Chapitre 33 :
Une formalité administrative
La Reine des moldus d'Angleterre se tenait dans l'encadrement de la porte et toute l'assemblée la regardait d'un air interdit en se demandant s'ils n'étaient pas en train de délirer à cause de la chaleur... et d'ailleurs : pourquoi est-ce qu'il faisait aussi chaud ?!
"Dois-je rester debout jusqu'à la fin du procès ?" dit-elle d'un air ennuyé.
La vérité c'est qu'ils avaient beau être des Lords aux yeux de la loi des sorciers, ça ne concernait en rien la Reine et même un homme aussi bien placé que Lucius Malfoy n'aurait pas réussi un tel prodige. Barty Croupton Senior regarda son fils avec un nouvel air : enfin ! Tant d'années à jouer contre lui en violant les lois, il s'aventurait enfin de son côté et il était sur le point de le battre avec un mouvement digne de la famille Croupton.
"Bubulle désigne cette place, juste à côté des feuilles de palmier-éventail et Bubulle a toujours raison." lui dit Harry Black comme s'il parlait à un camarade de dortoir. "Installez-vous confortablement, on y a mis un coussin à mémoire de forme et croyez-moi, c'est largement mieux que tous les coussins brodés du monde."
"Oooh ? Vous avez votre propre TiPlouf ?" s'écria la Reine Élisabeth d'un air émerveillé. "C'est une grande affaire… les enjeux doivent être crutiaux."
"C'est juste une formalité administrative !" répéta le Procureur pour la millième fois.
Tout le juré soupira le même air qui signifiait que c'était la formalité administrative la plus longue de toute l'histoire de la justice… ou qu'il était très borné. Ils connaissaient la réponse, malheureusement.
"Tout ceci est ridicule, on ne peut pas m'arrêter parce que j'ai mal collé un timbre !" s'écria Croupton. "Je me suis trompé... les sorciers n'utilisent même pas de timbre-poste !!!"
"Nulle n'est censé ignorer la loi, Procureur Croupton." lui dit sagement Max.
Elle avait appris le code pénal alors qu'elle n'avait même pas fêté son huitième anniversaire : TOUT le code pénal pour savoir comment faire condamner sa famille biologique pour négligence. Finalement, elle n'en avait pas eu besoin mais son argumentaire était près, au cas où...
"Sauf votre respect, je..."
"Ceci est très impoli en effet." gronda la Reine. "Votre usage de la langue est déplorable pour quelqu'un d'aussi haut placé et je n'hésiterai pas à prendre les mesures nécessaires."
"Bien envoyé !" cria Harry.
Elle lui adressa un sourire chaleureux et une fois n'est pas coutume, ils se demandèrent tous que/quoi/pourquoi putain de whaaat ??? Comment pouvait-elle les tolérer et pourquoi supportait-elle leur impolitesse ?
"Avant que vous ne me condamniez pour un motif absurde de manière arbitraire et injuste..." commença Croupton.
"Plus injuste que d'enfermer un homme sans enquête ni procès pendant douze ans ?" releva-t-elle.
"… euh... je n…" balbutia le Procureur en secouant la tête. "Eux, derrière leur bouille candide sont d'horribles petites crap…"
L'avocat Avocca Avocado passa la langue sur sa lèvre supérieure et il appuya trois fois sur le poussoire d'un stylo bic avant de noter encore une fois de quoi poursuivre le Procureur pour diffamation.
"Non mais regardez ça !!! Ils sont en train de… de… vous voyez ?!"
"J'ignorais que l'usage d'un stylo bic était interdite chez les sorciers." commenta la Reine qui ne voyait pas où il voulait en venir.
"Fudge ! Ils sont en train d'écrire le moindre petit détail pour me coincer : c'est déloyal !"
"Oh ? Vraiment..." le Ministre fronça les sourcils. "Alors nous sommes tous terriblement déloyaux ici, dans ce cas mais c'est vrai que le Palais de Justice n'engage que trop peu de Poufsouffle… Voulez-vous d'une justice moins égocentrée ? On pourrait arrêter de favoriser les…"
"Non !"
Bien sûr, Pan s'en donna à coeur joie de rajouter tout un paragraphe contre son Père qui s'ajoutait à plusieurs pages noircies et il s'en réfera aux lois principales que Max lui avait mises à part pour qu'il n'ait pas besoin de tout étudier.
