Tu m'as manqué.
[8x03] : « Donc, en fait, il était mort là ? Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait même pas à être surpris ? » Throbb. Slash.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 108ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Ensemble". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
ND'A : Oui, je sais, tout le monde (en quelque sorte) l'a déjà fait sur le fandom anglais, mais je m'en fous, moi aussi je veux écrire ma propre version de la fin heureuse de ces deux persos, parce que le yaoi c'est le bien ! Et parce qu'il faut bien que je trouve un truc pour encaisser ce qu'il s'est passé dans l'épisode.
Ça se voit, hein, que j'ai été marquée par l'épisode ? Cet épisode m'a fait du mal, c'est mon moyen pour exorciser tout ça.
Warnings : Dépression + mort canonique d'un personnage. Ah oui, et c'est triste. Dans la tonalité de l'épisode quoi. Et Théon souffre. Comme d'habitude quoi. Et puis « Ramsay is his own warning. » Tension amoureuse irrésolue puis résolue à la fin. Angst ! Tellement d'angst ! Et un peu de fluff à la fin parce que à nouveau, j'en avais besoin.
Théon avait compris quel risquait d'être son destin à l'instant même où Yara avait accepté de le laisser repartir à Winterfell.
Parce que c'était là qu'était sa place, c'était là son véritable foyer, et sa grande sœur semblait l'avoir enfin compris.
Il aurait pu rester à Pyk, sur les Îles de Fer, y demeurer en sécurité, s'y terrer comme un rat, et survivre en attendant que les autres fassent le sale travail à sa place, comme le faisait en ce moment-même Cersei Lannister.
Il ne le ferait pas, parce qu'il n'était pas un lâche, qu'il ne l'était plus, et que pour lui, le seul moyen de le prouver était de se battre pour ceux qui avaient presque toujours été sa famille, qu'ils l'acceptent ou non dans celle-ci.
Yara allait rester là pour Daenerys, pour que la reine des dragons puisse s'y replier, en cas de défaite contre les morts, elle était la reine des fer-nés, et elle avait un rôle crucial à jouer dans la guerre qui s'annonçait.
Lui, à l'inverse, n'avait rien à faire ici.
Théon était parti en ayant parfaitement conscience que les choses risquaient de mal finir, il s'y était préparé.
En réalité, il ne voyait pas d'autre issue pour lui dans ce conflit.
Parce qu'après tout, si jamais ils vainquaient les morts et Cersei, quelle place y aurait-il pour lui dans cet après, dans ce nouveau monde dépourvu de marcheurs blancs ?
Il avait réussi à sauver Yara, et il la savait parfaitement capable de mettre une raclée à leur oncle Euron si jamais celui-ci osait se repointer à Pyk (du moins, si il survivait lui aussi à cette guerre à venir), elle n'avait plus besoin de son aide.
Quant aux Stark et à Winterfell en général, hé bien...
Ce serait déjà un miracle qu'ils l'acceptent pour combattre à leur côté, alors espérer obtenir une place au château une fois la guerre terminée (à nouveau, si toutefois il en réchappait) était une chose sur laquelle il ne comptait absolument pas.
Pour dire la vérité, le fait est qu'il n'avait lui-même plus envie de vivre.
Oui, en réalité, il était déjà mort, son ancien lui était mort depuis longtemps, depuis tellement longtemps, quand exactement, il n'aurait su le dire.
Était-il mort à Fort-Terreur, sous les coups, les tortures et les rires de Ramsay ? Ou bien s'était-il définitivement éteint après les Noces Pourpres, après avoir appris la mort de Robb ?
Ce qui est mort ne saurait mourir mais se lève à nouveau, plus dur à la peine et plus vigoureux.
Il était mort une fois, puis deux, puis trois, il avait cessé d'être Théon Greyjoy, puis il avait vu Sansa manquer de se faire tuer par cette folle de Myranda, et là, d'un seul coup, en la sauvant, il s'était relevé, enfin.
Il avait retrouvé Yara, puis il l'avait perdue à cause d'Euron, et enfin, il avait réussi à la sauver, à réparer l'une de ses plus grandes erreurs.
