Un mouvement de liesse s'empara des pirates, moment en demi-teinte pour Jack et Elizabeth et vécu un peu de l'extérieur par Enaya et les trois acteurs. Mia s'approcha du capitaine.

- Oh, Jack, dit elle en lui lançant sa pièce de huit, attrapez !

Jack attrapa la pièce et la remercia du regard.

- Cette pièce est vieille, dit elle.

- Elle l'est en effet.

- Depuis combien de temps courrez-vous après l'immortalité, Jack ? Vous faisiez partie de la première confrérie n'est-ce pas ?

- Peut-être…

- Vous saviez que l'or de Cortez était maudit, pas vrai ?

- Maudit, c'est une question de perspective.

- Ha ! Je le savais ! Vous êtes un grand homme capitaine Sparrow. C'était vraiment honorable de sacrifier votre immortalité pour sauver Will.

- Le gamin méritait de vivre... et puis, on pourra dire de moi que j'avais le cœur sur la main !

Mia sourit, et salua ce trait d'esprit. À ce moment, Liz passa près d'eux. Mia l'arrêta, et lui donna le collier de jade.

- Je peux le garder ? Demanda Liz avec un large sourire.

- Il est à vous. Ça vous fera un souvenir.

Le sourire sur les lèvres de l'actrice s'effaça légèrement.

- C'est moi que vous allez renvoyer, n'est-ce pas ?

- C'est la meilleure solution.

- Ce n'est pas parce que je suis une femme que je ne peux pas me battre !

- Vous avez prouvé cent fois votre valeur, Miss Olsen, et je serais ravie de vous compter parmi les citoyens de Jiranatla si vous le désirez. Il ne s'agit pas de cela. Simplement, Tom est entraîné, et vous ne l'êtes pas encore. Quant à Benedict, il ne pourra pas ouvrir une porte pour nous ramener s'il ne sait pas où nous sommes.

- Mais alors...

- N'en dites rien. Surtout pas à Tom.

Liz la regarda un instant, avant de hocher discrètement la tête. Puis, elle se retourna vers le pirate.

- Jack ! Dit-elle.

- Capitaine Clochette. Au fait, quel est votre vrai nom ?

Elle hésita un instant, puis eut un sourire timide, et répondit :

- Elizabeth.

Jack eut un instant de surprise.

- Eh bien, finit-il par dire. Miss Elizabeth, vous devriez aussi garder l'épée. Vous la portez très bien.

- Ça a été un honneur de vous rencontrer, Jack.

- Honneur partagé. Vous devriez vous dépêcher de partir, maintenant.

- Vous avez raison, dit Mia. Allons chercher les autres.

Ils se réunirent donc au milieu du pont, et firent leurs adieux. Puis, toujours sur le pont du bateau, et sous le regard plus que surpris des pirates, Benedict ouvrit le portail vers le Manoir. Liz inspira profondément, puis se précipita dans les bras de ses amis. Benedict, surpris, faillit perdre le contrôle du portail, mais il parvint de justesse à le maintenir ouvert.

- Revenez vivant, dit-elle.

Tom lui promit pour eux tous, et elle retint son souffle et traversa pour retrouver ses sœurs, qu'elle serra silencieusement dans ses bras. Le portail se referma, et ils entendirent le bruit familier de l'ouverture du second portail, mais ils ne le virent pas. Fronçant les sourcils, Enaya regarda autour d'elle, puis s'approcha du bastingage et se pencha, avant de se relever avec un grand sourire aux lèvres. La voyant ainsi, Tom se mit à rire.

- C'est une blague ? Dit Benedict.

Alors les pirates comprirent à leur tour, et se mirent à rire.

- Comment croyez-vous qu'on quitte un bateau de pirate sans débarquer ? Demanda Barbossa. Maître Raggetty, apportez la planche !

La planche fut donc installée, juste au-dessus du portail. Tom fut le premier à s'élancer. Il sauta comme d'un plongeoir pour faire une bombe, poussa un grand cri, retint son souffle à la dernière seconde, et atterrit en roulade sur un sol dur. Il fut secoué d'un fou rire, puis prit conscience que quelqu'un l'observait, et de l'endroit où il était.

- Oh, merde..., dit-il.

Pendant ce temps, sur le Pearl, Mia et Benedict étaient sur la planche, face à face. Benedict avait les yeux fermés, dos au pont du bateau, et elle lui tenait les mains. La planche vacilla sous leurs poids combinés, et Benedict tressaillit, ce qui déclencha des rires chez les pirates.

- Je n'en reviens pas de faire ça, dit-il.

- Plus que deux pas, répondit-elle.

Il fit deux pas de plus, et elle n'en fit qu'un, étant elle-même au bout de la planche. Il comprit, et avança le pied gauche tandis qu'elle reculait le droit. Ils basculèrent tous deux dans le vortex, et atterrirent en douceur.

- C'est de la pure folie, déclara Benedict, les yeux toujours fermés lorsqu'elle lui lâcha la main.

- Attendez de voir où on a débarqué, répondit-elle.

Il ouvrit les yeux, puis les écarquilla de surprise.

- Est ce que c'est... ?

- Bienvenu à Asgard, confirma-t-elle.