Chapitre 54 :
Petite culotte en dentelle
"Psss ! Granger ! Pourquoi tout le monde nous regarde ?" chuchota Drago avant de crier "RECULE ESPÈCE DE DÉGÉNÉRÉ !!! ET BAISSE LES YEUX QUAND TU ME REGARDE !!!"Hermione marchait rapidement et faisait comme si elle ne le connaissait pas... non mais quelle idée ?! Pourquoi avait-elle voulu amener Drago dans un centre commercial ? C'est rempli de moldu. Elle avait cru que ça serait amusant. Rolala… cette naïveté était presque touchante.
"Hermione ! Hé ? Tu me réponds quand je te cri dessus ?! ALLÔ !!!"
"Stop. Ça suffit." dit-elle. "On rentre à la maison. T'es pas sortable…"
"Maison ? Maison ? C'est une boîte, j'te signale. Une maison c'est plus classe... léger, aérien et beau. Tout comme moi, tu vois ? Ton habitat n'est pas une maison c'est plutôt comme un petit chiot malade, pouilleux qui a la rage. Oh ! Et la peste, le choléra… tout chétif et mourrant. Pouah."
Elle le regarda.
Il la regarda.
Elle ne baissa pas les yeux.
Il ne baissa pas les yeux.
Elle cligna… détourna le regard.
Il avait gagné.
"Dis, monsieur... Pourquoi tu me regarde comme ça ???"
"Dr… Drago ! Drago ? Non. Revient !!!"
Elle l'avait quitté des yeux pendant une fraction de seconde... ça n'aurait pas dû être suffisant mais il s'était éloigné pour plaquer un passant contre le mur. Les regards et les chuchotements gênés en sa direction devaient vraiment le déranger. Il en devenait dangereux.
"Euh… je… je…" balbutia le pauvre homme.
"Drago. Lâche."
"Grrr…"
"Il est à vous ?"
"Euh. À moi ?" répéta Hermione. "Non, pas vraiment. Je le garde pendant les vacances…"
"Vous devriez vraiment le promener en laisse."
"Il ne se laisse pas attacher."
"JE SUIS UN ÊTRE HUMAIN !!!"
Hermione lui tapota affectueusement le haut de la tête en murmurant 'mais oui, mais oui...' et elle s'excusa auprès de la victime toujours plaqué au mur.
"Je veux savoir pourquoi ces abrutis me dévisagent !" exigea-t-il.
"Peut-être que ça n'arriverait pas si tu ne les agressais pas toutes les trois secondes."
"Aaah non, ça va. C'est pas le pire." assura une vieille dame qui s'était arrêté pour balancer des morceaux de pain sur la tête de Drago. "La jeunesse est si violente de nos jours... ce monde dérive, ça je peux vous l'assurer : on va droit dans le mur."
"Euuuh… oui, bien sûûûr." soupira Hermione en levant les yeux au ciel. "Aller viens, Drago. Au pieds !"
"Le piiire c'est sa tenue : il porte une robe."
"C'est une... euh..."
Drago regarda sa cape puis sa robe et il pinça les lèvres : ses vêtements étaient hautement supérieurs à ces pantalons absurdes, trop moulants ou trop larges. Clairement, les moldus ne se faisaient pas tailler des pièces sur-mesure chez les plus hauts couturiers.
"C'est une robe d'intérieur." dit-il.
"Mais vous êtes dehors."
"Une toge !" répliqua-t-il ensuite. "Oh et puis fermez-la."
Il relâcha sa proie, secoua sa tête pour faire tomber les miettes de pain et il regarda partout autour de lui avant de choisir une boutique de vêtements, au hasard.
"Drago, reviens : c'est pas par-là qu'on sort !"
"Je vais m'acheter des vêtements comme eux."
"Quoi ? Mais c'est ridicule… pourquoi tu voudrais faire ça ?"
"Déjà, ça fera bien chier mon père. Et j'espère que ma tante complètement barge va s'étouffer avec le sang de ses victimes quand elle apprendra la nouvelle." affirma-t-il. "C'est une idée brillante : je suis un génie !"
Quand il rentra dans la boutique, il demanda qu'on lui apporte le meilleur couturier. Évidemment, on le dévisagea longuement.
"Drago... pas ici." chuchota Hermione.
"Pourquoi pas ?!"
"Tu veux vraiment une petite culotte en dentelle ?"
Il réalisa qu'il était dans une boutique pour femme et rougit jusqu'à la racine de ses cheveux. Comme il l'avait clamé haut et fort, l'une des vendeuses l'avait très bien cerné : client chiant à satisfaire sur-le-champ.
"Une culotte en dentelle, c'est ça ?"
Avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il lui arrivait, il se retrouva avec trois culottes et un string dans les mains.
Ça ne pouvait pas être pire...
Clic. Clic. Clic.
… ah bah si, en fait.
Rita Skeeter appuyait frénétiquement sur le déclencheur de son appareil photo avec un large sourire. Elle murmura quelque chose compréhensible à cause dudit sourire et semblait très satisfaite.
"Pitié, surtout ne..."
Pouf. Elle disparu sans aucun nuage de fumée et dix moldus applaudirent la performance. Brillant… Drago était fichu.
"Euh... bah... euh…" marmona Hermione. "Au moins, ça fera chier ton père."
"Ils vont me ridiculiser jusqu'à la fin de toute mon existence : j'arriverai jamais à m'intégrer parmis les mangemorts après ça." dit-il, les larmes aux yeux. "Ma vie est fichuuue…"
"Oui enfin c'est pas comme si t'allais les côtoyer de près, hein."
Il y eut un silence.
"Hein ?" répéta Hermione.
"Bien sûr que si, t'es stupide ou quoi ?"
Il jeta les petites culottes sur le sol et quitta la boutique, d'un pas rapide.
"Mais... t'es pas obligé. Tu sais, tu peux..." elle hésita. "T'es pas obligé."
"Je veux vos plus beaux pantalons de travail découpés et tissé dans votre denim le plus prestigieux." exigea-t-il. "Dix, ça fera l'affaire. J'arrêterai les plus chers."
Heureusement pour lui, il était entré dans une boutique Levis… malheureusement pour lui, la mode moldue du début des années 2000 était étrange et d'un esthétisme très particulier : désagréable pour la rétine au mieux, vomitive au pire.
"Vous voulez des jeans ?" résuma le vendeur, perplexe.
"Oui, oui, c'est ça : des jeans, comme vous dites." répondit-il avant de murmurer "… bien sûr que je suis obligé, c'est mon destin."
-Fin du 54ème chapitre-
…à suivre…