Etaujourd'hui, il était là, àWinterfell, à la maison, prêt à se battre jusqu'à la mort contre le roi de la nuit pour sauver Bran.
Mais désormais, il le savait déjà.
Cette fois-ci, il ne se relèverait pas.
§§§§
Protéger Bran avait été la bonne chose à faire.
En un sens, la boucle était bouclée, c'était comme un cycle qui se refermait enfin.
Il l'avait dit lui-même à Bran, il avait autrefois trahi sa famille et brûlé sa maison, l'avait mise à sac, alors, quelle meilleure manière pour lui de se racheter que de se battre pour lui, pour eux tous ?
Et, alors que les morts s'avançaient vers eux, inexorables, inéluctables, et qu'il avait tenté de s'excuser, Bran lui avait parlé, et implicitement, l'avait pardonné pour toutes ses erreurs et tout ses crimes, et c'était comme si un poids énorme l'avait enfin quitté.
Comme si les Stark, par le biais de Bran, lui permettaient enfin d'être à nouveau en paix avec lui-même, comme si enfin, ils le pardonnaient.
En revanche, il y avait une simple question qu'il n'avait pas eu l'occasion de lui poser, et qui le hantait encore et toujours, et qu'il se posait depuis des années.
Tu penses que Robb m'aurait pardonné ?
Tu penses que, s'il n'y avait pas eu les Noces Pourpres et qu'il avait survécu, Robb m'aurait pardonné, qu'il aurait compris ?
Tu penses que ce que j'ai fait peut être réparé, peut être arrangé ?
Tu crois que j'ai le droit de me pardonner ?
Il n'avait pas eu le temps de le lui demander.
Puis, Théon l'avait regardé droit dans les yeux, et il avait su qu'il savait comment tout cela allait finir.
Il allait mourir.
Mais il n'avait pas peur.
Il n'avait plus peur de mourir depuis bien longtemps.
Tu crois que ma mort changera quoi que ce soit ?
Que j'ai finalement réussi à faire quelque chose de bien, après toutes mes erreurs ?
Pardon Bran.
Et merci de m'avoir pardonné.
Il avait fait ce qu'il avait à faire, et, alors qu'il sentait la vie lentement quitter son corps, ce fut sans regrets, et en ayant conscience que, peut-être, il avait réussi à un peu changer la donne dans cette guerre.
Peut-être que ce qu'il avait fait, aussi minime cela soit-il, allait réellement compter.
Alors qu'il fermait définitivement les yeux, Théon Greyjoy se surprit à sourire.
§§§§
Quand il ouvrit une nouvelle fois les yeux, il était dans sa chambre, à Winterfell.
Donc, en fait, il était mort là ?
Pourquoi est-ce qu'il n'arrivait même pas à être surpris ?
Et surtout... pourquoi est-ce que cela ne lui faisait rien ?
Il était mort et il n'avait plus mal, et tout ce que Ramsay avait autrefois brisé en lui était revenu à la normale.
Puis, cela le frappa comme une évidence à la fois simple, douloureuse et surprenante.
Il était à Winterfell ?
Il se redressa sur son lit, constatant également assez rapidement qu'il portait les mêmes vêtements qu'avant... hé bien, sa trahison.
Comment ?
Et surtout, pourquoi par les sept enfers ?
Est-ce qu'il n'aurait pas plutôt dû être...
Enfin, après tout, qu'est-ce qu'il y connaissait réellement à ce qu'il se passait après la mort ?
Donc, s'il avait bien tout compris, il était mort, et il était revenu à Winterfell, apparemment, les anciens dieux, ou les nouveaux, ou le maître de la Lumière, ou le Dieu Noyé... enfin, peu importe.
Bref, une quelconque entité supérieur avait décidé qu'il était digne de revenir à la maison, et la simple pensée qu'il n'était sans doute pas seul dans cet au-delà (puisque presque tout les autres Stark morts s'y trouvaient sûrement) eut à peine le temps de traverser son esprit, qu'il entendit soudainement la porte de sa chambre s'ouvrir.
Révélant Robb Stark en personne, et Théon blêmit instantanément.
Il s'était attendu à n'importe qui, sauf à lui.
