22 novembre 2012
Tu peux passer des semaines, des mois - des années à rêver à la décision la plus importante de ta vie.
Tu peux ressentir de la peur à chaque possibilité, la redouter, t'inquiéter, t'inquiéter et t'inquiéter encore plus.
En fait, rien ne peut te préparer au moment où cela se produit. Il y a ce moment où je pense avoir enfin tout compris puis mes décisions prennent vie et je doute de tout à nouveau.
Ma décision est née un jeudi soir de Thanksgiving pour être exact.
Je ne sais pas encore que cela est en train de se produire. Je suis inconscient de tout ce qu'il se passe en dehors des murs de ma maison.
Emmett est énervé de ne pas pouvoir me battre à Mortal Kombat. Je lui ai dit une fois et je le répète : "Tu ne détruiras jamais Johnny Cage."
"Connard." Il jette sa manette. Il me frappe sur le pied et je la lance à sa tête.
La première fois qu'elle m'appelle, Emmett m'a pris dans un étranglement sur le sol du salon.
Je ris trop fort pour entendre la sonnerie de mon téléphone au bout de la table, Rose ne le remarque pas non plus parce qu'elle nous hurle d'arrêter de nous entretuer.
La deuxième fois qu'elle appelle, ma mère crie après nous trois.
Elle lui donne un coup derrière la tête et lui dit qu'il est idiot de presque tuer son frère. Ensuite elle se tourne vers moi et me dit qu'il faut que je grandisse un peu, que je vais devenir père très bientôt et qu'il faut que je commence à agir comme tel.
Je tiens un pack de glace sur mon cou quand je lui dis, "Je ne sais pas comment un père est supposé agir." Et c'est à peu près à ce moment-là que Bella laisse un message dans ma boîte vocale.
Maman rit. Elle me serre dans ses bras et me dit de sortir les poubelles pour commencer.
Je manque deux autres appels pendant que je sors la poubelle. Pour une raison quelconque je me sens un peu mal quand je fourre les sacs dans la benne dans la ruelle derrière la maison. Je ne sais pas ce que c'est, juste que quelque chose ne semble pas à sa place.
Pour une fois dans ma vie, je rejette ce sentiment. Je me dis que je n'ai aucune raison de m'inquiéter. Je suis le gamin anxieux, Monsieur qui s'inquiète toujours pour rien.
Tout va bien je me dis parce que c'est vrai.
Ironiquement ce n'est pas le cas. Pour une fois j'aurai une raison de m'inquiéter.
Je ne le sais pas encore mais Bella est à l'hôpital et l'autre vie veut venir deux semaines à l'avance. Pas jusqu'à ce que ma mère me dise de ranger le salon et que je remarque la lumière qui clignote sur mon téléphone.
Toute ma vie j'ai cru savoir ce que signifiait paniquer. Je veux dire j'ai expérimenté une presque crise cardiaque au moins cinq fois pendant les six derniers mois. Alors oui, je sais une chose ou deux sur l'anxiété.
Paniquer :
C'est quand je prends mon téléphone et que je découvre que j'ai manqué six appels de Bella et deux de sa mère et mon cœur s'arrête complètement. Ma poitrine devient vraiment froide et serrée et je ne peux pas respirer parce que je sais que dans quelques petites heures ma vie entière sera sur le point de changer;
Quand je suis à mi-chemin de l'hôpital et qu'Emmett doit prendre le volant pour finir parce qu'il pense que je vais arriver à nous tuer. Je ne veux pas mourir encore alors je lui laisse ma place.
"Hey, mon frère. Tu dois te détendre." Il pose sa main sur mon épaule et j'acquiesce. Je secoue la tête. Je hoche de nouveau la tête.
Calme, calme, CALME… Putain je peux être calme.
Ma vie, en quelque sorte, défile devant mes yeux. Une seconde je panique dans la voiture, la suivante je suis avec Bella et tout s'arrête.
"Edward !" elle crie, mais pour une raison quelconque elle rit. Son visage est rouge, les yeux brillants et un sourire éclatant se répand sur son visage. "La vache, je ne pensais pas que tu y arriverais."
"C'est la faute d'Emmett," je lâche, l'enveloppant dans mes bras. "Que s'est-il passé ?"
Bella dit qu'elle était sur le point de faire le glaçage sur une tarte au chocolat quand elle a perdu les eaux.
"Tu as mangé la tarte au moins...?" évidemment la plus grande préoccupation d'Emmett.
Bella secoue la tête et se pince les lèvres, l'air gravement déçu. "Non."
Charlie grogne. Je lève les yeux pour voir Renée sous son bras. Il me fait un clin d'œil. "Elle a essayé."
Bella hausse les épaules, effrontée. "Tu essaierais aussi."
Je ris.
Apprenant que je ne suis pas le seul à avoir peur.
Peur.
C'est quand nous sommes seuls dans la pièce que Bella pleure dans ses mains. "J'ai tellement peur, Edward. Et si on se plante ?"
Nous allons foirer... encore et encore. Mais au lieu de m'attarder sur ce fait, j'embrasse ses joues et lui tiens la main. Ses yeux bruns sont couverts de larmes quand je m'éloigne.
"Nous allons faire des erreurs, Brightside." J'embrasse l'intérieur de son poignet.
En réalisant que je ne sais pas quoi faire, c'est une toute autre épreuve.
C'est quand elle dit :
"Je ne peux pas faire ça."
"Et si je le fais mal ?"
"Et si je le tuais accidentellement ?"
Je ne sais pas d'où elle sort cette merde mais j'essaie de me dire que ça va aller.
Pendant trois heures, en tout cas.
Jusqu'à ce que Bella commence à insister et ensuite je commence à douter.
Douter :
C'est regarder la fille pour laquelle vous souriez, crier au meurtre alors que l'autre vie se fraie un chemin à travers elle.
C'est regarder sa mère et vouloir lui arracher la tête pour avoir convaincu sa fille de ne pas accepter la putain de péridurale.
Encore une fois, c'est quand elle dit :
"Je ne peux pas faire ça."
Et puis il y a la partie la plus importante de notre décision…
Avoir la confiance nécessaire pour lui tenir la tête, la regarder dans les yeux et lui dire : "Oui, tu peux et tu es si putain de belle mais, Brightside, tu me fais mal à la main."
Quelques instants après, il y a un crépitement, mais ce n'est pas ma main cette fois, c'est le bruit d'un bébé qui couine et qui est fort.
Le voir pour la première fois est si simple. Je ne doute pas, je panique mais je n'ai aucune raison de flipper parce qu'il est là et qu'il va bien. Il crie à tue-tête juste pour nous le faire savoir et nous savons qu'il est là. C'est absolument la chose la plus incroyable que j'ai jamais ressentie de toute ma vie.
Et puis Brightside, la fille qui m'a appris à sourire sans raison, se tourne vers moi, haletante. Ses yeux semblent larges, un peu terrifiés mais la courbe à la commissure gauche de ses lèvres suggère le contraire.
"Canal 3 ? "
Tout le monde nous regarde comme si nous étions fous et je ne peux pas m'empêcher de rire. C'est étouffé, un peu terrifié.
Nous ne savons pas où nous allons à partir de là mais nous savons que nous ne sommes pas seuls. Notre monde entier est ici et je n'ai aucun doute sur sa place dans le monde.
L'amour :
C'est fou et déroutant et plus que tout, j'aurais voulu savoir plus tôt que ce sera nous.
C'est un nouveau commencement.
