Tu n'aurais jamais dû quitter Winterfell.
[UA 8x05. Suite de Le prix du sang] : Jaime part à Port-Réal pour tuer Cersei. Évidemment, ça tourne mal. Braime, Past Jaisei évoqué. Death!fic.
ND'A : J'ai détesté l'épisode 5. Voilà. Disons que c'est ma version de l'épisode. En triste parce que c'est mon humeur suite à l'épisode. Avec du Braime. J'avais déjà ce texte en tête avant de voir l'épisode, mais disons que l'épisode m'a donné encore plus envie de l'écrire. Et de gueuler et de râler encore plus que d'habitude.
Ai-je glissé une référence presque indétectable à Once Upon A Time à un moment ? Hum... possible.
Ce texte manque probablement de cohérence, mon scénario c'est n'importe quoi, mais pour être honnête, après cet épisode, j'en ai plus rien à foutre. Oui, ce texte c'est n'importe quoi également, je suis d'accord.
Je m'inspire en partie de ce qu'il s'est passé dans l'épisode, mais honnêtement, je pense que mon respect pour le canon est mort en même temps Jaime et Cersei.
Jaime quitta Winterfell le cœur lourd.
Il avait fait ce qu'il devait faire, et ce faisant, il avait pris la décision la plus douloureuse de sa vie.
Il avait brisé le cœur de la femme qu'il aimait afin de la protéger, et ce, pour la bonne cause.
Oui, il avait bien fait.
Même s'il espérait de tout cœur survivre à ses « retrouvailles » avec Cersei, il avait parfaitement conscience qu'il risquait de ne pas y arriver.
Il voulait revoir Brienne, plus que tout, mais il sentait au fond de son cœur qu'il avait une mission.
Brienne devait le haïr désormais, se dit-il alors qu'il chevauchait encore à vive allure, et par les Sept, ce que ça faisait mal !
Reste avec moi !
Je ne peux pas Brienne, avait-il pensé. Je suis désolé.
Je t'aime.
Au moins, s'il mourrait là-bas, la jeune femme n'en souffrirait pas trop.
Peut-être.
Il s'était assuré qu'elle ne le suivrait pas, qu'elle n'ait pas envie de le suivre.
Du moins, c'est ce qu'il croyait.
Il ignorait que là aussi, il avait terriblement tort.
Bien sûr qu'elle allait se mettre à sa recherche.
Et qu'elle le retrouverait.
Elle le retrouverait toujours.
§§§§
Quand Jaime arriva à Port-Réal, la bataille était déjà terminée.
La ville était en flammes, mais contrairement à ce qu'on aurait pu croire, ce n'était pas le fait de Daenerys.
Mais seulement celui de Cersei.
Elle savait qu'elle avait perdu et, comme dernier chant du cygne, elle avait fait exploser la moitié de la ville à l'aide du feu grégeois autrefois dissimulé par Aerys dans les fondations de la capitale.
En constatant ce qu'était devenue la ville à cause de sa sœur, Jaime avait sentit son cœur se serrer, et il avait compris qu'il était à sa place.
Cette pensée n'était aucunement partagée par Tyrion, qui, quand il avait vu son frère arriver vers eux, avait subitement blêmi.
Il s'était dirigé vers lui, et l'avait regardé avec sévérité, ce qui, bizarrement, avait donné l'impression à Jaime d'être de nouveau face à son père, le faisant se sentir comme un petit garçon coupable d'une grosse bêtise et sur le point de se faire sévèrement gronder.
Tyrion avait voulu hurler de colère.
Quelqu'un allait-il donc enfin l'écouter, par les Sept ?
L'angoisse qui tenaillait le cœur et les entrailles du nain à la simple idée de toutes ces personnes mortes à cause de la folie de Cersei ne fit alors que se renforcer tandis qu'il voyait son grand frère être là, devant lui, et ce alors qu'il n'aurait jamais dû l'être.
« Qu'est-ce que tu fais là ? Lui avait beuglé dessus la Main de la reine, interdit de voir son grand frère ici, stupéfait de constater qu'il lui avait tout bonnement désobéi. Pourquoi as-tu quitté Winterfell ? Tu étais supposé y rester, et y vivre heureux, avec Brienne ! Quand écouteras-tu ce que je te demande de faire ?
Malgré l'horreur de la situation, l'odeur du sang et des flammes, le Régicide se permit de sourire.
- Jamais, je le crains... C'est moi ton grand frère, après tout, normalement, c'est à toi de m'écouter et de m'obéir. »
Malgré sa tentative d'humour, Jaime ne réussit pas à faire naître un seul sourire sur le visage de son petit frère, qui continua à le regarder avec un sérieux désarmant.
« Tu n'aurais jamais dû quitter Winterfell, marmonna-t-il.
- Où est Cersei ? L'interrogea Jaime, sans tenir compte de son intervention.