Et pendant quelques longues et mortelles secondes, il ne sut réellement quoi dire.
Parce que Robb était là, juste devant lui, et au-delà du soulagement qui l'étreignait à l'instant-même, c'était surtout la peur qui le dominait.
Le roi du Nord avait de nouveau sa tête sur les épaules, et ce simple fait avait suffi pour le faire se figer sur place, incapable de dire ou faire quoi que ce soit, si ce n'est le regarder comme s'il venait tout juste de voir un fantôme.
Parce que, la dernière fois qu'il l'avait vu, Robb Stark était mort, certes, il l'était toujours, mais la dernière fois, il n'avait surtout plus de tête.
Après les Noces Pourpres, Ramsay Bolton l'avait amené aux Jumeaux.
Probablement parce qu'il trouvait terriblement drôle de briser la dernière parcelle de Théon Greyjoy qu'il avait en lui de cette manière.
Il l'avait fait pour le détruire définitivement.
Pour lui montrer ce qu'il restait du roi qu'il avait autrefois servi, tant chéri, tant aimé, qu'il aimait toujours, et puis qu'il avait trahi.
À savoir, qu'il n'y avait absolument plus rien.
Il l'avait vu, avait vu sa tête arrachée à son corps, ses yeux bleus grands ouverts, ses yeux morts, ses yeux vides, il avait vu son corps déchiqueté, orné de la tête de Vent Gris, et l'odeur de sang, de pourriture et de mort qui lui avait envahi les narines avait manqué de le faire vomir.
Mais il n'avait pas hurlé.
Il n'en avait pas eu le droit.
Écoute-moi bien Reek, ose hurler, et je te jure que je te coupe un autre doigt, l'avait menacé Ramsay.
Et il avait obéi, bien évidemment.
Il s'était mordu la langue jusqu'au sang, et il n'avait même pas senti la douleur, ça faisait bien longtemps qu'il ne la sentait presque plus, pas après toutes les tortures que Ramsay lui avait faites endurer.
Et de toute façon, il méritait bien de souffrir, non ? Après tout ce qu'il avait fait.
Théon Greyjoy, lui, aurait hurlé de douleur face à cette perte, il aurait crié, se serait lamenté.
Mais cela faisait bien longtemps que Théon était mort de toute façon, et désormais il n'était plus que Reek.
(Ce qui est mort ne saurait mourir.
Mais Robb Stark, lui, était mort pour de bon.)
En revanche, il avait pleuré, et son esprit brisé, en lambeaux, n'avait pas compris pourquoi, parce qu'il ne se souvenait plus de rien, ou du moins, parce qu'il ne voulait tout bonnement plus se rappeler.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait le cœur en morceaux, que quelque chose en lui était mort pour toujours et ne reviendrait plus jamais.
Et Ramsay...
Ramsay avait rit.
Comme s'il s'attendait parfaitement à cette réaction, et que ça lui faisait plaisir de voir ça.
Il avait marché autour de Théon (non, Reek, son nom était Reek, il ne fallait pas qu'il l'oublie s'il ne voulait pas souffrir encore plus. Théon Greyjoy n'existait plus, et c'était tant mieux pour lui et le monde) pendant un temps, la tête de Robb entre les mains, jouant avec, regardant avec un air narquois sa pauvre victime, qui sanglotait, à genoux sur le sol.
Quelques secondes plus tard, il avait posé la tête à terre, juste en face de Théon, et il s'était assis juste à côté de lui.
Que dit-on dans ce genre de situation déjà ? Lui avait-il demandé, avec un faux air pensif sur le visage, ne semblant même pas attendre de réponse, comme perdu dans ses propres pensées.
Ah oui, c'est vrai ! Avait-il ajouté avec une joie malsaine.
Le roi est mort, lui avait-il susurré à l'oreille, alors que les sanglots de Théon (Reek, Reek, REEK !) s'intensifiaient de plus belle.
Longue vie au roi !Avait-il lâché avec un profond cynisme, avant d'éclater de rire, à nouveau.
Et c'était à cet instant précis que Théon Greyjoy avait le plus souhaité mourir.
C'était là précisément qu'il s'était senti mourir.
