Chapitre 40 :

Monsieur Pantomime

"Laissez-moi m'en charger, Poppy." répéta le Nouvel Assistant. "Je vous l'ai déjà dit : je suis un Expert."

"Harry Black est particulièrement..."

Elle s'arrêta pour contenir une explosion.

Où avait-il trouvé ce canard ? Et pourquoi ce jouet avait foutu le feu aux rideaux ??? Surtout : comment le jet de prévention des incendies avait-il pu exploser en touchant les flammes ? Aaargh... ce gamin et les lois de la physique !

"Je le répète mais je suis un Expert en Harry Black, justement."

"Vous le connaissez ?"

"Oh… on peut dire ça."

L'assistant avait un brushing mauve interdit par la convention de Genève, d'adorables petites bouclettes et un regard de meurtrier. Il portait une robe d'intérieur cousu main et d'énormes chaussons-lapins.

BOUM ! Shliiik. Piou ! Piou !

"Monsieur Black, cessez immédiatement." s'égosilla l'infirmière déjà à bout.

"Oh bien sûr." répondit-il. "Il faudra juste remplir votre fiche d'accusation et préciser votre demande. Ensuite, une petite signature. Vous pouvez rajouter des documents complémentaires et votre dossier sera traité d'ici une semaine à deux ans et demi… on ne peut malheureusement pas être plus précis, ça dépend beaucoup des demandes et du niveau de ma flemme."

Madame Pomfresh le fixa quelques secondes… le temps pour lui d'envoyer le contenu de son déjeuner sur le lit d'en face où dormait un premier année pour échapper au cours du Professeur Rogue et qui se disait de plus en plus qu'il avait perdu au change.

"Booon… c'est d'accord, monsieur Pantomime. Je vous le laisse."

Elle attrapa sa valise déjà prête depuis plusieurs jours... avoir un Harry Black dans son infirmerie est un risque de tous les instants. Il faut savoir se préparer pour survivre.

Pouf ! Elle disparu dans un petit nuage.

"Pan'tomime ?" répéta Harry, un léger sourire aux lèvres. "T'avais pas mieux comme nom, franchement ?!"

"J'ai hésité avec Pan'da ou Pan'thère…" lui répondit Pan. "Pan'tomime colle beaucoup mieux avec ma personnalité."

"Qu'est-ce que tu compte faire ? M'attacher de force sur ce lit en utilisant des sortilèges franchement interdits et très dangereux ?" proposa Harry.

Comme il n'avait pas l'air totalement opposé à cette idée, ses yeux s'illuminèrent et le premier année poussa un petit cri loin d'être glorieux.

"Euuuh… monsieur Pantomime, je suis guéri." informa le gamin en se levant précipitamment. "C'est un miracle ! Au revoir."

L'enfant se leva précipitamment et se rua vers la sortie avant qu'on ne l'arrête ou qu'elle n'explose ou qu'on l'arrête en explosant la porte ou lui-même, pourquoi pas. Il savait qu'Harry Black était fou... et il venait de comprendre que l'assistant aussi ! AAAH.

"C'est une idée, oui... on pourrait faire ça." admis Pan en allumant une cigarette. "Ou alooors… on se tire d'ici et on va démolir quelques bagnoles. Ça te dit ?"

"Bah... c'est ça ou être coincé ici jusqu'à nouvel ordre donc carrément !" s'écria Harry en se levant. "Y'a moyen de piquer de la bouffe en passant ? J'ignore pourquoi c'est toujours dégueux, ici : la viande était encore à moitié congelée !"

"J'ai de quoi braquer un marchant de hot-dog… plutôt fusil-à-pompe ou pied-de-biche ?"

"T'as rien de plus fun ?"

"Bah... je comptais garder la batte de base-ball pour défoncer des rétro-viseur mais j'peux te la prêter si t'en prends soin."

Harry s'était levé et il enfila sa robe d'école par-dessus son pyjama : il allait geler sur place mais c'était mieux que rester ici sans rien faire. Tout était mieux que ça, d'ailleurs.

"Je risque de foutre un peu de sang dessus, c'est tout." précisa-t-il.

