Le monde va à vau-l'eau.
[Post 8x03] : « Donc, si je comprends bien, alors qu'il y a encore quelques heures, les morts risquaient de déferler sur nous, pendant ce temps-là, Cersei... La fin du monde a failli nous tomber dessus, et ma tarée de sœur n'a rien trouvé de mieux à faire que d'engager un mercenaire pour me tuer ? » Léger Braime.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 108ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Plainte". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
Ils avaient gagné.
Et pourtant, en un sens, même s'ils avaient tous sauvé le monde, les ennuis ne venaient que de commencer pour eux tous.
Parce que, même si la lutte contre les marcheurs blancs avait été âpre, longue et mortelle pour beaucoup d'entre eux, au moins, dans l'esprit en tout cas, les choses étaient simples.
Tuer les marcheurs blancs.
Tuer le roi de la nuit.
Lutter contre un seul ennemi.
Ensemble.
Tous unis dans un même combat, celui des vivants contre les morts, contre la mort.
Maintenant que l'ennemi principal venait d'être défait, demeurait l'autre ennemi.
Le trône, et tout ce qu'allait enclencher et détruire la convoitise qu'il provoquait chez les uns et les autres.
Cersei, Daenerys...
Elles allaient toutes les deux s'écharper pour s'en emparer, ou pour le conserver, et si personne ne trouvait un terrain d'entente très vite, le monde ne serait bientôt plus fait que de cendres, et l'avoir sauvé des marcheurs blancs et de l'hiver éternelle n'aurait en fin de compte servit absolument à rien.
Bref, disons tout simplement que, de base, même si il avait enfin réussi à véritablement concrétiser les choses entre lui et Brienne (ça leur a pris du temps dites donc...), Jaime était déjà tout sauf jouasse quand à l'avenir, qui s'annonçait tout sauf radieux.
Et puis, Bronn était arrivé à Winterfell.
Avec une arbalète dans les mains et une menace à demi-voilée sur les lèvres.
« C'est une blague ?
- Tu te doutes bien que non mon bon seigneur, ironisa Bronn. Tu sais très bien que je ne plaisante jamais sur ces choses-là, surtout s'il s'agit d'argent.
Jaime soupira et dût se retenir de ne pas hurler, en fait, seule la main de Brienne posée sur la sienne l'empêcha de le faire.
Bronn vit le geste esquissé par la jeune femme, et eût un sourire goguenard, l'air de dire « je le savais », mais il ne fit étrangement aucune remarque.
Sans doute parce que la situation était trop grave, même pour lui.
- Donc, reprit alors Jaime avec exaspération, si je comprends bien, alors qu'il y a encore quelques heures, les morts risquaient de déferler sur nous, pendant ce temps-là, Cersei... La fin du monde a failli nous tomber dessus, et ma tarée de sœur n'a rien trouvé de mieux à faire que d'engager un mercenaire pour me tuer ?
- Pour nous tuer, le corrigea alors son frère. Mais en dehors de ça, fit-il en se resservant un verre de vin, c'est un bon résumé.
- Merci pour ces paroles réconfortantes mon frère, lui répondit Jaime avec un sourire forcé.
- Tu me connais, dit Tyrion, je suis toujours de bonne compagnie et extrêmement joyeux quand je bois. »
Cersei voulait leur mort.
Jaime n'arrivait pas à y croire, en fait, s'il le comprenait facilement pour Tyrion, que leur sœur avait toujours haï, il n'arrivait pas à se dire...
Il n'arrivait pas à réaliser que sa propre sœur avait décidé de le faire tuer.
Le pire dans tout ça, c'est qu'il n'en souffrait même pas.
Il avait fait le deuil de l'amour de Cersei depuis bien longtemps, depuis qu'il avait développé des sentiments amoureux pour Brienne de Torth, tout d'abord, mais surtout...
Il se le demandait désormais, depuis combien de temps exactement avait-il cessé de l'aimer, de tenir à elle comme un frère tient à une sœur ?
Quand la cassure entre eux s'était-elle produite au juste ?
Est-ce que c'était arrivé après la mort de Joffrey ? Celle de Myrcella ? Est-ce que c'était la mort successive de tout leurs enfants qui avait causé la destruction de tout leurs liens familiaux, qui les avait séparés inexorablement ?
Après l'explosion du septuaire, qui avait entraîné la mort de Tommen, celle des Tyrell, celle des moineaux, celle de Lancel et Kevan Lannister et celle de tant d'autres innombrables innocents ?
Après qu'elle avait finalement enlevé son masque et révélé la personne qu'elle était réellement, à savoir une femme prête à tout pour conserver le pouvoir, quitte à laisser le monde périr ?
Après tout, peu importe.
Jaime fut sortit de ses pensées par la brusque intervention de Brienne.
« Si vous comptez tuer Ser Jaime, Bronn, il faudra d'abord me passer sur le corps, fit-elle avec une force et une certitude qui le fit tomber encore plus amoureux d'elle qu'avant (si c'était possible du moins).
Bronn haussa les épaules avec un flegme plus que surprenant au vu de la situation.
- Oh, vous savez ma dame, je ne compte ni vous affronter, ni tuer mes employeurs. Surtout que, vous avez déjà vaincu les morts eux-mêmes, je suis sûr que vous serez bien capable de nous débarrasser de cette garce de reine ! Si je dois parier sur quelqu'un, je vais parier sur vous plutôt que sur elle. Au moins, vous me payez bien, et avec vous, je peux me marrer.
- C'est Ser Brienne maintenant, remarqua nonchalamment Tyrion pour détendre l'atmosphère et leur permettre à tous d'oublier la menace qui pesait sur leur tête en la personne de Cersei Lannister.
Bronn haussa un sourcil surpris, avant de s'emparer du verre de vin que Tyrion avait en main sous le regard courroucé de ce dernier, et celui-ci finit par prendre un autre verre sur la table, en désespoir de cause.
Le verre en question était vide, bien sûr, et Tyrion soupira.
Et le pichet en face de lui était vide également, donc, en résumé, sa sœur voulait le tuer, et il n'y avait plus de vin.
C'était vraiment une mauvaise journée pour lui.
Le mercenaire s'assit en face du couple formé par Brienne et Jaime (dont les doigts étaient entrelacés), avant de les désigner tout deux du regard avec un sourire amusé.
- Hé bien, apparemment, j'ai raté beaucoup de choses intéressantes qui se sont passées par ici, non ? Ça vous dit de me raconter ? »
Malgré sa mauvaise humeur actuelle, Tyrion Lannister ne put s'empêcher de sourire face à l'attitude affreusement désinvolte de celui qu'il avait appris à considérer comme son ami.
Apparemment, certaines choses ne changeaient jamais réellement.
