Un meilleur homme.
[8x02] : « Le discours que Brienne avait prononcé pour sa défense l'avait touché bien plus qu'il ne voulait l'admettre. » Braime.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 108ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Oral". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
Il ne s'y attendait pas, à vrai dire.
Jaime Lannister s'était attendu à la fureur de Daenerys Targaryen, ainsi qu'à la colère et la haine de Sansa Stark à son égard, et même s'il s'était défendu face à elles deux, il était d'accord sur le fait qu'il méritait leur courroux.
Pendant la durée de son « procès », il n'avait pu s'empêcher de jeter des regards furtifs vers Bran Stark.
Le garçon dont il avait brisé à la fois les jambes et la vie, celui qui ne marcherait plus jamais à cause de lui, et revoir le jeune homme sur cette chaise roulante avait réanimé de plus belle ses remords.
Et il avait attendu, encore et encore, que celui-ci ne finisse par s'exprimer, par l'accuser, et il aurait accepté d'être puni pour ça s'il l'avait fallu.
Tout ça grâce à/à cause de Brienne, qui l'avait changé, l'avait révélé à lui-même, lui avait rendu son honneur, avait fait de lui un meilleur homme qu'il ne l'aurait jamais été sans elle, et s'il était resté sous l'influence toxique de Cersei.
Mais Bran s'était tu, si ce n'est quand il s'était fendu d'un ironique : « les choses que l'on fait par amour », et Jaime avait blêmi, sentant son cœur se serrer.
Et le Lannister avait cru que ça se terminerait là, que, malgré sa bonne foi et ses bonnes intentions, ainsi que sa volonté de se battre pour les vivants, il allait être exécuté ici, maintenant, et sans autre forme de procès, un peu comme Rickard et Brandon Stark avaient été brûlés par Aerys autrefois.
(Tel père, telle fille, non ?)
Son frère avait vainement tenté de le défendre, mais le fait que le Régicide était venu à Winterfell sans l'armée promise par Cersei n'avait pas vraiment aidé, et Jaime aurait presque pu rire alors qu'il comprenait qu'il allait peut-être mourir parce que Cersei avait manqué à sa parole.
C'était tellement ironique que ça lui donnait presque envie de pleurer.
Et puis, d'un seul coup, un miracle était survenu, en la personne de Brienne de Torth.
Elle avait parlé, l'avait défendu corps et âme, avait affirmé que c'était grâce à lui si Sansa Stark était sauve, et il n'avait pu que la regarder parler, stupéfait.
Il l'avait écoutée, et il avait sincèrement voulu croire dans ce qu'elle était en train de dire de lui.
Mais comment faire, alors que la preuve vivante de sa monstruosité et de son inhumanité passés se trouvait justement devant ses yeux, à le regarder comme si de rien n'était ?
Un poids l'avait quitté, avant d'être remplacé par un autre, provoqué par la peur qu'elle se trompe à son sujet.
Il avait peur qu'en réalité, elle n'ait tort en le décrivant comme un homme fort, brave, courageux, honorable, un homme qu'il avait pu être autrefois, mais qu'il n'était plus depuis longtemps, ou du moins qu'il n'avait pu redevenir que depuis peu, uniquement sous son influence.
Et il y avait autre chose.
Le discours que Brienne avait prononcé pour sa défense l'avait touché bien plus qu'il ne voulait l'admettre.
Elle l'avait sauvé, et maintenant, il ne savait même plus quoi dire.
Tout ce qui s'était passé par la suite s'était déroulé dans un flou impossible à dissiper, à vrai dire, il n'arrivait même plus à se rappeler de si oui ou non il lui avait dit merci, à vrai dire, la jeune femme elle-même semblait comprendre que quelque chose n'allait pas dans son comportement, et il n'aurait pas pu lui donner tort même s'il l'avait voulu.
Il savait qu'il ne devait pas lui parler, sinon il risquait de dire une connerie.
(Ou d'en faire une, ce qui n'était guère mieux.
Genre, l'embrasser, alors que ce n'était absolument pas le moment.)
Quelque chose du genre : merci de m'avoir sauvé de la colère des gens du nord, vous êtes la meilleure femme que j'ai jamais rencontré, sans vous je ne serais sûrement pas venu ici, je vous aime, voulez-vous m'épouser ?
Ouais, ce qu'il risquait de recevoir, c'était son poing dans la gueule, donc il valait mieux qu'il s'abstienne.
Mais, alors que, quelques heures plus tard, il prenait la décision d'adouber Brienne et de la faire chevalier de façon officielle, en voyant son regard empli de joie, il se mit soudainement à sourire.
Peut-être qu'après tout, il était réellement devenu un meilleur homme grâce à elle.
Merci Brienne, pensa-t-il.
Pour tout.
