Essayer d'avancer.

[UA S8] : Comment un lion et une louve, à défaut de devenir amis, ont fini par se comprendre.

Cette fic est écrite dans le cadre de la 115ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Hanter". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous.

ND'A : Ce texte s'inscrit dans le même univers que Trois gouttes d'espoir, et répond à une demande d'Almayen, qui voulait un développement de la scène entre Sansa et Jaime et ben ça m'a plutôt inspirée.

- Le Mille-Prompts : 716. Genre – Angst.

- Si tu l'oses : 221. Vécu.

- Collectionner les POP : POP Ryuk : Son ennui : Écrire sur Mimi Geignarde ou sur un personnage qui s'ennuie.

- Le défi des 45 citations d'Hunger Games : 17. « Le fait de me demander non pas ce que je respire mais qui, me donne le haut-le-cœur. »

- Le défi des 200 citations de Contes des royaumes : 144. Le ciel était comme tâché de sang.

- Toujours plus : Fusionner 5 défis.

Le ciel était comme tâché de sang.

La Longue Nuit n'avait épargné personne, peu étaient les vivants qui n'avaient rien perdu au cours de cette terrible bataille, même s'ils avaient réussi à survivre, et bien que Sansa n'avait personnellement perdu personne, puisque Bran, Jon, Arya et Theon avaient réussi à s'en sortir, elle avait malgré tout pleuré les autres morts.

Même ceux qu'elle ne connaissait pas.

Une fois que tout avait pris fin, et qu'ils avaient brûlé les cadavres des morts, Sansa avait déclaré à Arya :

« Le fait de me demander non pas ce que je respire mais qui, me donne le haut-le-cœur ».

Elle avait eu l'impression qu'alors que les corps devant elle partaient en fumée, et qu'elle respirait malgré elle une part de cette fumée, qu'une partie d'eux entraient en elle.

Ça lui donnait envie de vomir.

§§§§

Ils étaient toujours en guerre, mais Winterfell était en paix, temporairement du moins, et Sansa Stark s'ennuyait.

Elle n'avait momentanément rien à faire, contrairement à d'habitude, et, si cela avait un côté assez reposant, le fait de ne rien pouvoir faire la forçait à penser à de nombreuses choses désagréables.

À Arya et Jon, tout deux loin d'elle et en danger dans le Sud, avec qui elle ne pouvait pas communiquer, et dont elle ne savait absolument rien actuellement, dont elle ne savait même pas s'ils allaient lui revenir ou non.

Et de plus, elle avait encore mal dormi la nuit précédente, chose désormais tristement habituelle pour elle.

Certes, elle n'était pas tout à fait seule, Brienne et Theon la réconfortaient quand elle en avait besoin, mais il lui arrivait encore d'avoir du mal à respirer quand elle pensait aux membres de sa famille qui se battaient et risquaient leur vie pour qu'ils puissent tous avoir un meilleur futur.

Elle aussi elle se battait, à sa manière.

Aussi, en cette froide matinée, la jeune dame de Winterfell se dirigea vers le bois sacré, plus pour regagner son calme que pour y prier.

Ce fut pour elle une très grande surprise que de réaliser que Jaime Lannister en personne s'y trouvait déjà.

Elle se figea, tout d'abord prête à repartir, avant de se dire qu'elle et le Régicide n'avaient jamais vraiment discuté ensemble.

Pas seuls à seuls du moins.

« Ser Jaime, le salua-t-elle avec politesse, frissonnant en le voyant appuyé à un arbre, justement là où son père prenait place autrefois.

- Lady Stark, lui répondit-il en esquissant un semblant de révérence, tandis que la jeune femme prenait quant à elle place en face de lui.

- Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Je suis venu là pour réfléchir un peu…

- A quel sujet ?

- Vous savez que ma sœur a fait exécuter Missandei et qu'elle a fait tuer l'un des dragons de Daenerys… C'est vous qui me l'avez dit.

- Oui, effectivement, et il me semble que désormais, les jours de votre sœur sont comptés. Pourquoi ?

Jaime arborait un air sombre.

- J'aurais dû la tuer il y a longtemps.

- Je ne vais pas vous contredire là dessus, marmonna la louve. Mais je ne vois pas ce que ça a à voir avec…

Puis, elle se figea.

- Attendez… ne me dites pas que vous comptez retourner à Port-Réal pour la tuer vous-même ?

- Et si c'était le cas ?

- Vous ne devriez pas faire ça.

Le chevalier se mit alors à ricaner.

- Cela vous arrangerait je pense, bien au contraire… Vous seriez débarrassée de moi, débarrassée de Cersei si j'arrive à mes fins, et votre famille serait enfin vengée de tout ce que j'ai pu lui faire.

- Avant j'aurais peut-être été d'accord avec ça. Mais maintenant, je sais qui vous êtes vraiment…

- C'est-à-dire ?

- Brienne m'a raconté pourquoi vous avez tué le roi fou, tout ce que vous avez fait pour elle, que vous étiez bien plus que l'homme sans honneur que tout le monde dépeint…

- Et donc, quelle est votre conclusion ?

- Je pense qu'elle a raison. Et aussi que mon père vous a mal jugé. Que vous devriez rester. Pour Brienne, mais aussi pour vous-même. Pour votre frère aussi, qu'il ne risque pas sa vie pour rien non plus. Vous n'êtes pas obligé de mourir.

Jaime hocha la tête, semblant vouloir y réfléchir.

- Et vous ?

- Quoi moi ?

- Pourquoi êtes-vous là ? »

Oh

Les mains de Sansa se mirent à trembler.

« Comment… comment est-ce qu'on fait ?

- Comment cela ?

- Comment on fait pour oublier ? Pour avancer ? Pour réussir à vivre avec tout ça, comment est-ce que je peux réussir à vivre heureuse, et en paix de nouveau, après tout ce que j'ai vécu ? Comment vous, vous avez fait pour réussir à dormir, après toutes les horreurs auxquelles vous avez été obligé d'assister sous le règne d'Aerys ?

Jaime essaya de sourire.

- Il y a encore des nuits où je sens l'odeur de brûlé, je vois encore les flammes, et j'entends encore votre oncle et votre grand-père hurler… J'entends encore Aerys hurler encore et encore Brûlez les tous !

Les larmes aux yeux, Sansa ajouta :

- Ça me hante encore et toujours. Mon père se faisant exécuter, Joffrey me torturant, Ramsay faisant de même, Littlefinger tuant ma tante, je revois tout ça la nuit, et ça… ça me fait tellement mal.

- On en guérit jamais réellement Sansa. Malheureusement, tout ces souvenirs ne vous quitteront jamais vraiment. J'en suis désolé.

- Alors, qu'est-ce que je suis censée faire ?

- Vous devez essayer d'avancer. Créer de nouveaux souvenirs pour remplacer les mauvais. Soyez heureuse. Ce sera une victoire contre ceux qui ont essayé de vous détruire.

Cette fois, ce fut Sansa qui se mit à sourire.

- Merci Ser… J'espère que vous et Brienne serez heureux vous aussi. Cela risque de vous surprendre, mais je vous le souhaite sincèrement. »

Puis elle s'en alla.

Jaime, quant à lui, prit une profonde inspiration.

Il allait rester.