Chapitre 44 :

Pattenrond

La présence d'Harry avec son parrain était justifiée : les médias avaient expliqué qu'il s'était occupé du chien par accident.

"Est-ce que ça te plairait de venir vivre avec moi ?" demanda Sirius Black à Harry.

Ils marchaient sur le Chemin de Traverse et tous les yeux étaient rivés sur eux.

"Non merci." répondit Harry. "Par contre, j'aurai besoin que tu signes ce papier..."

"Qu'est-ce que..." il fronça les sourcils puis éclata de rire. "Est-ce que c'est le vrai prénom de Max ???"

"Ouais je sais, j'imaginais un truc horrible mais... n'en parle pas, ok ? Michael m'a bien fait comprendre que son nom est classé défense."

"Pourquoi ? Elle est... comme toi ?"

Autrement dit, une célébrité sous couverture dont le simple nom pourrait redistribuer les cartes du monde magique tout entier. Il n'eut pas besoin de formuler tout ça, Harry était trop prétentieux. Il avait tout compris et avait même rajouté tout un passage absurde sur la beauté de ses cheveux mais ce ne sont que de grandes spéculations.

"Non. Par contre… elle a des connaissances de combat très poussées, possède une dizaine d'épées et plus de 200 couteaux et elle a une étrange fascination en tout ce qui concerne l'ablation des testicules."

"Aaah… je comprends : secret absolu."

Ils rentrèrent dans l'animalerie de la rue commerçante… suivit par une vingtaine d'inconnus qui voulait voir Sirius Black de leurs propres yeux. La célébrité, que voulez-vous…

"Ô Grand Sirius Black ! Ô Grand Harry Black ! Que puis-je faire pour vous ?" s'écria la vendeuse, ravie de voir autant de gens affluer dans sa boutique.

"Je cherche un animal un peu crasseux mais attendrissant." répondit Harry. "C'est pour un cadeau de Noël mais pensez à faire des trous dans le sac... j'ai pas envie d'offrir de la viande sinon je serai plutôt allé chez un boucher."

"J'ai exactement l'animal que vous cherchez !"

Elle se précipita dans un coin sombre de la boutique, tout au fond et en sortit un énorme chat roux au poil mal léché qui semblait porter tout le poids de l'univers sur ses moustaches et dont le regard définissait à lui seul la lassitude extrême.

"Qu'est-ce que c'est que ce... euh..." Sirius hésita, il cherchait le politiquement correct. "Truc."

"C'est soit un très gros chat... soit un petit tigre." répondit Harry.

"Il s'appelle Pattenrond." expliqua la vendeuse. "Il est ici depuis une éternité, personne ne veut de lui..."

"Ah bah c'est parfait ! C'est exactement ÇA qu'il me faut."

Harry balança négligemment une bourse pleine d'or sur le comptoir et il dit un vague 'gardez la monnaie' qui ne lui ressemblait pas. Pas du tout.

Il prit l'énorme machin (autrement dit... chatigre), un panier de transport et quelques petits sacs de croquettes offerts avec la bestiole. Sirius attendit qu'ils quittent la boutique pour demander :

"Quelle est l'arnaque ?"

"Or de farfadet, il disparaîtra d'ici quelques heures."

"M… mais c'est cruel. Cette dame fait juste son travail et..."

"Premièrement, tu n'es pas mon père. Deuxiè…"

"À ce propos, je..."

Sirius voulut lui signifier qu'il était son parrain donc il était ce qui se rapprochait le plus d'un père mais il ne pouvait pas sortir sans se faire submerger par ses fans... alors il laissa tomber.

"Il y a quelques vrais gallions, dans le tas mais j'utilise l'or de farfadet pour améliorer mon image de Lord Black. Gardez la monnaie, ça sonne riche et au-dessus de tout. Tu vois le principe ?"

"Tu paie le vrai prix mais tu fais semblant de te foutre éperdument de l'argent en comblant le reste avec de la fausse monnaie comme si tu étais plein aux as ?" reformula Sirius. "C'est brillant !"

"Bah oui, c'est de l'or quand même."

Comme Sirius n'était pas un ancien mangemort, Harry ne l'avait pas recruté dans sa petite armée mais il lui en avait parlé et lui avait confié de quoi le contacter en toute circonstances : un téléphone portable. Il n'allait tout de même pas lui filer un bout de miroir brisé, c'est méga dangereux !

"On se reverra. Je dois retourner à Poudlard d'urgence avant le départ en train pour me débarrasser du fauve."

"C'est un cadeau pour Hermione ou pour Drago ?"

"Ni l'un ni l'autre..." répondit Harry avant de disparaître dans l'une des cheminées mises à disposition du public.

Il débarqua dans un Poudlard mis à feu et à sang par une bande d'étudiants furieux... il devina de quoi il s'agissait alors il essaya de se faire le plus discret possible. Frôler le mur. Ne pas lever les yeux. Oh, merde : il avait respiré !

"HARRY BLACK EST LÀ ! CHOPEZ-LE !!!"

Il tomba nez-à-nez sur Ron Weasley et ils échangèrent un regard étrange... hésitant.