"Oh, ça fait rien." lui répliqua Pan. "Elle est souillée depuis longtemps déjà."

Harry lui adressa son plus beau sourire et ils étaient sur le point de partir quand l'infirmière réapparu en s'écriant :

"Ne faites pas attention à moi, j'ai juste oublié mon plum… mon... euh... Est-ce que vous êtes sur le point de fuir, Monsieur Pantomime ?"

"Non pas du tout." répondit-il. "C'est VOUS qui avait pris la fuite…"

"Et où est passé monsieur Faws ?" poursuivit-elle.

"Qui ça ?"

"Le premier année qui dormait là."

"Aaah… je sais pas du tout." répondit Pan qui s'en foutait très royalement. "J'ignorais qu'il y avait d'autres malades."

"Il a prit la fuite quand on cherchait des armes contondantes pour briser des voitures et quelques molaires." expliqua Harry.

Elle les regarda et enfin… elle vit la lueur de folie dans leurs yeux qui était identique. Qu'est-ce qui lui avait pris de confier son patient le plus malade à un Assistant qui n'avait plus de courant électrique dans tous les câbles de son cerveau ?!

"Monsieur Pantomime, vous m'aviez juré être un Expert ! Vous devez être au courant qu'un sorcier ayant avalé la dose que j'ai dû administrer à Monsieur..."

"Lord, je vous prie." exigea Harry.

"… au Lord Black pourrait le tuer s'il était confronté à un trop grand stress physique ou psychique. N'est-ce pas ?!"

"Oh je l'ignorais parfaitement. Et je m'en fiche, au passage."

"M… m… m…" balbutia l'infirmière. "Mais vous m'aviez juré être un Expert !"

"Je SUIS un Expert." répéta Pan. "Je n'ai jamais précisé en quoi et je ne suis certainement pas un expert en soin. Quoique... ça dépend, tout est relatif. On m'a déjà confié des gens pour que je leur accorde toute mon intention et ils sont ressorti sans leurs boyaux. J'arrivais à les garder en vie ! Pas longtemps, hélas... ils mouraient tous en moins d'une heure mais c'était marrant de les regarder lutter. C'est comme quand on crame des verre-de-terre ! Vous avez déjà cramé des petits animaux ? Scouik Scouik Scouiiiik… Du sang ! Du sang ! Du sang ! ET. LA. MOOORT !!!"

Il y eût un silence gêné… un très long silence. Puis Harry fit tomber la batte de base-ball qu'il avait déniché on-ne-sait-où et la vie sembla reprendre. Ils étaient sur le point de se tirer dans un coin mal fâmé de Londres quand l'infirmière les en empêcha. Elle brandissait un papier, victorieusement.

"Tadaaa !" chantonna-t-elle. "Je sous-signé Monsieur John Pantomime affirme être un Expert dans le domaine ci-nommé : les soins d'Harry Black."

Elle arrêta sa lecture, choquée et Pan lui adressa son plus beau sourire de psychopathe.

"Ah. Merde. C'était vraiment pas clair..." avoua-t-elle.

"Je vous assure que Monsieur Pantomime est très doué pour jouer avec la loi." lui dit Harry.

"Bon, c'est très intéressant tout ça..." menti Pan de sa voix la plus agacée. "… mais on a des bagnoles à fracasser ! Et pourquoi pas quelques moldus qui traînent, aussi."

"NON !" cria Harry.

"… juste les moldus qui traînent ?"

"Nop."

Pan soupira.

"Booon… d'accord. On va taper que sur les voitures."

"Et le vendeur de hot-dog." rappela l'adolescent.

"Youhouuu !"

Pan enfila son sac de sport sur une épaule d'où sortaient quelques armes et Harry fit tournoyer la batte de base-ball plusieurs fois au-dessus de sa tête comme s'il venait de finir un combat dans un RPG. Il ne manquait plus que la petite musique et à peine y pensa-t-il… qu'ils furent interrompu.

"STOOOP !!!" cria Madame Pomfresh qui avait continué la lecture du contrat de Pantomime. "Je m'engage à ne jamais porter atteinte à la survie de mes patients." lut-elle.