Puis, tout n'avait été que ténèbres, jusqu'à ce que Sansa Stark ne revienne à Winterfell et ne le fasse se ressouvenir de qui il était vraiment.
§§§§
Retournant à la réalité, une réalité dans laquelle il était mort, il remarqua que Robb non plus n'avait pas bougé d'un centimètre depuis qu'il était entré dans sa chambre.
Quant à Théon, il le regardait toujours avec le même air hébété.
« Robb ? Finit-il enfin par lui demander, brisant par la même occasion le silence qui s'était formé entre eux deux. C'est toi ?
Question stupide, réalisa-t-il immédiatement.
L'ancien roi du nord s'autorisa à sourire.
- Oui, bien sûr que c'est moi. »
Et à ces simples mots, Théon se sentit presque revivre.
Il aurait voulu se lever, pour ensuite aller serrer Robb dans ses bras, pour s'assurer qu'il était bien là, avec lui, mais il ne s'en sentait pas le droit.
Pas après tout ce qu'il avait fait.
« Robb, commença-t-il enfin par dire, je... Je suis désolé. Tellement désolé, pour... pour tout ce que j'ai fait à ta famille, à... »
A notre famille.
Il ne prononça jamais ces mots.
À vrai dire, il ne put rajouter un seul mot après cela.
Le pire, c'est qu'au fil des ans, il avait préparé une sorte de discours, au cas où il aurait la possibilité de revoir Robb dans l'au delà.
Et de s'excuser, pour de bon.
Je suis désolé de t'avoir trahi, de ne pas avoir su rallier mon père à ta cause, de n'avoir rien trouvé de mieux pour compenser mon échec que de faire le pire des choix, je suis désolé d'avoir pillé et brûlé ta maison.
Je suis désolé d'avoir été lâche, désolé de m'être laissé détruire par Ramsay Bolton, désolé de ne pas avoir pu te sauver des Freys et des Bolton, pardon pour tout.
Pardon de ne pas avoir été suffisamment fort pour protéger et sauver Bran.
Mais, maintenant qu'il était en face de lui, il ne parvenait plus à trouver les mots justes.
Un peu comme si, à ce stade, les mots ne suffisaient même plus pour qu'il puisse exprimer ses regrets.
Comme s'il avait compris à quoi il pensait, Robb se rapprocha de lui, et, toujours souriant, il posa une main sur son épaule.
« Théon... regarde-moi, ajouta-t-il, en constatant que son ami n'arrivait même pas à le regarder dans les yeux. Tu n'as pas à t'excuser.
Pardon ?
Comment Robb pouvait-il le pardonner aussi facilement alors que lui-même n'y était toujours pas arrivé ?
Face à sa surprise, son sourire s'évanouit, et le visage du Jeune Loup se durcit soudainement.
- Tu penses sincèrement que, en ayant connaissance de tout ce que tu as enduré par la suite aux mains de Ramsay Bolton, et aussi tout ce que tu as fait plus tard pour te racheter, je pourrais encore t'en vouloir ? »
Théon hocha la tête, encore muet et estomaqué par la manière dont se déroulaient les choses.
Robb soupira, et il s'assit à ses côtés.
« Théon... crois-le ou non, mais je ne te déteste pas.
- Moi, je me déteste, lui avoua le fer-né, sur le point de fondre en sanglot. »
La prise de Robb sur son épaule se renforça, sans le faire souffrir pour autant, en fait, en un sens, c'était presque... réconfortant.
Cela lui prouvait qu'il n'était pas seul.
Qu'il ne l'était plus.
Lorsqu'il sentit les premières larmes couler le long de ses joues, Théon n'en fut même pas surpris, et il tenta, sans grand succès, de les retenir.
En revanche, s'il y avait bien une chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était que Robb, en le voyant pleurer à chaudes larmes, au lieu de s'éloigner de lui comme il s'y attendait, ne finisse par le serrer contre lui, dans ses bras, et posant sa tête contre son torse afin de le laisser pleurer de tout son soûl.
Ce fut à cet instant précis que Théon perdit complètement pied.
