous pelotant. Nous prenons des respirations rapides entre les baisers et j'oublie sans cesse pourquoi il vaut mieux être patient. Les lèvres vanille et cannelle de Brightside sont partout sur moi et elles me font oublier tout ce qui est important.

Mais je suis ivre. En quelque sorte. Je me suis perdu quelque part entre les cuisses d'albâtre et les lèvres délectables.

Cela et Brightside qui n'arrête pas de dire des choses absurdes.

Comme : "Je veux te regarder te laver les cheveux."

Et : "Tu sens le soleil, mon garçon. Pourrais-je utiliser ton savon un jour ?"

Et : "Puis-je lécher ta pomme d'Adam ? Ça a l'air bien. Juste un avant-goût."

Sa dernière demande m'a presque fait tomber sur elle. Je ris si fort que je ne peux pas me retenir. Elle me fait rire jusqu'à ce que mes muscles soient faibles alors qu'elle passe ses doigts dans mes cheveux et tremble de rire aussi.

"Je suis sérieuse Edward. C'est majestueux. Les nanas ont envie d'embrasser ce putain de cou."

Quelquefois je pense qu'elle dit cette merde juste pour le plaisir de m'entendre rire.

Elle passe ses doigts dans mes cheveux et je redescends mon visage vers le sien. Je l'embrasse plus lentement cette fois mais elle ne veut pas ça. Elle jette ses jambes sur mes hanches et m'embrasse en retour tout aussi fort. Je gémis et elle glousse.

On pousse les hanches et on se lèche les lèvres.

Nous nous cognons le nez et les dents parce que nous sommes des adolescents insatiables et impatients.

Brightside me dit de la sentir.

Et en quelque sorte c'est la meilleure chose que j'aie jamais faite.

Mes mains glissent plus haut sur sa chemise et effleurent son soutien-gorge. Ses seins sont incroyables, parfaits pour mes mains. Je pense à mille choses que je pourrais faire avec ses énormes seins qu'elle ne trouverait probablement pas sexy du tout.

"Edward." Mon nom sort comme un gémissement, un léger soupir quittant ses lèvres enflées et embrassées. "Plus s'il te plait."

Sur le doux son de la musique en arrière-plan, j'enregistre le bruit étouffé d'une portière qui claque. Je retire immédiatement mes mains, me relève et m'éloigne de Bella.

"Qu'est-ce qu'il y a ?" demande-t-elle inconsciente de mes débats intérieurs alors qu'elle se redresse pour ajuster son soutien-gorge et sa chemise.

J'ouvre la bouche pour lui dire mais c'est trop tard. La porte d'entrée s'ouvre et j'entends le cliquetis d'un lourd jeu de clés atterrir sur la table basse.

Je n'ai jamais amené de fille ici avant. Je veux dire pas que ma mère soit au courant de toute façon. Elle ne sait pas pour Bella et je ne sais pas comment elle va réagir à ça car j'amène rarement des gens, point final. Le seul invité que nous ayons jamais eu est Rose qui va et vient à sa guise et ma mère na peu de respect pour cela.

Je ne veux pas que ma mère pense que Bella est une fille quelconque avec qui je traine dans ma chambre, je veux qu'elle pense à Bella comme à Brightside.

"C'est ma mère," lui dis-je, essayant de garder mon ton normal.

Bella semble horrifiée.

Emmett et Rose sont à la fête de Jake et ma mère est censée être au travail toute la nuit.

"Ne t'inquiète pas," j'attrape mon sac à dos par terre et le pose sur le lit. "Nous ne faisons rien de mal. Elle ne sera pas en colère que tu sois là, agis normalement."

Prenant une grande respiration pour calmer ses nerfs, Bella prend un livre dans mon sac et feuillette au hasard. Je m'assieds à nouveau avec elle et je sors un autre objet, un carnet de notes qui est dans mon sac toute l'année sans un seul mot. Bella fronce les sourcils.

"Qu'est-ce qui ne va pas ?" Je demande.

"Et si elle ne m'aimait pas ?" murmure-t-elle, regardant entre la porte et moi.

