Lorsque le Black Pearl eut rejoint la baie des naufragés, Barbossa réunit la confrérie, et fit donner leurs pièces de huit à tous les seigneurs pirates. Il voulut ensuite commencer (et présider) la réunion.

- Il nous manque un capitaine, insinua cependant Jack.

- C'est vrai, dit Madame Chang, l'une des capitaines. Où est Sao Feng ?

Liz entra dans la salle à ce moment-là. Tom fronça les sourcils en remarquant qu'elle tenait son épée de la main gauche.

- Sao Feng est mort, dit-elle avec force.

Et elle planta son épée avec les autres dans la mappemonde.

- Quoi, sérieusement ? Réagit Jack. Vous, capitaine ?

Nous avons été trahis, dit la jeune actrice comme si elle n'avait pas entendu. La flotte de Beckett et le Hollandais Volant sont à nos portes.

- Qui est le traître ? Rugit l'un des pirates. Où est-il ?

- Sûrement pas parmi nous, répondit Barbossa, calmant tout le monde.

- Où est Steven ? Demanda Liz à Jack.

- Pas parmi nous.

- Quel est le problème avec ton bras ? Demanda Tom.

- Sans importance, répondit la jeune actrice.

- Alors que fait-on ? Demanda un pirate.

- Il faut se battre, réagit Liz, enflammée.

Cela lui valut des rires de la part de tous les autres.

- Cette forteresse est imprenable, expliqua Madame Chang avec condescendance. Nous pouvons tenir le siège pendant une année entière.

- Ay, dit Barbossa. Nous pourrions faire ça. Mais l'armée de Beckett est puissante, et l'issue est incertaine. Il y a une autre solution. Mes chers compagnons. Il y a de nombreuses années, ici même, la première confrérie a condamné Calypso, et l'a coupée de l'océan. Je dis que c'était une erreur. Certes, nous sommes devenus les maîtres de l'océan, mais nous avons aussi ouvert grand la porte à Beckett et à son genre. Je regrette aujourd'hui le temps où nous gagnions notre pain à la force de nos bras, et à la sueur de notre front. Aujourd'hui, je vous le demande, libérons la déesse !

Cela déclencha de vives réactions dans l'assemblée.

- Si quelqu'un a une autre solution à proposer, dit Barbossa plus fort pour couvrir la cohue, nous sommes tous prêts à l'écouter.

Jack prit alors la parole.

- Les seiches. Mes chers amis, n'oublions pas nos chères amies les seiches. Ces charmantes petites saucisses de la mer. Mettez-les ensemble, et vous pouvez être sûrs qu'elles s'entre-dévoreront sans même y réfléchir. C'est la nature humaine. Ou, plutôt... poissonnière. Donc : nous pouvons en effet, comme le suggère l'honorable madame Chang, rester ici pour tenir le siège, et la plupart d'entre nous seront morts d'ici un mois. Pas très efficace. Ou... comme le suggère mon estimé collègue, nous pouvons libérer Calypso et prier sa merci, ce dont je doute. Il ne nous reste donc qu'une seule solution. Je suis d'accord, et je n'arrive pas à croire que je vais dire ça, avec le capitaine Clochette.

- Vraiment ? Réagit Liz, sincèrement surprise. (sa surprise ne dura cependant qu'un instant, puisque l'histoire avait repris un cours presque normal.)

- Quoi ? Réagit Barbossa. Jack, tu es le premier à fuir le combat dès qu'il se présente !

- Mensonge, invention, calomnie ! Je suis d'avis qu'il faut se battre... pour prendre la fuite !

- Mais Jack, dit Barbossa, rusé, se battre ou prendre la fuite sont des actes de guerre. Or, selon le code des pirates, un acte de guerre ne peut-être décidé que par le roi.

Jack marqua un silence, puis :

- mensonge, calomnie, invention !

- Vraiment ? Doit-on vérifier ? J'appelle le gardien du code !

Enaya se pencha vers Tom, et lui glissa à l'oreille :

- ça fait un peu Yu-Gi-Yoh, tu ne trouves pas ?

Et Tom pouffa. Le capitaine Teague, gardien du code et père de Jack, entra dans la pièce, précédé de deux hommes qui portaient un immense livre. Il siffla, et un chien arriva dans la pièce, portant dans la gueule un anneau au bout duquel pendait une unique clé. Plusieurs personnes reconnurent l'animal, puisqu'il s'agissait de l'ancien gardien des clés de la prison de Port Royal. Teague prit la clé et ouvrit le livre, puis chercha l'entrée du code des pirates concernant les actes de guerres. Il confirma alors les dires de Barbossa. Lorsque le conseiller de l'un des seigneurs pirates suggéra (en terme moins délicat) de ne pas prêter attention au Code, le pauvre homme reçut une balle dans la tête. Après un instant de flottement, Jack reprit la parole.

- J'appelle à choisir un nouveau roi.

Cette demande fut accueillie par des rires.

- Qu'y a-t-il ? Demanda Liz à Barbossa

- Le roi des pirates ne peut être élu que par une majorité au vote, hors chaque seigneur peut voter pour lui-même.

Et en effet, les votes commencèrent dans un tour de table ou chaque seigneur proposa son nom.

- Capitaine Clochette, annonça Liz lorsque ce fut son tour.

- Barbossa.

Puis se fut au tour de Jack.

- Je vote, dit-il, pour le capitaine Clochette.

Cela déclencha à nouveau de vives réactions autour de la table, chacun disant qu'il fallait voter pour lui.

- Dois-je en conclure que vous contestez le code ? Demanda Jack.

La corde de la guitare dont jouait Teague cassa, et le silence se fit. Madame Chang se retourna vers Liz.

- Quels sont vos ordres, Majesté, demanda-t-elle.

- Nous irons nous battre, déclara la jeune actrice.

- Qu'il en soit ainsi, dit sombrement Tom.