« Pardon... marmonna-t-il. Je suis désolé. Pardon. Je t'en supplie, pardonne-moi. »
Robb le regarda alors avec un air terriblement tendre, et Théon ne put déterminer ce que cet air signifiait immédiatement.
« Théon, fit-il alors avec douceur. Ce que tu n'as pas l'air de comprendre, c'est que je t'ai déjà pardonné.
Sans se dégager de l'étreinte, son ami releva la tête, essuya ses larmes, et le regarda alors droit dans les yeux.
Et posa enfin la question qui le taraudait depuis plusieurs minutes.
- Pourquoi ? »
Sans répondre de prime abord, Robb Stark se contenta de le serrer encore plus fort contre lui, comme pour l'empêcher de partir loin de lui à nouveau, comme s'il refusait de le perdre encore.
« J'ai longtemps été en colère contre toi, tu sais... C'était plus de la colère que de la haine, et je t'en ai voulu longtemps parce que j'étais blessé. Ta trahison m'avait fait mal, et surtout, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi tu avais décidé de trahir notre famille. Même après les Noces... après ma mort, je continuais de t'en vouloir, je pensais que tu avais tué mes petits frères, et je ne comprenais toujours pas pourquoi tu m'avais fait ça. Tu nous avais fait ça.
Et puis plus tard, bien plus tard, j'ai appris que tu n'avais pas tué Bran et Rickon, et j'ai entendu parler de la manière dont ton père et ta sœur t'avaient accueilli, la manière dont tu avais été confronté à un choix impossible.
- Mon père était... est un sale con. Mais Yara, elle, elle fera une excellente reine. »
Un sourire illumina le visage de Robb, et Théon sentit son pauvre cœur s'affoler dans sa poitrine, et il se mit à trembler de joie.
Oh, par les sept, le dieu noyé, et tout les dieux qui existaient (ou n'existaient pas), comme Robb lui avait manqué !
« Je n'en doute pas. Toujours est-il que, j'ai fini par réviser mon jugement. Et quand j'ai entendu parler de ce que Ramsay t'avait fait...
Une ombre se posa alors sur le visage du Stark, et fit s'envoler son sourire, pour le plus grand regret de Théon.
- Disons tout simplement que, si nous étions tout les deux vivants, crois-moi si je te dis que je ne me gênerais pas pour le tuer dans les plus terribles souffrances possibles.
- Et après ? Lui demanda Théon, voulant chasser l'ombre du visage de son ami/amant/cette relation est beaucoup trop compliquée à définir.
- Tu as sauvé Sansa. Tu es revenu à Winterfell pour te battre contre les morts alors que tu aurais tout aussi bien pu te cacher. Tu t'es battu pour ta famille. Et c'est là que j'ai compris ce que Jon lui aussi a compris plus tard. Que tu étais à la fois un Stark et un Greyjoy, et que t'obliger à choisir avait été une erreur de notre part.
- Ça n'efface pas ce que j'ai fait.
- Peut-être. Sauf que tu as suffisamment payé pour tes erreurs, et si même Bran, Sansa et Jon t'on pardonné, tu ne crois pas que je peux le faire aussi ? Tu es mort pour sauver Bran, Théon, tu as permis à mon frère de gagner quelques précieuses secondes, et tu as permis à Arya d'arriver à temps pour tuer le roi de la nuit. Tu as sauvé les vivants, et tu as sauvé ce qu'il reste de ma famille. De notre famille. Tu as été un temps un traître, c'est vrai. Mais aujourd'hui, tu es un héros, et je sais qu'à Winterfell, dans ce monde ou dans celui des vivants, on te célébrera comme tel. »
Un timide sourire se forma sur les lèvres de Théon.
« Et puis, tu n'es pas le seul à avoir des torts.
L'archer fronça les sourcils.
- Qu'est-ce tu veux dire ?
- Tu te souviens du jour où nous avons été attaqués par des sauvageons ?
Bien sûr qu'il s'en souvenait.
Ce moment faisait parti de l'un de ceux où, pour lui, tout avait basculé.
Son sourire devint alors amer.
- C'est le jour où j'ai compris que je ne serais jamais un Stark.
En voyant que le regard de Robb était devenu attristé, il voulut reformuler sa phrase, mais l'autre fut plus rapide que lui.
