Chapitre 16 :

Plouf

"Ô Grand Prophète ! Ô Grand Prophète !"

"Lisez les préceptes du Grand et Puissant Harry Black !" s'écria le Prophète. "Nous réviserons ça au prochain cours."

"Oui, Grand Prophète."

Harry, Max et Her… Hermione ? Hermione ?!

Ils avaient quitté le cours de Divination et elle s'était volatilisé.

"Hé hooo ??? HERMIOOONE !!!" cria Max, penchée sur la cuvette des toilettes, quelques étages plus bas.

"Encore ?!" soupira Harry.

Ça s'était déjà produit durant leur Première Année, juste avant que Drago Malfoy ne fasse...

"Couic ! Couic !"

… voilà, ça. Ensuite, ils étaient tous devenu ami. Mais ça, c'est une autre histoire.

"Ah ! Drago." salua Harry.

La petite fouine blanche se transforma en leur ami et il regarda Max crier "Hermiooone" dans la cuvette des toilettes avec un oeil circonspect.

"Ça me rappelle le pire jour de ma vie." grommela-t-il. "Comment vous avez pu égarer Hermione ?! Elle était juste à côté de vous, non ?"

Il y eut un bruit étrange, quelques pas plus loin dans le couloir et la tête d'Hermione apparu à la porte, elle était essoufflée.

"Je suis là."

"Maaax !!! Laisse tomber, on l'a retrouvé."

Plouf.

"Euh... t'as lâché quoi dans la cuvette ?" demanda Harry.

Il y eût un aboiement et la tête de Toutou (retransformé en Fifille) sortit des toilettes, son petit noeud rose était tout taché et son poil garderait une odeur nauséabonde pendant plusieurs jours.

"Pauvre petite pu-puce… Ça va, ma jolie ?"

Toutou le regarda comme s'il préférait une mort rapide et silencieuse par désintégration instantanée… même si c'est atrocement douloureux, rien n'est pire que d'être à moitié plongé dans une cuvette, de la pisse plein les pattes et un gamin qui refuse d'accorder correctement votre nom.

"Tu m'avais dit de laisser tomber !"

"Mais pas mon petit chien !"

"Baaah, c'était ce que j'avais sous la main."

Après leur avoir promis de les rejoindre chez Hagrid après leur cours, Max laissa Harry, Drago et Hermione pour ne pas arriver en retard en Étude des Runes… et les trois autres amis se mirent en route rapidement : ils avaient cours à l'autre bout du château !

"Où t'étais passé ?" demanda Drago.

"Je… euh... j'étais..." balbutia Hermione. "Euuuh… c'est-à-dire que..."

"Drago ne regarde paaas !!!" cria Harry en fermant les yeux.

"Quoi ?"

"C'est déjà arrivé à ma soeur cet été... ça va être une écatombe ! À partir de maintenant, quand une fille disparaît mystérieusement et paraît embarrassé à son retour, ne pose pas la question. SURTOUT PAAAS !!!"

Harry ouvrit courageusement les yeux et affronta Hermione :

"Toi aussi, t'as attrapé la puberté, n'est-ce pas ?"

"Exactement !" s'écria Hermione, soulagée. "Alooors… comme tu l'as dit : ne posez pas la question si je disparait tout au long de l'année car la réponse pourrait vous changer à jamais."

Drago se demandait de quoi ils parlaient mais quand il croisa les yeux terrifiés d'Harry, il pâlit. Quoique ce fusse… c'était hautement plus terrifiant que tout ce qu'ils avaient affronté jusqu'ici. La puberté… brrr.

"Vous avez entendu les nouvelles ?" demanda Drago avec un sourire suffisant comme s'il allait leur révéler la nouvelle la plus croustillante de l'année.

"Sirius Black a été vu !" répondit Hermione avant de hoqueter… elle n'était pas censé savoir ça, pas encore.

Harry et Drago arrêtèrent de marcher.

"Quoi ?!"

La Gazette du Sorcier allait amener cette nouvelle, peu avant le déjeuner et toute l'école allait en parler. Elle n'était pas censé être au courant mais le nier après sa gaffe serait pire que tout. Aïe-aïe…

"Sirius Black a été vu par une dizaine de témoin dans un compartiment du Poudlard Express." résuma Hermione. "Le train était encore vide, fermé au public et les lumières étaient éteintes... on n'est pas très sûr."