"Je veux juste comprendre pourquoi... comment ils ont fait pour... pour... vous comprenez ?" insista-t-il mais il ne récolta que des visages incertains. "Vous ne vous mêlez jamais aux affaires des sorciers alors… qu'est-ce qui a changé ?!"
"Nicolas et Pernelle Flammel m'ont demandé de venir ici pour cette affaire de timbre-poste et je ne rate jamais une occasion de les satisfaire : vous savez tous les bénéfices qu'ils ont apporté au Royaume."
"Nicolas et Pernelle Flammel… Nicolas comme LE Nicolas Flammel ?!"
Les portes s'ouvrirent à nouveau et le couple d'alchimiste entra d'un pas assuré comme s'ils étaient chez eux et qu'ils écrasaient la justice. Une poignée de sorciers seulement les identifia : Pernelle était reconnaissable mais elle n'avait jamais été correctement mise en avant et Nicolas avait envoyé les conventions sociales se faire foutre depuis qu'il avait rencontré Harry, Max et Michael donc il était juste beaucoup trop jeune pour que les liens se raccrochent dans l'esprit des gens.
"Tout se passe comme vous voulez, les enfants ?" demanda Pernelle en posant sur eux le regard affectueux d'une grand-mère.
"Nous attendons le moment opportun pour placer notre coup du python." expliqua Harry. "Nicooo !!! Ça fait beaucoup trop longtemps que tu gardes la clé du succès, j'en ai marre d'attendre !!!"
Sans prévenir, le Serpentard bondit de son siège et il envoya valser l'un des sortilèges lancé par le plus grand alchimiste de tous les temps d'un revers de main agacé. Il essaya de se téléporter sur son adversaire mais les protections magiques l'en empêchèrent et il tomba au sol, foudroyé.
"Ça suffit, vous deux ! Vous allez finir par vous blesser..."
"Je t'ai déjà dis que si tu la veux, tu n'as qu'à venir me la prendre."
"KYAAA !!!" cria Harry.
Mais il se tordait de douleur, des larmes plein les yeux et il dû attendre que Pernelle lui donne une potion anti-douleur pour se relever. Tout ce qui empêchait les téléportation s'attaquait directement aux nerfs et ça faisait un mal de Toutou, ou un mal de Fifille, ça dépendait des jours.
"Tu réessayeras un autre jour, microbe." le rassura Nicolas.
Max et Pernelle échangèrent un regard fatigué, elles savaient comment ça allait finir... spoiler : pas méga bien.
"MAIS JE T'EMMERDEUUUH !!!"
"Oh mais c'est pas vrai." soupira Pernelle.
Harry utilisa l'impulsion de ses pattes de panthère, cachées sous ses larges robes d'école pour bondir droit sur l'alchimiste qui ne pourrait pas fuir à cause des protec… Nicolas Flammel transplanna quelques mètres plus loin comme si c'était naturel de faire sauter les plus hautes protections du monde magique et Harry embrassa le sol, fort. Il s'explosa très violemment le menton sur la pierre froide de la Salle des Jugements et une gorgée de sang afflua dans sa bouche mais il ignora la douleur et ses blessures pour réessayer la téléportation… en vain, bien sûr.
"AAAÏEUUUH…" cria-t-il enfin, à bout de nerfs. "Pourquoi Nico il a le droit de se téléporter et pas moiii ???" pleurnicha-t-il.
Pour la première fois depuis qu'il avait posé le pied dans ce tribunal, le petit Lord Harry Black (de la branche slave) faisait ses treize ans et il avait l'air d'un petit garçon blessé, physiquement et dans son orgueil.
"Parce que Nicolas Flammel est le plus grand alchimiste de tous les temps et qu'il a 600 ans et des poussières d'étude de la magie." répondit Pernelle en lui donnant de quoi se soigner (et de quoi l'immobiliser efficacement). "Et que toi, tu n'es qu'un puissant sorcier de 13 ans à peine qui a des ambitions beaucoup trop prétentieuses."
"J'SUIS PAS PRÉTENTIEUX !!!"
"Non, tu es juste un Serpentard qui demande la Reine d'Angleterre pour une simple banalité administrative." répondit-elle avec les yeux pétillants.
Barty Croupton Senior se leva de sa chaise comme s'il était assis sur des ressorts et il s'écria :
"Aaah ! J'vous l'avais bien dit : ce n'est qu'une formalité administrative !!!"
Comme d'habitude, l'assemblée soupira.
-Fin du 33ème chapitre-
…à suivre…