Je veux lui dire qu'elle n'a pas à s'inquiéter, que ma mère va l'aimer.

Mais je ne sais pas si elle est sobre, si elle aimera Bella ou même si elle fera semblant si elle ne l'est pas. Je n'ai aucune idée de la façon dont tout cela va se dérouler parce que la femme qui m'a mis sur cette terre est imprévisible.

Elle ne frappe même pas avant d'ouvrir la porte, elle s'ouvre juste avant que je puisse penser à rassurer Bella. "Il fait 15 dehors, pourquoi avons-nous la clim ?" Elle s'arrête en voyant Bella sur mon lit.

Je pense que peut-être maman ne gobe pas notre mascarade dès qu'elle me voit changer de place de manière inconfortable avec un livre clairement inutilisé sur mes genoux.

"Maman, c'est Bella." Je m'éclaircis la gorge parce qu'apparemment il y a un insecte logé dedans. "Bella, c'est ma mère, Esmée."

Ma mère fait passer son regard de la fille assise sur mon lit à moi plusieurs fois avant de fixer son regard sur Bella. Son expression est à peine lisible, pas désagréable mais clairement étonnée.

Elle s'éloigne de l'encadrement de la porte et se dirige vers Bella avec une détermination sans faille, des pas qui me disent qu'elle est sobre.

"Tu peux m'appeler Es. " Maman sourit et je souffle.

Le sourire de Bella est sincère, elle saute du lit sur lequel nous nous embrassions et serre sa main avec la même main que celle qui était sur moi quelques instants plus tôt.

Je me donne une claque imaginaire.

"C'est un plaisir de vous rencontrer, Es," dit Bella, en tapotant l'épaule de ma mère comme si elles étaient de vieilles amies. " Vous avez une maison géniale, au fait. J'aime tous vos coucous. Et votre rouge à lèvres est joli."

Bella est nerveuse mais ça n'a pas d'importance. Je ne crois pas avoir jamais vu ma mère sourire si largement.

"Merci, Bella. Le rouge à lèvres vient de Wal-Mart et les coucous étaient à mon mari." Maman me regarde et son sourire ne s'altère pas. "Tu étudies un vendredi soir ?" me demande-t-elle avec un sourcil levé. "Gardez cette porte ouverte. Compris ?"

Je hoche la tête.

Maman sort de la pièce avec un sourire scotché au visage et Bella soupire de soulagement quand elle est sûre qu'elle est partie. "Tu crois qu'elle m'aime bien ?"

Je la regarde comme si elle était folle.

"Tu te moques de moi ?"

Elle se mord la lèvre et fait un signe de tête. "Je n'aime pas quand les gens ne m'aiment pas. Et si ta mère ne m'aime pas..."

"Bella, tais-toi. Je n'ai pas vu ma mère sourire comme ça depuis une éternité. Elle t'aime."

Elle ne se chamaille plus avec moi après ça mais elle a l'air un peu fière.

Je ne peux pas m'empêcher de sourire non plus.

Parce que ma mère connaît Bella et je suis presque sûr qu'elle a eu le coup de foudre pour elle.

Tout le monde est tombé amoureux de cette fille et pourtant, elle choisit encore de passer les week-end avec moi. Moi.

C'est comme si elle était entrée dans ma vie dans le seul but de reconstruire mon monde. Elle a renversé les murs et elle m'a forcé à voir pourquoi il est important de laisser entrer la lumière.

Et peut-être que je ne suis plus le même.

Peut-être que je suis différent maintenant.

Peut-être que c'est ça vivre.

Peut-être que c'est enfin comprendre tout ce que tu as à perdre et ne jamais prendre un seul instant pour acquis, comme le fait Bella. Je n'ai pas vécu un seul moment de lassitude depuis que je l'ai rencontrée, du moins jusqu'à ce que je croyais l'avoir perdue.

Et tout ça à cause de ce putain de sourire.


Pas facile de traduire les pensées d'Edward

mais nous supposons que l'auteur voulait nous montrer à quel point

c'est la pagaille dans la tête d'un ado…