La fin de l'enfer.
ND'A : Hey ! Ce texte a été écrit pour le kink meme de ASOIAF ( ), pour le prompt suivant : Rhaella Targaryen – « When word reaches Dragonstone that Jaime Lannister has slain her brother/husband, it is the first time Rhaella has truly laughed in years. »
La reine Rhaella Targaryen était actuellement profondément malheureuse.
Et il y avait de quoi.
Elle avait déjà perdu tellement de choses.
Presque tout ses enfants étaient morts, certains avant même d'avoir eu la chance de vivre, Shaena, Daeron, Aegon, Jaehaerys... Sans oublier tout ceux qui n'avaient jamais eu de noms.
Tous morts...
Même Rhaegar n'était plus désormais.
Seuls demeuraient son fils Viserys, son petit garçon de seulement huit ans, ainsi que l'enfant qui grandissait en ce moment-même dans son ventre.
Toutes ces années de douleur et de souffrances, à vivre sous la coupe d'Aerys et à subir sa folie et ses mauvais traitements, tout ça, pour ça ?
Pour périr ici, à Peyredragon, après avoir perdu Rhaegar ?
Le seul bon point dans toute cette situation, en quelque sorte, c'est qu'au moins, ici, elle était loin d'Aerys, loin de son frère et époux qu'elle haïssait de toutes ses forces, qu'elle n'avait jamais aimé.
Ici, elle était en paix, elle ne souffrait pas, elle ne souffrait plus, ici, Aerys ne pouvait pas l'atteindre.
Elle était libre.
Mais elle n'était pas heureuse.
Son petit garçon était mort, le royaume était en guerre, parce que son époux était fou et que son fils avait décidé qu'enlever la fille Stark était une bonne idéejuste parce qu'il en était tombé amoureux.
(Mais en un sens, elle le comprenait, elle-même n'avait jamais réussi à complètement oublier ce chevalier qui l'avait couronnée reine d'amour et de beauté, durant un tournoi, des années auparavant.
Elle aussi elle aurait voulu pouvoir s'enfuir loin du pouvoir, des problèmes, et des responsabilités qui lui étaient tombées dessus après son mariage avec Aerys.)
Et surtout, elle avait peur.
Peur de mourir, peur que tout se finisse mal, peur de perdre son dernier enfant encore vivant, ainsi que son bébé à naître.
Mais surtout, elle avait peur d'être réunie avec Aerys, et que son enfer personnel ne recommence une nouvelle fois, et ne devienne pire encore.
Une part d'elle-même, aussi absurde cela soit-il, avait désespérément envie que Robert Baratheon gagne la guerre, et la débarrasse enfin de son époux.
Elle savait que la défaite de sa famille et de ses alliés signifierait très certainement sa propre mort et celle de ses enfants, mais de toute façon, avec Aerys encore en vie et risquant de lui faire du mal, à elle ou à leur fils, elle ne trouvait pas vraiment de raisons pour continuer à vivre.
Ainsi, le jour où un soldat de sa maison se présenta face à elle, tandis qu'elle était seule, à regarder la mer avec mélancolie, elle fronça les sourcils.
« Qu'y a-t-il ? Lui demanda-t-elle. »
Le jeune homme avait un message dans les mains, et, horriblement gêné ou apeuré, elle n'aurait su dire, il se tordait les mains, incapable de dire quoi que ce soit.
« Hé bien ? L'interrogea-t-elle avec majesté.
- Ma reine... Il s'agit de... de votre époux, notre roi Aerys... Des rumeurs provenant de Port-Réal disent qu'il aurait été... On dit que votre époux a été assassiné par Ser Jaime Lannister, qu'il l'aurait poignardé dans le dos. »
Un long silence suivit ses paroles, et, imperceptiblement, les coins de la bouche de Rhaella Targaryen se retroussèrent en un léger sourire.
Puis, sans qu'il s'y attende, la reine finit par éclater de rire.
Un rire fort, cristallin, joyeux, réel, et jamais la reine n'avait autant rayonné qu'à ce moment-là.
Mort.
Aerys était enfin mort.
Ça y est, elle était véritablement libre.
Le soldat, interdit par cette réaction, la salua brièvement sans qu'elle y prenne attention, alors qu'elle était toujours prise dans un fou rire inarrêtable.
Maintenant, peu importait la fin de la guerre, cette mort-là lui suffisait.
Le rire de la veuve résonnait désormais dans les murs de Peyredragon, et dans d'autres circonstances, sa joie aurait probablement fait plaisir à voir.
Jaime Lannister avait tué son époux.
Quelle douce ironie, quand on savait qu'il avait vu brûler juste sous ses yeux les seigneurs Brandon et Rickard Stark, sans avoir la possibilité d'intervenir, et qu'il avait été là aussi, à Port-Réal, non loin, quand Aerys la violait, et qu'il n'avait rien fait.
Peut-être y avait-il une justice dans ce monde, finalement.
Riant toujours de bon cœur, elle sentit un terrible poids quitter ses épaules, et le soulagement que lui apportait cette nouvelle était indescriptible.
Des larmes de joie roulèrent également le long de ses joues, alors qu'elle continuait de rire, ne pouvant désormais plus s'arrêter, ne pouvant que penser au fait que son époux était mort, qu'elle était libre, enfin.
Merci Ser Jaime, pensa-t-elle dans sa joie, merci infiniment pour ce que vous avez fait.
Il avait tué le roi, il avait lâchement assassiné son suzerain, celui-là même qu'il avait pourtant juré de protéger, il était un traître, un régicide.
Pour Rhaella Targaryen, il avait tout simplement tué le monstre de ses cauchemars.
Oui, elle était libre désormais, libre de vivre, d'être heureuse, même si la guerre était toujours là, faisant rage, mais pour elle, ça n'avait plus d'importance.
Aerys était mort, et jamais elle n'avait été aussi heureuse.
Posant une main sur son ventre, elle se mit à sourire, son rire finissant par s'arrêter.
Avant, elle ne considérait pas cet enfant à venir comme une raison de vivre, parce que l'ombre d'Aerys planait toujours sur eux, pas tant qu'il était vivant.
Mais, alors qu'elle savait que son frère et époux était mort, peut-être que...
Elle regarda son ventre et s'autorisa une nouvelle fois à sourire, pensant également à Viserys.
La guerre lui importait peu, tout comme le royaume des sept couronnes lui-même, qu'importe après tout quelle était l'identité du futur souverain, elle s'en fichait, tant qu'elle et ses enfants survivaient à tout ça.
Elle avait une famille à protéger après tout, à reconstruire, et peut-être qu'elle pourrait faire les choses bien maintenant, qui sait ?
Son enfer était fini.
Maintenant, elle avait bel et bien une nouvelle raison de vivre.
À savoir, survivre à Aerys, et lui prouver qu'elle pouvait encore être heureuse loin de lui, qu'il ne l'avait pas complètement brisée.
Le simple fait de vivre serait un défi lancé au cadavre encore froid d'Aerys.
Et elle était bien décidée à l'emporter.