- Enfermée dans le Donjon rouge. Elle s'y est barricadée dès le début de la bataille. »
Port-Réal était en ruines, le Donjon rouge était à moitié détruit, et en un sens, c'était presque un miracle qu'elle n'ait pas encore été écrasée par un quelconque débris.
Qyburn était mort, la Montagne était mort, tué par le Limier, qui s'en était sortit de justesse, Euron Greyjoy avait été tué par sa nièce.
Seule demeurait Cersei, sans alliés, sans partisans, sans peuple à utiliser comme bouclier pour empêcher sa fin prochaine.
Elle avait perdu, et elle n'avait plus rien, n'était plus rien, et ça, tout le monde le savait.
Tyrion le savait, Daenerys le savait, Arya Stark le savait, Jon le savait, Varys le savait, même Brienne qui était encore sur les routes en direction de Port-Réal avait reçu le message.
La seule raison pour laquelle Daenerys n'avait pas encore mis le feu au Donjon rouge était parce que dans les entrailles de celui-ci, au fin fond des cachots, se trouvaient encore des prisonniers, dont la plupart étaient acquis à la cause de Daenerys, notamment Ellaria Sand.
Enfin, si celle-ci était encore vivante...
Jaime hocha la tête.
« Très bien. Je vais y aller.
- Non.
Son frère lui adressa un dernier sourire.
- Tu ne peux pas m'en empêcher. »
Puis, sans que son frère fasse quoi que ce soit, il se dirigea vers le Donjon rouge.
« Au revoir Tyrion. »
Une part de lui-même savait déjà qu'il n'en sortirait pas vivant.
Il pria de tout cœur pour avoir tort à ce sujet.
§§§§
La première chose que Jaime Lannister constata en entrant dans le Donjon rouge fut le sang qui maculait le sol.
Il regarda Cersei droit dans les yeux, et s'aperçut très rapidement que c'était elle qui saignait, au niveau du ventre.
La reine déchue se mit à sourire avec froideur.
« Bonjour Jaime, susurra-t-elle à son jumeau, sans aucune trace de tendresse dans la voix.
- Tu es blessée, lui répondit son frère avec un certain détachement.
Le sourire de la Lannister s'agrandit et devint presque monstrueux.
- Notre enfant est mort, Jaime, dit-elle. Notre futur est mort. À cause de toi. Parce que tu as choisi de suivre la « reine des dragons ».
- Sans la reine des dragons, nous serions tous morts, ou changés en marcheurs blancs. Quant à mon futur...
Il se força à sourire, sans succès.
- Notre futur n'est plus depuis longtemps. Tu m'as condamné à mort, Cersei. Et mon futur, à moi... n'est qu'une vaste blague. Mon futur n'existe déjà plus. Le futur que j'aurais pu avoir, que j'aurais voulu vivre, ce futur... ce n'est pas avec toi que j'aurais voulu le vivre. Mais mon futur avec Brienne... n'existera jamais. Parce que ce futur, à cause de ce que je suis, à cause de ce que tu m'as fait faire et devenir, à cause de ce que j'ai fait pour toi, ce futur, je l'ai déjà mis en cendres ! Et rien de ce que je pourrais faire ne réparera jamais tout ça.
Le sourire de sa jumelle devint amusé, et un peu douloureux, à cause de la souffrance physique, sans doute.
- Tu es là pour me tuer ! Affirma-t-elle sans aucune hésitation. »
Puis, sans attendre sa réponse, elle éclata de rire.
Parce qu'en un sens, ils savaient tout deux que sa démarche était vaine.
Elle était déjà mourante.
Mais peu importe.
Il avait une mission à remplir, non ?
Jaime sortit son épée, et se dirigea fermement vers elle, avant de l'en transpercer, et le sourire de Cersei se teinta de sang.
Seulement, quelques secondes plus tard, il sentit lui-même une douleur cuisante le transpercer, et il réalisa qu'il n'avait pas fait attention à la dague que Cersei avait dissimulé derrière son dos, avec laquelle elle venait tout juste de le poignarder.
Espèce de garce.
Il pensa ironiquement qu'il s'y attendait et qu'en réalité, il était venu uniquement pour ça.
Pour mourir.
Pour expier tout ses crimes dans cette mort qui aurait dû survenir pour lui des années plus tôt.
C'était d'une tristesse, vraiment, que tout, absolument tout, ait guidé à cette conclusion-là.
À leur mort commune, à ce qu'ils finissent par s'entre-tuer l'un l'autre.
En se haïssant, après s'être tant aimés.
Mais, à cet instant précis, Jaime ne pensait pas le moins du monde à Cersei.
Désormais, alors qu'il se sentait partir et mourir, tout ce qui occupait ses pensées, c'était Brienne, ses cheveux blonds, ses yeux bleus, et son sourire lorsqu'il l'avait adoubée.
