Chapitre 36 :

Comme d'habitude

Quand Severus Rogue se réveilla, ce matin-là, rien n'aurait pu le préparer au drame qui allait marquer sa journée... et peut-être le reste de sa vie.

Il se réveilla comme d'habitude.

Ronchonna comme d'habitude.

Ouvrit les yeux comme d'habitude.

Pesta contre Harry Black comme d'habitude.

Songea qu'il détestait tout comme d'habitude.

Pesta contre les Gryffondors comme d'habitude.

Et à peine se rappela-t-il de l'approche imminente du match de Quidditch avec ses serpentards qu'il devina qu'il serait dans la merde… mais demain, pas aujourd'hui ! Harry le faisait toujours chier LA VEILLE d'un match pas l'avant-veille. Il était tranquille. N'est-ce pas ?

Tout commença quand il alluma les torches d'un coup de baguette, son sang se glaça d'effroi : DEMAIN… TU SAIS CE QUI T'ATTEND. Harry avait écrit ça sur son mur. Bordel.

"Harry ? Harry ?" appela-t-il.

Il n'y avait aucun BANG ! alors il en conclut qu'Harry n'était pas là car ce gamin était tout sauf discret. La journée était orageuse donc il en conclut que le Capitaine de l'équipe faisait travailler ses joueurs jusqu'à la rupture nerveuse… mais il n'avait pas tord, les Détraqueurs rôdaient et avec eux, le mauvais temps : l'orage n'allait pas se dissiper de si tôt.

"Qu-AAAH !!! BLAAACK !" cria Severus Rogue en arrivant dans son salon.

Non, il n'avait pas tout réaménagé dans son sens de l'ordre tout... euh… particulier. Par contre, il avait totalement salopé ses murs !

JE SERAI LÀ...

… TU PEUX M'ÉCHAPPER…

… MAIS TU NE PEUX PAS TE CACHER...

… EUH...

NON, ATTENDS ! C'EST PAS ÇA.

TU PEUX TE CACHER…

… MAIS TU NE M'ÉCHAPPERAS PAS !

MOUHAHAHA !!!

"D'accord…" marmonna le Directeur des Serpentard. "Je savais déjà qu'il était fou mais... il arrive encore à m'étonner. Accio café !"

La boîte de café était vide, juste un post-it collé au fond : 'oups… j'ai tout bu' et un professeur peut toujours identifier un élève avec son écriture. Enfin... là, y'avait pas vraiment une grande nécessité car Harry était le seul pour faire un truc pareil.

"Booon… on se détend. Caaalme, s'énerver lui ferait trop plaisir. Ahuuuum… ahuuum… ahu' ark, ça me donne envie d'étriper des chatons !!! RELAXATION, FRANCHEMENT ??? C'EST UN COMPLOOOT !!!"

Quand il ouvrit la porte de sa salle-de-bain alors qu'il n'avait pas bu son café donc dans une humeur toute relative, il… il... referma la porte, violemment et il tomba au sol.

Boum-Boum... Boum-Boum... Boum-Boum... le sang martellait ses oreilles et il savait que ce n'était qu'un PUTAIN d'Épouvantard de meeerde mais c'est vraiment une saloperie. Juste après les messages sur les murs et sans café, il n'était PAS en état de voir Lily Evans étendue dans un bain de sang sur son carrelage.

"SsseverussS…" chuchota quelqu'un en fourchelangue dans sa tête. "SsseverussS… je viens pour toi. Tu sssais sss'ce qu'il t'attends, n'est-sss'ce pas ?"

Là encore, il SAVAIT qu'Harry Black était un fourchelangue et que Lord Voldemort ne pouvait plus l'atteindre parce qu'il avait coupé son bras avec la marque mais... mais... ça dépasse la logique.

"C'est paaas drôle, Black."

Il quitta ses appartements en pyjama mais comme il dormait avec de longues robes noires, personne ne verrait la différence… plus il s'éloignait des cachots et plus c'était horrible. Harry Black avait tapissé tous les murs du château et il lui parlait directement dans le cerveau avec une voix à glacer le sang. Et le pire dans tout ça, c'est que Severus mit un certain temps avant de comprendre qu'il était le seul à percevoir les messages.

"HARRY BLACK VA ME TUUUER…" hurla-t-il quand il croisa Minerva McGonagall au détour d'un couloir.

"Oooh… ça, c'est une évidence." dit-elle avec un air amusé car elle n'avait aucune idée de l'enfer qu'Harry lui faisait vivre. "On mourra tous d'une rupture nerveuse avant la fin de ses études. Toi le premier, d'ailleurs, parce que tu es..."

"JE VAIS MOURIR ! JE VAIS MOURIIIR !!!"

Quand il déboula dans la Grande Salle en suppliant qu'on abrège ses souffrances, toute l'école se jeta sur lui et il reçu de nombreux maléfices terriblement douloureux… Pourquoi est-ce qu'on laisse des gamins se promener avec des engins de mort en poche dans les couloirs de leur école ? C'est méga dangereux : pourquoi le monde est con ???

"Si on ne fait rien, on devra changer de Directeur de Maison…" constata Drago Malfoy avec sa voix traînante. "À tous les coups, on va se retrouver avec Lupin !"

Remus Lupin ? Directeur des Serpentard ??? NOOON…

Severus Rogue... qui jusqu'ici se laissait malmener sans trop réagir (sinon, il aurait foudroyé tous les élèves, d'un seul mouvement du petit doigt) sembla se réveiller d'un coup à cette idée et il hurla d'une voix très peu glorieuse :

"SORTEEEZ-MOI DE LÀÀÀ !!!"

Toute cette agitation et sa paranoïa anormale poussa Albus Dumbledore à le conduire jusqu'à l'infirmerie où Madame Pomfresh promis de le garder dans la cellule d'isolement qu'elle avait construit sur-mesure pour lui, durant ses études après qu'il ait essayé de s'échapper par la fenêtre… en se cassant une jambe dans la manoeuvre mais ça valait le coup car elle avait voulu lui appliquer une crème cicatrisante sur une coupure.

"Vous ne pouvez pas faire ça... vous... vous ne comprenez pas, il va venir. Harry... Harry va... il…"

"Je vais quoi, Professeur Rogue ?" demanda Harry avec sa gueule d'ange.

"KYYYA !!! QU'EST-CE QU'IL FICHE ICI ??? À L'AIDE !!!"

"Je crois que ca ira pour le moment, Madame Pomfresh." dit poliment l'élève.

Et il s'éloigna très lentement d'un pas noble jusqu'à la porte. Juste avant de sortir, il se retourna vers Severus Rogue pour lui adresser un clin d'oeil provocateur et il s'en alla.

"C'est très étrange... il est venu de son plein-gré pour que je lui mette un pansement sur une coupure de papier invisible." constata Madame Pomfresh d'un air vague. "Lui qui aurait tué père et mère pour ne pas être hosp..."

"NOOON !" cria Severus Rogue. "Pas les parents… pas les parents… pas..."

"Qu'est-ce qu'il a…"

"HARRY BLACK NOUS TUERA TOUS DEMAIIIN !!!" cria le Professeur des Potions. "… enfin, il tuera juste moi mais le reste n'est pas important. JE VAIS MOURIR DEMAIIIN !!!"

Et le pire, dans tout ça c'est qu'Harry Black n'avait rien prévu pour le lendemain : il passa sa journée à observer la terreur dans les yeux de son Professeur… tout ceci n'était qu'un immense coup de bluff. Et il avait gagné, bien sûr.

-Fin du 36ème chapitre-

...à suivre…