Je vous aurais prévenue.

[S7] : « Ce n'est qu'une enfant. » « C'est une louve, et elle a la rage au cœur. »

Cette fic est écrite dans le cadre de la 110ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Présage". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

ND'A : Je ne tiens pas compte de la saison 8. Ce texte fait plus ou moins suite au OS D'un château à un autre.

Brienne de Torth n'avait jamais réellement porté Cersei Lannister dans son cœur.

Elle ne la détestait pas non plus, mais ça aurait été mentir que de dire qu'elle l'appréciait.

Et pourtant, elle était là, bien décidée à parler avec la reine, et à la prévenir de ce qui l'attendait peut-être dans le futur s'ils survivaient au combat contre les marcheurs blancs, et en réalité, elle ne comprenait pas elle-même ce qu'elle faisait là.

Après sa conversation avec Arya Stark au sujet de la mort des Freys, elle avait dévié le sujet vers Cersei Lannister.

La haine que les sœurs Stark entretenaient à son égard était connue de tout Winterfell, et quand Arya avait évoqué avec elle son projet de tuer Cersei, la femme chevalier n'avait même pas été surprise.

Et loin d'elle l'idée de l'en empêcher, seulement, elle avait le sentiment que l'autre femme avait le droit d'être au courant.

Cersei Lannister méritait-elle de mourir ?

Hé bien, elle n'en savait rien, mais du moins, ce n'était pas à elle d'en décider.

Et elle sentait bien que c'était son devoir de la prévenir de ce qui l'attendait.

Brienne avait vu Arya à l'œuvre, même si cela n'avait été que brièvement, et elle le savait en son fort intérieur.

Si la jeune femme attaquait Cersei, cette dernière n'aurait pas la moindre chance.

« Majesté, la salua-t-elle, avant que la souveraine ne se retire dans ses appartements, maintenant que la réunion était terminée.

Elle n'avait pas le moins du monde l'intention de dire merci à l'aînée des Lannister pour avoir accepté d'envoyer des troupes au Nord, cela lui semblait être la seule bonne chose à faire pour empêcher le monde de complètement s'effondrer.

Cersei lui envoya un sourire à la fois crispé et venimeux.

- Lady Brienne, lui dit-elle en réponse, et Brienne encaissa la pique sans broncher, sentant que cette salutation n'était qu'une manière de lui rappeler son statut, de lui faire se souvenir qu'elle était exactement comme elle, seulement une femme, qu'elle ne serait jamais un véritable chevalier, malgré tout ses efforts.

Mais Brienne n'en avait cure.

À Winterfell, tout le monde savait qui elle était, ce qu'elle était, tout le monde la respectait pour ça, et ça lui suffisait.

- Je ne sais pas comment les choses vont se dérouler par la suite, commença-t-elle. À vrai dire, je ne sais même pas si nous survivrons nous-même à la guerre qui se prépare contre les marcheurs blancs. Je suis venue pour vous parler d'Arya Stark.

La reine haussa un sourcil surpris.

- Oh ? Ainsi donc, cette petite garce a survécu ? Tant mieux pour elle.

- Elle a l'intention de vous tuer, déclara alors la jeune femme avec tout le sérieux du monde. »

La blonde lui adressa alors un sourire hautain, suffisant et méprisant, montrant le peu de cas qu'elle faisait de sa mise en garde.

- Vraiment ? Au cas où vous ne le sauriez pas, il y a des centaines de lieues entre Port-Réal et Winterfell, je ne risque donc pas grand-chose de sa part. De plus, même si elle venait ici, je vous rappelle que je suis la reine ! Que pourrait-elle faire contre moi ? Je suis protégée par les plus grands soldats du royaume, ce qui inclut également mon frère, ne se priva-t-elle pas de rajouter, se réjouissant intérieurement de voir le corps de Brienne se raidir.

- Vous ne devriez pas la sous-estimer... »

D'autres l'ont fait et en sont morts pour ça.

Non pas que la mort de la reine l'aurait chagrinée outre mesure.

Cersei se mit alors à ricaner.

« Ce n'est qu'une enfant. »

Brienne la fusilla immédiatement du regard.

Vous avez tort, ma reine.

En un sens, ce n'était même pas étonnant qu'elle la juge aussi rapidement comme inoffensive.

Après tout, le séjour d'Arya à Port-Réal avait été très court, la reine avait principalement côtoyé Sansa, et elle ne l'avait pas vue depuis des années, il n'était que naturel qu'elle ne se souvienne d'elle que comme d'une gamine insignifiante.

« C'est une louve, et elle a la rage au cœur. »

Arya avait été là quand son père était mort, elle avait perdu de vue sa sœur pendant des années, avant de la retrouver, et d'apprendre ce que celle-ci avait enduré à Port-Réal, elle avait été là durant les Noces pourpres.

Elle avait toutes les raisons d'en vouloir aux Lannister, de souhaiter leur mort, et de tenter de la mettre en œuvre.

Brienne savait des choses que Cersei ignorait, et elle n'allait pas se priver de ne pas lui en faire part.

Elle avait mis en garde Cersei, c'était bien suffisant, non ?

Cette dernière haussa les épaules, nullement impressionnée par ce qu'elle venait d'entendre.

« Si vous le dites... Avez-vous fini ?

- Oui ma dame.

- Bien... Vous pouvez disposer, lui dit-elle, un sourire acide et faux plaqué sur le visage. »

Brienne la salua, avant de s'éloigner, la conscience tranquille.

Elle avait fait ce qu'elle devait faire.

Que la reine ne vienne pas lui dire qu'elle ne l'avait pas prévenue.

§§§§

Quelques mois plus tard, alors que le visage de Qyburn s'effaçait pour être remplacé par celui d'Arya Stark, et que la dague en acier valyrien de la jeune louve lui tranchait la gorge, Cersei Lannister réalisa qu'elle aurait dû écouter plus attentivement ce que Brienne de Torth avait à lui dire.