Chapitre 14 :

Rage meurtrière

"Tu as tué mon frère, Potter ?"

"Qu… quoi ? Non. Non, je..."

"Tes parents, Voldemort et ensuite, ton propre frère ! On t'a offert un toit, une famille et c'est comme ça que tu nous remercie ???"

"Non ! J'ai rien fait... ce n'était pas moi. J'ai…"

"Et après quoi ? Dans ta rage meurtrière, tu vas tuer les autres : Yuki, Ceci, Harold, … ?"

"Je leur ferai jamais de mal. Jamais !"

"Ah oui ? Est-ce que tu es sûr de toi ? Vraiment totalement certain ?"

"N… n… j… p…"

"Red t'a fait confiance, elle a fait rentrer le loup dans le chenil et sa rage meurtrière est incontrôlable… Tu le sais bien. N'est-ce pas, Potter ?"

"C'était pas moi !"

"Ne me dis pas que tu es innocent pour Michael !"

"De quoi tu parles ? Qu'est-ce qui est arrivé à Michael ?"

"Et Max, alors ?! Qui va protéger Max ? Tic… Tac… Tic… Tac… Dépêche-toi."

"Max ? Max est en danger ?! Qu'est-ce que tu lui as fait ? MAX ! MAAAX !"

Il y eût une secousse, le monde se mit à tournoyer... de plus en plus vite et de plus en plus fort. Max était prise au piège dans ce massacre et au centre, le coupable. Harry Potter.

"MAAAX !!!" cria Harry en se redressant dans son lit. "Max ? Petit renard ? Max ? Merde."

La nuit était tombée depuis longtemps, les reflets de la lune avaient traversé l'eau et les poissons qui nageaient devant les vitres du Dortoir luisaient d'une lueur blanchâtre. Max aurait dû le rejoindre... elle aurait déjà dû être là puisqu'elle n'arrivait plus à dormir sans lui.

"Merde." répéta Harry.

"Black, c'était quoi ça ?!" grommela Drago Malfoy en tirant les rideaux de son lit. "On voudrait dormir, nous..."

Des cristaux gelés recouvrirent la surface du lac et une silhouette sombre flottait dans les airs, certains poissons moururent sous le choc thermique ou émotionnel ou les deux. Détraqueur.

Harry quitta son lit précipitamment puis remonta l'escalier de pierres tranchantes jusqu'à la Salle Commune.

"Max ? Max…" murmura-t-il.

Il souleva un coussin, regarda dans le manteau de la cheminée et derrière la bibliothèque secrète. Après avoir fait le tour de la pièce, il dû se rendre à l'évidence : Max n'était pas là.

"Black ! Reviens dans le Dortoir, immédiatement. On ne va pas perdre la Coupe des Quatre Maisons, pas cette année : on est proche d'un record. Tu te rends pas compte de ta connerie !"

"Je m'en fiche de votre record de merde, ok ?!" cria Harry. "Si tu crois vraiment avoir une chance contre moi, Zabini c'est que tu es bête en plus d'être naïf."

Il y eut un silence. Blaise Zabini n'était pas bête et il savait qu'un combat serait perdu d'avance, il ne pouvait pas lutter.

"Réfléchis bien aux conséquences de tes actes, Lord Black." dit-il.

Et il retourna se coucher.

Harry resta immobile, de longues minutes. Il fixait la cheminée dont les flammes semblaient vertes, éclairées par l'eau du lac et l'immense calamar s'arrêta un instant devant les grandes baies vitrées pour regarder l'élève qui le regardait en retour. La proie chasse son prédateur... mais lequel ?

"Retournez vous coucher, Harry."

Severus Rogue venait d'apparaître derrière lui et sa voix était glaciale… comme tout, dans cette salle commune. Remercions Salazar d'avoir construit sa salle commune sous le lac : non mais quelle idée ?!

"Ça ne vous regarde pas." répondit Harry. "C'est une affaire de famille."

Il quitta sa salle commune, attendit quelques instants de se faire choper mais rien ne se passa. Alors il couru dans le château.

Au début, il ne savait vraiment pas où il allait ni pourquoi il avait l'air aussi désespéré. Sûrement les Détraqueurs qui flottaient un peu partout au-dessus du Château et qui lui faisait perdre l'esprit... C'était idiot. Il n'avait jamais perdu le contrôle… enfin, pas comme ça.

Harry comprit où il allait quand il se retrouva dans un couloir vide du 2ème étage : l'immense mur en briques était encore taché de sang, ça et là.

.. CH…RE ..S S…… A … ..V.R..

…… DE .'HÉR….R .R…Z ..R..

Le mur était d'un blanc immaculé tout autour du message de l'Héritier de Serpentard : il avait été frotté et frotté et frotté, encore et encore… mais ça ne partait pas. On a beau nettoyer autant qu'on veut, cet événement resterait à jamais gravé dans l'Histoire de Poudlard.

Harry continua son chemin vers l'entrée de la Chambre des Secrets. Il avait besoin d'y retourner... pour voir, s'assurer que tout était bel et bien fini et qu'il avait le droit de dormir. Il était si fatigué !

" Hesssh hara'sssahhh." murmura-t-il devant le robinet.

Il y eût une lumière blanche et le robinet tourna sur lui-même, dévoilant l'immense tuyau qui descendait dans les entrailles de l'école.

Harry se laissa glisser... sh-crack ! Il attéri sur un tas d'os et son coeur se serra. C'était ici. L'air se raréfiait dans ses poumons. Pourquoi était-il revenu ici ? Quel con !

