Chapitre 30 :

Père contre fils

Bang ! Bang ! Bang !

Le marteau du juge frappa trois fois la table pour ouvrir la séance, il se trouve que c'était aussi le marteau du Ministre de la Magie car le pouvoir n'est tenu que par une seule personne : Fudge.

C'est vachement mal pensé et méga dangereux mais... que voulez-vous ? On dirait que le monde de la magie a été conçu par un arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-parent de Luna Lovegood et son lama domestique.

D'un côté, le juge Fudge et le procureur Croupton. Au centre, les jurés. Et de l'autre côté, les jumeaux Black et leur avocat (le fruit), ainsi qu'un poisson nommé Bubulle dans un bocal et Pan sous polynectar qui jouait le rôle de l'avocat (pas le fruit, du coup bien qu'il se soit déguisé en avocat géant... c'est légèrement perturbant mais on s'y fait).

"La séance est ouverte." annonça Fudge. "Nous ferons le procès sans l'accusé pour cause d'évasion… ça ne s'est jamais vu mais une condamnation sans procès non plus et les Lords Black ici présents veulent une justice."

"C'est ridicule, franchement." grommela Barty Croupton Sénior. "Il est coupable, c'est évident."

"Alors s'il est coupable, faisons ça rapidement." éluda Fudge. "En plus, ces deux étudiants vont devoir retourner en cours après leur pause déjeuner. Nous avons moins d'une heure pour clore cette affaire."

"Je me porte garant pour parler en leur nom au cas où le procès doive se poursuivre." annonça Pan.

Il avait passé deux longues minutes à se tortiller dans son costard vert avocat immonde qui grattait atrocement mais il l'avait fabriqué lui-même avec les rideau du salon de Severus pour l'agacer… ça avait très bien fonctionné mais il était obligé de le porter, maintenant.

"Le monde magique entier connaît les accusations contre Sirius Black : trahison, meurtres et évasion. Il encourt une peine à perpétuité." rappela Fudge.

"Les preuves contre l'accusé sont les suivantes : un serment de Fidelitas qui a été brisé, une centaine de témoins et un doigt, tout ce qu'il reste d'un de ses meilleures ami, Peter Pettigrow." énonça Croupton Senior d'un air fatigué et surtout désintéressé. "Nous pouvons donc le déclarer coup…"

"Objection !"

Pan s'était levé et il brandissait l'avocat au-dessus de sa tête avec un air fou dans les yeux ça ne le quitterait jamais vraiment. Croupton Senior, son père se demanda où les Black avaient déniché un cornichon pareil ! En l'occurrence avocat… mais pas le fruit. Pourquoi avaient-ils amené un avocat et un avocat ? Ça compliquait tout. Bien sûr, il ne connaissait pas les Black sinon il n'aurait pas posé cette question et on ne peut pas vraiment dire qu'il connaissait bien son fils non plus sinon… pareil.

"La Défense demande à voir le doigt de Peter Pettigrow. Motif : le sortilège de désintégration a pulvérisé douze sorciers dans une ronde de 7 mètres, c'est-à-dire 22 pieds. Question : comment un seul doigt a-t-il pu resté d'une personne pourtant à moins d'un mètre du tir de l'accusé ?"

"Oooooh…"

Les jurés avaient du mal à contenir leur excitation, ils s'étaient attendu à une formalité administrative et le Procureur avait blémit. Si cette affaire se soldait par un échec, c'en serait fini de sa carrière ! Il se redemanda où ces deux gamins qui dépassaient pourtant à peine la barre avaient déniché ce… ce…

L'avocat, monsieur Avocca Avocado passa sa langue trois fois nerveusement sur ses lèvres et il s'agita à nouveau dans son costume d'un vert ideux.

Et là, tout s'éclaira pour le procureur Barty Croupton Senior : il reconnaissait ce tic nerveux ! Son fils, Barty Croupton Junior qui avait échappé à sa surveillance. Merde. Il ne pouvait rien y faire sans risquer son poste. Re-merde. Son fils avait toujours eu une haine contre lui et il n'avait jamais semblé aussi sûr de lui malgré ce déguisement absurde. Père contre fils... et aucun n'était sûr de gagner. Re-re-merde.

"Le poisson a fait trois tours de bocal !" déclara Max Black. "Qu'on apporte le doigt !!!"

"Boum-Boum-Boum ! Boum-Boum-Boum !" chanta Harry comme un tambour de guerre. "Tchiiik ! Tchaaak ! KAAABOUM !!!"