Il essaya de se concentrer sur ça plutôt que sur la douleur.
Tu n'aurais jamais dû quitter Winterfell.
Alors que les mots de son frère résonnaient une nouvelle fois dans son esprit, il réalisa que celui-ci avait eu raison, comme toujours, et il demanda pardon à Brienne de l'avoir abandonnée de cette manière.
Le Régicide se mit soudainement à ricaner.
« La lame est empoisonnée, pas vrai ?
Quand Cersei sourit une nouvelle fois, du sang coula directement de sa bouche.
- Tu croyais réellement que j'allais te laisser me tuer sans rien faire ? Nous sommes venus sur cette terre en même temps, Jaime. Nous allons la quitter ensemble. »
Ainsi donc, c'était lui le valonqar, finalement.
Il aurait dû le savoir, vraiment.
Cersei s'écroula la première, et il la rejoignit dans la mort quelques secondes plus tard.
§§§§
Lorsque Brienne arriva au Donjon rouge, il était déjà trop tard, bien sûr.
La femme chevalier dût user de toutes ses forces pour ne pas immédiatement s'écrouler face au spectacle atroce de son amant mort, baignant dans son sang, après avoir tué sa propre sœur.
Quand elle avait rejoint Port-Réal, Tyrion lui avait expliqué la situation, et à vrai dire, elle n'avait même pas été surprise.
Et désormais, son cœur était en train de se briser en mille morceaux.
Elle tomba à genoux juste à côté de lui, et commença à sangloter, ne se souciant même pas des divers bruits alentours, jusqu'à ce qu'elle entende les pas de Tyrion qui la suivait de peu.
Brienne enserra alors le corps sans vie de Jaime Lannister dans ses bras, sanglotant de plus belle.
Derrière elle, Tyrion s'était figé, les poings serrés.
« Je le lui avais dit, vous savez... lui dit-il avec émotion. Je lui avais dit de rester avec vous, à Winterfell. De vivre heureux avec vous. Et de fuir avec vous si jamais les choses tournaient mal. Je le lui ai même ordonné, je l'ai supplié. Mais il n'a pas voulu m'écouter.
La jeune femme ne répondit rien.
- Il vous aimait, vous savez. Vraiment. Seulement, je pense qu'il croyait qu'il n'était pas digne de vous.
- Il l'était, Ser, affirma Brienne à travers ses larmes. Il l'était réellement.
Tyrion eut un sourire triste.
Il y avait tellement de choses qu'il aurait voulu lui dire, mais il sentait implicitement que désormais, même les mots ne suffisaient plus.
Alors il se tut.
La noble embrassa l'homme qu'elle aimait une dernière fois, avant de se relever, et de se diriger vers la sortie du Donjon rouge.
- Brienne ? Dit alors Tyrion, la faisant s'arrêter. Je suis désolé, pour tout. Sincèrement. Je suis désolé de ne pas avoir pu le sauver. »
Le sauver de Cersei.
Le sauver de lui-même.
Brienne se retourna vers lui, et le nain vit alors les larmes couler librement le long de ses joues.
Elle hocha la tête, avant de partir, le laissant seul.
Alors qu'elle franchissait le seuil du Donjon rouge, Brienne de Tarth se mit à hurler.
Le nain contempla alors ce qu'il restait de sa famille désormais détruite.
Son regard passa rapidement sur Cersei, avant de se fixer sur Jaime, et ses yeux furent attirés par la main d'or de son grand frère.
Une main froide, glacée, inerte, une main qui ne bougerait plus jamais, comme son frère lui-même.
Son frère était mort.
Son grand frère était mort, et il n'avait pas pu le sauver.
Ses larmes roulèrent à son tour sur ses joues, et il serra le poing avant de pointer son frère avec ce dernier.
« Espèce de crétin, hoqueta-t-il. Je te l'avais dit pourtant ! Ne quitte pas Winterfell, c'était pourtant pas compliqué à faire, putain ! Je t'avais dit de ne pas la laisser toute seule... Tu l'as adoubée chevalier, pourquoi l'as tu abandonnée ? »
Pourquoi m'as-tu abandonné ? Voulait-il hurler.
Il se laissa tomber au sol, juste à côté de Jaime, pleurant toujours toutes les larmes de son corps.
La guerre était finie.
Ils avaient gagné.
Et pourtant, aujourd'hui, lui, Tyrion Lannister, il avait tout perdu, tout comme une jeune femme aux yeux bleus avait vu son avenir être brutalement réduit en cendres.
Tout ça parce que Jaime Lannister avait voulu payer pour ses erreurs, payer le prix du sang.
ND'A : Vais-je écrire une version alternative plus joyeuse une fois que je me serai vraiment calmée ? Peut-être, si vous le voulez et si vous le demandez assez gentiment.