- Tu as sauvé Bran de la mort, et moi, tout ce que j'ai trouvé à te dire, c'est : « Ce n'est pas ta maison. » Parce que j'avais eu tellement peur pour mon petit frère, que je n'ai rien trouvé de mieux à faire que de déverser ma peur et ma colère sur toi. Parce qu'il me fallait un bouc émissaire autre que les deux sauvageons morts qui avaient failli nous tuer. Sauf qu'en le faisant, je te traitais comme un moins que rien, et je réduisais tout tes efforts à néant. Pas étonnant qu'après ça, tu n'ai plus eu envie de faire partie de cette famille, lâcha Robb avec amertume.
- Je voulais toujours en faire partie, seulement... Mon père et ma sœur m'ont bien fait comprendre que c'était ta famille qui avait détruit la mienne, qui avait tué mes frères, et que jamais, jamais je ne serais respecté parmi vous. Et j'ai pensé que peut-être, je pourrais gagner une vraie place dans ma famille de naissance. J'ai eu la bêtise d'y croire.
- Je n'ai pas aidé non plus, avoua Robb. Je suis désolé Théon. »
Le fer-né sentit les larmes lui monter aux yeux une nouvelle fois.
Enfin, il entendait ces mots venant de la bouche de Robb, des mots qu'il avait attendu pendant tellement longtemps, pendant une bonne partie de sa vie, et le comble de l'ironie, c'est qu'il ne pouvait les entendre qu'après sa mort.
Par le Dieu noyé, pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit tout ça plus tôt ?
« Moi aussi je suis désolé. De ne pas avoir compris que j'étais en train de faire le mauvais choix. Pour ne pas avoir su... tout ce que j'allais perdre en faisant cela. Je n'aurais jamais dû te trahir, j'aurais dû...
J'aurais dû mourir avec toi aux Noces Pourpres.
- J'aurais dû mourir en même temps que toi.
- Ne dis pas ça ! Le sermonna immédiatement le jeune homme. Si tu étais mort ce jour-là, Sansa serait sûrement morte aux mains de Ramsay. Tu as protégé Bran jusqu'à mourir pour lui, ce n'est pas rien ! Et même si je suis heureux de te revoir, j'aurais souhaité que tu survives à cette guerre.
- Pas moi. Il ne me restait plus rien Robb, plus rien du tout. Même si tes frères et sœurs m'ont pardonné, ma place n'était pas à Winterfell.
- Théon... Ta place sera toujours à Winterfell. Enfin, si c'est ce que tu veux, bien sûr. »
Théon ne put alors s'empêcher de sourire.
« Où voudrais-tu que j'aille, si ce n'est ici ? »
Robb mit alors sa main dans la sienne, et ses yeux commencèrent à leur tour à s'embuer de larmes.
« Oh, Théon... tu m'as tellement manqué, lui souffla-t-il.
Le fer-né le serra alors dans ses bras.
- Toi aussi tu m'as manqué, murmura-t-il. »
Je t'aime, je t'aime, je t'aime.
Puis, quelques secondes plus tard, Robb Stark se détacha de lui, avant de prendre son visage entre ses mains, et de se mettre à le regarder avec tendresse et affection, et une autre émotion que, à nouveau, Théon ne réussit pas à bien identifier.
« Je t'aime, lui fit alors Robb, et Théon comprit enfin ce que cette lueur pouvait signifier, tout comme il réalisa également qu'il avait attendu ces mots-là également pendant extrêmement longtemps.
- Moi aussi je t'aime », et il réalisa aussi que c'était une chose qu'il attendait de dire depuis tellement longtemps également.
Robb se mit à l'embrasser, et, alors qu'il répondait au baiser, Théon se dit alors qu'il ne s'était jamais senti aussi vivant depuis des années, et ce, alors même qu'il venait tout juste de mourir.
Oui, ils étaient tout deux morts, certes.
Mais il étaient ensemble désormais, et c'était tout ce qui comptait, pas vrai ?
Et maintenant que tout ces non-dits avaient enfin été réglés, Théon se disait que cette après-vie ne serait peut-être pas si douloureuse que ça après tout.