"Il n'est écrit nulle part qu'Harry Black est mon patient." répondit Pan.

"Les patients de Monsieur Pantomime sont les patients de Madame Pomfresh." précisa-t-elle.

"Et est-ce que..."

"Tous mes patients sont répertoriés là-dedans, Monsi…"

Il y eut un éclair blanc qui se dirigea droit sur le gros carnet et tout s'enflamma.

"Bon, y'a plus de preuve." annonça Pan. "On bouge ?"

"Yeeeah ! Al…" commença Harry.

"J'ai des copies, vous savez ?"

"Ah mais c'est pas vrai !" cria Pan.

Harry retourna se coucher, dépité… ça ne servait à rien de lutter et il aurait dû le savoir depuis longtemps. Pan était impressionnant donc il avait espéré. Mais... raaah ! L'infirmerie, quelle poisse.

"Je ne voulais vraiment pas en arriver là, Poppy'chou…" marmona l'Assistant taré avec une voix très inquiétante. "… mais je n'ai pas le choix. Vous ne me laissez pas le choix et ça me désole."

"Qu'est-ce que vous avez prép…" soupira Pomfresh avant de froncer les sourcils. "Attendez, comment vous m'avez appelé ???"

Pan agita trois fois sa baguette dans les airs… enfin... sa baguette, tout est relatif. La sienne avait été détruite quand il avait été condamné à Azkaban puis il s'était contenté de voler des baguettes avec ses bouts d'ADN mais elles lui résistaient trop pour que la magie soit amusante. Ses meilleurs amis, Harry et Max lui avaient conseillé une boutique de l'Allée des Embrumes et il en était ressorti avec un mélange improbable d'Érable, d'Aubépine avec une fine couche de Cornouiller et un coeur multiple où un Crin de Sombral entourait un Ventricule de Dragon, seul vestige de l'ancienne composition de sa baguette.

"Wouhaaa…" souffla Harry, émerveillé.

"Elle est belle, hein ?"

"ARGH NOOON ! MON CERVEAU EST EN COLÈRE..." soupira Harry, horrifié. "Je veux pas t'imaginer avec Madame Pomfresh, c'est trop horrible !!!"

"Ark, non." répondit Pan. "Ma baguette ! J'ai une nouvelle baguette ! C'est de ça dont tu parlais... non ?"

En agitant sa baguette, il avait fait apparaître un gouvernail d'un bois crème chaleureux en plein milieu de la pièce puis il avait commencé à piloter l'engin... et toute l'infirmerie s'était élevée dans les airs. De toutes évidences, c'était plutôt de ÇA qu'Harry lui parlait.

"Monsieur Pantomime !" s'écria Pomfresh, horrifiée. "Qu'est-ce que vous faites ???"

"C'est un vaisseau." répondit-il. "Vrooom ! Vrooom ! Piou. Piou. Piou."

"BENZAAAÏ !!!" cria Harry qui s'était relevé de son lit pour coller son nez à la vitre. "En route pour de nouvelles aventures de dingue !!!"

La disparition de l'infirmerie avait creusé un énorme trou dans la cour intérieur de Poudlard qui s'étendait jusqu'au flanc de falaise. C'était dangereux... il risquait d'y avoir des accidents et plus aucun lieu pour accueillir les futurs blessés.

"REDESCENDEZ IMMÉDIATEMENT !!!" s'égosilla l'infirmière. "Vous n'avez pas le droit de faire ça !!!"

"Ah bon ?" s'étonna Pan. "Vous avez relu le contrat, non ? Dites-moi où j'ai signé pour empêcher de voler l'infirmerie... au sens propre. Haha, j'suis tellement drôle."

Madame Pomfresh s'empressa de relire le contrat à la recherche du moindre petit détail... mais rien. Rien du tout. Merde.

"Si tu ne peux pas aller conquérir le monde…" dit Harry. "… alors c'est le monde qui viendra à toi !!! MOUHAHA."

-Fin du 40ème chapitre-

…à suivre…