Ainsi, ils apportèrent le fameux doigt et un seul coup d'oeil était nécessaire pour voir l'évidence : il n'avait pas pu exploser et il avait été tranché. Ce qui signifiait… les témoignages n'étaient pas fiables ! Toute l'enquête était à refaire… enfin, non, disons qu'il fallait juste lancer l'enquête puisqu'il n'y en avait pas eu.

"Tout ceci est très fâcheux." dit le juge Fudge.

"M… mais… c'est un coup monté !" accusa Barty Senior.

"Monsieur Avocca Avocado, prenez des notes." exigea Harry en remontant son col de chemise. "Nous n'hésiterons pas à porter plainte pour diffamation."

"Ce n'est même pas un vrai avocat !"

"Si si, nous l'avons acheté au marché il y a cinq jours... bon, il a un peu pourri mais tous les avocats pourrissent dès qu'ils sont confrontés à la justice." expliqua Max. "Nous avons gardé le ticket comme preuve d'achat."

Fudge sembla accepter cette explication :

"S'ils l'ont acheté au marché… tout me semble correct."

"Mais je ne parle pas du fruit, voyons !"

"Nos lois ne précisent pas qui du fruit ou de l'humain fait un avocat légitime."

"Qui est l'abruti qui a écrit les lois ?!" s'indigna Croupton Senior.

"Vous-même." répondit Fudge. "Il y a trois ans..."

"Alors les lois seront refaites, soyez-en sûr."

Barty Croupton Senior avait lui aussi une lueur de folie dans les yeux… finalement, la poire n'était pas tombée si loin du pommier.

"Il faudra passer devant une commission qui écrira un texte mais on va aussi devoir attendre que l'autre commission se mette d'accord avant de le renvoyer à l'autre-autre commission qui devra attendre la signature du conseil décisionnaire qui lui-même devra patienter trois mois, enfin c'est compliqué car ça dépend du nombre de clauses..." expliqua Fudge.

"Mais qui a décidé quelque chose d'aussi stup…"

Quand Fudge ouvrit la bouche pour lui répondre, Croupton leva une main :

"Ça va, ça va : je m'en souviens… pas de commentaire."

Bubulle le poisson sortit la tête du bocal et il claqua l'énorme réveil avec sa nageoire pour activer la sonnerie. Driiing ! Driiing !

"C'est l'heure du sandwitch !!!"

Les jumeaux Black firent une pause-repas d'une quinzaine de minutes pendant laquelle rien ne se passa. C'était comme si on avait suspendu le temps et seul Barty Croupton Senior qui observait le doigt en ronchonnant était une preuve du temps qui passe.

"Je crois que l'affaire n'est pas close, n'est-ce pas ?" dit Max en s'essuyant la bouche. "Malheureusement, nous ne pouvons pas rester car il faut que nous retournions à l'école pour notre cours de Botanique."

"Attendez mais... on vous a regardé manger votre sandwich pour rien ?!"

"Oh non." assura Harry avec un large sourire. "C'était un très bon sandwitch."

Ils se levèrent la séance fut suspendu suite aux trop nombreux rebondissements.

Quand Barty Croupton Senior quitta le tribunal, il tomba nez-à-nez avec l'imposteur Avocca Avocado, autrement dit son fils qui l'attendait, nonchalamment appuyé sur une énorme vache.

"D'où est-ce que ça sort, ça ?"

"Cadeau de la défense." répondit Junior avec le sourire narquois de celui qui mène la danse. "Tu ne refuse jamais un cadeau du parti opposé, n'est-ce pas ?"

"Ça t'amuse ?"

"Énormément."

La vache broutait l'horrible costume d'avocat de monsieur Avocca Avocado (métier : avocat), labellisé AAA pour faire court. Un nom tellement ridicule !

"Pavane bien tant que tu le peux..." menaça Senior.

"Si je tombe, tu tombe avec moi alors ne crois pas que tu me menace. Je sais reconnaître tes coups de bluffs !"

"Il est coupable et tu es le mieux placé pour le savoir."

Barty Croupton Junior ricanna.

"Oh tu ne crois pas si bien dire. Je suis le mieux placé pour connaître la vérité sur cette affaire."

"Qu'est-ce que ça signifie ?"

"Ça signifie… bon après-midi et à demain, Père."

Les deux Croupton restèrent face à face comme dans un vieux film de western mais ils se retirèrent avant de tirer. Dans ce duel père/fils… que le meilleur gagne.

-Fin du 30ème chapitre-

…à suivre…