'Le rituel est terminé, c'est trop tard' avait dit Pan.

Et c'était tout.

Logium était mort, juste comme ça. Il n'y avait pas eu de combat, pas eu d'honneur... juste la mort. Et puis ensuite, plus rien et pourtant, le monde avait continué à tourner, impitoyable.

"Quel con." siffla Harry, furieux contre lui-même ou contre Logium, un peu... peut-être.

Derrière lui, quelque chose craqua… lentement.

Il ferma les yeux, instantanément. La première chose qu'il avait fait, en arrivant ici la première fois, ça avait été de libérer le basilic mais on n'est jamais trop prudent, n'est-ce pas ? Il était probablement le seul à pouvoir entrer ici... et il n'était PAS seul. Ce qui n'était pas une bonne nouvelle. Du tout.

Merde. Quel con.

Un os craqua sous sa semelle et il entendit un tissu qu'on froisse, un peu plus loin. Ok, définitivement pas seul, alors ! Et comme les serpents ne portent pas de vêtements... c'était un humain. Peut-être que Lord Voldemort n'était jamais partit ? Et s'il l'attendait ? Et si...

Shlack. Il déguéna sa baguette secrète en appuyant sur le mécanisme toujours attaché sur son poignet et il entendit un sabre qu'on sort de son fourreau, juste en face. Derrière, il entendit un ressort et quelqu'un qui appuyait sur des interrupteurs.

Un sabre ? Des interrupteurs ? M… mais... oh. Merde ! Ça y est, il avait comprit.

"Cessez le feu !" cria-t-il, en levant les mains en l'air.

"Harry ?!" dit la voix rassurée de Max.

"Harry ?!" dit la voix étonnée de Michael.

"Max ?!"

"Michael ?!"

"Qu'est-ce qu'il se passe, bordel ?"

Les trois sorciers avaient levés leurs armes mais ils gardaient les yeux fermés comme si leur vie en dépendait... ils étaient descendu là, le même soir, tourmentés par leurs cauchemars. Un craquement… puis un crissement. Évidemment, ils avaient eu le même réflexe : fermer les yeux, coûte que coûte et ça avait bien faillit leur coûter la vie.

"Ssshaaa'etzeeeh ?" murmura Harry et le silence lui répondit. "Ça va, on peut ouvrir les yeux : aucun serpent mortel à l'horizon."

Harry, Max et Michael ouvrirent leurs yeux. Ils se dévisagèrent en silence…

Max avait été la première à revenir ici, elle n'était même pas allé se coucher : elle était venu pour résoudre le mystère du Journal de Jedusor.

Michael avait tenu un peu plus longtemps grâce à Luna mais elle avait fini par aller se coucher... il s'était retrouvé seul face à ses souvenirs : sa vie d'avant brûlait son crâne comme rarement. Les Détraqueurs avaient eu un effet désastreux sur lui... sur eux.

"Comment vous avez fait pour rentrer ici ?!" demanda Harry.

"J'étais là quand tu as ouvert le passage." lui rappela Max. "Il m'a fallut une dizaine d'essai mais j'ai fini par y arriver… je crois que j'ai un accent."

"Et toi, Michael ?"

Le Serdaigle sortit un carnet de sa poche et il l'ouvrit à la première page pour leur montrer son travail :

Slythiaaa = Le Serpent

Eh Etsaaa = Bonjour

Shaaa eh retzaaah = ?

"Est-ce que tu es en train de créer un dictionnaire ?!" s'écria Harry, mi-étonné mi-impressionné mi-frustré et mie de pain.

"J'ai remarqué que le fourchelangue fonctionne comme n'importe quelle langue donc on peut techniquement l'apprendre."

"Tu es un génie !"

"Je sais."

Harry sourit. Lui qui s'était sentit si mal d'être revenu ici... il sentait qu'il pouvait tout surmonter avec Max et Michael.

"Vous êtes retourné sur place ?" demanda-t-il.

"Il y a encore la trace de l'impact magique laissé par le rituel." répondit Michael. "Je ne pensais pas que ça avait été aussi violent : tu as tout détruit dans la Chambre ! T'as carrément décapité Salazar Serpentard… enfin, sa statue."

"Tu as peut-être vu mais tu n'as pas la moindre idée... la violence... tu peux pas savoir." dit Harry.

Michael n'avait pas été là mais il avait souffert. Énormément. Pourtant, son esprit avait été épargné par certaines images et peut-être qu'ils avaient raison.

"Tu veux qu'on vienne avec toi ?" demanda Max.

Harry hocha la tête.

"Je n'irai pas dormir chez les serpentards, ce soir." affirma-t-il. "Je vais me trouver un petit coin ici, pas trop froid et pas trop dur..."

"Tu vas dormir sur la pierre ?"

"Non, Max, ne sois pas idiote : je vais dormir sur les ossements humains."

Michael leva les yeux au ciel. Il sortit plusieurs gros coussins de son sac-à-dos et de grosses couvertures : un véritable aventurier est toujours prêt à tout ! Il avait même une tente quelque part...

"Je vais trouver un petit coin où poser notre campement pour la nuit." dit-il. "Rejoignez-moi quand vous serez prêts."

Max glissa sa main dans celle d'Harry et ils partirent, là où leur frère était mort…

"Merci, d'être là."

"Toujours."

-Fin du 14ème chapitre-

…à suivre…