Ils arrivèrent dans le Grand Hall, quelques élèves avaient entendu et Hermione se dit qu'elle n'avait peut-être pas pris la meilleure décision. Aïe-aïe, bis.

"Pourquoi ils n'utilisent pas une pensine ?" demanda Harry. "Si on visionne un souvenir flou au ralenti sous différents angles... ça nous permettrait d'être fixé, non ?"

Quelques élèves le regardèrent comme s'il venait d'inventer l'ascenseur multi-directionnel.

"En tout cas, c'est rassurant." enchaîna Hermione. "Ça explique la présence des Détraqueurs dans le train... on n'a pas été agressé par hasard ni pour rien."

Ils sortirent enfin dans le Parc de Poudlard et s'approchèrent du Saule Cogneur, dévalant les collines jusqu'à la Cabane d'Hagrid où commençerait leur premier cours de Soin aux Créatures Magiques de l'année.

"Houlaaa… ça, j'en serai pas aussi sûr ! C'est pas la première fois qu'un truc essayerait de nous tuer dans cette école." commenta Harry et il pointa l'arbre tueur du doigt pour appuyer son propos. "Quand ton Directeur d'École a planté un arbre qui veut ta mort, chaque jour est un surcis et tu peux te faire tuer à la moindre seconde d'inattention."

Il releva la tête et chercha du regard les silhouettes noires et pesantes des Détraqueurs qui traquaient Sirius Black… les vitres du château étaient déjà gelées alors que l'automne n'avait pas encore commencé et certains élèves arboraient des cernes qui ne s'effaceront que lorsque l'évadé d'Azkaban serait à nouveau derrière les barreaux.

"Bonjour Harry ! Bonjour Hermione ! Bonjour Drago !" salua Hagrid, un large sourire éclaira son visage.

"Hagrid !" cria Drago. "J'ai failli me faire manger par le Maudit Bouquin ! C'est quoi cette horreur ?"

"Oh… c'est... euh… ils sont amusants, pas vrai ?"

"Oui !!!" cria Harry, ravi. "J'ai appelé le miens Rufus. Et toi, Hermione ?!"

"Mon livre a failli manger le chat de ma tante : c'était tout sauf drôle." expliqua Hermione. "Mes parents ont été terrifié... ils ont presque voulu m'empêcher de revenir ici, cette année."

"Oh non." s'écria Hagrid, peiné. "Tout ça à cause du Livre ?"

"Euh... peut-être aussi les Attaques du Basilic, l'année dernière." précisa-t-elle. "La mort d'Horlogium Pyrites et le Retour du Seigneur des Ténèbres ont dû aussi pas mal peser."

Drago renifla.

"Les moldus sont idiots : Poudlard est le seul lieu où Il ne pourra pas te trouver. Certes, il y a des monstres qui veulent notre mort mais la plus grande menace du monde des Sorciers ne pourra jamais franchir ces murs."

"Ces moldus sont mes parents, Drago : un peu de respect serait trop demandé ?!"

Il baissa les yeux mais garda la tête droite et ne s'excusa pas. Un Malfoy ne s'excuse pas car un Malfoy a toujours raison.

"Ils ont l'impression d'être impuissants et c'est vrai : ils le sont !" poursuivit Hermione. "Mais... ils s'imaginent qu'en me gardant prêt d'eux, je ne peux pas courir le moindre danger. Ils pensent que si je reste dans leur monde, ils pourront me protéger. Ici, tout est différent et terrifiant... mais surtout, je suis trop loin d'eux. Ils ne se rendent pas compte que le danger vient du monde et ce, quelque soit la distance qui nous sépare. Ils aimeraient que je reste avec eux comme quand j'avais dix ans et ils espèrent au fond d'eux que rien n'aurait changé, entre temps et que je pourrais redevenir leur petite fille."

"Pourquoi ils feraient tout ça pour toi ?" s'étonna Drago. "j'ignorais que vous aviez un Capital… tu es l'Héritière de quelque chose ?"

Hermione fronça les sourcils puis pinça les lèvres avant de regarder son ami d'un air triste.

"Je ne suis l'Héritière de rien du tout, ils font ça parce qu'ils m'aiment. C'est tout."

"Ça n'a aucun sens."

-Fin du 16ème chapitre-

…à suivre…