Nous serons toujours là.
[S4] : « Tu entends les loups hurler aux alentours, et tu t'en réjouis. C'est bien. Ça veut dire que Winterfell n'est pas encore tombé. »
Cette fic est écrite dans le cadre de la 114ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Tomber". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.
- Le Mille-Prompts : 284. Contrainte – Écrit à la deuxième personne.
- Si tu l'oses : 55. Le goût du vin.
- Le défi des 200 citations de Contes des royaumes : 160. « Putain de maudits loups. »
- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 15. "L'espoir est la seule chose plus forte que la peur."
- Collectionner les POP : POP Mérida : Le vent dans ses cheveux : Écrire sur un match de Quidditch ou sur une chute.
- Toujours plus : Fusionner 5 défis.
Le vent souffle, un silence pesant t'entoure, et jamais le Nord ne t'a semblé être aussi froid.
Tu entends les loups hurler aux alentours, et tu t'en réjouis.
C'est bien.
Ça veut dire que Winterfell n'est pas encore tombé.
Winterfell a à peine changé depuis ton départ (enfin, ton enlèvement serait plus exact, et c'est presque drôle de voir à quel point tes deux situations d'otage se répondent et diffèrent l'une de l'autre de façon extrêmement radicale. Sauf qu'ici tu n'es pas un otage, tu es un jouet pour Ramsay Bolton, à torturer et à briser), et d'une certaine manière, c'en est presque effrayant.
Hormis ce que les soldats Bolton lui ont fait, le château n'a pratiquement pas bougé, et s'est très rapidement relevé.
En un sens, de vous deux, c'est toi qui a le plus changé.
Tu a trahis Robb, tu as fait plusieurs choix stupides en croyant que c'étaient les bons, puis tu les as regrettés.
Et tu es tombé, tombé, encore et encore, et bordel, tu es maintenant tombé tellement bas...
Au point que tu ne sais plus vraiment si tu pourras jamais te relever.
Contrairement à Winterfell.
La vieille bâtisse te survivra, de toute évidence, et ça, tu le savais déjà...
« Putain de maudits loups, murmurent les serviteurs fidèles aux Bolton en les entendant hurler à la mort, et toi, tu souris, en silence, en cachette. »
Ta chute dans les ténèbres continue de plus belle, mais le fait de savoir qu'ils ont encore peur de ne pas être à leur place dans ce lieu te réconforte, un peu.
Ils te détruiront peut-être, mais une chose est sure.
Ils ne gagneront pas.
§§§§
Tu n'es pas un Stark.
Tu n'es pas un Greyjoy non plus, en fait, tu n'es plus vraiment Theon, en vérité, tu ne sais même plus qui tu es ou ce que tu es désormais.
Et alors que Sansa revient à Winterfell, c'est encore pire en un sens, parce que les Stark sont de retour à Winterfell et ça n'annonce rien de bon pour toi, pas après tout ce que tu leur as fait, même si ce n'est rien à côté des crimes des Bolton.
Et la voir souffrir sous les coups de Ramsay est une nouvelle preuve de ton échec, et de ta défaite, aussi.
Tout simplement parce que cela ne change rien.
Les Bolton sont toujours les maîtres des lieux, et, imposteurs ou pas, pour l'instant, rien ne peut les en déloger.
Tu ne peux pas sauver la sœur de Robb, et ça te brise le cœur, vraiment, même si une part de toi sait déjà que la sauver, ce serait enfin prouver que tu n'es pas complètement devenu Reek, et qu'il reste encore quelque chose à sauver en toi.
Que tu ne t'es pas encore complètement perdu.
Et que Ramsay a tort à ton sujet.
Peut-être.
Sauf que tu sais déjà que tu ne peux pas le faire, pas maintenant.
Pas aujourd'hui.
§§§§
Devenir Reek t'avait changé plus que tu n'aurais su le dire, et t'avais fait oublié tellement de choses, la voix et le visage de ta mère avaient fini par complètement s'effacer de ta mémoire, et c'était presque le cas pour Yara aussi, tu en avais presque oublié le goût du vin, à force, et tant d'autres choses.
Tu avais oublié ce que c'était que d'être vraiment heureux.
Mais les loups continuaient de hurler, encore et encore, peut-être pour te rappeler que tu avais encore une dette envers les Stark à régler.
Et pour que jamais tu n'oublies qui tu étais.
§§§§
Ce serait plus facile d'être lâche.
Et c'est ce que tu étais, du moins au début.
Sansa avait besoin de toi, mais tu l'avais abandonnée, tu l'avais laissée tomber, comme tu avais abandonné Robb autrefois, parce que tu avais peur, tellement peur, pour toi-même, certes, mais aussi pour elle, parce que tu ne voulais pas qu'elle souffre encore plus aux mains de Ramsay.
La peur, c'était la seule chose qu'il te restait maintenant, avec la douleur, et la culpabilité.
L'espoir est la seule chose plus forte que la peur.
Et tu voudrais y croire...
Bordel, tu voudrais vraiment y croire.
Sauf que l'espoir est menteur, et traître aussi, tu le savais très bien, c'était l'espoir qui avait poussé Sansa à demander ton aide, même si elle savait probablement déjà que tu avais bien trop peur de Ramsay pour pouvoir le faire.
Les loups hurlèrent de plus belle durant la nuit suivant la mort de la servante, comme pour signifier leur désapprobation, et c'est la culpabilité au cœur que tu t'étais endormi, avec cette seule question en tête.
Et si tu l'avais aidée à s'échapper ?
Et si tu avais fait ce qui étais juste pour une fois ?
Et si... vous échapper vous était encore possible ?
Ramsay ne le savait pas encore, mais désormais, tu n'étais déjà plus Reek, si ce n'est en apparence.
Grâce à Sansa, tu venais tout juste de te réveiller.
§§§§
C'était de la folie.
Mais tu avais vu Sansa se faire menacer par Miranda, et Ramsay était loin, et tu ne pouvais pas l'abandonner une nouvelle fois, pas maintenant, pas comme ça.
Et peut-être que tu était bel et bien toujours Theon au fond de toi-même, peut-être que tu n'étais pas complètement tombé, et que tu n'avais pas tout oublié, et il y avait encore cette foutue promesse, maintenant et à jamais, et peut-être que Robb n'était plus là, mais le fait est que cela voulait toujours dire quelque chose pour toi.
Si la situation n'avait pas été aussi critique, alors que tu faisais chuter Miranda du haut des remparts, tu aurais peut-être sourit.
Et, tandis que tu sautais toi-même avec Sansa, probablement vers une mort certaine, tu te mis à prier, non seulement pour sa survie à elle, mais également pour la tienne.
Oui, tu t'étais bel et bien relevé, enfin.
Ce qui est mort ne saurait mourir, après tout...