"Je suis désolé." chuchota le rouquin avant de le plaquer au mur.

"AAAH mais put… puma d'écosse : lâche-moi." jura Harry.

"BAISSEZ LES PRIX DU POUDLARD EXPRESS ! BAISSEZ LES PRIX ! BAISSEZ LES PRIX !"

Depuis qu'Harry et Michael avaient le monopole sur Pré-au-Lard, rien ne semblait avoir changé et pourtant… ils avaient racheté la gare et par conséquent, ils pouvaient choisir les tarifs des trains qui partaient ou qui venaient ou qui stationnaient simplement par leur village.

Globalement, ils avaient divisé le prix des arrivées par deux pour encourager les gens à venir et ils avaient légèrement augmenté le tarif d'un départ tout en bradant les auberges à un prix dérisoire : quelqu'un qui reste dans votre village est quelqu'un qui peut acheter des trucs dans vos boutiques. La taxe des trains qui voulaient juste passer par leur gare sans s'y arrêter battait un record dans la tarification honteuse donc quasiment tous les trains s'arrêtaient à Pré-au-Lard et ils vendaient l'essence et le lavage de train le moins cher du monde entier pour les pousser à faire une escale d'au moins une heure. On rajoute quelques cafés et des boutiques souvenirs et alimentaires, une petite libraire sur les quais et on est plutôt pas mal... non ?

"ON VA TE TAILLER EN PIÈCES !!!" menaça un sixième année.

"Pfff… j'aimerai bien voir ça." ricanna Harry.

"Ils ont un plan, tu vas pas t'en tirer aussi facilement..." l'averti Ron.

"Je t'ai sauvé la vie, bordel."

"Ouais mais j'ai pas les moyens de rentrer chez moi pour les fêtes alors… je suis désolé mais tu me laisse pas le choix."

Ah oui. J'ai oublié un petit détail : ils ont le monopole ce qui signifie qu'ils peuvent choisir les tarifs du Poudlard Express. Là, soyons logique, un élève à Poulard ne va que très rarement à Pré-au-Lard et le seul moyen de capitaliser… c'est de monter honteusement les prix du billet.

"Si j'avais su, je t'aurai rien offert pour Noël." grommela Harry.

"Tu ne m'as rien offert pour Noël." rappela Ron.

"Bah c'est pas encore passé, je te signale. Ton cadeau est dans cette caisse…"

"C'est une arnaque ?"

Pendant que toute l'école unissait ses forces contre le bouclier d'Harry qui se fissurait BEAUCOUP trop rapidement, le rouquin jeta un oeil au contenu de la caisse. Il vit le chat et se trouva un air de ressemblance... mais c'était pas logique.

"Pourquoi tu m'offrirais un chat ? Tu es le diable !"

"Le diable adore les chats." répondit Harry comme si c'était parfaitement logique (et ça l'est !). "Et puis c'est un peu de ma faute si t'as perdu ton rat. J'aime bien les animaux, tu sais ? Si on m'enlevait Crowley, je m'en remettrait pas."

Le bouclier d'Harry se brisa comme mille éclats de verres qui se volatilisèrent sans bruit, c'était de la magie pure. Trois petits s'étaient déjà jeté sur lui pour le combattre à main nu et Harry les avait immobilisé avant de se prendre le retour d'un sort de feu qui brûla son flanc droit et réduit sa robe d'école en cendre et lambeaux. Ouille.

"Cessez le feu." ordonna Ron.

Tout s'arrêta d'un coup et il attrapa le Serpentard par la main pour l'attirer plus loin, à l'abri.

"C'est quoi cette histoire de chat ?" répéta-t-il.

"T'en veux pas ? C'était pas vraiment une proposition, tu sais... c'est un cadeau alors t'es obligé de l'accepter."

Harry lui flanqua le félin dans les mains, rude et Ron ouvrit lentement la caisse de transport. Il fut immédiatement adopté par cet horrible matou qui sentait le choux, l'animal était beaucoup trop heureux d'avoir trouvé quelqu'un.

"Black, c'est beaucoup trop gentil."

"Chuuut… ne dit pas ça si fort." s'affola Harry.

"Y'a pas moyen de négocier pour les prix du Poudlard Express ?"

Regard de la mort… et la mort, ça tue.

"Bon, bah je suppose que je vais devoir me contenter de lui : Pattenrond, c'est ça ?" lut-il sur le collier.

"Miaou."

"Ok. Il me plaît bien. J'accepte ton cadeau."

L'émeute les attendait plus loin… mais elle piafait d'impatience alors son membre le plus bête (c'est toujours lui qui fait les conneries, dans une émeute) alla les retrouver pour continuer la bagarre. Bien sûr, Harry avait déjà disparu dans l'un des passages de Michael.

"Joyeux Noël, Harry !" lança Ron.

"Joyeux No…"

"IL EST DERRIÈRE CE TABLEAU : CHOPEZ-LE !!!"

Ron songea qu'Harry Black était vraiment très intelligent, impitoyable avec un soupçon de gentillesse toujours surprenante… mais qu'il était aussi vraiment très stupide, parfois.

-Fin du 44ème chapitre-

…à suivre…